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samedi 8 février 2014

Sochi 2014, la parité à portée de main

Il y a 18 mois je m’interrogeais pour savoir si les JO de Londres étaient paritaires. Si la boxe avait permis à Londres de ne plus avoir de disciplines réservées aux hommes, le nombre d'épreuves penchaient encore du coté masculin. Qu’en est-il aujourd’hui en Russie alors que s’ouvrent les JO d’hiver à Sochi ?
 
Les épreuves vont toujours vers plus de parité et même vers plus de mixité. Vers plus de parité puisqu’un seul sport est réservé uniquement aux hommes, le combiné nordique. C'est toujours une discipline de trop, surtout quand on se souvient que les Jeux de Londres 2012 avaient été l'occasion d'avoir des épreuves masculines et féminines dans chacune des 26 disciplines olympiques. Le combiné nordique étant une discipline qui allie ski de fond et saut à ski, elle vit surement ses dernières olympiades unisexes puisqu’à Sochi, le saut à ski propose pour la première fois des épreuves de saut féminin. 
Notons aussi que toutes les nouvelles disciplines ajoutées au programme de ces olympiades l'ont été avec des épreuves dans une version féminine et une version masculine.
 
Le plus innovant, c’est l’arrivée de plus de mixité. L’époque où les hommes s’affrontaient entre eux un jour et les femmes un autre jour est révolue. Si les épreuves individuelles restent non mixtes, plusieurs disciplines s’ouvrent à des épreuves mixtes. On connaissait les épreuves de patinage artistique et de danse sur glace en couple. Cette année nous aurons également le droit à une épreuve de patinage par équipe. Pour monter sur le podium, l’équipe devra avoir remporté le plus grand nombre de points après le passage des hommes, des femmes et des couples.
Cette année les JO nous offre aussi des relais mixtes au biathlon. Sur un même parcours, sans discrimination, c’est le couple le plus rapide et le plus adroit au tir qui montera sur le podium. 
Dernière nouvelle épreuve mixte, la descente en luge proposera également une épreuve par équipe mixte. 
Cette année nous aurons donc 6 épreuves mixtes (en biathlon, patinage artistique et en luge) pour 98 épreuves, soit 6% des épreuves alors qu’à Londres il y avait 8 épreuves mixtes mais sur 302 épreuves (soit un ratio de 2,6% d'épreuves mixtes).
Grâce à cette mixité, les projecteurs seront braqués sur les athlètes de façon plus équitable, quel que soit leurs sexes. Si ces épreuves fonctionnent, on peut espérer voir dans les années à venir d’autres épreuves en relais mixte. J’imagine déjà des relais en athlétisme ou en natation où les épreuves reines du 4x100 mètres verraient les meilleures sprinteuses mondiales participer à l’établissement de records de vitesse aux cotés des meilleurs sprinteurs.

Au niveau de la répartition entre épreuves masculines et épreuves féminines, on approche également de la parité. Avec 43 épreuves féminines contre 49 masculines, il y aura presque autant de podiums féminins que masculins puisque nous avons 46,7% des épreuves non mixtes qui sont réservées aux femmes.

Ces avancées réalisées par le CIO (Comité International Olympique) sont louables et montrent une belle vision respectueuse de tous. Le hockey sur glace n’est plus un sport ultra viril réservé aux hommes, les femmes ont le droit de monter au sommet d’un tremplin à ski. A présent, les JO d’hiver ne seront plus ce rassemblement où, en étant volontairement réducteur, on salue les hommes skieurs d’un côté et les femmes patineuses de l’autre. Image encore tenace puisque le doodle du jour, salué pour son soutien malin aux couleurs du drapeau LGBTI, montre une majorité d'hommes avec 4 hommes pour 2 femmes (une patineuse et une joueuse de curling…)

Tous ces progrès mis en place par le CIO ne laveront pas les différentes tâches qui obscurcissent le déroulement de ces Jeux dans la station balnéaire russe. 

N’oublions pas que par mesure de sécurité,les personnes venant des territoires voisins de Daguestan, de Tchétchénie et d'Ingouchie sont interdits d’entrer dans la zone des JO pour encourager leurs athlètes favoris et vivre ce grand moment de sport.  Leur simple nationalité ferait d’eux des terroristes en puissance…

N’oublions pas que la Justice russe s’est spécialisée dans l’enfermement des opposants politiques de Vladimir Poutine. La Russie qui n’a toujours pas mis fin au principe des goulags (renommés en camps de travail) comme nous l’ont rappelé les Pussy Riots ces derniers mois.

