lundi 25 novembre 2013

3919, 4 chiffres contre les violences faites aux femmes

Aujourd'hui, nous sommes le 25 novembre, et c'est aujourd'hui la journée internationale pour l'élimination des violences faites aux femmes. Cette journée est importante quand on sait que
  • 400 000 femmes ont déclaré avoir été victimes de violences conjugales les 2 dernières années,
  • 154 000 femmes adultes qui ont déclaré avoir été violées entre 2010 et 2011,
  • 148 femmes qui sont décédées sous les coups de leur compagnon en 2012. 
Pour les grincheux qui pensent qu'il vaut mieux s'occuper de l'économie de notre pays que des problèmes sociétales, le coût annuel de ces violences pour la société est de 2,5 milliards d'euros.

De nombreuses mesures ont déjà été prises par les derniers gouvernements, de nouvelles l'ont été par le Ministère des Droits des Femmes. S'il y en a une seule et unique à retenir, c'est le 3919, numéro unique pour les femmes victimes de violences accessible 7 jours sur 7, 24 heures sur 24 car la violence ne s'arrête pas les week-ends et les jours fériés. Le 3919, le seul numéro à retenir et à diffuser.

Pour accompagner cette journée, voici une vidéo qui montre l'importance des professionnels dans la lutte contre les violences faites aux femmes :

Professionnels, un rôle essentiel dans la lutte... par droitsdesfemmes

vendredi 22 novembre 2013

Les 12 qui osent pour un 4ème à gauche

Anne Hidalgo entourée de ses têtes de liste
La campagne pour les municipales de 2014 vient de franchir une nouvelle étape à Paris, nous connaissons désormais les candidats de la Gauche rassemblée autour d’Anne Hidalgo. Pour le 4ème arrondissement, ça donne ce bel assemblage :
  1. Christophe Girard
  2. Karen Taïeb
  3. Ariel Weil
  4. Evelyne Zarka
  5. Julien Landel
  6. Marianne de Chambrun
  7. Pacôme Rupin
  8. Patrizia di Fiore
  9. Boris Jamet-Fournier
  10. Marion Devosse
  11. Xuân-Huy Lê
  12. Jennyfer Chrétien

Cette liste est belle à plus d’un titre. Tout d’abord car elle réussit le mélange de la continuité et du renouveau nécessaire pour insuffler un nouveau souffle dans l’équipe municipale. La continuité puisqu’en plus de Christophe Girard qui est l’actuel maire du 4ème depuis le départ de Dominique Bertinotti au Ministère de la Famille, on trouve 3 conseillers d’arrondissement déjà en poste (Evelyne Zarka notre camarade du PCF, Julien Landel et Marianne de Chambrun). A la charnière entre la continuité et le renouveau, arrive Karen Taïeb qui est actuellement élue dans le 12ème arrondissement et qui siège déjà au Conseil de Paris. Il y a donc 7 militants qui rejoignent la liste dont le passionnant Ariel Weil en 3ème position.

Autre point à souligner dans cette liste, la diversité des profils des candidats. De part leurs origines, leurs activités professionnelles, associatives et militantes, Christophe Girard pourra s’appuyer sur les richesses de leurs expériences pour faire du 4ème un arrondissement qui ose. Des entrepreneurs, des professeurs (dont une professeure de philosophie), des artistes et bien d’autres profils se cachent derrière ces 12 noms. Je pense que c’est avec plaisir que les habitants du 4ème vont apprendre à découvrir les personnes de ce groupe.

Bien sur, cette liste n’est pas parfaite. Personnellement, j’aurais aimé y voir l’ancien secrétaire de section, Nils Pedersen, ou Madeleine Houbart, la candidate à la primaire militante face à Christophe Girard. Est-ce du au nombre de places, aux rôles proposés, aux affinités et volonté de chacun que cela ne s’est pas fait ? Toujours est-il que le plus important pour Christophe Girard et surtout pour les habitants du 4ème, c’est d’avoir plus qu’une liste mais un collectif motivé pour réussir la prochaine mandature. Je leur souhaite bon courage pour cette campagne car à présent, l’avenir du 4ème est entre leurs mains.

