mardi 31 janvier 2017

Un deuxième tour des primaires mobilisateur

Le 22 janvier, 2028 électeurs du 4ème arrondissement s'étaient déplacés pour le premier tour de la primaire citoyenne. Au soir du premier tour, Benoît Hamon était sorti en tête dans l'arrondissement avec 107 voix d'avance sur Manuel Valls. Ce 29 janvier, à l'image du comportement national, les habitants du 4ème se sont encore plus mobilisés pour participer à un second tour intéressant et motivant au vu des différences de programme et de personnalité des deux finalistes.

Voici les résultats globaux du 4ème arrondissement de Paris:
  • Nombre de votants : 2 375
  • Bulletins blancs ou nuls : 35 bulletins
  • Benoit Hamon : 53,85% (1 260 voix)
  • Manuel Valls : 46,15% (1 080 voix)
Certes la participation est bien inférieure à celle du second tour record de la primaire de la droite (4 328 votants) qui s'est déroulé à la fin de l'année dernière ou même de celui de la primaire de la gauche en 2011 (2 932 votants), mais on observe une hausse 17% entre les deux tours là où les précédents exercices de primaires ouvertes dans l'arrondissement avaient vu un taux de participation sensiblement stable entre les deux tours.
Si on joue aux différences avec les deux précédentes primaires, on peut souligner que pour la première fois l'écart est net entre le vainqueur et le dauphin et surtout que pour la première fois les électeurs de l'arrondissement ont voté dans le même sens qu'au niveau national.

Pour finir, voici les résultats par bureau de vote :

Bureau regroupant les bureaux n°2 (école élémentaire rue de Moussy), n°12 (école maternelle rue des Archives) et 13 (école élémentaire rue Renard) : 
  • Nombre de votants : 605
  • Bulletins blancs ou nuls : 8 bulletins
  • Benoit Hamon : 56,11% (335 voix)
  • Manuel Valls : 43,89% (262 voix)
 
Bureau regroupant les bureaux n°1 (mairie d'arrondissement place Beaudoyer),  4 (école maternelle rue du Fauconnier), 5 (école élémentaire rue de l'Ave Maria)
  • Nombre de votants : 475
  • Bulletins blancs ou nuls : 10 bulletins
  • Benoit Hamon : 55,48% (258 voix)
  • Manuel Valls : 44,52% (207 voix)
 
Bureau regroupant les bureaux n°11 et 14 (collège François Couperin)
  • Nombre de votants : 326
  • Bulletins blancs ou nuls : 7 bulletins
  • Benoit Hamon : 56,11% (179 voix)
  • Manuel Valls : 43,89% (140 voix)
 
Bureau regroupant les bureaux n°8 (Direction des affaires scolaires, rue de l'Arsenal), 9 (école maternelle rue Poulletier) et 10 (école élémentaire rue Saint Louis en l'ile)
  • Nombre de votants : 360
  • Bulletins blancs ou nuls : 3 bulletins
  • Manuel Valls : 50,70% (181 voix)
  • Benoit Hamon : 49.3% (176 voix)
 
Bureau regroupant les bureaux n°3 (école élémentaire rue des Hospitalières St Gervais), 6 (lycée professionnel Théophile Gautier), 7 (école élémentaire rue des Tournelles)
  • Nombre de votants : 609
  • Bulletins blancs ou nuls : 7 bulletins
  • Benoit Hamon : 51,83% (312 voix)
  • Manuel Valls : 48,17% (290 voix)

Exercer son droit de retrait, vraiment ?

https://www.cairn.info/loadimg.php?FILE=JDJ/JDJ_289/JDJ_289_0033/fullJDJ_idPAS_D_ISBN_pu2009-09s_sa06_art06_img001.jpgBenoît Hamon est sorti victorieux et assez largement d’ailleurs de la primaire citoyenne. Primaire qui fut elle-même une belle victoire avec plus de 2 millions de participants lors du second tour. Comme il fallait s’y attendre les déçus du scrutin commence à regarder ailleurs, vers cette ligne d’horizon ni de gauche ni de droite que représente Macron. Quand il s’agit d’électeurs, on peut les comprendre. On peut être sûr que si l’inverse s’était produit, une partie de l’électorat de Benoit Hamon se serait tournée vers les offres plus à gauche que Manuel Valls et le PS. Il est donc normal de voir un report d’une partie de l’électorat de Manuel Valls se dire intéressé par Emmanuel Macron.