N’oublions pas que ces Jeux se déroulent dans un pays qui a décidé de pénaliser l’homosexualité. Même si on imagine mal la police russe prendre le risque d’un scandale alors que le monde entier aura les yeux braqués sur eux, des sportifs ou des touristes risquent la prison s’ils montrent des signes extérieurs d’homosexualité. N’oublions pas que pour Poutine et son gouvernement, si deux femmes s’embrassent dans la rue, leur baiser est considéré comme de la "propagande homosexuelle".

Sur les JO de Sotchi, vous pouvez lire également les billets pas si tendres :

lundi 3 septembre 2012

Beau week-end olympique !

Dans mon billet sur le lancement des Jeux Paralympiques, j'avais dit que je suivrai particulièrement 4 athlètes. Ce week-end fut bien rempli pour eux.
Amélie Le Fur après son 100m victorieux
Tout d'abord, toutes mes félicitations à Amélie Le Fur qui a réussi à monter à deux reprises sur le podium ce dimanche. Elle a commencé par une médaille de bronze au saut en longueur avant de décrocher l'or au 100 mètres ! Bravo à elle !

Assia El Hannouni n'a pas réussi à se qualifier pour la finale du 100m mais s'est rattrapée en se qualifiant pour les demi-finales du 400m. Rendez-vous ce lundi pour suivre sa demie et j'espère sa finale du 400m.

Khamis Zaqout, le gazaoui était proche d'un premier podium. Il a fini 4ème de l'épreuve de tir. Il lui reste les lancers du disque et du javelot pour espérer une médaille.

Au classement des médailles après 4 jours de compétition, la France est 9ème avec 4 médailles d'or, 7 d'argent et 6 de bronze.
Tableau des médailles après la journée du dimanche 2 septembre

mardi 28 août 2012

Les Jeux Paralympiques sur la ligne de départ

Après 15 jours de pause suite à la fin des J.O., la compétition olympique revient sur le devant de la scène avec les Jeux Paralympiques pour près de deux semaines. Sur cette période, 23 disciplines sportives seront représentées. 6 sports sont spécifiques aux Jeux Paralympiques: la boccia, le football à 5, le football à 7, le goal-ball, le rugby et la danse. Les 17 autres disciplines sont le tir à l'arc, tir sportif, l'athlétisme,  le cyclisme, les sports équestres, judo, la force athlétique (ressemble à de l'haltérophilie), l'aviron, la voile, la natation, le tennis de table, le volleyball, le basketball, l'escrime, tennis, le canoë, le triathlon.

Si je ne suis pas entièrement d'accord avec les personnes critiquant la séparation entre les Jeux Olympiques et les Jeux Paralympiques, que ce soit pour des raisons d'organisation (autant pour le nombre d'athlètes que pour la logistique nécessaire), pour éviter l'overdose du spectateur, ou pour toute autres raisons, je me range à l'avis de ceux qui se sont plaints, et qui continuent d'ailleurs, sur la médiatisation de ces Jeux Paralympiques. Si les JO début août avaient eu le droit à 16 heures de direct sur France Télévision chaque jour, ces Jeux Paralympiques n'auront le droit qu'à deux magazines quotidiens, l'un vers 17h sur France 2 et l'autre en fin de soirée sur France 3 pour résumer les compétitions du jour. Pour suivre en direct les épreuves, le spectateur français aura le choix entre le site de FranceTV Sport et la chaîne TV8 Mont Blanc.

Cette absence de médiatisation est dommage. Si France Télévision ne se prive pas de millions de spectateurs en ne diffusant pas d'épreuves en direct, cette absence d'antenne est dommage car elle empêche la publicité de sports méconnus qui méritent d'être mis en avant. Quand on voit les hausses d'inscriptions dans les fédérations dont la discipline a brillé aux JO (le judo, le handball, l'escrime les bonnes années), on peut mesurer l'impact d'une olympiade sur la pratique d'un sport. Cette aubaine est d'autant plus nécessaire pour les sports paralympiques qu'il n'est pas toujours aisé de savoir quels sports sont accessibles aux mal-voyants, aux personnes en fauteuil roulant ou aux handicapés mentaux. Par exemple, y a-t-il beaucoup de jeunes en fauteuil roulant qui connaissent la boccia, une sorte de pétanque qui se joue en fauteuil roulant et qui est accessible y compris à ceux qui ne peuvent pas se servir de leurs bras ?