Je ne peux pas conclure un billet sur l’actualité municipale sans évoquer le courage et la force dont a fait preuve Dominique Bertinotti cette année. L’ancienne maire, qui a réussi à faire pencher à gauche l’arrondissement en 2001, a révélé au quotidien Le Monde comment elle a mené son action ministérielle cette année tout en se battant contre un cancer du sein détecté en début d’année 2013. Je lui souhaite une bonne guérison et j’espère qu’elle aura toute sa force pour réussir sa loi Famille en cours de préparation.

mardi 19 novembre 2013

"Soutenons les Bleus", mon edito pour Mediavox

Ce soir l’équipe de France de football masculine joue son dernier match pouvant lui permettre d’aller au Brésil pour jouer le Mondial 2014. La tâche s’annonce ardue puisque les Bleus doivent gagner avec 3 buts d’écarts pour se qualifier (ou gagner une séance de tirs au but si le score est de 2-0 à la fin du match).

Depuis 2002 et leur catastrophique prestation du mondial au Japon et en Corée du Sud, les Bleus ne sont pas en odeur de sainteté. Même quand ils arrivent en finale de la Coupe du Monde en 2006, le coup de tête d’un des meilleurs joueurs du monde de l’époque arrive à faire de l’ombre au magnifique parcours de l’équipe. Et ce n’est pas un mondial 2010 aussi réussi que l’édition 2002 agrémenté en prime d’une incompréhensible grève qui les a réconcilié avec les Français. Les attaques sont continues et la plus récurrente est que vu le prix auquel ils sont payés, ils devraient gagner à tous les coups. Déjà que l’argent n’explique pas tout dans la vie quotidienne, il permet encore moins d’expliquer les résultats sportifs.

Les meilleurs joueurs français jouent tous dans les plus grands championnats européens (Italie, Espagne, Angleterre et Allemagne), ils sont donc très bien payés. Mais ils le sont tout autant que leurs coéquipiers de club qui viennent des quatre coins du globe. Par exemple l’équipe de Chelsea comme celle du Bayern de Munich a plus de 10 nationalités différentes dans son effectif. Avec cette explication, toutes les équipes nationales devraient se qualifier et faire un bon parcours durant le mondial.

Ce qu’à besoin cette équipe, comme toutes les autres équipes, c’est du soutien de leurs supporters. Comment réussir à trouver les forces pour rebondir si l’on a l’impression que quoi que l’on fasse, on se fera critiquer de la même façon ? Souvenons-nous que si la France joue sa qualification aux barrages, c’est qu’elle est tombée sur bien plus forte qu’elle en phase de qualification puisqu’elle a fini juste derrière l’Espagne (championne du monde et d’Europe en titre).


Rendez-vous sur Mediavox.fr pour la suite de cet article.

La France demande l'arrêt total et définitif de la colonisation

François Hollande devant la tombe de Yasser Arafat
François Hollande réalisait son premier voyage officiel en Israël et en Palestine. Si on ne peut pas dire que ce voyage était attendu de longue date, il fut suivi de près comme à chaque déplacement d'un chef d'état français. Il faut dire que les précédents, avec le célèbre "this is not a method, this is a provocation" de Jacques Chirac dans les rues de la vieille ville de Jerusalem ou le caillassage de Lionel Jospin qui avait eu le malheur de considérer le Hezbollah comme organisation terroriste, nous ont habitué à quelques images chocs.