En tant que militant socialiste, j’ai un peu plus de mal avec les élus PS qui annoncent haut et fort leur ralliement à Macron. Ils critiquent un programme non viable de Benoît Hamon pour rejoindre un candidat qui ne cesse de repousser la date de présentation de son propre programme. Si le programme arrive à respecter les souhaits des déçus de la primaire LR et de celle du PS tout en faisant rêver une majorité de Français, alors je ne pourrais que m’incliner devant le talent de cet homme (sans pour autant le soutenir, faut pas déconner non plus).

Mais aujourd’hui c’est avec ma casquette de syndicaliste que je bouillonne. Deux députés PS se sont offert une tribune dans Le Monde pour expliquer qu’ils revendiquent « haut et fort un droit de retrait de la campagne présidentielle car les conditions de notre soutien à la candidature de Benoît Hamon ne sont pas réunies. » Dans leur argumentation, ces deux députés considèrent qu’un soutien au projet de Benoît Hamon « serait contraire à la culture socialiste qui, historiquement, s’est construite autour de l’amélioration des conditions de travail et du temps du travailleur. »

Léger problème, si l’on s’appuie sur les conditions de travail et la culture socialiste, peut-être est-il nécessaire de faire attention aux mots qu’on emploie. Le « droit de retrait » n’est pas une expression comme une autre pouvant être utilisée à la légère. C’est un véritable droit défini par la loi :

Lorsqu’un salarié non mandaté exerce son droit de retrait, la loi lui demande seulement d’avoir « un motif raisonnable de penser » que la situation de travail présente un danger grave et imminent pour sa vie ou sa santé. Elle n’exige pas une cause réelle de danger, l’apparence et la bonne foi suffisent. Ainsi le juge contrôle uniquement le caractère raisonnable du motif et non la réalité du danger.

Pour ces députés, il y aurait donc un danger grave et imminent pour leur santé ou pour leur vie. Il va falloir détailler un peu plus que ce qui est écrit dans la tribune pour faire comprendre aux Français dans la globalité (ou a minima aux militants socialistes) en quoi Benoît Hamon ou son programme représenterait une telle menace. 

mercredi 25 janvier 2017

Les véritables chiffres de la primaire citoyenne

Voici les véritables chiffres du premier tour de la primaire de la gauche dans le 4ème arrondissement de Paris. Ceux de la ville de Paris, bureau de vote de primaire par bureau de vote de primaire sont disponible sur le site de la fédération de Paris. Les chiffres cumulés et définitifs à l'échelon national devraient être mis à disposition, je l'espère, prochainement.

Globalement, au niveau du 4ème arrondissement, les résultats se déclinent ainsi :
  • Nombre de votants : 2028
  • Bulletins blancs ou nuls : 23 bulletins
  • Benoit Hamon : 36,76% (737 voix)
  • Manuel Valls : 31,42% (630 voix)
  • Vincent Peillon : 12,32% (247 voix)
  • Arnaud Montebourg : 10,97% (220 voix)
  • François de Rugy : 6,18% (124 voix)
  • Sylvia Pinel : 1,35% (27 voix)
  • Jean-Luc Bennahmias : 1 % (20 voix)
On remarque une belle baisse de fréquentation par rapport à la primaire de 2011 où 2934 habitants du 4ème arrondissement s'étaient déplacés pour voter. Cette baisse de fréquentation était attendue puisque la situation du pays est nettement différente de 2011. Cette fois-ci, hors de question de choisir le meilleur candidat qui mettra fin à 10 années de droite et 5 années de sarkozysme. L'attente est nettement moins forte dans la population (au moins dans mon entourage), pourtant l'hypothèse d'une élection de François Fillon ou de Marine Le Pen aurait pu mobiliser les foules pour choisir le meilleur adversaire possible. Malgré cette forte baisse, reconnaissons une belle participation pour une primaire annoncée comme un fiasco générale. On remarquera que presque l'ensemble du 4ème arrondissement a préféré se mobiliser pour Benoît Hamon (ce qui conforte mon choix de me rallier à sa candidature pour le second tour) mais que contrairement au reste de la France, Vincent Peillon a fini à la 3ème place, ce qui est un beau résultat pour Patrick Bloche, son directeur de campagne (et candidat aux législatives en 2017 dans la circonscription englobant le 4ème arrondissement).

Pour les citoyens du 4ème arrondissement et pour tous ceux qui suivent son actualité (ou qui aiment les chiffres), voici la répartition par bureau de vote des primaires (j'espère ne pas m'être trompé dans les répartitions des bureaux de votes classiques, donc n'hésitez pas à signaler toute erreur) :

Bureau regroupant les bureaux n°2 (école élémentaire rue de Moussy), n°12 (école maternelle rue des Archives) et 13 (école élémentaire rue Renard) : 
  • Nombre de votants : 521
  • Bulletins blancs ou nuls : 4 bulletins
  • Benoit Hamon : 36,94% (191 voix)
  • Manuel Valls : 31,33% (162 voix)
  • Arnaud Montebourg : 12,77% (66 voix)
  • Vincent Peillon : 11,99% (62 voix)
  • François de Rugy : 6,00% (31 voix)
  • Sylvia Pinel : 0,58% (3 voix)
  • Jean-Luc Bennahmias : 0,39 % (2 voix)
Bureau regroupant les bureaux n°1 (mairie d'arrondissement place Beaudoyer),  4 (école maternelle rue du Fauconnier), 5 (école élémentaire rue de l'Ave Maria)
  • Nombre de votants : 387
  • Bulletins blancs ou nuls : 4 bulletins
  • Benoit Hamon : 36,29% (139 voix)
  • Manuel Valls : 31,33% (120 voix)
  • Vincent Peillon : 14,10% (54 voix)
  • Arnaud Montebourg : 11,23% (43 voix)
  • François de Rugy : 4,96% (19 voix)
  • Sylvia Pinel : 1,31% (3 voix)
  • Jean-Luc Bennahmias : 0,78 % (3 voix)

Bureau regroupant les bureaux n°11 et 14 (collège François Couperin)
  • Nombre de votants : 260
  • Bulletins blancs ou nuls : 3 bulletins
  • Benoit Hamon : 44,36% (114 voix)
  • Manuel Valls : 22,57% (58 voix)
  • Vincent Peillon : 14,79% (38 voix)
  • François de Rugy : 7,39% (19 voix)
  • Arnaud Montebourg : 7,00% (18 voix)
  • Jean-Luc Bennahmias : 2,72 % (7 voix)
  • Sylvia Pinel : 1,17% (3 voix)

Bureau regroupant les bureaux n°3 (école élémentaire rue des Hospitalières St Gervais), 6 (lycée professionnel Théophile Gautier), 7 (école élémentaire rue des Tournelles)

  • Nombre de votants : 538
  • Bulletins blancs ou nuls : 11 bulletins
  • Benoit Hamon : 37% (195 voix)
  • Manuel Valls : 34,72% (183 voix)
  • Vincent Peillon : 11,76% (62 voix)
  • Arnaud Montebourg : 8,73% (46 voix)
  • François de Rugy : 5,50% (29 voix)
  • Sylvia Pinel : 1,52% (8 voix)
  • Jean-Luc Bennahmias : 0,76 % (4 voix)

Bureau regroupant les bureaux n°8 (Direction des affaires scolaires, rue de l'Arsenal), 9 (école maternelle rue Poulletier) et 10 (école élémentaire rue Saint Louis en l'ile)
  • Nombre de votants : 321
  • Bulletins blancs ou nuls : 1 bulletins
  • Manuel Valls : 33,33% (107 voix)
  • Benoit Hamon : 30,53% (98 voix)
  • Arnaud Montebourg : 14,64% (47 voix)
  • Vincent Peillon : 9,66% (31 voix)
  • François de Rugy : 8,10% (26 voix)
  • Sylvia Pinel : 2,49% (8 voix)
  • Jean-Luc Bennahmias : 1,25 % (4 voix)

mardi 24 janvier 2017

Hamon président ?

Je n'ai pas écrit sur le premier tour de la primaire de la gauche, un peu par manque de temps, aussi par manque d'envie après le forfait de François Hollande. J'aurais pu écrire pour vanter les mérites de mon candidat de substitution, Vincent Peillon, qui m'a convaincu dans sa capacité de rassembler le PS et au delà car bien moins clivant que ses adversaires issus du PS. Son projet de New Deal européen, de relance écologique via l'UE, était intéressant et méritait d'être débattu dans une primaire pré-présidentielle. Ni son programme, ni ses propos ne comportaient de verrues repoussantes du genre "l'existence de 2 gauches irréconciliables" (au contraire même), "49-3 citoyen", ou "non respect des traités européens". Son ton apaisant (mais doctoral) le plaçait dans la droite ligne de François Hollande et de sa présidence apaisée (qui ne le fut pas tant que ça, notamment sur la fin, mais pas tant de sa faute que de celle d'agitateurs professionnels). Il a fini avec 6% quand on aurait pu espérer qu'il dépasse la barre des 10 pour peser sur le programme final.

Et maintenant, que vais-je faire (comme dirait la chanson) ? Étonnement, le choix fut plus simple. J'ai toujours encouragé une large union de la gauche à chaque élection. Je fus heureux de voir les communistes parisiens rejoindre la liste menée par Anne Hidalgo dès le premier tour des municipales 2014. Je ne me vois donc pas soutenir un candidat qui prône deux gauches irréconciliables. Il y a aussi une question de cohérence. On ne peux pas brandir le 49-3 avant même le début du débat parlementaire puis promettre quelques mois plus tard d'y mettre fin. On ne peut pas vouloir rassembler la gauche en promettant de défiscaliser de nouveau les heures supplémentaires, une des mesures phares du sarkozysme. De plus en écoutant le discours de Manuel Valls hier soir, j'ai été surpris par la violence des propos augurant mal un rassemblement post primaire.

Mon choix se tourne donc vers Benoît Hamon. Sa mesure phare du revenu universel permet de déplacer le débat loin des questions sur l'identité française ou sur la sécurité. Dans sa longue interview accordée à Libération, il revient longuement sur cette mesure et sur sa vision pour une mise en place progressive. Comme tout bon candidat socialiste, il est pour donner le droit de vote aux citoyens étrangers résidant en France pour les élections locales ou pour limiter le nombre de mandats dans le temps. Son discours écologiste proche de Yannick Jadot, le candidat écologiste, peut aussi permettre un rapprochement, voire un contrat de gouvernement qui pourrait être plus adapté à la politique du candidat socialiste que celui signé en 2011 entre le PS et EELV. Il peut aussi convaincre une partie des électeurs de Jean-Luc Bennahmias ou de François de Rugy. Enfin dernier point qui ne peut que me conforter dans ce choix, Benoît Hamon est pour la reconnaissance de la Palestine, comme il le dit dans son programme, "la coexistence de deux États est la seule solution qui permettra d’assurer la sécurité et l’intégration de l’État d’Israël dans la région et de réouvrir le processus de paix." Cerise sur le gâteau, les goûts musicaux du candidat présentés dans Rolling Stone. Quand on dit avoir été fan de Saxon, Motörhead, Status Quo et avoir pogoté sur PiL en boîte de nuit, on marque automatiquement des points chez moi.

J'espère donc que la dynamique qui a porté Benoît Hamon en tête de ce premier tour des primaires citoyennes continuera cette semaine et le mènera à être désigné candidat du Parti Socialiste pour cette élection présidentielle.

dimanche 25 septembre 2016

Pourquoi je ne voterai pas à la primaire de droite

Règlements de compte à OK primaire, via le HuffPost
Ce week-end, Juan de SarkoFrance a publié sa 490ème chronique hebdomadaire résumant la semaine politique. Il interpelle ce qui est surement la principale part de son électorat dès le titre : "Pourquoi les antisarkozystes devraient voter à la primaire de droite." Son billet commence par une image où l'on peut lire "Ivres, les socialistes oublient de détester Sarko".

