mercredi 2 mai 2018

Mon cortège du 1er mai

Le 1er mai, quand je suis en France, je vais manifester. J’ai beau être adhérent à la CFDT, je préfère passer mon après-midi du 1er mai dans la rue plutôt que dans une salle de cinéma, surtout qu’il fait souvent beau le 1er mai après-midi. Cette année donc, c’était manif du 1er mai et pour la première fois, c’était manif en famille avec la poussette. Poussette qui est, au passage, un support idéal pour les autocollants des différentes organisations (et mention spéciale à LO qui en distribue énormément).

N’ayant pas de point d’ancrage syndical cette année, on cherche à rejoindre le point fixe du PS sur le boulevard de la Bastille (boulevard qui est la première voie prise par le cortège). Il est 14h30, je fais un aller/retour sur le boulevard car le cortège n’est pas encore parti mais le PS n’est pas clairement visible. Lors de cet aller/retour, on se dirige presque inconsciemment vers le grand drapeau de la Catalogne indépendante. C’est un classique du 1er mai, des représentants de nombreux peuples se joignent au cortège pour porter leurs revendications. Les Catalans sont à côté du stand de la LDH mais nous n’allons pas prendre le temps de chercher des visages connus. Sur le large trottoir derrière les Catalans, des centaines de jeunes en noir sont en train de s’habiller, de se préparer avec masques, capuches et protections. Plus que leur tenue, c’est leur nombre qui impressionne. Ni une, ni deux, on les traverse avec la poussette avec pour seul objectif, rejoindre la chaussée puis rejoindre une intersection avec une autre rue, histoire d’avoir une échappatoire quand ces gens vont se mettre en route car aucun doute possible, ça va bastonner, reste à savoir où, sur qui ou sur quoi.

Le reste du boulevard est calme comme un début de manif. Ça sent le barbecue, les organisations non syndicales se montrent en bord de rue et énormément de monde, des jeunes, des familles, des retraités (ou des personnes qui ont suffisamment de cheveux gris ou de rides pour se faire passer comme tel), bref le monde de gauche dans sa diversité et pas que des syndiqués. Je retrouve même le PS ! Heureusement que j’avais l’adresse du point de rendez-vous car sans drapeau, sans banderole, sans tract, pas de signes distinctifs si ce n’est 3 caméras devant Olivier Faure et quelques pin’s au revers de la veste d’une poignée de militants. C’est bien beau d’être présent dans les manifs mais si c’est de façon cachée, ça ne sert à rien. Je suis sûr que dans le cortège d’hier, personne n’a su que le PS était présent. Ce qui signifie que dans l’inconscient des manifestants, si le PS est absent de ces grands rendez-vous, c’est qu’il abandonne les travailleurs, les revendications.  

Il est 15h30 quand la tête du cortège passe devant moi. Pour qu’il n’y est pas d’ambiguïté, je parle de la tête officielle, celle qui marque le début de la manifestation organisée par les syndicats et qui donne le rythme au reste de la manif. Impossible de se tromper, les premiers rangs sont les gros bras du service d’ordre de la CGT, suivis par d’autres gros bras de la CGT qui entourent Philippe Martinez et des représentants de Solidaires, de la FSU (et surement de FO). Ici aucun risque d'avoir des casseurs, lee service d'ordre est important et bien organisé. Je les laisse passer et ma petite famille et moi nous nous insérons dans le cortège. Encore une fois, je remarque qu’au milieu des CGTistes qui sont là avec leurs banderoles et leurs mégaphones, il y a du monde, toujours beaucoup de familles qui s’insèrent, doublent, bref qui sont impatientes de marcher vers Place d’Italie.

Un peu avant 16h, nous avons avancé de 400m et sommes sur le Pont d’Austerlitz. Le cortège stationne. On voulait doubler la tête du cortège pour rejoindre des amis de l’autre côté du pont, mais il y a beaucoup trop de monde pour doubler facilement avec la poussette. De toute façon, il fait beau, on est là pour manifester, autant patienter un peu.