Cette fois-ci, pas d'image choc mais des propos clairs, nets et précis, ce qui n'est pas si fréquent en langage diplomatique. Quel que soit le côté du Mur où il se trouvait, François Hollande a dit et répété que son souhait, que le souhait de la France, était que les deux peuples arrivent à trouver une solution à deux états. Il a été plus loin en précisant :
"Deux États pour deux peuples, vivant côte à côte dans la paix et la sécurité avec Jérusalem comme capitale des deux États, des frontières sûres et reconnues sur la base de celles de 1967, oui, mais avec la possibilité d'échanges de territoires."
Le Président de la République a également donné son avis sur la façon d'arriver à ce que les négociations puissent avancer sur des bases sereines en saluant la libération de 26 prisonniers palestiniens et en demandant l'arrêt des colonisations. Il n'a pas demandé de ralentir le rythme, ni n'a fait d'exception pour les colonies déjà existantes, il a exprimé clairement :
"Pour parvenir à un accord, la France demande l'arrêt total et définitif de la colonisation" [...] "la colonisation complique les négociations et rend difficile la solution à deux États"
Bien sur, on pourra toujours objecter que ce ne sont que des discours, que ce sont sensiblement les mêmes propos depuis la venue de François Mitterrand en Israël en 1982 (1ère visite d'un chef d'état français sur le territoire israélien), mais que dans les faits rien ne bouge. Ou alors pas dans le bon sens. Après décompte, le temps des paroles a sonné pour passer au temps de l'action. Dans ce cas, faut-il arrêter les liens diplomatiques ? Faut-il arrêter de se rendre sur place pour discuter et rencontrer les différents leaders ? Rosaelle s'était posée la question avant le début de ce voyage officiel. Ses arguments sont justes. On peut réellement se poser la question de la volonté de Nethanyahu, du Likoud et de certains de leurs alliés  d'arriver à une issue du conflit respectable pour les Palestiniens comme pour les Israéliens. 

Pourtant ce sont avec des déplacements comme celui-ci que je garde un espoir pour un avenir meilleur pour les Palestiniens. Si François Hollande a tenu à rappeler que la France était l'ami d'Israël et de la Palestine, il a aussi rappeler qu'une des conditions primordiales pour obtenir la paix était d'arrêter définitivement la colonisation des territoires palestiniens. Cela signifie qu'il a clairement précisé que la balle était dans le cas d'Israël pour faire avancer le processus de paix et de création de deux états indépendants.

lundi 18 novembre 2013

Copé, Fillon et le ridicule, 1 an déjà

Un an déjà ! Il y a un an jour pour jour, l'UMP lançait un des plus beaux feuilletons politiques, un feuilleton qui allait tenir en haleine tous les français pendant 1 mois entier : le congrès de l'UMP. Le 18 novembre 2012, les militants UMP sont appelés à choisir entre Jean-François Copé et François Fillon pour désigner le nouveau patron du premier parti d'opposition. Le soir même, les deux candidats prendront la parole pour indiquer leur victoire. 

Entre le 18 novembre et le 17 décembre, la France va découvrir la COCOE, commission de l'UMP chargée de contrôler les résultats. Cette petite commission aura son heure de gloire en attendant l'arrivée d'une plus grosse commission, la CONARE. Cette dernière va réintégrer dans le décompte des voix les résultats de Mayotte et de Wallis et Futuna, résultats totalement ignorés lors des précédents décomptes. 

Durant ce feuilleton, nous aurons la chance de voir Jean-François Copé président de l'UMP simultanément avec François Fillon avant que l'ancien premier ministre propose un plus ancien premier ministre, Alain Juppé, à la présidence de l'UMP. Non écouté par Jean-François, François fait sécession et lance un groupe de parlementaires indépendants de l'UMP à l'Assemblée Nationale, le R-UMP (qui signifie fesse en anglais si une anecdote supplémentaire était nécessaire). Pour essayer d'apaiser son parti, Jean-François Copé ira jusqu'à proposer un vote des militants par référendum pour savoir s'il faut organiser ou non un nouveau vote des militants pour choisir le président de l'UMP. Le 17 décembre, tout le monde se retrouve d'accord pour organiser un nouveau vote avant le mois d'octobre 2013. Le R-UMP de Fillon rejoint l'UMP de Copé et Copé ne quitte pas son poste. Le nouveau vote des militants ne verra jamais le jour.

Un an après cet incroyable épisode politique, l'UMP semble s'être calmée. François Fillon fait du Copé en s'essayant à la drague de l'électorat FN. Copé fait du Fillon en essayant de casser son image de toutou sarkozyste. Et Nicolas Sarkozy se frotte les mains en regardant les deux construire malgré eux la voie royale au retour de l'ancien maître des lieux. 

