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mardi 14 avril 2015

A la santé de Marisol !

Nous ne verrons surement pas Marisol Touraine s’allumer un bon gros cigare ou s’enivrer au champagne devant les caméras pour célébrer le vote en 1ère lecture de sa loi santé à l’Assemblée Nationale. C'est pourtant  un grand cap qu’elle vient de réussir à passer avec succès. Ce mardi après-midi, 311 députés ont voté pour ce projet de loi presque aussi fourre-tout que la loi Macron (à croire que ce côté fourre-tout n’était qu’une fausse excuse utilisée par les frondeurs). Qu'y a-t-il dans cette loi en plus en plus que la généralisation du tiers-payant pour tous les Français ?

Lutte contre le tabagism
Les paquets de cigarettes vont être neutres. Impossible de choisir un paquet de Marlboro un soir de Ligue des Champions pour être aux couleurs de Monaco. Les buralistes vendeurs de cancer de poumon étaient bien sur contre. Ils ne vont surement pas aimer non plus l’interdiction qui leur est faite de s’installer à proximité d’établissements scolaires (comme des vulgaires sex-shops).
Si j’ai bien compris certains articles, les cigarettes menthol devraient être interdites, de même que les cigarettes à pastille de gout.
Les vapoteurs se retrouvent reléguer au rang de simple fumeur, ils devront sortir de leur bureau pour aller fumer.

Lutte contre l’anorexi
L’apologie de la maigreur excessive va devenir passible d’un an de prison. Pour arrêter de rêver devant des femmes irréelles, la mention « Photographie retouchée » devient obligatoire sur les photos de mannequins où leur apparence corporelle a été modifiée. D’ailleurs les mannequins ne pourront pas exercer leur métier si leur indice de masse corporel est inférieur à un seuil à définir.
A l’opposé, pour lutter contre l’obésité et la malbouffe, les fontaines à soda qui commençaient à fleurir dans les cafétérias sont à présent interdites.

Salle de shoot
Bertrand Delanoë voulait lancer l’expérimentation des salles de consommation à moindres risques à Paris il y a quelques années. La loi santé va enfin autoriser l’expérience.

Dons d’organes
Par défaut, vous êtes à présent donneur d’organe. Vos proches ne pourront plus s’opposer à ce don mais seront tout de même informé. Si vous ne voulez absolument qu’une partie de votre anatomie puisse sauver une vie, vous devez vous inscrire dans le registre national des refus.

Accès à l’IVG
Une excellente nouvelle puisqu’elle fait hurler les abrutis réacs d’Alliance Vita, toujours prompts à prier dans la rue contre l’avortement, le délai de réflexion d’une semaine entre les 2 rendez-vous pré-IVG obligatoires est supprimé. Les femmes font encore un pas vers l’entière disposition de leur corps.

Séropositifs mais beau devant la mort
Les soins funéraires vont être possibles sur les personnes séropositives. Historiquement le VIH était sur la liste des maladies contagieuses, d’où l’interdiction de soins funéraires. Le VIH étant transmissible mais pas contagieux, cette discrimination après la mort n’a pas lieu d’être. En revanche, si vous souffrez d’Ebola, alors vous n’aurez pas le droit à ces soins funéraires.

Don du sang pour tous
C’est grâce à un amendement socialiste que cette discrimination prend fin. A présent, « Nul ne peut être exclu du don de sang en raison de son orientation sexuelle. » Ca va tout de même mieux quand c’est écrit noir sur blanc dans la loi et dans le code de la santé publique.

Merci Marisol Touraine pour toutes ces avancées ! Merci aux 311 députés qui ont fait en sorte que cette loi passe avec succès le premier écueil malgré les fortes oppositions des médecins et des buralistes.

jeudi 2 avril 2015

L’homosexualité est-elle transmissible par le sang ?

Le Comité Consultatif National d’Ethique (CCNE) a été questionné sur "la contre-indication permanente du don de sang pour tout homme déclarant avoir eu une ou des relation(s) sexuelle(s) avec un ou plusieurs homme(s)". Le 31 mars, ils ont répondu : "le CCNE dans sa majorité recommande que – dans l’attente des résultats des recherches et des évolutions demandées – les contre-indications actuelles soient maintenues."

Il aura fallu 38 pages à ce conseil d’éthique pour essayer d’expliquer avec toutes les précautions possibles qu’un homme ayant eu UNE relation sexuelle protégée avec un autre homme est un danger pour la société à vie, contrairement à un homme qui aurait couché sans protection avec de multiples partenaires féminins dans sa jeunesse. Le CCNE rappelle qu’aujourd’hui il y a deux types de contre-indications, les contre-indications temporaires et les permanentes. Les cas de contre-indications temporaires sont :
  • la personne a eu des rapports sexuels avec plus d’un (ou d’une) partenaire durant les 4 derniers mois (multi-partenariat);
  • la personne a eu un rapport sexuel non protégé avec un (ou une) partenaire occasionnel(le);
  • la personne a eu des rapports sexuels non protégés avec un nouveau partenaire régulier (ou une nouvelle partenaire régulière) depuis moins de 2 mois;
  • le (ou la) partenaire sexuel(le) de la personne a eu plus d’un (ou d’une) partenaire sexuel(le) durant les 4 derniers mois;
  • le (ou la) partenaire sexuel(le) de la personne a une sérologie positive pour le VIH, ou pour d’autres virus ou rétrovirus transmissibles par voie sexuelle et sanguine.
Dans ces différents cas, la personne ne peut pas donner son sang dans les 4 mois qui suivent le dernier rapport à risque.

Pour les contre-indications permanentes, c’est plus simple :
  • d’une part, les hommes déclarant avoir eu, au cours de leur existence, un ou des rapport(s) sexuel(s) avec un homme ou plusieurs homme(s) ;
  • d’autre part, les personnes déclarant avoir utilisé par voie parentérale des drogues ou des substances dopantes (en dehors de toute prescription médicale).

Durant 38 pages, le CCNE explique qu’il faudrait plus d’études scientifiques, sur un plus grand nombre de patients, pour avoir des données statistiques fiables et qu’il faudrait revoir les questionnaires préalables à chaque don pour mieux circonscrire les situations à risque. Le CCNE rappelle pourtant que le risque principal se situe dans une fenêtre de 12 jours après une contamination, 12 jours durant lesquels l’infection est indétectable.

Grâce aux éclairages du CCNE, on peut alors se poser la question de l’intérêt d’être banni à vie des dons du sang pour avoir couché une fois avec un homme sans même que l’on pose la question si ce rapport était protégé ou non.

J’ai plusieurs explications sur l’avis du CCNE :
  • Les préservatifs sont réalisés pour un fonctionnement hétérosexuel et ne protège pas les hommes homosexuels;
  • L’homosexualité est transmissible par le sang et du coup ce serait dommage de rendre gay un homme qui a eu besoin de se faire transfuser;
  • Les homosexuels étant contre-nature, leur métabolisme est lui aussi contre nature et donc cette période silencieuse de 12 jours en moyenne ne peut pas être appliqué dans leur cas et par précaution il vaut mieux considérer que la fenêtre silencieuse est à l’échelle de leur vie;
  • Le CCNE est constitué de gros partousards pire qu’un DSK en chaleur et on préféré protégé leurs intérêts;
  • Le CCNE est au solde d’un lobby anti-LGBT et demande aux génies de Jeune Nation de pondre leurs rapports.


Au final, je remercie le CCNE d’avoir une nouvelle fois montré son côté rétrograde. Eloooody rappelait dans son billet sur le sujet que cela faisait 33 ans que François Mitterrand dépénalisait l’homosexualité, que cela faisait 15 ans que l’OMS retirait l’homosexualité de la liste des maladies mentales mais qu’il faudra encore de nombreuses années avant de considérer qu’une relation homosexuelle protégée est aussi sure qu’une relation hétérosexuelle protégée et qu’une relation non protégée est toute aussi dangereuse si elle est de nature hétérosexuelle ou homosexuelle.

Heureusement, la ministre de la Santé Marisol Touraine n’a demandé qu’un avis consultatif au CCNE. On peut donc toujours espérer et insister auprès d’elle pour qu’elle range ce rapport bien profond au fond d’un placard et qu’elle lève cette contre-indication permanente.

mardi 31 mars 2015

Le retour des Veilleurs

Le projet de loi Santé de Marisol Touraine va être débattu à partir de ce mardi à l’Assemblée Nationale. De façon très auto-centrée, les médecins (généralistes ou spécialisés) se focalisent sur la généralisation du tiers-payant. Garantir à tous l’accès au soin, même en fin de mois quand les finances sont au rouge, c’est un principe qui heurte les médecins contestataires. Autre crainte des médecins en colère, la gestion des parcours de santé des patients par les Agences Régionales de santé (ARS), bras armé de l’Etat décentralisé au détriment de la liberté des médecins (de travailler uniquement par copinage ?).

Pour protester contre ce projet de loi, ou plus précisément contre les deux mesures ci-dessus, un groupuscule syndical non reconnu par l’intégralité de leurs pairs, l’UFML, appelle à remettre au goût du jour le principe des Veilleurs mis en place lors des débats sur le mariage pour tous. Ca donne une idée de l’idéologie qui se cache derrière ces contestataires.
Sur leur site, l’UFML appelle à se relayer jour et nuit « pour informer la population des dangers de cette loi, pour lui permettre d’accéder au consentement éclairé refusé par le gouvernement ». « Jour et nuit [ils] veilleron[t] la médecine de France, ce corps malade, que les fossoyeurs voudraient au petit matin tuer d’un vote ! » Ils le rappellent, ce sont des rebelles prêts à tout : « Nous n’avons pas vocation à obéir, médecins, soignants ; l’avenir du système sanitaire doit être modelé par l’esprit et les valeurs de la médecine, il n’est d’autre possibilité. Pour avoir en conscience rejeté cela, le gouvernement aura dès le 30 mars rendez-vous avec le peuple des soignants. »

Ces nouveaux veilleurs iront très loin. Non contents de veiller nuit et jour devant l’Assemblée Nationale pour rappeler aux députés (la majorité surement non élue grâce à leur voix), ils planifient également des vacances grèves à l’étranger. Le médecin UFML est malin. Il veut bien veiller devant l’Assemblée Nationale mais uniquement si ça ne remet pas en cause sa semaine de vacances sur les pistes de Megève. Ils ont lancé le plus sérieusement du monde une grève avec départ à l’étranger, deuxième quinzaine d’avril, en plein durant les vacances scolaire. Pas bête le doc !

Comme nos veilleurs prévoient d’être disponibles jusqu’aux vacances de printemps, nous pouvons leur rendre visite et leur poser la question sur ce qu’ils pensent :
  • Du paquet de cigarettes neutre, comme les Anglais, les Irlandais et les Australiens l’ont déjà mis en place, mesure recommandée par l’Organisation Mondiale de la Santé,
  • Des actions de groupes ouvertes aux patients victimes de traitements médicaux, ouvrant la possibilité aux victimes d’affaires comme celle du Mediator d’aller en justice,
  • De l’ouverture de salles de consommation de drogue à moindre risque, permettant aux toxicomanes précarisés non pas d’obtenir de la rogue facilement mais de consommer dans des endroits sains, sous surveillance et non plus à la sauvette dans des lieux publics.
  • De la fin du délai de réflexion d’une semaine entre les deux consultations obligatoires avant un IVG
  • Le droit à l’oubli pour que les personnes guéries d’un cancer ne soient plus soumises à des surprimes de la part des contrats d’assurances.

Le projet de loi Santé s’annonce comme un nouveau marathon parlementaire avec ses 57 articles et ses 2 000 amendements. Bienvenue aux nouveaux veilleurs, en espérant qu’ils aient autant de réussite que leurs illustres prédécesseurs.

lundi 14 avril 2014

APL, AME : qui veut économiser sur la solidarité ?

En ces temps de rigueur, il est bon de rappeler un principe essentiel, légèrement couteux certes mais essentiel, la solidarité et l’entraide. François Hollande a décidé de trouver 50 milliards d’économie. La Cour des Comptes, jamais la dernière en termes d’idées d’économie, a justement un axe d’économie qu’elle met en avant depuis 2007, la suppression (ou la restriction) des APL (Aides Personnalisées au Logement). La Cour des Comptes a déjà tenté des approches avec Christine Boutin en 2008 et avec François Baroin en juillet 2010. Ceci n’est qu’une piste évoquée par la Cour des Comptes et non pas un projet de loi du gouvernement.

Cette piste aura au moins le mérite de reconcentrer tout le monde sur des questions politiques et non plus uniquement sur la nomination d’un tel ou d’une telle au ministère ou à un secrétariat d’état. Les syndicats étudiants ont tout de suite, et à juste titre, annoncé leur opposition à cette potentielle réforme. Christian Estrosi, oubliant un peu vite les propositions de ses camarades Boutin et Baroin, est lui aussi monté au créneau. Pour lui, il est hors de question de toucher aux APL, qui reviennent principalement aux locataires français. En revanche, quitte à faire des économies, autant il ressort son cheval de bataille préférer, la lutte contre l’AME et ces « profiteurs d’étrangers ». Oh la belle grosse ficelle xénophobe ! L’Etat voudrait empêcher sa jeunesse d’étudier pour pouvoir dilapider plus d’argent au près des sans-papiers. Belle comparaison entre deux éléments qui n’ont aucun rapport entre eux.

Je vais tout de même profiter de la sortie du maire de Nice pour rappeler que cette aide aux étrangers n’est qu’une mesure de santé publique. Comme son nom l’indique, une mesure de santé publique bénéficie à l’ensemble de la sphère publique et non uniquement à une minorité. Quitte à surprendre monsieur Estrosi, la maladie n’a pas de frontière et les microbes ne demandent pas les papiers de leurs futures victimes. Si une famille arrivée clandestinement en France est touchée par la tuberculose (du fait à tout hasard de conditions de vie extrêmes), cette maladie sera transmissible à tous. Il est donc utile et nécessaire de prévenir toute épidémie en permettant à tous d’être soignés de façon efficaces. Le dicton « il vaut mieux prévenir que guérir » s’applique aussi au financement des frais de santé.

Devons-nous nous interdire de toucher aux APL ? Si des économies doivent être réalisées, on peut étudier une nouvelle utilisation de ces APL. Il est bien sur hors de question de les réserver aux seuls étudiants boursiers. Beaucoup trop d’étudiants se retrouveraient lésés et forcés de choisir leurs études supérieures (et donc une bonne partie de leur avenir) selon la situation géographique de leurs parents.
En revanche,  pourquoi ne pas étudier la prise en compte des revenus des parents dans l’attribution de l’APL. Cette aide pourrait être inversement proportionnelle au revenu de l’étudiant cumulé aux revenus des parents, tout en prenant en compte la situation des jeunes adultes en rupture avec leurs parents et donc non sujets à bénéficier d’une aide de leur part. Car si délimiter l’attribution de l’APL uniquement sur bénéfice d’une bourse est injuste, la même somme à 2 étudiants, l’un issu famille avec revenus médians et l’autre issu famille 20% les plus riches n’est pas juste non plus.

Dans le cadre de la recherche d’économies, il faut préférer les nouvelles solutions aux simples coupes budgétaires. On attend depuis 2012 une remise à plat de la fiscalité. On pourrait imaginer une remise à plat des systèmes d’aides pour éviter tout systématisme. L’Etat ferait ainsi un geste fort pour encourager sa jeunesse la moins favorisée à suivre les mêmes formations que sa jeunesse la plus aisée. Les économies seront surement moins grandes et satisferont donc moins la Cour des Comptes mais elles laisseront moins de Français sur le côté.
De la même façon, la recherche d’économie ne doit pas être un prétexte pour s’exempter de solidarité. Dans les propos de Christian Estrosi, j’ai retrouvé tout ce pourquoi j’ai milité pour un gouvernement socialiste et contre un gouvernement de droite. Dans ces propos, on retrouve la stigmatisation des étrangers, le refus de solidarité même sur des questions de santé publique. Dans ces propos, on entend encore l’écho des attaques contre les chômeurs, ce cancer de l’assistanat, ou contre les étudiants étrangers. Quoi qu’en dise les mauvaises langues, ce gouvernement est bien loin de ces propos. Une dernière preuve ? Quelques réactions sur ce sujet de restriction de l’APL aux étudiants boursiers :

Geneviève Fioraso : "S'agissant de la suppression des APL pour les non boursiers, ce n'est pas à l'ordre du jour. Il n'est pas question que l'on touche à la qualité de vie des étudiants car ça conditionne leur réussite"
Najat Vallaud-Belkacem : "La suppression des APL pour les non boursiers n'a jamais été envisagée. Notre gouvernement a pour priorité d'investir sur la jeunesse et sûrement pas de la précariser."

mardi 4 mars 2014

Les sages-femmes en ont ras le col, suite et fin ?

Marisol Touraine et des sages-femmes
à la table des négociations
Depuis le mois d'octobre les sages-femmes étaient en grève pour une meilleure reconnaissance de leur profession. Pour résumer, elles souhaitaient que leur métier soit considéré comme une profession médicale à part entière ayant un rôle à part entière dans le suivi de la plus grande partie des femmes enceintes. Elles demandaient également que leur reconnaissance et leur rémunération soient à la hauteur de leurs études puisque pour exercer, elles ont une formation de 5 années après le bac mais considéré dans le milieu hospitalier au même niveau que d'autres professions accessibles avec un bac+3.

Leurs revendications n'étaient pas si évidentes que ça à faire passer. En effet, impossible pour elles de bloquer l'accès aux hôpitaux et impossible pour elles de stopper en nombre leur activité. Comme tout personnel médical, leur présence dans les maternités sont indispensables et il est compliqué de demander aux futures mères de revenir plus tard car le service est bloqué pour cause de mouvement social...

Après un peu plus de 4 mois de mobilisations et de discussions avec le ministère de la Santé, Marisol Touraine a présenté 5 solutions pour essayer de mettre enfin en valeur ce métier vital. Ce qui n'est pas gagné encore...
  1. Des compétences médicales valorisées : une importante communication va être mise en place pour expliquer aux femmes que le rôle des sages-femmes ne se limite pas aux accouchements mais que les sages-femmes peuvent effectuer un suivi gynécologique et peuvent être consultées pour des questions de contraception.
  2. Des responsabilités renouvelées : les sages-femmes seront partie prenante dans l'élaboration des projets médicaux des maternités. Les sages-femmes pourront de plus prendre la direction d'unités fonctionnelles pour travailler avec des gynécologues, des anesthésistes et des pédiatres.
  3. Une formation renforcée : les étudiants de 4ème et 5ème année verront leur statut amélioré et leur rémunération alignée sur les autres étudiants en médecine de même niveau.
  4. Une rémunération revalorisée : les salaires vont être prochainement revus à la hausse et seront associés au niveau de responsabilité des sages-femmes.
  5. Un statut de sages-femmes des hôpitaux créé : les sages-femmes auront leur propre statut dans la fonction publique hospitalière. Leur représentation au sein du comité médical d'établissement sera renforcé. 
C'est sur ce dernier point que des désaccords persistent, principalement entre les différents acteurs de la profession. D'un côté un collectif de sages-femmes souhaite obtenir un statut de praticien hospitalier copié sur le modèle des médecins. De l'autre côté l'intersyndicale souhaite un nouveau statut au sein de la fonction publique hospitalière afin que les sages-femmes ne perdent pas leur statut de fonctionnaire. C'est cette dernière position qui a reçu au final l'aval de Marisol Touraine, cela signifie donc que certaines sages-femmes devraient continuer à se mobiliser pour obtenir une entière satisfaction de leurs revendications. Si des sages-femmes me lisent, je veux bien avoir leur avis en commentaires car personnellement, j'ai l'impression que tout ce qui a été proposé représente une sacrée avancée pour la profession et que le statut de fonctionnaire préservé est une bonne chose.

dimanche 19 janvier 2014

IVG, pourquoi se mobiliser pour un droit acquis il y a 40 ans ?

Photo prise à Place d'Italie #manifProIVG
Ça en devient une vilaine habitude, en début d'année je descend dans la rue pour manifester contre des revendications régressives. Aujourd'hui, on aurait pu se croire en 1975 puisqu'il fallait être présent pour défendre le droit à l'avortement. Le combat semble d'un autre âge et donc à première vue entièrement inutile. Une poignée de réactionnaires rétrogrades qui n'a toujours pas accepté une loi passée sous Valérie Giscard d'Estaing ne devrait pas réussir à mobiliser des féministes à répéter leurs combats menés il y a 40 ans. Pourtant tout nous a poussé à nous retrouver à Place d'Italie ce dimanche après-midi pour défendre ce droit à l'avortement.

Tout d'abord il y a la situation européenne. Nos voisins espagnols, qui ont voté en masse pour un gouvernement conservateur afin de les sortir de la crise économique, ont redécouvert qu'un parti politique ne défend pas qu'une vision économique mais également une vision sociétale. Résultat les femmes espagnoles se voient presque toutes privées d'un droit à l'avortement alors qu'il y a peu, elles étaient surement les femmes européennes ayant le plus de temps pour pouvoir faire leur choix. Bien sur, nos amis réactionnaires se sont empressés de prendre l'Espagne en exemple dans leur cortège rétrograde, même si 78% des Espagnols se déclarent contre cette mesure.

Ensuite il y a la situation locale. En ce moment, le gouvernement socialiste décide d'améliorer la loi en supprimant l'expression "que son état place dans une situation de détresse" de la phrase qui entame l'article L2212-1 du code de santé publique afin qu'elle devienne : 
La femme enceinte qui ne veut pas poursuivre une grossesse peut demander à un médecin l'interruption de sa grossesse. Cette interruption ne peut être pratiquée qu'avant la fin de la douzième semaine de grossesse.
Telle une néfaste conséquence, 16 députés UMP parmi lesquels Jean-Frédéric Poisson, Marc Lefur ou encore Jean-Pierre Decool ont décidé de mener leur combat jusqu'au bout en déposant un amendement visant à supprimer le remboursement des IVG par la sécurité sociale. On retrouve ici un autre cheval de bataille de cette droite réactionnaire. Ils font croire qu'ils sont ouverts à l'avortement, mais ils sont prêt à tout pour mettre des bâtons dans les roues des femmes qui veulent avorter : diminution du nombre de centres d'IVG et refuser le remboursement de l'acte. En effet, d'après ces gens, les moyens de contraception sont nombreux et relativement facile d'accès. Cela signifie que si des femmes tombent enceinte, c'est qu'elles l'ont "bien cherché". Pourtant ce raisonnement ne tient pas la route de la réalité puisque sur les 220 000 femmes subissant une IVG chaque année, 140 000 d'entre elles utilisaient une méthode contraceptive !

Enfin, et c'est presque la moindre des raisons, il est impensable de laisser s'exprimer ces gens sans riposter. Ce n'est pas parce qu'ils se pensent dans leur bon droit, dans une sorte de "croisade divine" avec la bénédiction du charmant pape François pour qui l'avortement est un acte horrible. Notre présence est somme toute dérisoire surtout qu'ils arrivent très bien à se décrédibiliser eux-mêmes, par exemple quand ils brandissent des pancartes citant le tristement célèbre Josef Mengele. Dans la manifestation, tout le monde éprouvait le regret de devoir encore et toujours se mobiliser pour un droit acquis il y a 40 ans. Aucune personne présente dans ce rassemblement ne pensait que l'avortement est un moyen de contraception et tous étaient d'accord pour dire qu'il est nécessaire de continuer de diffuser des informations pour bien choisir son moyen de contraception, de diffuser des informations pour que les femmes ayant des craintes sur leur grossesse et leur avenir puissent choisir en toute légitimité d'avorter ou non.

mardi 17 décembre 2013

Marisol, les sages-femmes en ont ras le col

Depuis le début de l'année, le gouvernement a du affronter de nombreuses manifestations de mécontentement, très (trop ?) souvent de la part de personnes que l'on avait pas l'habitude de voir manifester et pour des raisons difficilement compréhensibles : familles catholiques traditionnelles contre le droit de se marier pour tous, patrons d'entreprises de transport routier contre l'écotaxe, propriétaires de centres équestres contre la suppression d'une niche fiscale, manifestation de céréaliers contre une répartition plus juste de l'aide et j'en oublie surement.

Ce lundi si c'est une population peu habituée aux manifestations qui s'est retrouvée à Denfert-Rochereau, les "Marisol, les sages-femmes en ont ras le col" ont été scandé par une population qui a de bonnes raisons de réclamer le changement. Le premier point soulevé par les sages femmes est la mauvaise considération de leur formation par l'hôpital public. Pour obtenir un diplôme de sage femme, il est nécessaire de suivre 5 années pourtant une fois en activité, ce métier est rémunéré autant qu'un boulot d'infirmier (c'est à dire bac +3).

Autre point, les sages femmes souhaitent être reconnus comme profession de premier recours. C'est à dire être reconnu pour le suivi gynécologique de toutes femmes, enceintes ou non. En résumé, les sages femmes ont toutes les capacités et les savoirs pour suivre des femmes le long de leur vie, les conseiller sur la contraception, les suivre tout le long de leur grossesse et même après.

Seul problème, les discussions avec le ministère de la Santé et les équipes de Marisol Touraine ne semblent pas se passer dans les meilleurs conditions possibles. Résultat, cela fait deux mois exactement que les sages femmes sont en grève avec la difficulté de rendre cette grève visible. En effet, comme toute profession médicale, il est impossible de stopper leurs activités sans engendrer des risques pour les patientes.

Je vais donc conclure en faisant l'écho de 5 des propositions de l'ONSSF (Organisation Nationale des Syndicats de Sages Femmes) :
  1. la consultation à tarif unique pour un acte donné, que cet acte soit réalisé par une sage femme, un médecin généraliste ou un gynécologue.
  2. Redéfinir le parcours de santé génésique et périnatal pour que chaque femme puisse pouvoir avoir accès à une sage-femme dès qu’elle est en âge de procréer. Cela implique la nécessité d’un renforcement de l’articulation des différents professionnels et d’une meilleure continuité entre le pré et le post-natal.
  3. Fiabiliser le parcours de santé en périnatalité qui consisterait à instaurer une consultation obligatoire avec une sage femme dès le 1er trimestre de grossesse, à améliorer la mise en place de l’Entretien Prénatal Précoce, et à améliorer la mise en place et la réalisation des Séances Postnatales.
  4. Offrir une prise en charge globale de la grossesse et la naissance en essayant de favoriser les échanges ville/hôpital/PMI avec la sage femme assurant la coordination entre les acteurs.
  5. Rendre visible la profession de sage femme par exemple en identifiant les sages-femmes comme acteur de dépistage pour les cancers gynécologiques ou en sensibilisant les autres acteurs de santé sur le champ de compétences des sages femmes, y compris le droit de prescription ou encore en informant les jeunes femmes dès 16 ans au moment de l’envoi des premières cartes vitales de l’offre de soin sage-femme pour le suivi gynécologique et la contraception.

lundi 4 novembre 2013

Les urgences graves persona non grata à l'Hotel Dieu

Ce lundi s'annonce comme une nouvelle triste journée pour la vie hospitalière parisienne. Un nouveau pas, et non le moindre, devrait être franchi aujourd'hui 4 novembre pour la fermeture des urgences de l'Hôtel-Dieu. A partir d'aujourd'hui, il est demandé aux pompiers de ne plus amener leurs plus graves urgences aux urgences de l'Hôtel-Dieu mais aux urgences voisines.

Cette décision, pour un non spécialiste mais néanmoins riverain et potentiel patient de cet hôpital, est inquiétante. Les urgences voisines à Paris sont toutes déjà saturée avec des taux d'occupation allant à 151% pour Lariboisière, 250% pour la Pitié-Salpétrière, 123% pour Georges Pompidou et 114% pour Cochin.

Certes à Paris, les Parisiens et les touristes seront toujours plus proches et plus rapidement transportés dans un service d'urgence qu'un habitant de Centre-Bretagne ou de Picardie. Certes, malgré le fort taux d'occupation des urgences, les urgences graves qui ne seront plus acheminées à l'Hôtel-Dieu ne devraient pas représenter plus de 30 patients par jour.

Ces modifications sont un symbole d'une politique malsaine de la santé où les économies valent plus que la qualité de soin. L'avenir des urgences de l'Hôtel-Dieu s'oriente vers un "hôpital debout", c'est à dire que les patients ne resteront pas longtemps à l'hôpital. Ils entrent, se font soigner et doivent rentrer rapidement chez eux. Cela ne signifie pas que les personnes nécessitants de soins n'auront pas de brancards ni de salle d'examen (fort heureusement) mais qu'elles risquent d'être moins bien suivi puisque renvoyées chez elles. Autre crainte, si le diagnostique initial n'est pas le bon ou qu'une complication apparaît, alors il faudra transférer le patient dans un autre hôpital. Ce seront donc de précieuses minutes de perdues.

Si aujourd'hui, ce sont les urgences qui vont perdre une partie de leurs patients habituels, la restructuration de l'Hôtel-Dieu n'en sera pas pour autant terminée. L'AP-HP espère transférer une grande partie de ses bureaux dans l'enceinte historique et même y construire un musée ! Il est vrai qu'il faudra bien avoir un lieu de mémoire pour se rappeler qu'avant, il existait une dizaine de métiers et de spécialités qui se chargeait de soigner les patients, quelle que soit la gravité de leur cas, à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit.

jeudi 3 octobre 2013

Stop à la désinformation sur l'avortement

Ce qui est bien sur le net, c'est que l'on y trouve de tout, des informations, des témoignages, des adresses, des conseils. Que l'on cherche à savoir ce qu'il s'est passé le 17 janvier 1975, que l'on veuille connaître ses droits sur un thème en particulier ou que l'on cherche une adresse, une réponse est accessible en deux clics sur internet. Le problème est qu'il faut être vigilant et ne pas tomber dans le piège de la désinformation volontaire.

C'est le principal problème quand on cherche sur Google des informations sur l'avortement. Quelle que soit votre recherche sur le sujet, vous aurez de fortes chances de tomber sur des sites tels que ivg.net, avortement.net, ecouteivg.org, sosgrossesse.org ou sosbebe.org. Tous ces sites ont en commun la volonté de vous dissuader d'avorter. Le premier site cité, qui est également le premier dans les résultats google, bing ou yahoo, offre de nombreux témoignages de personnes regrettant d'avoir avorté, contents d'avoir gardé l'enfant et pour les témoignages soit disant positifs, ils insistent lourdement sur les problèmes psychologiques rencontrés suite à l'IVG. Autre exemple, le dernier site est géré par Alliance Vita qui s'était singulièrement illustrée lors des débat sur le mariage pour tous.

Pour contrecarrer les plans des anti-avortements, il était urgent et nécessaire d'avoir un accès rapide et facile à une information claire et officielle. Pour cela, Najat Vallaud-Belkacem et son ministère des droits des femmes ont lancé un nouveau site officiel sur l'ivg. Son adresse : ivg.gouv.fr.

Dans ce site, organisé de façon claire et simple, les lecteurs trouveront toutes les informations et les liens pour s'informer sur l'avortement sans être culpabilisé. On y apprend par exemple ce que coûte un avortement : "Les frais relatifs à l’IVG sont pris en charge à 100% par l’assurance maladie", ou comment se passe une IVG (médicamenteuse ou chirurgicale). Surtout, on y trouve la liste par département des établissements d'information et de consultation et aussi des liens vers d'autres sites d'informations comme le Planning Familial ou un site d'information sur le choix entre les modes de contraception.

Je souhaite une longue vie au site ivg.gouv.fr, j'espère qu'il se fera une belle place dans les moteurs de recherche pour que toute personne s'inquiétant de l'arrivée d'une grossesse non désirée puisse recevoir une information fiable et non partisane.

samedi 21 septembre 2013

Alzheimer peut toucher tout le monde, ne l'oublions pas

Il y a quelques mois, Jean-François Copé critiquait ouvertement la politique de François Hollande lors d'une visite en Allemagne. Le chef de l'UMP avait oublié que quelques années plus tôt, il s'en était pris à Ségolène Royal qui avait osé critiquer Nicolas Sarkozy, alors président de la République, lors d'un voyage au Sénégal, sous prétexte que l'on ne critique pas un président de la République devant des interlocuteurs à l'étranger.

En mars 2011, dans l'entre-deux tours des élections cantonales, François Fillon appelait les électeurs à se mobiliser alors que le FN gardait de nombreux candidats au second tour car "plus que jamais, la droite républicaine doit se rassembler autour de ses valeurs et de ses projets". La semaine dernière, le même François Fillon a oublié sa prise de position pour déclarer que les électeurs confrontés à un choix Gauche contre FN pouvaient voter pour le candidat frontiste s'il était le "moins sectaire".

En juin 2012, l'UMP Roland Chassain se désiste pour laisser le champ libre à la candidate FN au second tour de l'élection législative contre le socialiste Michel Vauzelle. Jean-François Copé avait promis l'exclusion du candidat. Un an plus tard, Jean-François Copé a oublié d'exclure Roland Chassain du principal parti d'opposition de droite. Cet homme devrait être même investi pour briguer un mandat de maire dans sa commune.

Dans une page de Wikipedia, on peut lire au sujet de la maladie d'Alzheimer que "le premier symptôme est souvent des pertes de souvenirs (amnésie), se manifestant initialement par des distractions mineures, qui s'accentuent avec la progression de la maladie. Les souvenirs plus anciens sont cependant relativement préservés." Nous avons donc potentiellement ici la preuve que la maladie d'Alzheimer peut toucher tout le monde.

Plus sérieusement, aujourd'hui a lieu la journée mondiale sur la maladie d'Alzheimer. Aujourd'hui plus de 35 millions de personnes dans le monde vivraient avec cette maladie et devraient être plus de 115 millions en 2050. Cette maladie est terrible autant pour les personnes touchée par ce mal mais aussi pour leurs proches qui sont souvent désorientés sur le comportement à suivre. C'est aussi pour cela que cette année, la journée mondiale est placée sous le thème "des projets de vie avec la maladie". Pour les Parisiens et ceux de passage dans la capitale ce week-end, un village Alzheimer est installé sur la Place de la Bastille et sera ouvert de 10h à 19h avec de nombreux ateliers d'organisés pour sensibiliser sur les passants sur la maladie et sa prise en compte. 

mardi 26 février 2013

L'Hôtel Dieu, l'hôpital du XXIeme siècle sans malade

Mobilisation à l'Hôtel Dieu pour leurs urgences
Dimanche dans le JDD, Jean-Marie Le Guen a peint le portrait de "l'hôpital du XXIème siècle". Le portrait de cet hôpital nouvelle génération est en bonne voie de réalisation puisqu'il va prendre forme entre les murs du plus vieil hôpital parisien, celui de l'Hôtel Dieu, situé sur l'Île de la Cité dans le 4ème arrondissement.

A quoi ressemblera donc l'Hôtel Dieu, modèle de l'hôpital moderne ? Ce sera le siège de l'AP-HP (Assistance Publique - Hôpitaux de Paris), mais les murs millénaires (l'hôpital a été créé en 651) accueilleront également un musée. Enfin, notre hôpital du XXIème siècle contiendra un "centre d’accès aux soins en urgence ouvert 24h/24 à tous les cas non graves". L'objectif, d'après le député-maire Le Guen, est de créer un "hôpital debout". L'hôpital ne sera qu'un lieu de passage et de consultation mais n'aura pas vocation à accueillir des malades. L'accueil des blessés graves et des urgences non bénignes sera délégué aux autres hôpitaux parisiens, tous loin du centre de Paris, soit 43 000 personnes si l'on se base sur les chiffres de 2011. 

La fermeture des urgences de l'Hôtel Dieu va dégrader la qualité de vie des habitants du centre de Paris en leur augmentant leur temps de trajet pour se rendre ou revenir des urgences. Personnellement, j'étais heureux quand j'ai eu à faire avec les pompiers et les urgences de me retrouver à quelques centaines de mètres de chez moi. 
Mais le point le plus gênant concerne la qualité de service que proposeront les autres services d'urgence de la capitale. Je n'ai jamais eu l'occasion de voir des urgences "calmes". Chaque hôpital semble débordé, il y a toujours une file d'attente avant de voir un médecin. Comment se réorganiseront les différents hôpitaux parisiens pour absorber l'affluence en provenance du centre de Paris ? Ce report en masse de patients risque d'engorger plus les autres services d'urgence et risque donc d'augmenter les probabilités d'un mauvais diagnostique, d'une mauvaise prise en charge car non réalisée dans les temps...

Que certains hôpitaux du XXIème siècle s'oriente comme des "hôpitaux debouts", plus orienté hôpital de jour, gérant des services de radiologies et d'autres examens ne nécessitant pas d'hospitalisation sur plusieurs jours, je peux le comprendre. De la même façon, je comprends que pour garder une enceinte historique, on choisisse d'implanter des services administratifs plutôt que certains services hospitaliers, à condition que cette réorganisation crée plus de places disponibles et plus de personnels soignants dans les autres hôpitaux à proximité. En revanche, je ne comprends pas la fermeture d'un service d'urgence. Je ne comprends pas en quoi le maintien d'un véritable service d'urgence n'irait pas dans la même direction que "l'hôpital du XXIème siècle".

Si le XXIème siècle est avoir des "hôpitaux-musées" en lieu et place d'hôpitaux soignants, alors je vais commencer à me considérer réac et penser que "c'était mieux avant".