Il est environ 16h15. Ça fait plus de 15 minutes que nous sommes à l’arrêt. Le temps est long. Certes les quelques feux d’artifice tirés en l’air au niveau de la gare d’Austerlitz m’amusent, mais le temps est long tout de même.  Famille moderne, on en profite pour prendre des nouvelles de la manifestation à laquelle on participe en regardant ce qu’il s’en dit sur Twitter. Ça commence à déchanter, nos rencontres du début d’après-midi sont passées à l’action et ont détruit un McDo ! On est toujours au milieu du pont, on voit par moment de la fumée s’élever devant nous. Mais aucune information sur le pont à part notre Twitter (en même temps qui aurait pu donner une info ? sur la base de quoi à part des « on dit » des réseaux sociaux ?). On avance donc, on double par les trottoirs la tête du cortège, à la recherche de nos amis à l’avant.



A 16h30 nous sommes au carrefour devant le jardin des plantes. Fumée noire (voiture en feu surement) devant nous et sur les quais haut à notre droite un gros mouvement de CRS. On se regarde avec d’autres familles autour de nous, tous avec nos poussettes. On s’avance vers la descente sur les quais bas au cas ça tourne au vinaigre. On ne va pas attendre du tout au final. Les CRS sont nombreux et prêts à intervenir. D’autres sont sur la rampe d’accès aux quais bas et filtrent pour ne laisser qu’une personne à la fois descendre. On espère tous (car nous sommes nombreux à fuir la future bataille d’Austerlitz) que ça ne va pas dégénérer trop vite sinon tout le monde ne pourra pas accéder sur les berges de Seine. 

Des bords de Seine, nous verront les mouvements de recul du cortège sur le pont. Nous partons de ces berges quand nous voyons un camion à eau de la police se positionner à notre niveau, face à la rue longeant l’autre côté du Jardin des Plantes. On avance jusqu’au Pont de Sully et on voit des mouvements de foule sur le Pont d’Austerlitz. Est-ce des CRS ? Est-ce des anars qui se font refoulés ? On n’en saura pas plus. Pendant ce temps là, un nouveau cortège s'est formé sur le quai St Bernard, surement des gens qui ont fui le pont d'Austerlitz par l'avant. Je m'inquiète un peu pour eux. Seuls 3 policiers sont présents pour surveiller le carrefour qui est bien sur ouvert à la circulation. Ce contre cortège créé sur la tas n'a pas de service d'ordre, pas d'itinéraire, juste une envie de continuer à marcher dans le calme tout en évitant les affrontements en cours.

Pendant ce temps là, par téléphone, des personnes toujours sur le boulevard de la Bastille nous disent qu’ils sentent les gaz lacrymo de là où ils sont ! Après coup, il semblerait que les forces de l’ordre n’aient pas que gazé les casseurs mais aussi l’autre extrémité de la manifestation pour la faire partir…

On prend notre temps avant de rentrer chez nous, on profite des voies sur berges piétonnes pour flâner encore un peu et donner le goûter au bébé manifestant. Quand on arrive à 200m de chez nous, des jeunes nous demandent de ne plus avancer, nous prévienne que ça gaze partout à Bastille (étonnant je pensais que les cagoules noires étaient de l’autre côté de la Seine). On continue d’avancer vers chez nous et 100m plus loin des jeunes (pas des Black Blocks) lancent des insultent, d’autres nous crient de ne plus avancer avec la poussette. En fait des CRS sont dans notre rue, presque devant chez nous, en train de reculer face à une poignée d’adolescents les insultant et appelant à imiter les manifestants arméniens. Je n’ai aucune idée de ce qu’il s’est passé sur ces lieux avant mon arrivée. Deux minutes plus tard ma rue aura retrouvé son calme habituel. Les CRS auront retrouvé leurs camarades et les jeunes les leurs.

Quel est le but de ce récit ?
Rappeler que la manifestation du 1er mai avait tout pour être un véritable succès. Les gens étaient présents et je ne sais pas comment le décompte a pu être (que ce soit par la police ou la CGT) puisque le cortège n’a pas pu se lancer entièrement puisque bloqué beaucoup trop tôt par la violence anarchiste.
Rappeler que manifester n’est pas synonyme ni de violence, ni de soutien sans faille à la CGT. Manifester le 1er mai, c’est soutenir les salariés en lutte (cheminots, employés de Carrefour mais aussi ouvriers de PSA, salariés sans papier, personnels des hôpitaux). C’est soutenir le fait qu’une autre politique du travail existe, que le dialogue social ne peut pas être que parler dans le vent face aux représentants du gouvernement. C’est aussi rappeler que d’autres peuples souffrent et luttent pendant que notre gouvernement attaque les travailleurs et les immigrants.
Enfin, c’est aussi rappeler que même si des actions ultra-violentes ont lieu à Austerlitz sur la rive gauche de la Seine, ça ne veut pas dire que les forces de l’ordre ont le droit de maltraiter des personnes qui attendent de pouvoir manifester rive droite. Ce n’est pas parce qu’il y a de la casse à Austerlitz à 16h qu’il doit y avoir du tabassage en règle dans le Quartier Latin à 19h.