Il reste la question du programme que l'UMP a à proposer aux Français. Cette question n'est pas si simple quand la France râle : 
  • contre une écotaxe mise en place par eux, 
  • contre une hausse de la TVA, hausse moindre que celle proposée quand ils étaient au pouvoir
  • contre la hausse du chômage quand ils ont quitté le pouvoir avec une hausse continue depuis avril 2011
  • contre les expulsions de Roms quand ils en ont fait leur fonds de commerce depuis 2007.
D'ailleurs, c'est peut-être le député UMP Franck Riester qui en parle le mieux du programme UMP. Voici ce qu'il disait samedi dernier à Claude Askolovitch sur iTélé :
"Il faut que l'on regarde ce que nous nous avons fait avec lucidité et humilité. Nous sommes dans l'opposition depuis 18 mois et aujourd'hui nous sommes pas prêts. Nous ne sommes pas prêts demain à prendre les responsabilités, parce que nous avons encore besoin de travailler sur notre projet politique. Nous avons besoin de travailler sur ce que serait demain un projet fort pour la France."

lundi 11 novembre 2013

Le 11 novembre et moi

Acte de décès de mon arrière-grand oncle,
mort pour la France
Le 11 novembre a toujours été une journée particulière pour moi. Ma jeune histoire a tout le temps été au contact de la Grande Guerre et au fil des ans, je continue de découvrir de nouveaux liens avec cette époque.

Je suis né dans le Nord comme toute ma famille. En plus du lien particulier entre Dunkerque et les Anglais au cours de la 2nde Guerre Mondiale, la région fut fortement touchée par les combats lors de la 1ère Guerre Mondiale. C'est presque sans surprise que j'ai lu une référence à Killem Lynde, petit hameau si proche de mes grands-parents dans "Les carnets de guerre de Louis Barthas, tonnelier, 1914-1918". D'ailleurs ce livre excellent devrait être lu par de nombreuses personnes sans mémoire ni respect pour apprendre et comprendre se qu'ont vécu ces soldats venus des quatre coins de France pour se battre en Champagne, en Picardie et en Belgique.

J'ai grandi dans l'Oise, où les cimetières militaires de toutes les nationalités peuplent le paysage. J'ai vécu à l'ombre du wagon de l'Armistice à Rethondes où la fin de cette guerre qui devait être la dernière a été signée par le maréchal Foch, des représentants anglais et des ministres et gradés allemands. Et c'est récemment que j'ai appris que le village où j'ai vécu pendant plus de dix ans était décoré de la Croix de Guerre.

Même si cette guerre a débuté il y a bientôt 100 ans, même si aucun combattant français n'est encore vivant, il reste de nombreux pans de cette histoire a découvrir. C'est pourquoi le gouvernement vient de lancer une grande collecte pour fournir à l'état toutes les reliques de cette période. Un site a même été mis en place pour que tous les Français puissent partir à la recherche dans les bases de données de l'armée d'ancêtres qui sont morts pour la France lors des principaux conflits du XXème siècle. J'ai ainsi pu découvrir qu'un oncle de mon grand-père, Daniel Marcant, est mort le 23 novembre 1918 des suites d'une maladie contractée en service (comme le précise son acte de décès).

Pour toutes ces raisons personnelles, et pour de nombreuses raisons historiques, je suis très attaché aux cérémonies en mémoire du 11 novembre et en mémoire de tous ceux qui ont vécu de près ou de loin la 1ère Guerre Mondiale. C'est aussi pourquoi je suis profondément meurtri par les sifflets d'une trop grosse poignée d'abrutis (principalement des résidus de bonnets rouges et des membres du Front National) qui sont venus gâcher la cérémonie de mémoire qui s'est tenue sur la Place de l'Etoile aujourd'hui. Pour eux, je vais reprendre les mots de Charles de Gaulle : "les peuples qui n'ont pas de mémoire n'ont pas d'avenir".

dimanche 10 novembre 2013

Pourquoi faut-il continuer de célébrer le 11 novembre ?

En cette période de célébration de l'armistice de la 1ère Guerre Mondiale, je vais reprendre les mots de François Hollande prononcés lors du lancement des commémorations du centenaire 2014 qui expliquait jeudi dernier pourquoi les actes de commémoration sont importants, même pour une guerre qui débuta il y a bientôt 100 ans et dont aucun ancien combattant français n'est encore vivant.