Demain et pendant deux semaines, j'espère que l'on sera nombreux à encourager les sportives et sportifs, notamment les Français (soyons un peu chauvin) qui espèrent faire mieux qu'il y a quatre ans et de finir dans les dix meilleurs nations mondiales. Je suivrai donc par exemple les performances d'Assia El Hannouni et de Marie-Amélie Le Fur qui vont viser chacune dans sa catégorie les titres olympiques en athlétisme (100 et 200m pour chacune d'entre elle, 400m pour Assia El Hannouni et la longueur pour Marie-Amélie Le Fur). Même si c'est une discipline que je ne connais pas du tout, je regarderai la compétition de Damien Seguin, notre porte-drapeau, qui tentera de décrocher une 3ème médaille en autant de Jeu Paralympique en voile. Je suivrai également Khamis Zaqout, athlète gazaoui, qui à 47 ans essayera de remporter des médailles en lancer de poids, de disque et de javelot. A noter le beau geste du gouvernement puisque François Hollande a d'ors et déjà annoncé qu'il se rendrait de nouveau à Londres pour encourager les athlètes français.

vendredi 27 juillet 2012

Des Jeux Olympiques paritaires ?

Le duo sud-coréen Lee Hyojung et Lee Yongdae, champions de badminton
C’est parti pour la grande quinzaine de l’olympisme. Du 27 juillet au 12 août, le monde entier aura le regard tourné vers Londres et ses 10 500 sportifs. C’est l’occasion de faire le point sur l’égalité femme – homme dans ces Jeux Olympiques.

La grande nouveauté de ces jeux est la parité respectée dans le programme de la quinzaine. Pour chacun des 26 disciplines olympiques, il y aura des compétitions féminines et des compétitions masculines. Jusqu’à cet année, il existait un décalage du à la boxe qui ne proposait que des épreuves masculines. Cet « oubli » est donc réparé. Pour la petite anecdote, les boxeuses ont du se battre pour ne pas être obligée de porter une jupe pour combattre sur le ring. L’explication initiale était pour mieux différencier les boxeuses des boxeurs. Avaient-ils peur de voir des hommes se tromper de ring et perdre contre une femme ?

De plus, sur la longue route vers la parité, une nouvelle compétition mixte fait son entrée au programme des Jeux, le double mixte au tennis. C’est la 8ème épreuve mixte, elle rejoint le badminton (double mixte également) et les 6 épreuves de sports équestres, seul sport intégralement mixte.
En revanche, la parité n’est toujours pas atteinte dans le nombre d’épreuves proposées aux femmes (et donc au nombre de médailles remises). En dehors des 8 épreuves mixtes, les femmes concourront dans 132 épreuves alors que les hommes participeront à 163 épreuves. Les disciplines les plus inégalitaires sont la boxe (10 épreuves contre 3), le canoë-kayak (12 contre 5) et la lutte (14 épreuves masculines contre 4 féminines). A noter pour être complet sur les disparités femmes – hommes, 4 épreuves sont exclusivement féminines : 2 de gymnastique rythmique et 2 de natation synchronisée.
Enfin, dernière grande nouveauté dans la parité femme – homme, tous les pays participants aux Jeux Olympiques de Londres auront dans leur délégation au moins une sportive. Les trois derniers mauvais élèves (Qatar, Bruneï et Arabie Saoudite) ont finalement accepté d’envoyer des femmes. Le Qatar poussant le geste historique jusqu’au bout puisque c’est une femme qui aura l’honneur d’être porte-drapeau. Pour arriver à ce résultat, le Comité d’Organisation aura fait une entorse à son règlement en autorisant les femmes voilées à participer aux épreuves alors que normalement aucun signe politique ou religieux n’est autorisé durant les épreuves. Vu que ça permet à ces femmes d’avoir le droit de sortir de leur pays et de pouvoir exercer leur sport aux J.O., j’espère que les féministes ne se plaindront pas trop de cette dérogation. 

C’est parti pour quinze jours de sports intensifs, bonne chance à toutes les sportives et tous les sportifs et plus spécialement à nos Françaises et Français !