mardi 31 janvier 2017

Un deuxième tour des primaires mobilisateur

Le 22 janvier, 2028 électeurs du 4ème arrondissement s'étaient déplacés pour le premier tour de la primaire citoyenne. Au soir du premier tour, Benoît Hamon était sorti en tête dans l'arrondissement avec 107 voix d'avance sur Manuel Valls. Ce 29 janvier, à l'image du comportement national, les habitants du 4ème se sont encore plus mobilisés pour participer à un second tour intéressant et motivant au vu des différences de programme et de personnalité des deux finalistes.

Voici les résultats globaux du 4ème arrondissement de Paris:
  • Nombre de votants : 2 375
  • Bulletins blancs ou nuls : 35 bulletins
  • Benoit Hamon : 53,85% (1 260 voix)
  • Manuel Valls : 46,15% (1 080 voix)
Certes la participation est bien inférieure à celle du second tour record de la primaire de la droite (4 328 votants) qui s'est déroulé à la fin de l'année dernière ou même de celui de la primaire de la gauche en 2011 (2 932 votants), mais on observe une hausse 17% entre les deux tours là où les précédents exercices de primaires ouvertes dans l'arrondissement avaient vu un taux de participation sensiblement stable entre les deux tours.
Si on joue aux différences avec les deux précédentes primaires, on peut souligner que pour la première fois l'écart est net entre le vainqueur et le dauphin et surtout que pour la première fois les électeurs de l'arrondissement ont voté dans le même sens qu'au niveau national.

Pour finir, voici les résultats par bureau de vote :

Bureau regroupant les bureaux n°2 (école élémentaire rue de Moussy), n°12 (école maternelle rue des Archives) et 13 (école élémentaire rue Renard) : 
  • Nombre de votants : 605
  • Bulletins blancs ou nuls : 8 bulletins
  • Benoit Hamon : 56,11% (335 voix)
  • Manuel Valls : 43,89% (262 voix)
 
Bureau regroupant les bureaux n°1 (mairie d'arrondissement place Beaudoyer),  4 (école maternelle rue du Fauconnier), 5 (école élémentaire rue de l'Ave Maria)
  • Nombre de votants : 475
  • Bulletins blancs ou nuls : 10 bulletins
  • Benoit Hamon : 55,48% (258 voix)
  • Manuel Valls : 44,52% (207 voix)
 
Bureau regroupant les bureaux n°11 et 14 (collège François Couperin)
  • Nombre de votants : 326
  • Bulletins blancs ou nuls : 7 bulletins
  • Benoit Hamon : 56,11% (179 voix)
  • Manuel Valls : 43,89% (140 voix)
 
Bureau regroupant les bureaux n°8 (Direction des affaires scolaires, rue de l'Arsenal), 9 (école maternelle rue Poulletier) et 10 (école élémentaire rue Saint Louis en l'ile)
  • Nombre de votants : 360
  • Bulletins blancs ou nuls : 3 bulletins
  • Manuel Valls : 50,70% (181 voix)
  • Benoit Hamon : 49.3% (176 voix)
 
Bureau regroupant les bureaux n°3 (école élémentaire rue des Hospitalières St Gervais), 6 (lycée professionnel Théophile Gautier), 7 (école élémentaire rue des Tournelles)
  • Nombre de votants : 609
  • Bulletins blancs ou nuls : 7 bulletins
  • Benoit Hamon : 51,83% (312 voix)
  • Manuel Valls : 48,17% (290 voix)

Exercer son droit de retrait, vraiment ?

https://www.cairn.info/loadimg.php?FILE=JDJ/JDJ_289/JDJ_289_0033/fullJDJ_idPAS_D_ISBN_pu2009-09s_sa06_art06_img001.jpgBenoît Hamon est sorti victorieux et assez largement d’ailleurs de la primaire citoyenne. Primaire qui fut elle-même une belle victoire avec plus de 2 millions de participants lors du second tour. Comme il fallait s’y attendre les déçus du scrutin commence à regarder ailleurs, vers cette ligne d’horizon ni de gauche ni de droite que représente Macron. Quand il s’agit d’électeurs, on peut les comprendre. On peut être sûr que si l’inverse s’était produit, une partie de l’électorat de Benoit Hamon se serait tournée vers les offres plus à gauche que Manuel Valls et le PS. Il est donc normal de voir un report d’une partie de l’électorat de Manuel Valls se dire intéressé par Emmanuel Macron.

En tant que militant socialiste, j’ai un peu plus de mal avec les élus PS qui annoncent haut et fort leur ralliement à Macron. Ils critiquent un programme non viable de Benoît Hamon pour rejoindre un candidat qui ne cesse de repousser la date de présentation de son propre programme. Si le programme arrive à respecter les souhaits des déçus de la primaire LR et de celle du PS tout en faisant rêver une majorité de Français, alors je ne pourrais que m’incliner devant le talent de cet homme (sans pour autant le soutenir, faut pas déconner non plus).

Mais aujourd’hui c’est avec ma casquette de syndicaliste que je bouillonne. Deux députés PS se sont offert une tribune dans Le Monde pour expliquer qu’ils revendiquent « haut et fort un droit de retrait de la campagne présidentielle car les conditions de notre soutien à la candidature de Benoît Hamon ne sont pas réunies. » Dans leur argumentation, ces deux députés considèrent qu’un soutien au projet de Benoît Hamon « serait contraire à la culture socialiste qui, historiquement, s’est construite autour de l’amélioration des conditions de travail et du temps du travailleur. »

Léger problème, si l’on s’appuie sur les conditions de travail et la culture socialiste, peut-être est-il nécessaire de faire attention aux mots qu’on emploie. Le « droit de retrait » n’est pas une expression comme une autre pouvant être utilisée à la légère. C’est un véritable droit défini par la loi :

Lorsqu’un salarié non mandaté exerce son droit de retrait, la loi lui demande seulement d’avoir « un motif raisonnable de penser » que la situation de travail présente un danger grave et imminent pour sa vie ou sa santé. Elle n’exige pas une cause réelle de danger, l’apparence et la bonne foi suffisent. Ainsi le juge contrôle uniquement le caractère raisonnable du motif et non la réalité du danger.

Pour ces députés, il y aurait donc un danger grave et imminent pour leur santé ou pour leur vie. Il va falloir détailler un peu plus que ce qui est écrit dans la tribune pour faire comprendre aux Français dans la globalité (ou a minima aux militants socialistes) en quoi Benoît Hamon ou son programme représenterait une telle menace. 

mercredi 25 janvier 2017

Les véritables chiffres de la primaire citoyenne

Voici les véritables chiffres du premier tour de la primaire de la gauche dans le 4ème arrondissement de Paris. Ceux de la ville de Paris, bureau de vote de primaire par bureau de vote de primaire sont disponible sur le site de la fédération de Paris. Les chiffres cumulés et définitifs à l'échelon national devraient être mis à disposition, je l'espère, prochainement.

Globalement, au niveau du 4ème arrondissement, les résultats se déclinent ainsi :
  • Nombre de votants : 2028
  • Bulletins blancs ou nuls : 23 bulletins
  • Benoit Hamon : 36,76% (737 voix)
  • Manuel Valls : 31,42% (630 voix)
  • Vincent Peillon : 12,32% (247 voix)
  • Arnaud Montebourg : 10,97% (220 voix)
  • François de Rugy : 6,18% (124 voix)
  • Sylvia Pinel : 1,35% (27 voix)
  • Jean-Luc Bennahmias : 1 % (20 voix)
On remarque une belle baisse de fréquentation par rapport à la primaire de 2011 où 2934 habitants du 4ème arrondissement s'étaient déplacés pour voter. Cette baisse de fréquentation était attendue puisque la situation du pays est nettement différente de 2011. Cette fois-ci, hors de question de choisir le meilleur candidat qui mettra fin à 10 années de droite et 5 années de sarkozysme. L'attente est nettement moins forte dans la population (au moins dans mon entourage), pourtant l'hypothèse d'une élection de François Fillon ou de Marine Le Pen aurait pu mobiliser les foules pour choisir le meilleur adversaire possible. Malgré cette forte baisse, reconnaissons une belle participation pour une primaire annoncée comme un fiasco générale. On remarquera que presque l'ensemble du 4ème arrondissement a préféré se mobiliser pour Benoît Hamon (ce qui conforte mon choix de me rallier à sa candidature pour le second tour) mais que contrairement au reste de la France, Vincent Peillon a fini à la 3ème place, ce qui est un beau résultat pour Patrick Bloche, son directeur de campagne (et candidat aux législatives en 2017 dans la circonscription englobant le 4ème arrondissement).

Pour les citoyens du 4ème arrondissement et pour tous ceux qui suivent son actualité (ou qui aiment les chiffres), voici la répartition par bureau de vote des primaires (j'espère ne pas m'être trompé dans les répartitions des bureaux de votes classiques, donc n'hésitez pas à signaler toute erreur) :

Bureau regroupant les bureaux n°2 (école élémentaire rue de Moussy), n°12 (école maternelle rue des Archives) et 13 (école élémentaire rue Renard) : 
  • Nombre de votants : 521
  • Bulletins blancs ou nuls : 4 bulletins
  • Benoit Hamon : 36,94% (191 voix)
  • Manuel Valls : 31,33% (162 voix)
  • Arnaud Montebourg : 12,77% (66 voix)
  • Vincent Peillon : 11,99% (62 voix)
  • François de Rugy : 6,00% (31 voix)
  • Sylvia Pinel : 0,58% (3 voix)
  • Jean-Luc Bennahmias : 0,39 % (2 voix)
Bureau regroupant les bureaux n°1 (mairie d'arrondissement place Beaudoyer),  4 (école maternelle rue du Fauconnier), 5 (école élémentaire rue de l'Ave Maria)
  • Nombre de votants : 387
  • Bulletins blancs ou nuls : 4 bulletins
  • Benoit Hamon : 36,29% (139 voix)
  • Manuel Valls : 31,33% (120 voix)
  • Vincent Peillon : 14,10% (54 voix)
  • Arnaud Montebourg : 11,23% (43 voix)
  • François de Rugy : 4,96% (19 voix)
  • Sylvia Pinel : 1,31% (3 voix)
  • Jean-Luc Bennahmias : 0,78 % (3 voix)

Bureau regroupant les bureaux n°11 et 14 (collège François Couperin)
  • Nombre de votants : 260
  • Bulletins blancs ou nuls : 3 bulletins
  • Benoit Hamon : 44,36% (114 voix)
  • Manuel Valls : 22,57% (58 voix)
  • Vincent Peillon : 14,79% (38 voix)
  • François de Rugy : 7,39% (19 voix)
  • Arnaud Montebourg : 7,00% (18 voix)
  • Jean-Luc Bennahmias : 2,72 % (7 voix)
  • Sylvia Pinel : 1,17% (3 voix)

Bureau regroupant les bureaux n°3 (école élémentaire rue des Hospitalières St Gervais), 6 (lycée professionnel Théophile Gautier), 7 (école élémentaire rue des Tournelles)

  • Nombre de votants : 538
  • Bulletins blancs ou nuls : 11 bulletins
  • Benoit Hamon : 37% (195 voix)
  • Manuel Valls : 34,72% (183 voix)
  • Vincent Peillon : 11,76% (62 voix)
  • Arnaud Montebourg : 8,73% (46 voix)
  • François de Rugy : 5,50% (29 voix)
  • Sylvia Pinel : 1,52% (8 voix)
  • Jean-Luc Bennahmias : 0,76 % (4 voix)

Bureau regroupant les bureaux n°8 (Direction des affaires scolaires, rue de l'Arsenal), 9 (école maternelle rue Poulletier) et 10 (école élémentaire rue Saint Louis en l'ile)
  • Nombre de votants : 321
  • Bulletins blancs ou nuls : 1 bulletins
  • Manuel Valls : 33,33% (107 voix)
  • Benoit Hamon : 30,53% (98 voix)
  • Arnaud Montebourg : 14,64% (47 voix)
  • Vincent Peillon : 9,66% (31 voix)
  • François de Rugy : 8,10% (26 voix)
  • Sylvia Pinel : 2,49% (8 voix)
  • Jean-Luc Bennahmias : 1,25 % (4 voix)

mardi 24 janvier 2017

Hamon président ?

Je n'ai pas écrit sur le premier tour de la primaire de la gauche, un peu par manque de temps, aussi par manque d'envie après le forfait de François Hollande. J'aurais pu écrire pour vanter les mérites de mon candidat de substitution, Vincent Peillon, qui m'a convaincu dans sa capacité de rassembler le PS et au delà car bien moins clivant que ses adversaires issus du PS. Son projet de New Deal européen, de relance écologique via l'UE, était intéressant et méritait d'être débattu dans une primaire pré-présidentielle. Ni son programme, ni ses propos ne comportaient de verrues repoussantes du genre "l'existence de 2 gauches irréconciliables" (au contraire même), "49-3 citoyen", ou "non respect des traités européens". Son ton apaisant (mais doctoral) le plaçait dans la droite ligne de François Hollande et de sa présidence apaisée (qui ne le fut pas tant que ça, notamment sur la fin, mais pas tant de sa faute que de celle d'agitateurs professionnels). Il a fini avec 6% quand on aurait pu espérer qu'il dépasse la barre des 10 pour peser sur le programme final.

Et maintenant, que vais-je faire (comme dirait la chanson) ? Étonnement, le choix fut plus simple. J'ai toujours encouragé une large union de la gauche à chaque élection. Je fus heureux de voir les communistes parisiens rejoindre la liste menée par Anne Hidalgo dès le premier tour des municipales 2014. Je ne me vois donc pas soutenir un candidat qui prône deux gauches irréconciliables. Il y a aussi une question de cohérence. On ne peux pas brandir le 49-3 avant même le début du débat parlementaire puis promettre quelques mois plus tard d'y mettre fin. On ne peut pas vouloir rassembler la gauche en promettant de défiscaliser de nouveau les heures supplémentaires, une des mesures phares du sarkozysme. De plus en écoutant le discours de Manuel Valls hier soir, j'ai été surpris par la violence des propos augurant mal un rassemblement post primaire.

Mon choix se tourne donc vers Benoît Hamon. Sa mesure phare du revenu universel permet de déplacer le débat loin des questions sur l'identité française ou sur la sécurité. Dans sa longue interview accordée à Libération, il revient longuement sur cette mesure et sur sa vision pour une mise en place progressive. Comme tout bon candidat socialiste, il est pour donner le droit de vote aux citoyens étrangers résidant en France pour les élections locales ou pour limiter le nombre de mandats dans le temps. Son discours écologiste proche de Yannick Jadot, le candidat écologiste, peut aussi permettre un rapprochement, voire un contrat de gouvernement qui pourrait être plus adapté à la politique du candidat socialiste que celui signé en 2011 entre le PS et EELV. Il peut aussi convaincre une partie des électeurs de Jean-Luc Bennahmias ou de François de Rugy. Enfin dernier point qui ne peut que me conforter dans ce choix, Benoît Hamon est pour la reconnaissance de la Palestine, comme il le dit dans son programme, "la coexistence de deux États est la seule solution qui permettra d’assurer la sécurité et l’intégration de l’État d’Israël dans la région et de réouvrir le processus de paix." Cerise sur le gâteau, les goûts musicaux du candidat présentés dans Rolling Stone. Quand on dit avoir été fan de Saxon, Motörhead, Status Quo et avoir pogoté sur PiL en boîte de nuit, on marque automatiquement des points chez moi.

J'espère donc que la dynamique qui a porté Benoît Hamon en tête de ce premier tour des primaires citoyennes continuera cette semaine et le mènera à être désigné candidat du Parti Socialiste pour cette élection présidentielle.

dimanche 25 septembre 2016

Pourquoi je ne voterai pas à la primaire de droite

Règlements de compte à OK primaire, via le HuffPost
Ce week-end, Juan de SarkoFrance a publié sa 490ème chronique hebdomadaire résumant la semaine politique. Il interpelle ce qui est surement la principale part de son électorat dès le titre : "Pourquoi les antisarkozystes devraient voter à la primaire de droite." Son billet commence par une image où l'on peut lire "Ivres, les socialistes oublient de détester Sarko".

Oui entre 2007 et 2012, j'ai détesté Sarkozy. Je l'ai détesté pour toute sa présidence, pour toute les politiques qu'il a menées ainsi que pour les façons dont il les a menées. Nicolas Sarkozy a cassé la représentation du Président de la République, il a cassé l'honneur de l'institution. Sous prétexte de redynamiser la France, de sortir du confort du politiquement correct, il s'est comporté comme un monstre politique qui a tué le respect de la fonction présidentielle, voire même le respect des membres du gouvernement en les rétrogradant au rôle de sous-fifres. Toutes ces attaques, on en paye encore le prix aujourd'hui et on risque d'en subir les conséquences encore longtemps.

Pourtant, le retour de Sarkozy en politique ne doit pas être l'alpha et l'omega de l'opposition politique. Quand il est revenu pour prendre d'assaut l'UMP, je ne me suis pas engagé à droite pour lutter contre lui et essayer de faire élire un Bruno Le Maire qui n'a de point positif que son calme affiché. 
De la même façon, sa présence sur la ligne de départ à la primaire de la droite ne va pas me faire me lever contre lui. 

Premier point et non des moindres, voter à la primaire de la droite implique de s'engager sur la phrase:
Je partage les valeurs républicaines de la droite et du centre et je m’engage pour l’alternance afin de réussir le redressement de la France.
Je partage peut-être des valeurs républicaines avec la droite et le centre. Je crois en les institutions de la République, son parlement indépendant, sa justice libre, son éducation pour tous et sa liberté de pensée garantie entre autre par la loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat. Je ne suis pas sur que tous les candidats à la primaire partagent les mêmes valeurs, notamment pas Nicolas Sarkozy qui arrive à qualifier notre constitution et la déclaration des droits de l'Homme en vulgaires "arguties juridiques". 
Je refuse de m'engager pour l'alternance, encore moins pour réussir le redressement de la France, surtout quand je me dis que la France a déjà fait un sacré bout de chemin depuis le début de l'année 2012 en terme de redressement. On peut prendre pour exemple le nombre de force de l'ordre qui a bien été redressé après la baisse du nombre de policiers et gendarmes entre 2007 et 2012. On peut aussi prendre en exemple l'éducation dont le budget, le nombre d'employés (enseignants et accompagnants) et le respect à l'institution a été largement redressé après 5 années de mépris sous l'ancien quinquennat.

Deuxième point, il est également présent dans le billet de SarkoFrance, les programmes des opposants à Sarkozy à la primaire sont tous "à droite, très à droite". Le comparatif réalisé par l'AFP est sans appel. Je veux bien voter contre Nicolas Sarkozy mais pour qui ? Le candidat qui pourrait avoir ma sympathie est Jean-Frédéric Poisson, candidat représentant le parti Chrétien-Démocrate de Christine Boutin. Ce candidat a toute ma sympathie car, comme Jean-Michel Baylet lors de la primaire de la gauche en 2011, il est le (seul) symbole de l'ouverture de cette primaire à l'extérieur des murs du grand parti organisateur. Ce candidat semble être conscient de ses limites, la preuve il est le seul à avoir mis 2016 dans le nom de son site internet et non 2017 comme l'on fait NKM, Juppé, Fillon et Sarkozy. Je ne voterais pas, voire jamais, pour un des 4 candidats cités à l'instant. Je ne me vois pas voter pour Jean-François Copé qui réussit à incarner les travers du sarkozysme tout en étant un opposant à Sarkozy.

Contrairement à Juan, ce n'est pas parce que "Juppé incarne, comme d'autres, une certaine idée de la République qui fait défaut à droite", que ça mérite tous les blancs-seings du monde. Non le combat ne reprend pas aux primaires de la droite. Le combat contre les idées de cette droite n'a et n'aura jamais de fin. Le combat contre Sarkozy et ses rejetons politiques n'a pas fini en mai 2012 puisque quand un Sarkozy s'éloigne un peu du devant de la scène politique, un Copé ou un Wauquiez prend la place.

Je participe et participerai au combat contre la droite et l'extrême-droite, mais ça ne passera pas par cette primaire.

mardi 20 septembre 2016

Sarkozy, adepte du placement produit

Une campagne politique coûte de l'argent, beaucoup d'argent. En plus, le financement d'une campagne politique est scruté par des organismes, des journalistes et même des juges d'instruction. On pourrait donc croire qu'il est de plus en plus compliqué de réussir à financer une campagne présidentielle. Heureusement, dans le triste et peu innovant microcosme politique français, il existe un homme jeune, dynamique et jamais à court d'idées pour arrondir ses fins de mois. Ce jeune homme, c'est Nicolas Sarkozy. Il est en passe de rentrer dans l'histoire comme étant le premier homme politique européen (mondial ?) à avoir intégrer le placement produit dans sa campagne électorale.

L'ancienne génération politique faisait du placement produit comme monsieur Jourdain faisait de la prose, sans le savoir. Ils se rendaient dans des usines, faisaient donc un peu de pub pour l'entreprise. Publicité surement négative quand on voit le destin tragique de nombre d'entreprises après la venue de candidats. Nicolas Sarkozy fut un de ces candidats en 2007 ou 2012. Une stèle à Gandrange est d'ailleurs là pour se souvenir de l'homme politique qu'était Sarkozy avant qu'il ne change. Même si je ne suis pas sur que Nicolas Sarkozy ait vraiment changé depuis tout se temps. Il a toujours été très innovant en matière de financement de campagne électorale. Rappelez-vous :
  • 1995, Nicolas Sarkozy trouve le moyen de financer la campagne d'Edouard Balladur grâce à la vente de t-shirt. Aujourd'hui encore, personne n'a réussi à reproduire cet exploit !
  • 2007, Nicolas Sarkozy se renouvelle et s'ouvre à l'international. Sa campagne sera financée par des légendes politiques étrangères telles que Mouammar Kadhafi. Quatre ans plus tard, Sarkozy est un peu à l'origine de la mort de son dealer de pétro-dollars. Les futurs investisseurs se retirent, il doit trouver une nouvelle source de financement.
  • 2012, Nicolas Sarkozy pense avoir une idée de génie. S'il veut être le président de tous les Français (enfin les vrais Français, pas les autres), il sera le candidat de l'UMP. Candidat de l'UMP a tel point que plus de 17 millions d'euros seront dépensés en douce par l'UMP pour la campagne du candidat Sarkozy.
On peut le comprendre, Nicolas Sarkozy en a un peu marre de voir des juges pour le financement de chacune des campagnes présidentielles auxquelles il a participé. Mais ça ne l'empêche pas d'être toujours à la pointe de l'innovation en matière de financement politique. C'est à ce moment là qu'il a cette idée révolutionnaire, adapté le financement hollywoodien à la politique française : mettre en place le placement produit. 

Au mois de mai 2016, il réussit sa première tentative avec brio. Il offre une exposition médiatique folle au Bon Coin. Une simple question naïve, "c'est quoi le Bon Coin ?", offre plus d'une semaine de buzz. Le Bon Coin connu de tous pour ses petites annonces et concurrent depuis quelques années de Pôle Emploi s'offre des pages de publicités gratuites dans tous les JT, mais aussi dans tous les réseaux sociaux. 
Cette semaine, rebelote ! En plein meeting, Nicolas Sarkozy explique que lui, le fils d'émigré hongrois, a été éduqué non pas avec l'histoire des ancêtres de ses parents mais de ses "ancêtres les Gaulois". Scandale et buzz garanti. Ce mardi, je n'ai vu que ça dans ma timeline Tweeter, je n'ai entendu parler que de ça sur la chaine FranceInfo:, de façon étonnante Libé n'en fera pas sa Une du mercredi, surement car ils ont eux aussi compris la grosse arnaque. Il s'agit encore d'un placement produit. Après la publicité pour une institution du web français, le voila en train de faire de la pub pour une institution parisienne, une table incontournable de l'Ile St Louis. Nicolas Sarkozy est d'autant plus fort qu'il prend son public à contre-courant de son image de "Président du Fouquet's". Ici, c'est une formule tout compris pour 40€, avec vin rouge à discrétion.

Dans ces deux exemples, c'est toujours tout bénéfice pour l'entreprise. Elle se voit un accès à tous les médias et tous les réseaux sociaux. Sans débourser le moindre euro à une régie publicitaire, toute la France (l'Europe ? le Monde ?) entend la marque et la grave dans sa mémoire. Toutes ces économies peuvent être reversées (toute ou partie) au candidat Sarkozy, directement ou avec un léger délai, histoire de passer plus facilement entre les gouttes du contrôle des règles de financement. Ainsi tout le monde est gagnant. Nicolas Sarkozy prouve qu'il est un jeune entrepreneur toujours sur la brèche pour trouver des méthodes de financement innovantes, pendant que les entreprises judicieusement sélectionnées profitent de conditions incroyables pour se faire connaître du grand public. 

Il reste une grande question, cette nouvelle méthode de financement va-t-elle enfin réussir ou, comme les tentatives précédentes, va-t-elle se finir elle aussi devant les juges ? Seul l'avenir nous le dira.