Tout d'abord, l'acte de commémoration sert autant à se souvenir du passé que d'avoir foi en l'avenir.
"Commémorer, c’est rappeler que la République a traversé des épreuves terrifiantes et qu’elle a toujours su s’en relever. Et qu’elle ne doit avoir peur de rien."

"Commémorer, ce n’est pas seulement invoquer la passé ou le convoquer, c’est porter un message de confiance dans notre pays. « Vieille France, écrivait le général de GAULLE, accablée d’Histoire, meurtrie de guerres et de révolutions, mais redressée de siècle en siècle par le génie du renouveau ! ». "

Les célébrations du 11 novembre, c'est le jour pour se souvenir de tous ceux qui se sont battus, ceux qui sont morts pour leur pays ou pour leur pays colonisateur. Si une grande partie des combats se sont concentrés dans le Nord et l'Est de la France, ce sont des combattants de partout qui se sont retrouvés dans les tranchées.
"Le souvenir de la Grande Guerre est présent dans chaque village, dans chaque ville, parce qu’il n’y a pas de commune en France où un monument aux morts n’ait été érigé, parce qu’il n’y a pas de commune en France où il n’y ait pas eu de victimes de la Première Guerre mondiale."

"Plus de 8 millions de Français – un cinquième de la population ! - furent appelés sous les drapeaux. 1 million quatre cent mille sont morts."

Mais ces 4 années de guerre n'ont pas touché que les 8 millions de combattants français ni uniquement les familles qui ont perdu au moins un membre de leur famille. Les commémoration de cette Grande Guerre sont aussi l'occasion de saluer toutes les personnes qui ont fait vivre le pays pendant que les hommes étaient au front. C'est donc l'occasion de saluer ces millions de femmes qui ont fait tourné le pays alors qu'elles étaient considérées comme citoyennes de seconde zone, sans droit de vote ou sans le droit d'exercer une profession sans autorisation de leur mari.
"C’est le peuple sans armes qui, en assurant le fonctionnement de l’économie, a permis la victoire. Et dans ce peuple, les femmes, par leur labeur, leur engagement, leur vaillance apportèrent une contribution essentielle à la conduite de la guerre. Sans elles, notre pays se serait peut-être effondré ; en tous cas, les écoles auraient été abandonnées ; les champs n’auraient pas été moissonnés ; les usines auraient fermé. "

Célébrer ce 11 novembre, c'est aussi se souvenir que la 2ème Guerre Mondiale est née des cendres encore fumantes de la 1ère Guerre Mondiale. Les sentiments de revanche, les besoins de faire porter par des boucs émissaires les problèmes économiques, le nationalisme malsain ont réussi à ce que l'Europe ait à revivre un long conflit sur son continent alors que nombreux étaient ceux qui pensaient que la guerre de 14 serait la dernière.
"On sait ce qui advint par la suite : cette guerre ne fut pas la « der des ders ». [...] C’était compter sans l’esprit de revanche, sans les ravages de la crise économique, sans le fléau des extrémismes, sans la faiblesse des organisations chargées de sanctionner les manquements au droit, et sans les gouvernements qui, préférant la honte à la guerre, acceptèrent l’une sans éviter l’autre. Et il fallut donc et nous aurons à le commémorer, hélas, un désastre encore plus ravageur, un déchaînement encore plus terrifiant, dont la Shoah fut le paroxysme."

"Mais qu’est-ce donc que le patriotisme aujourd’hui quand on se souvient de ce qu’il était dans la Première Guerre mondiale ? Qu’est-ce que le patriotisme ? C’est toujours l’amour des siens pour reprendre la formule de Romain GARY, qui n’a rien à voir avec le nationalisme qui est la haine des autres."

Continuer de se souvenir du 11 novembre 1918, c'est se souvenir du mois d'août 1914, c'est se souvenir des millions d'Européens, d'Africains, d'Asiatiques, d'Océaniens et d'Américains qui ont combattu sur le sol européen et qui ont, d'une certaine manière, contribué à construire l'Europe des peuples que l'on connaît aujourd'hui. C'est aussi perpétuer le souvenir des contemporains de cette époque qui sont de moins en moins nombreux. C'est aussi car les souvenirs de cette époque sont trop nombreux pour être résumés en une seule date commémorative que les 4 années à venir seront l'occasion de se souvenir de toute cette époque au travers de nombreuses manifestations partout en France.

mercredi 6 novembre 2013

Contre l'utimatum, le boycott

Nous sommes mercredi midi. Le gouvernement a fini son traditionnel Conseil des Ministres et l'écotaxe n'a pas été abrogée. L'utimatum de Christian Troadec et des bonnets rouges n'a pas été écouté. 