Oui entre 2007 et 2012, j'ai détesté Sarkozy. Je l'ai détesté pour toute sa présidence, pour toute les politiques qu'il a menées ainsi que pour les façons dont il les a menées. Nicolas Sarkozy a cassé la représentation du Président de la République, il a cassé l'honneur de l'institution. Sous prétexte de redynamiser la France, de sortir du confort du politiquement correct, il s'est comporté comme un monstre politique qui a tué le respect de la fonction présidentielle, voire même le respect des membres du gouvernement en les rétrogradant au rôle de sous-fifres. Toutes ces attaques, on en paye encore le prix aujourd'hui et on risque d'en subir les conséquences encore longtemps.

Pourtant, le retour de Sarkozy en politique ne doit pas être l'alpha et l'omega de l'opposition politique. Quand il est revenu pour prendre d'assaut l'UMP, je ne me suis pas engagé à droite pour lutter contre lui et essayer de faire élire un Bruno Le Maire qui n'a de point positif que son calme affiché. 
De la même façon, sa présence sur la ligne de départ à la primaire de la droite ne va pas me faire me lever contre lui. 

Premier point et non des moindres, voter à la primaire de la droite implique de s'engager sur la phrase:
Je partage les valeurs républicaines de la droite et du centre et je m’engage pour l’alternance afin de réussir le redressement de la France.
Je partage peut-être des valeurs républicaines avec la droite et le centre. Je crois en les institutions de la République, son parlement indépendant, sa justice libre, son éducation pour tous et sa liberté de pensée garantie entre autre par la loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat. Je ne suis pas sur que tous les candidats à la primaire partagent les mêmes valeurs, notamment pas Nicolas Sarkozy qui arrive à qualifier notre constitution et la déclaration des droits de l'Homme en vulgaires "arguties juridiques". 
Je refuse de m'engager pour l'alternance, encore moins pour réussir le redressement de la France, surtout quand je me dis que la France a déjà fait un sacré bout de chemin depuis le début de l'année 2012 en terme de redressement. On peut prendre pour exemple le nombre de force de l'ordre qui a bien été redressé après la baisse du nombre de policiers et gendarmes entre 2007 et 2012. On peut aussi prendre en exemple l'éducation dont le budget, le nombre d'employés (enseignants et accompagnants) et le respect à l'institution a été largement redressé après 5 années de mépris sous l'ancien quinquennat.

Deuxième point, il est également présent dans le billet de SarkoFrance, les programmes des opposants à Sarkozy à la primaire sont tous "à droite, très à droite". Le comparatif réalisé par l'AFP est sans appel. Je veux bien voter contre Nicolas Sarkozy mais pour qui ? Le candidat qui pourrait avoir ma sympathie est Jean-Frédéric Poisson, candidat représentant le parti Chrétien-Démocrate de Christine Boutin. Ce candidat a toute ma sympathie car, comme Jean-Michel Baylet lors de la primaire de la gauche en 2011, il est le (seul) symbole de l'ouverture de cette primaire à l'extérieur des murs du grand parti organisateur. Ce candidat semble être conscient de ses limites, la preuve il est le seul à avoir mis 2016 dans le nom de son site internet et non 2017 comme l'on fait NKM, Juppé, Fillon et Sarkozy. Je ne voterais pas, voire jamais, pour un des 4 candidats cités à l'instant. Je ne me vois pas voter pour Jean-François Copé qui réussit à incarner les travers du sarkozysme tout en étant un opposant à Sarkozy.

Contrairement à Juan, ce n'est pas parce que "Juppé incarne, comme d'autres, une certaine idée de la République qui fait défaut à droite", que ça mérite tous les blancs-seings du monde. Non le combat ne reprend pas aux primaires de la droite. Le combat contre les idées de cette droite n'a et n'aura jamais de fin. Le combat contre Sarkozy et ses rejetons politiques n'a pas fini en mai 2012 puisque quand un Sarkozy s'éloigne un peu du devant de la scène politique, un Copé ou un Wauquiez prend la place.

Je participe et participerai au combat contre la droite et l'extrême-droite, mais ça ne passera pas par cette primaire.

mardi 20 septembre 2016

Sarkozy, adepte du placement produit

Une campagne politique coûte de l'argent, beaucoup d'argent. En plus, le financement d'une campagne politique est scruté par des organismes, des journalistes et même des juges d'instruction. On pourrait donc croire qu'il est de plus en plus compliqué de réussir à financer une campagne présidentielle. Heureusement, dans le triste et peu innovant microcosme politique français, il existe un homme jeune, dynamique et jamais à court d'idées pour arrondir ses fins de mois. Ce jeune homme, c'est Nicolas Sarkozy. Il est en passe de rentrer dans l'histoire comme étant le premier homme politique européen (mondial ?) à avoir intégrer le placement produit dans sa campagne électorale.

L'ancienne génération politique faisait du placement produit comme monsieur Jourdain faisait de la prose, sans le savoir. Ils se rendaient dans des usines, faisaient donc un peu de pub pour l'entreprise. Publicité surement négative quand on voit le destin tragique de nombre d'entreprises après la venue de candidats. Nicolas Sarkozy fut un de ces candidats en 2007 ou 2012. Une stèle à Gandrange est d'ailleurs là pour se souvenir de l'homme politique qu'était Sarkozy avant qu'il ne change. Même si je ne suis pas sur que Nicolas Sarkozy ait vraiment changé depuis tout se temps. Il a toujours été très innovant en matière de financement de campagne électorale. Rappelez-vous :
  • 1995, Nicolas Sarkozy trouve le moyen de financer la campagne d'Edouard Balladur grâce à la vente de t-shirt. Aujourd'hui encore, personne n'a réussi à reproduire cet exploit !
  • 2007, Nicolas Sarkozy se renouvelle et s'ouvre à l'international. Sa campagne sera financée par des légendes politiques étrangères telles que Mouammar Kadhafi. Quatre ans plus tard, Sarkozy est un peu à l'origine de la mort de son dealer de pétro-dollars. Les futurs investisseurs se retirent, il doit trouver une nouvelle source de financement.
  • 2012, Nicolas Sarkozy pense avoir une idée de génie. S'il veut être le président de tous les Français (enfin les vrais Français, pas les autres), il sera le candidat de l'UMP. Candidat de l'UMP a tel point que plus de 17 millions d'euros seront dépensés en douce par l'UMP pour la campagne du candidat Sarkozy.
On peut le comprendre, Nicolas Sarkozy en a un peu marre de voir des juges pour le financement de chacune des campagnes présidentielles auxquelles il a participé. Mais ça ne l'empêche pas d'être toujours à la pointe de l'innovation en matière de financement politique. C'est à ce moment là qu'il a cette idée révolutionnaire, adapté le financement hollywoodien à la politique française : mettre en place le placement produit. 

Au mois de mai 2016, il réussit sa première tentative avec brio. Il offre une exposition médiatique folle au Bon Coin. Une simple question naïve, "c'est quoi le Bon Coin ?", offre plus d'une semaine de buzz. Le Bon Coin connu de tous pour ses petites annonces et concurrent depuis quelques années de Pôle Emploi s'offre des pages de publicités gratuites dans tous les JT, mais aussi dans tous les réseaux sociaux. 
Cette semaine, rebelote ! En plein meeting, Nicolas Sarkozy explique que lui, le fils d'émigré hongrois, a été éduqué non pas avec l'histoire des ancêtres de ses parents mais de ses "ancêtres les Gaulois". Scandale et buzz garanti. Ce mardi, je n'ai vu que ça dans ma timeline Tweeter, je n'ai entendu parler que de ça sur la chaine FranceInfo:, de façon étonnante Libé n'en fera pas sa Une du mercredi, surement car ils ont eux aussi compris la grosse arnaque. Il s'agit encore d'un placement produit. Après la publicité pour une institution du web français, le voila en train de faire de la pub pour une institution parisienne, une table incontournable de l'Ile St Louis. Nicolas Sarkozy est d'autant plus fort qu'il prend son public à contre-courant de son image de "Président du Fouquet's". Ici, c'est une formule tout compris pour 40€, avec vin rouge à discrétion.

Dans ces deux exemples, c'est toujours tout bénéfice pour l'entreprise. Elle se voit un accès à tous les médias et tous les réseaux sociaux. Sans débourser le moindre euro à une régie publicitaire, toute la France (l'Europe ? le Monde ?) entend la marque et la grave dans sa mémoire. Toutes ces économies peuvent être reversées (toute ou partie) au candidat Sarkozy, directement ou avec un léger délai, histoire de passer plus facilement entre les gouttes du contrôle des règles de financement. Ainsi tout le monde est gagnant. Nicolas Sarkozy prouve qu'il est un jeune entrepreneur toujours sur la brèche pour trouver des méthodes de financement innovantes, pendant que les entreprises judicieusement sélectionnées profitent de conditions incroyables pour se faire connaître du grand public. 

Il reste une grande question, cette nouvelle méthode de financement va-t-elle enfin réussir ou, comme les tentatives précédentes, va-t-elle se finir elle aussi devant les juges ? Seul l'avenir nous le dira.

mardi 30 août 2016

Macron démissionne pour lancer la candidature de François Hollande

Ça faisait un bout de temps que ça couvait. Emmanuel Macron en a eu marre, marre de voir les premiers résultats de sa Loi Macron pas salués comme il se doit, marre de se voir appeler à démissionner par la gauche de la gauche, marre de se prendre la tête avec une droite parlementaire qui refuse de le suivre dans ses propositions de réformes faites pour trouver le consensus. Résultat Emmanuel Macron a démissionné ce mardi. 
Premier acte d'une candidature pour 2017 ou préparation pour une autre étape dans sa jeune carrière politique ? Ce soir le désormais ex ministre de l'économie a annoncé que le temps n'était pas à l'incarnation mais aux propositions. Est-ce le signe d'un ralliement ? Et si ...

Et si Emmanuel Macron avait démissionné pour rejoindre Alain Juppé (lire le précédent billet de ce blog) ? Et si Emmanuel Macron quittait le gouvernement pour préparer la candidature de François Hollande ?

Emmanuel Macron n'est pas un enfant de la politique. Il n'est pas socialiste, il n'est pas passé par un mouvement de jeunesse politique. Il a commencé par assister un philosophe, il a découvert le monde de l'entreprise et des patrons alors qu'il s'occupait de fusions-acquisitions pour les grandes entreprises chez Rothschild. Ensuite il a découvert la politique au quotidien de l'Elysée en tant que secrétaire général adjoint de François Hollande. Pour les connaisseurs de la série américaine "A la Maison Blanche" ("The west wing" en V.O.), être secrétaire général adjoint, c'est être dévoué corps et âme pour son Président, c'est prévoir les coups durs, c'est préparer les coups à porter le lendemain. Peu de temps après avoir quitté son poste à l'Elysée, François Hollande a fait preuve de courage et de convictions pour lancer ce jeune à un poste tant en vue (tout comme il a décidé de mettre en avant Myriam El Khomri et de mettre encore plus en avant Najat Vallaud-Belkacem).

Après la loi Macron et la loi Travail, l'homme est devenu un des chouchous des Français mais la bête noire de la gauche de la gauche, détrônant peut-être même Manuel Valls ! Pour François Hollande qui s'apprête à se lancer dans la longue et difficile bataille de sa réélection, la présence de Macron au gouvernement risquait d'être un frein au rassemblement de la famille de gauche. Pourtant Macron peut servir à gagner des voix au centre droit, surtout si Nicolas Sarkozy fait un gros score lors de la primaire à droite. Comment réussir à allier les deux ?

François Hollande est un homme de synthèse et un grand tacticien politique. Il a donc vu avec Emmanuel Macron sa sortie avec fracas du gouvernement. L'ancien ministre a ainsi le temps de s'occuper de son mouvement En Marche! Il continue son tour de France, ses porte-à-porte. Il continue sur sa lancée du meeting de la Mutualité en juillet dernier, c'est à dire à attirer autour de lui des jeunes, des moins jeunes, des entrepreneurs, des étudiants. Il laisse planer le doute sur son propre futur. Dans le même temps, il reprend un rôle de conseiller de l'ombre du Président de la République. La gauche du PS est satisfaite, François Hollande regagne des points sur sa gauche. Hollande arrive ainsi à convaincre des figures de la Gauche de le rallier et de le conseiller pour la future campagne présidentielle. Le moment venu, Emmanuel Macron sort du bois et se rallie à François Hollande, tout comme Benoit Hamon, François Hollande et Martine Aubry.

Le reste, c'est Emmanuel Macron qui l'a déjà prédit quand il s'est adressé au Président Hollande avec ces mots : "L'histoire vous rendra raison, un jour les gens vous comprendront."