A la base, je n'ai pas grand chose contre monsieur Troadec, le maire de Carhaix, j'ai même beaucoup de sympathie pour lui. puisqu'il fait parti des fondateurs des Vieilles Charrues et puisqu'il fut patron de la brasserie Coreff. Pourtant, sur le coup de l'ultimatum, il n'a pas été le plus inspiré. L'utilisation de la menace en lieu et place du débat n'a pas sa place dans une démocratie. Si le gouvernement se comportait comme un goujat face aux Bretons, si son comportement pouvait être interprété comme violent (comme certaines personnes le ressentaient à l'époque du précédent quinquennat), l'ultimatum aurait pu être une solution, pas la meilleure mais la solution par dépit. 

Ce n'est pas le cas ici. Le gouvernement a même déjà fait un geste fort, un geste qui lui coûte (tant au niveau financier qu'au niveau crédibilité), en suspendant l'application de l'écotaxe. Le but de cette suspension était de faire un premier geste pour calmer les plus excités des Bretons. Le temps de la suspension doit permettre aux représentants des différentes parties de se retrouver autour d'une table et de discuter sur la meilleure façon de mettre en application cette nécessaire mesure écologique. En refusant le débat et en proférant des menaces, Christian Troadec montre qu'il se trompe de cible, voire d'époque. A refuser les mains tendues par le gouvernement, tout ce qu'il risque de gagner est un gouvernement qui se referme et qui passe en force pour appliquer les lois, surtout celles qu'il n'a pas choisi.

Cher Christian, puisque tu sembles te tromper d'époque, de cible et de méthode avec ton ultimatum au gouvernement sur une mesure suspendue, je me lance moi aussi dans une action dérisoire : je boycotte la Coreff tant que les camions qui la livrent à Paris ne payent pas l'écotaxe.

mardi 5 novembre 2013

Je ne suis ni abolitionniste, ni salaud

Manifestation en juillet 2012 à Lyon
Suite à la déclaration des 19 qui se croyaient 343, il est devenu difficile de s'affirmer contre l'abolition de la prostitution sans passer pour un salaud qui ne veut pas que l'on "touche à sa pute". Pourtant, non abolitionniste je suis, et j'espère bien ne pas être un salaud.

Je refuse d'être pour l'abolition de la prostitution car je n'y vois qu'un combat face au mauvais adversaire, c'était déjà dans cet état d'esprit que j'avais signé la contribution thématique pour le congrès socialiste de Toulouse : "Prostitution : du déni aux réalités". Quand j'entends ou lis les abolitionnistes de la prostitution, je ne vois qu'une lutte contre le proxénétisme qui profite de trop nombreuses femmes étrangères sans papier et sans défense. A vouloir à tout prix lutter contre les réseaux de proxénétisme en s'attaquant principalement à leurs clients, c'est se mettre des oeillières pour ne pas voir la prostitution masculine, transexuelle et même féminine mais indépendante. Le monde de la prostitution n'est pas uniquement peuplé de prostituées étrangères mises en esclavage au profit de proxénètes.

Certes, il est nécessaire et obligatoire de lutter contre la traite humaine, de lutter contre la proxénétisme, mais il est aussi nécessaire de s'attaquer contre les causes de la prostitution pour éviter que certaines personnes ne fassent se choix par dépit. Est-ce la faute des réseaux mafieux si de jeunes étudiants et étudiantes se lancent dans la prostitution pour payer leurs études ? Est-ce la faute de la traite des blanches si des transsexuels optent pour la prostitution, seul emploi qui leur est possible d'exercer sans avoir à faire au mépris de DRH ou de potentiels collègues de bureaux ?

Malgré les dénégations des abolitionnistes, la pénalisation des clients est un risque majeur de dégradation des conditions de travail des prostitués (lire pour les anglophones cet article de Laura Agustin sur l'expérience suédoise) puisque mis à l'écart de la société, obligés de se cacher et de prendre de nombreux risques pour exercer. En rendant illégal les rapports sexuels tarifés avec une personne prostituée, le client se sachant dans l'illégalité peut se croire de fait tout permis puisque déjà hors la loi. Ainsi plus rien n'empêche un client de se comporter violemment, surtout si sa relation tarifée se fait dans les endroits les plus reculés.

Ainsi, vous l'aurez compris, je ne suis pas entièrement en phase avec la proposition de loi des députés socialistes déposée le 10 octobre dernier pour "lutter contre le système prostitutionnel". Si de nombreux articles de ce projet de loi sont utiles car visent à aider les victimes de la prostitution, les deux articles visant à pénaliser les clients de la prostitution ne vont pas dans le bon sens. De plus, sur les 14 premiers articles de ce projet de loi, c'est à dire sur tous les articles évoquant les personnes se prostituant, seuls 3 évoquent toutes les personnes qui se prostituent et non uniquement les "victimes de la prostitution". Parmi ces 3 articles, un (l'article 5 du chapitre II) propose de faire bénéficier les personnes désirant sortir de la prostitution d'une remise totale ou partielle de leurs impôts directs !

Je ne cherche pas à défendre mon droit à avoir des relations sexuelles tarifées, je ne cherche pas non plus, et loin de là, à défendre l'esclavagisme sexuel. Je voudrais simplement que l'on ne mette pas en place une loi bancale qui laisserait de côté tout un pan des travailleurs du sexe.


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lundi 4 novembre 2013

Les urgences graves persona non grata à l'Hotel Dieu

Ce lundi s'annonce comme une nouvelle triste journée pour la vie hospitalière parisienne. Un nouveau pas, et non le moindre, devrait être franchi aujourd'hui 4 novembre pour la fermeture des urgences de l'Hôtel-Dieu. A partir d'aujourd'hui, il est demandé aux pompiers de ne plus amener leurs plus graves urgences aux urgences de l'Hôtel-Dieu mais aux urgences voisines.

Cette décision, pour un non spécialiste mais néanmoins riverain et potentiel patient de cet hôpital, est inquiétante. Les urgences voisines à Paris sont toutes déjà saturée avec des taux d'occupation allant à 151% pour Lariboisière, 250% pour la Pitié-Salpétrière, 123% pour Georges Pompidou et 114% pour Cochin.

Certes à Paris, les Parisiens et les touristes seront toujours plus proches et plus rapidement transportés dans un service d'urgence qu'un habitant de Centre-Bretagne ou de Picardie. Certes, malgré le fort taux d'occupation des urgences, les urgences graves qui ne seront plus acheminées à l'Hôtel-Dieu ne devraient pas représenter plus de 30 patients par jour.

Ces modifications sont un symbole d'une politique malsaine de la santé où les économies valent plus que la qualité de soin. L'avenir des urgences de l'Hôtel-Dieu s'oriente vers un "hôpital debout", c'est à dire que les patients ne resteront pas longtemps à l'hôpital. Ils entrent, se font soigner et doivent rentrer rapidement chez eux. Cela ne signifie pas que les personnes nécessitants de soins n'auront pas de brancards ni de salle d'examen (fort heureusement) mais qu'elles risquent d'être moins bien suivi puisque renvoyées chez elles. Autre crainte, si le diagnostique initial n'est pas le bon ou qu'une complication apparaît, alors il faudra transférer le patient dans un autre hôpital. Ce seront donc de précieuses minutes de perdues.

Si aujourd'hui, ce sont les urgences qui vont perdre une partie de leurs patients habituels, la restructuration de l'Hôtel-Dieu n'en sera pas pour autant terminée. L'AP-HP espère transférer une grande partie de ses bureaux dans l'enceinte historique et même y construire un musée ! Il est vrai qu'il faudra bien avoir un lieu de mémoire pour se rappeler qu'avant, il existait une dizaine de métiers et de spécialités qui se chargeait de soigner les patients, quelle que soit la gravité de leur cas, à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit.