Affichage des articles dont le libellé est livre. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est livre. Afficher tous les articles

lundi 29 août 2016

Hollande est candidat à sa réélection

Je viens de lire le dernier ouvrage en date sur le Président Hollande avec de vrais morceaux de François Hollande dedans, "Conversations privées avec le Président" d'Antonin André et de Karim Rissouli. Autant le dire d'entrée, on a à faire à un bon, voire très bon, bouquin pour débuter ce qui est surement le plus difficile dans une campagne électorale, la défense de son propre bilan.

Pendant toute la première moitié du livre, la plus intéressante à mes yeux, les deux journalistes reviennent sur les principales "crises" du quinquennat : Cahuzac, Léonarda, Closer, les remaniements ministériels, le pacte de responsabilité ou encore la déchéance de nationalité. Le mode d'écriture et de construction est bien trouvé et efficace. Les journalistes introduisent chaque fait portant à discussion dans un chapitre qui rappelle ce qu'il s'est passé et le contexte. S'en suit un chapitre plus "brut", sans commentaire ni analyse, où les mots de François Hollande semblent être livrés tel quel, sans coupure.
Au fil des pages, François Hollande, mais aussi parfois Manuel Valls, Thomas Hollande et d'autres reviennent, commentent, expliquent comment les faits se sont déroulés, ce qu'ils en pensent et pourquoi ça s'est passé ainsi. L'ouvrage revient sur les débuts difficiles du quinquennat et sur les accélérations voulues. La méthode Hollande est décortiquée et analyser par les journalistes et par le principal intéressé.

Sur l'arrivée à Matignon de Manuel Valls, on apprend que le départ de Jean-Marc Ayrault était acté dans l'esprit du Président depuis l'automne 2013 mais que jusqu'au jour même du remaniement, Ayrault croit en ses chances de se maintenir au poste de Premier Ministre. On lit également que la première mission de Manuel Valls était de réunir et de consolider la majorité présidentielle. Pour cela, il a proposé à Cécile Duflot "un grand ministère allant des transports à l'énergie, avec un rang protocolaire élevé dans la hiérarchie gouvernementale". En total désaccord avec Valls depuis sa sortie sur la capacité à s'intégrer des Roms, elle refuse et force le reste des écologistes à quitter avec elle le gouvernement. Les frondeurs, le 49-3 et les départs simultanés de Benoît Hamon et d'Arnaud Montebourg rappellent l'échec de la première mission donnée à l'actuel Premier Ministre.
Remaniement toujours, François Hollande explique ses choix qui ont mené à l'arrivée d'Emmanuel Macron à l'Economie. Il en profite aussi pour insister sur sa volonté de "donner la possibilité à la nouvelle génération de se révéler" d'où la nomination de Najat Vallaud-Belkacem à l'Education Nationale et Myriam El Khomri au Travail.

Là où le livre semble être spécialement taillé pour lancer la campagne de François Hollande pour sa réélection, c'est sur l'aspect international et la carrure acquise aux fils des décisions prises. L'évolution de son image à l'internationale est expliquée, du petit nouveau au G8 qui se fait chambrer par Obama peu de temps après son élection à celui un an plus tard qui est une figure incontestée de la guerre contre le terrorisme islamiste. Le livre revient sur l'élan de sympathie qu'on voulut montrer les nombreux dirigeants de pays étrangers en venant à la manifestation du 11 janvier suite aux attentats de Charlie Hebdo et de l'Hyper Casher de même que les lettres de noblesse acquises suite à l'intervention française au Mali.
Pan plus discret de son bilan jusqu'à présent, un chapitre entier est consacré à l'aide que la France a fournie à Alexis Tsipras lors des négociations européennes. On lit que "François Hollande coache littéralement Tsipras pour éviter une sortie de la Grèce de la zone euro." On découvre aussi que "sur instruction du président, la représentation française à Bruxelles s'est mise à la disposition de Tsipras pour préparer le Conseil européen de la dernière chance." La proximité entre les deux pays était telle que le conseiller Europe de l'Elysée et le directeur du Trésor ont aidé le service de la présidence grecque pour rédiger le plan de réforme.

L'ouvrage est très intéressant et je ne peux que le recommander. On peut s'interroger sur sa date de sortie. Pourquoi à la rentrée 2016 et non au printemps 2017 en pleine élection présidentielle ? François Hollande aura reçu à l'Elysée les deux journalistes de mai 2013 à la fin mai 2016. Cet arrêt des rencontres est-il dû au début d'une nouvelle époque, celle de la candidature ? Je ne peux que le penser tant ce livre est un excellent plaidoyer pour son action (même si seuls les côtés les plus négatifs y sont analysés et décryptés) et est un excellent rappel de sa stature internationale (et de facto de celle de la France).

La rentrée politique 2016 est entièrement sous le signe de la présidentielle 2017. François Hollande n'a pas encore sorti son programme mais on peut déjà lire sa volonté dans ce livre témoignage : 
Il faut trouver du neuf. Et ça vaut surtout pour moi parce que je suis en position de sortant. Si c'est pour dire : "On a bien travaillé pendant cinq ans et on va faire la même chose cinq ans de plus", ça ne marchera pas. Les gens n'en voudront pas. Ils veulent un nouveau temps, une nouvelle période, un nouveau thème.

vendredi 26 août 2016

1942, Jean Zay commente la vie politique d'aujourd'hui

Durant mes vacances, j'ai lu pour la première fois l'excellent journal de Jean Zay emprisonné, "Souvenirs et solitude". Au delà de son quotidien de prisonnier, l'ancien ministre du Front Populaire revient aussi sur la politique menée avant 1939 tant au niveau culturel qu'éducatif. Il livre aussi ses pensées sur le monde la France de son époque ou sur le fonctionnement des institutions politiques, parfois avec un œil désabusé, parfois avec beaucoup d'humour. 
A plusieurs reprises, j'y ai lu des passages pouvant s'adapter à notre époque. Le plus frappant est le chapitre dont je vais vous partager un extrait, chapitre daté du 22 novembre 1942 :

[...] En France, il n'y avait pas de Nicholson installé aux Champs-Élysées. Mais il existait mille Nicholsons - souvent sans talent, ni moralité - dans la presse, les cabarets, les meetings. Leur raison d'être consistait à tourner en dérision les hommes chargés des destins du pays, à rendre suspectes toutes leurs intentions, à exciter la haine contre eux. Sans doute ces hommes commettaient souvent des fautes graves ; ils prêtaient le flanc aux reproches ; ils relevaient de la libre critique. Mais le plus souvent ce n'était point leurs idées ou leur œuvre qu'on traînait sur les tréteaux ; ces sujets austères n'eussent point égayé le public. C'était leurs personnes, leurs ridicules physiques vrais ou imaginaires, leur vie intime calomniée. Revuistes ou échotiers s'efforçaient de rendre grotesques ou odieux les hommes publics de leur pays, sans même se soucier des auditeurs ou des lecteurs étrangers qui les observaient avec un mauvais sourire. Nous ne sommes pas l'Angleterre ; ces "moqueries permises", qui étaient bien plutôt dans la plupart des cas de pures diffamations, "ôtaient beaucoup au respect". Si ces caricatures "ne faisaient pas de rebellions", elles travaillaient à créer peu à peu dans le public une désaffection des hommes d’État et du régime. Elles répandaient un scepticisme désabusé, un dégoût de la vie publique, une mauvaise conscience. Elles stérilisaient les enthousiasmes. Elles affaiblissaient la cohésion nationale. Elles divisaient et surexcitaient. Les Français souffraient, a-t-on dit, de n'avoir personnes à aimer : on ne leur apprenait qu'à railler.
[...] La France était bien devenue le "paillasson" que représentait un dessin symbolique d'avant-guerre, mais ce n'était point les étrangers qui s'y essuyaient les pieds, c'étaient des Français.

vendredi 31 octobre 2014

Bigmagouilles, pas d’embrouille que de la bêtise ?

Je viens de finir le livre-enquête de Violette Lazard (journaliste à Libé) sur l’affaire Bygmalion. Si ce n’est pas le livre de l’année, il n’en reste pas moins un témoignage accablant sur la façon de faire de la politique à l’UMP. Ce n’est pas un livre qui contient d’incroyables révélations. La plupart des pépites du livres soit sont déjà parues dans des articles de presse (notamment de la part de Violette Lazard dans Libé), soit ont fait l’objet des bonnes pages pour faire la réclame de l’ouvrage. Mais si aucun scoop ou presque n’est à se mettre sous la dent, l’ouvrage n’en reste pas moins un résumé, ou plutôt une compilation, de toute l’affaire Bygmalion. Le tout mis bout à bout donne le tournis !

Ce livre vaut le coup d’être lu pour le récit de l’organisation interne de la campagne de Nicolas Sarkozy, ou plutôt la désorganisation permanente. Aucun plan de campagne, aucun agenda ne semble avoir été préparé. Nicolas Sarkozy y est présenté comme étant sûr de ne faire qu’une bouchée de François Hollande et donc ne souhaitant pas, initialement, faire trop d’effort pour faire campagne contre le candidat socialiste. Son entrée en campagne électorale est décrite comme précipitée et non préparée (comme son entrée en campagne interne à l’UMP actuellement ?). Son dispositif de campagne est quant à lui décrit comme un assemblage d’amateurs. Par exemple, Guillaume Lambert, préfet de son état, se retrouve propulsé directeur de campagne de Sarkozy sans jamais avoir participé à l’organisation d’une campagne auparavant.

Quand on lit l’organisation des différents meetings, on y retrouve les plus grands travers d’un Nicolas Sarkozy toujours plus « bling bling ». Chacun des meetings, du plus petit comme à Rueil Malmaison au plus grand comme celui de la place de la Concorde est géré comme un concert de rockstar. La journaliste a interviewé plusieurs experts pour faire analyser les véritables factures et les images des meetings pour contrôler qu’aucune surfacturation n’aurait pu être réalisée. Mais non, tout semble réglo, et c’est peut-être de qui est le plus scandaleux dans cette histoire ! En résumé, chaque meeting du candidat Sarkozy ressemble à l’organisation d’un show des Stones ou de Beyonce. Les barrières vauban utilisées pour contenir la foule sont toutes recouvertes de moquette bleu roi pour paraître moins clivantes, la vidéo et le son ont été les premiers postes de dépense du candidat qui se vantait durant la campagne d’avoir des retours digne d’un artiste se produisant sur la scène du Stade de France. L’éclairage des salles était démesuré, l’installation des loges totalement inadaptée pour un meeting politique. Quand la journaliste s’attarde sur l’organisation des événements, elle s’étonne que l’UMP n’ait jamais fait appel à la force militante pour réduire les coûts. Toute la main d’œuvre est constituée de professionnels qui ont donc un coût bien supérieur à des permanents de l’UMP. Sur les grands meetings, on pouvait trouver un régisseur principal, deux régisseurs adjoints, un adjoint au régisseur adjoint, un régisseur dit « spare » en cas d’absence non prévue d’un régisseur et 40 employés. D’après les professionnels de la profession, c’était du jamais vu !

Autres détails qui ont fait la joie de tous les sous-traitants, aucune mise en concurrence, aucune négociation n’a eu lieu sur les devis proposés. Tout était accepté rubis sur l’ongle (et vu les prix, le terme rubis est vraiment adapté). Certains sous-traitants ont du faire leur chiffre d’affaire d’une année en 3 mois de campagne électorale. Il fallait des écrans vidéo disséminés dans toutes les salles de meeting, même dans les coulisses. A chaque fois, c’est le nec plus ultra de la technologie qui est installé. Comme l’organisation se fait toujours en urgence, certains meetings sont annoncés et les contrats signés 2 ou 3 jours avant qu’ils aient lieu, ce qui participe également à la flambée des prix.

A la lecture de Bigmagouilles, ce n’est pas le principe de fausse facture qui choque, ce n’est pas le copinage (voire l’intime proximité) entre les dirigeants de Bygmalion et le président de l’UMP qui dérange, ce n’est pas non plus la drôle de gestion d’Event & Cie, la filiale de Bygmalion en charge de l’organisation des meetings, qui surprend, mais c’est l’impression que dans l’entourage de Nicolas Sarkozy, personne n’a de notion du monde réel. C’est le mode de défense de tous les acteurs de la campagne de 2012 : « nous ne savions pas, nous pensions que c’était normal ». C’était la 2ème campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, l’UMP a dans ses rangs de nombreuses personnalités qui ont été actives en 2007, 2002, 1995 et même avant, et aucune n’aurait été appelée pour aider à l’organisation de cette campagne électorale ?
Nicolas Sarkozy se vante d’être quelqu’un de responsable. Violette Lazard le rappelle en préambule de son ouvrage. A l’époque de l’affaire Société Générale – Jérôme Kerviel, Sarkozy a eu la tête du PDG de la banque en expliquant qu’un dirigeant se devait d’assumer ses responsabilités en cas de crise majeure :

"Je ne comprends pas l'affaire de la Société générale: quand le président d'une entreprise connaît un sinistre de cette ampleur et qu'il n'en tire pas les conclusions, ce n'est pas normal"

A la fin de l’ouvrage, il reste en tête un étrange goût de s’être fait voler depuis bien plus longtemps que sur la durée de la campagne présidentielle. Je ne peux m’empêcher de me dire que ce rythme de dépenses pour 3 mois de campagne électorale doit correspondre au rythme de vie de l’ancien président avant qu’il ne se lance officiellement dans la course à sa propre succession. L’anecdote du buffet de truffes lors du meeting de Nice entre les deux tours de l’élection présidentielle est surement la meilleure illustration que Nicolas Sarkozy et ses proches ont bien pris les Français pour des truffes.

dimanche 7 septembre 2014

Trierweiler, j'ai lu, j'aurais pas du

Merci pour ce moment, vu par Chrib
Ce week-end, je me suis penché avec scepticisme et voyeurisme sur le dernier livre de Valérie Trierweiler. On m'a passé un exemplaire, ce qui m'a empêché de devoir déboursé de l'argent pour lire l'ouvrage, un peu comme je suis heureux que mon médecin soit en retard pour que je puisse lire les vieux exemplaires de Public et Voici. La ressemblance est poussée à son paroxysme dès les premières pages du livre, la qualité d'écriture étant la même. 

Valérie Trierweiler fut journaliste politique à Paris Match, c'est ainsi qu'elle rencontra François Hollande et c'est ainsi qu'il se retrouveront en couple en 2005. Pourtant à lire ses écrits, on est loin d'un ouvrage politique relatant la vie de l'Elysée et des années qui ont mené François Hollande au plus haut de l'Etat français. Valérie Trierweiler a fait le pari de publier un ouvrage où les trois quarts sont réservés à son rôle de femme déçue. Elle est bien sûr déçue de s'être fait quitter par le 3ème homme de sa vie. Elle est déçue d'avoir finie dans l'ombre d'un Président de la République, qui, surprise, était plus disponible quand il n'était pas Président de la République. Elle est surtout déçue de passer après une Ségolène Royal qui cristallise son mépris.

Au final Ségolène Royal est peut être autant présent que François Hollande dans le récit. Quand elle parle politique, c'est uniquement pour parler de Ségolène Royal. L'affaire du tweet de soutien à Falorni n'est expliqué qu'uniquement parce que Hollande lui avait dit qu'il ne s'exprimerait pas sur la campagne législative à La Rochelle. Toute l'organisation de la primaire de 2007 est centrée sur la volonté de Ségolène Royal d'être candidate uniquement pour punir Hollande de l'avoir quittée pour Trierweiler. On n'apprendra rien d'autre sur la campagne de 2012, sur le Bourget, sur le meeting de Rennes, sur la cérémonie d'investiture, que le fait que Ségolène Royal soit présente et que ça énervait la nouvelle compagne de François Hollande.

Valérie Trierweiler, avec son "Merci pour ce moment", réussit l'exploit de ne rien livrer aux lecteurs si ce n'est son intimité, sujet dont elle se plaint pourtant durant tout l'ouvrage. Elle livre un bouquin vengeur contre son ancien partenaire et contre la précédente partenaire de celui-ci. Au final, "Merci pour ce moment" est comme un mauvais film, tout est dans la bande annonce et même les moments croustillants tombent à plat quand ils sont remis dans leur contexte. Son livre n'est pas intéressant, pas instructif et sort à un moment des plus inappropriés. Ce livre n'apportant rien, il aurait pu (du ?) sortir dans 8 ans, quand François Hollande ne sera plus Président de la République. Attaquer une personnalité de ce plan alors qu'il est toujours en exercice, c'est d'une bassesse extrême. 
On est loin, très loin des mémoires d'une autre première dame qui en a vu des vertes et des pas mures, Danielle Mitterrand.

jeudi 21 août 2014

Cécile Duflot, seule contre le gouvernement ?

Cécile Duflot fait sa rentrée littéraire. Impossible de la louper, en tapant sur François Hollande et surtout sur Manuel Valls, elle était sure de recueillir les bravos de l’opposition de gauche dont le Premier Ministre est l’ennemi numéro 1. Saluons l’initiative, les mémoires de ministres sont souvent intéressants (comme par exemple le journal de Bruno Le Maire sorti l’an dernier). Je trouve cependant dommage que Cécile Duflot suive le chemin classique des écologistes de gouvernement.

Le procédé est toujours le même. D’abord, on organise une alliance pré-électorale afin de garantir un certains poids aux élus verts. Ensuite, après la victoire les écolos rentrent au gouvernement, font le boulot (très souvent du bon boulot d’ailleurs), sont solidaires, bref pas d’ombre au tableau. Enfin les écolos sortent du gouvernement (remaniement 2014 par exemple) ou se présentent contre leurs alliés d’hier (présidentielle 2002 entre autres) et tapent à boulets rouges sur la façon de gouverner des socialistes. Soit les dirigeants verts sont amnésiques (ou ont une mémoire de poisson rouge eux aussi), soit ils aiment se faire mal, mais cette façon de procéder commence à lasser.

D’ailleurs, il n’y a pas que moi, simple militant socialiste, qui s’agace du comportement de l’ancienne tête de proue écologiste au gouvernement, plusieurs de ses camarades se sont exprimés sur le sujet.

Emmanuelle Cosse, secrétaire nationale d’EELV : « J’écoute les commentaires, les petites phrases, c’est très habituel des Verts. Maintenant il faut se mettre au travail. » «Il faut élever le débat.» «Ce que les Français attendent des écologistes, ce sont des réponses concrètes.»

Dominique Voynet, ancienne ministre: « Nous n'avons de comptes à régler avec personne. » « Les écologistes doivent mûrir. » « Il faut veiller à ne pas se contenter de dénoncer et de manifester »

Denis Baupin, député : « Je ne suis pas persuadé de l'intérêt de l'exercice ». Il précise (et je suis d’accord avec lui) que l'ouvrage «pose la question du rapport des écologistes avec le pouvoir.»

Jean-Vincent Placé, sénateur : « C’est un jugement extrêmement sévère. » «Nous avons concouru à faire élire François Hollande en 2012, nous avons participé au gouvernement pendant quelques mois... Nous sommes aussi comptables de ce bilan-là.» «Ce n’est pas la période pour stigmatiser la majorité »

François de Rugy demande à ce qu’on ne regarde le livre « dans sa globalité et ne pas en retenir que les petites phrases ». Il réaffirme sa position vis-à-vis du gouvernement : « Nous avons été élu députés de la majorité ».

lundi 4 août 2014

20 destins pour commémorer la Grande Guerre

C'est d'époque, et ça va durer 4 ans, nous venons d'entrer dans les commémorations du centenaire de la 1ère Guerre Mondiale. Le 28 juin 1914, l'héritier de l'empire d'Autriche-Hongrie était assassiné à Sarajevo, capitale d'une Serbie déjà rebelle. Un mois plus tard, le 28 juillet, l'Autriche-Hongrie déclare la guerre à la Serbie, le lendemain l'empire Russe déclare la mobilisation générale et commence à regrouper ses troupes aux abords de ses frontières occidentales pour venir en soutien à la Serbie. Le 1er août, la France et l'Allemagne déclare la mobilisation générale à leur tour. Le 2 août les Allemands entrent en France et au Luxembourg. Le 4 août, l'Allemagne a envahi la Belgique et le Royaume-Uni déclare la guerre à l'Allemagne. Et tout ceci n'est que le début de 4 années d'hostilités partout dans le monde.

Si en France on se souvient particulièrement des tranchées au Nord du pays, des batailles de la Somme, de la Marne, de Verdun, toute l'Europe de l'Est fut à la même enseigne. Au sud, la Serbie est le pays qui a du payer le plus lourd tribu en terme de vies humaines. En Grèce, la ville de Thessalonique verra en 1917, 9 500 bâtiments partir en fumée. Sous couvert de guerre mondiale, l'Afrique fut aussi le théâtre d'opération visant à augmenter les territoires coloniaux. Des combats ont également eu lieu dans l'Océan Atlantique et dans l'Océan Indien. Enfin des combats eurent également lieu à l'Est de la Chine, où par exemple les Allemands ont perdu leur ville (et leur brasserie) de Tsing Tao.

Un excellent ouvrage permet d'avoir un nouveau regard sur ce conflit. Pour cela Peter Englund a choisi de vivre la Grande Guerre au jour le jour avec 20 jeunes de nationalités différentes en reprenant leurs écrits d'époque. 16 jeunes hommes et 4 jeunes femmes, si la plus jeune à 12 ans en 1914 et les deux plus vieux 45 ans, tous les autres ont entre 19 et 28 ans quand la guerre éclate. Certains viennent d'Amérique du Sud pour se battre, peu importe le pays qui les appelle, d'autres rejoignent leur continent alors qu'ils étaient exilés aux Etats-Unis, un jeune homme découvrira même deux continents, l'Afrique puis l'Europe alors qu'il vivait en Australie. Deux personnages n'iront jamais au front, les autres combattront ou soigneront en Afrique, en Asie, en Europe, sur terre, en mer et en l'air, c'est un panel complet qui se retrouve réuni autour d'un seul point commun, avoir été jeune en 1914.

Dans son livre, Peter Englund a fait le choix de la jeunesse pour ne pas écrire un nouveau livre d'histoire racontant bataille après bataille. Il nous permet de vivre les batailles comme les ont décrites les acteurs quand ils ont pu les décrire mais il nous permet aussi de vivre une partie de leur jeunesse. Pendant 4 ans, ils ont découvert leur guerre, leurs sentiments et leurs peurs. On les revit au fil des pages. En partageant ces 20 destinées, Peter Englund tente avec succès de partager des récits que l'on aurait pu entendre de nos grands-parents ou arrières-grands-parents. Mais là où nos aïeuls ne nous auraient parlé que d'un seul destin, d'un seul front, Peter Englund nous en présente une dizaine de différents, parfois même il nous permet de découvrir une même bataille vue de deux camps opposés.

 "Vingt destins dans la Grande Guerre. La beauté et la douleur des combats" est un livre exceptionnel qui permet de découvrir et de redécouvrir ce que fut la 1ère guerre mondiale. C'est du coup le livre à lire cet été pour comprendre ce qu'il s'est passé entre 1914 et 1918 et pour aider à comprendre pourquoi faut-il aujourd'hui encore commémorer des combats qui ont eu lieu il y a 100 ans.

dimanche 26 janvier 2014

Bruno Le Maire et le cumul des mandats

Bruno Le Maire a publié en janvier 2013 "Jours de pouvoirs", un livre sur les coulisses de son passage dans le gouvernement Sarkozy, ou plutôt un journal de bord. Ses propos sont souvent intéressants mêlant pensées politiques et récits de la vie quotidienne. Voici ce qu'il écrit en conclusion de sa journée du vendredi 4 mars 2011 : 
"Un jour, une majorité nouvelle supprimera le cumul des mandats. Chacun verra que cette pratique avait trop duré et que sa suppression était une mesure de salut public. Pour beaucoup ce sera une délivrance."

Je vous laisse chercher ce qu'à voter le même Bruno Le Maire le 22 janvier dernier quand les députés eurent à voter sur l'interdiction du cumul des fonctions exécutives locales avec un mandat de député ou de sénateur.

mercredi 27 mars 2013

"Il était une fois les révolutions", un livre de @Jujusete

Il y a quelques mois, Ju nous a livré son deuxième livre : "Il était une fois les révolutions". Julie Gommes de son vrai nom n'est pas que blogueuse, elle est aussi surtout journaliste. Au début de l'année 2011, elle enseigne dans une école de journalisme au Caire alors que la Place Tahrir est noire de manifestants. Sans le savoir, elle va être au cœur de l'histoire méditerranéenne et la vivra en Egypte, en Syrie et en Tunisie.

En Égypte, quand l'armée verra son matériel de journaliste (appareil photo, dictaphone), elle l'a prendra pour une espionne ("Quand j'étais espion"). Elle y verra le comportement de l'ambassade française avec les expatriés français ("le crâne ouvert", "Allô ?").

Ca bouge en Syrie, comme il n'était pas facile de savoir ce qu'il s'y passait réellement, Ju cache son matériel et part en tant que "touriste" ("Welcome to S…"). A l'époque Ju hésite entre les termes de "Révolte", "Révolution", "Insurrection" et "Guerre Civile" ("Une guerre civile ?"). Encore une fois, elle découvrira le langage diplomatique si particulier à l'ambassade française ("A l'ambassade").

Ju passera également en Tunisie, elle observera l'évolution avant / après la révolution ("Deux amoureux"). C'est aussi de là-bas qu'elle a écrit le texte qui m'a le plus touché sur une déclaration de vol à Tunis ("Au commissariat, du sang sur les murs").

Enfin, Ju nous présentera ce monde de l'ombre, des hactivistes qui se battent avec leurs armes pour faire d'internet un véritable lieu de liberté et de dialogue pour ceux qui ne peuvent pas parler à voix haute dans leur pays ("Quand les frontières n'existent plus").

"Il était une fois les révolutions" est un petit livre au grand cœur. Ju nous y montre des révolutions arabes humaines. La révolution égyptienne n'était pas qu'un nombre de jours successifs où la Place Tahrir fut occupée. La Syrie n'est pas qu'un nombre d'obus ou un nombre jour de siège. La Tunisie n'était pas que des personnes à bout qui se sont immolées par le feu. Ju nous décrit dans 43 petites histoires son quotidien, ses rencontres, ses joies et ses peurs, bref Ju nous livre un très beau livre d'histoires, Histoire du 21ème siècle et histoires personnelles. Bravo Ju pour ce bel ouvrage !

mercredi 20 mars 2013

"Mon combat pour Paris" de Anne Hidalgo

Anne Hidalgo a publié ce mercredi son 3ème livre, son premier sur la ville de Paris, "Mon combat pour Paris". Ce n'est pas encore un livre programme pour l'élection des municipales de 2014. Je dirais plutôt que c'en est l'introduction. Ce livre ne peut pas être un livre programmatique puisque la volonté d'Anne Hidalgo depuis plusieurs mois est de réussir à élaborer un programme en concertation avec les Parisiens mais aussi avec les communes voisines, d'où la création de son association Oser Paris. D'ailleurs cette association semble être une véritable fourmilière puisqu'elle compte 1732 adhérents et que plus de 800 contributions ont été déposées et commentées.

"Mon combat pour Paris" est donc une introduction. Une introduction au futur programme d'Anne Hidalgo si elle est désignée candidate socialiste à la mairie de Paris mais aussi une introduction au personnage. Dans ce livre, l'actuelle 1ère adjointe de Bertrand Delanoë, part à chaque fois d'anecdotes personnelles, de souvenirs pour présenter ses intuitions et ses envies pour Paris et le Grand Paris. Par exemple, on y apprend une rencontre entre Anne Hidalgo, pas encore femme politique, et René Galy-Dejean, maire du 15ème arrondissement de l'époque. Ils se rencontraient pour discuter de la difficulté qu'éprouvaient les familles avec enfants et dont les parents travaillaient, et du besoin de développer des solutions d'accueil pour les enfants. La réponse du maire de l'époque fut négative car cela ne correspondait pas à sa vision de la famille:
"L'arrondissement avait selon lui vocation à accueillir une population homogène de cadres et de familles traditionnelles dont les épouses au foyer assuraient l'éducation des enfants. Il n'était donc pas besoin de crèches, logements et autres services sociaux."

La lecture de ce livre est rafraîchissante et enthousiasmante. Dès le premier chapitre, Anne Hidalgo nous explique pourquoi et comment elle aime Paris. C'est rafraîchissant et enthousiasmant car j'ai eu l'impression d'y lire mon propre récit (et donc sûrement celui de nombreux Parisiens) : la découverte de Paris par les chansons, les films, les livres. Puis, une fois arrivé à Paris, la découverte de la ville, de la diversité de ses quartiers, de ses secrets cachés derrière une porte cochère. C'est également très intéressant de lire les souvenirs d'une petite fille de Cadix qui grandit à Lyon et qui monta à Paris pour être inspectrice du travail avant de se retrouver impliquée dans la vie quotidienne de millions de Français mais aussi de centaines de milliers d'étrangers.

Enfin, l'écriture y est dynamique, entraînante, c'est assez rare dans un livre politique pour le signaler, mais c'est peut être un autre signe que ce livre n'est pas qu'un livre politique mais aussi un livre personnel destiné à mieux connaître le personnage. 

Après avoir lu un tiers du livre, je peux déjà m'avancer et recommander ce livre aux curieux qui ont envie d'en apprendre un peu plus sur Anne Hidalgo mais aussi aux amoureux de Paris qui ont envie de partager cet amour et qui ont envie d'avoir les premières pistes sur les prochains axes de développement de la Ville Lumière.

mercredi 9 janvier 2013

Un avenir pour les biens culturels ?

Image issue de franceinfo.fr
Avis de mauvais temps sur la culture. Non, ce n'est pas le départ de Gérard Depardieu ou de Jean-Michel Jarre qui m'inquiète mais l'avenir des "dealers" de culture, ces fournisseurs d'une autre époque qui n'ont pas réussi à prendre correctement le virage du numérique. Ce mercredi, Virgin Megastore va déposer le bilan. 19 des 26 magasins n'auraient pas réussi à payer leur loyer pour le dernier trimestre de l'année 2012. Avant ce naufrage en grande pompe, de nombreux disquaires et libraires indépendants ont déjà du baisser leur store sans fleur ni couronne (comme la librairie Charlemagne dans le 4ème arrondissement en juillet dernier).

Le premier suspect est assez facile et sert même d'alibi parfait aux victimes : internet ! Itunes, Amazon, le téléchargement illégal, voici les principaux accusés. Après les avoir accueilli à bras ouverts, les voyants comme les sauveurs d'une profession déjà sur le déclin, ils ont réussi à redonner un coup de fouet au marché des biens culturels. A présent, avec leur position dominante sur le net, on les accuse de ne laisser que des miettes aux acteurs "historiques".

Deuxième suspect, les gros revendeurs eux-mêmes. Je ne suis pas persuadé qu'ils aient eu beaucoup de pitié à leur installation envers les petits indépendants présents avant eux. Les mastodonte de la vente de biens culturels sont arrivés, ont profité de nombreux cadeaux difficilement applicables aux petits commerçants, comme le droit à l'ouverture le dimanche ou la remise de 5% sur les livres par exemple. Aujourd'hui, le gros poisson est en train de se faire manger, entre autre car il n'a pas réussi à s'adapter à son nouveau milieu. Virgin a commencé à vendre de la musique en téléchargement en 2004 et n'ont jamais (à ma connaissance) ouvert de magasin en ligne, à la différence de la Fnac. Pire, alors qu'un livre ou un cd acheté dans un de leur magasin peut être prêté, échangé, revendu, leurs produits numériques sont attachés à une seule personne, voire à un seul appareil électronique, là où ils auraient pu se démarquer des géants américains mondialement critiqués pour leurs systèmes ultra-verrouillés. On justifie régulièrement les salaires mirobolants des patrons par leur prise de risque et leur vision à long terme. Force est de constater que ce ne sont pas les choix les plus judicieux qui ont été appliqués par le fonds de pension Butler qui gère la maison Virgin France...

Troisième suspect, le client. Que vaut un cd ? un film ? un livre ? Pourquoi payer pour quelque chose que l'on trouve gratuitement ? Après un rapide sondage dans mon entourage, de plus en plus rare sont ceux qui achètent des cd pourtant la quasi totalité écoute de la musique à un moment de la journée... Dans un  comportement que je ne comprends pas, il semble naturel de dépenser 1 500€ dans une télévision, 500€ dans un téléphone qui permet d'écouter de la musique mais il semble difficilement imaginable de payer plus de 15€ par mois pour avoir accès à de la musique en illimité... Mais toute la chaine musicale a besoin de vivre, donc aujourd'hui les prix se sont reportés sur les concerts (177,50€ pour Leonard Cohen, 22€ pour 77 Bombay street, 2 exemples de concerts parisiens en 2013). Si le client ne visualise pas qui se cache derrière la production de son cd, il voit son artiste en vrai, et ça, ça n'a quasiment pas de prix (et je suis bien placé pour en parler vu mon budget concerts annuel...). Mais le public commence déjà à bouder ces tarifs exorbitants, quelle sera la prochaine mesure palliative ?

Trois suspects donc, mais combien de solutions ou à minima de propositions ? Un exemple, le retour à la bonne vieille méthode de l'union fait la force. Aujourd'hui 800 libraires indépendants se sont regroupés sur le site LaLibrairie.com, offrant ainsi à leurs clients un catalogue bien plus vaste que ne peux leur offrir leur simple boutique tout en gardant ce contact humain si indispensable, ou un simple inventaire des stocks disponible chez près de 300 libraires comme le propose le site Place des libraires. Une autre solution, le retroussage de manches et l'espoir que la roue tourne en leur faveur un jour, comme par exemple les excellents Thomas Howard Memorial qui arpentent les salles de concerts de France et de Bretagne (ils seront au Chinois à Montreuil le 23 janvier), enchainent les tremplins (comme celui des Inrocks en 2012), et mettent en libre écoute leurs nouveaux morceaux sur le web. 

Hélas, je ne pense pas que la solution se trouvera dans un de ces exemples. Un nouveau modèle est à inventer qui arrivera à mélanger le physique et le dématérialisé, un système qui réussirait à laisser une part conséquente à la masse de ces petits (commerçants, artistes, techniciens) qui vivent aujourd'hui à l'ombre des géants aux pieds d'argile.

vendredi 14 décembre 2012

Sortie littéraire : "Mes nuits avec Sarkozy"

Tout a débuté le 6 mai au soir par le texte du « discours de Nicolas Sarkozy au Congrès d’investiture de l’UMP le 14 janvier 2007 », billet suivi dès le lendemain par la liste des promesses de campagne du nouveau président, billet conclu par ce magnifique avertissement : « Pour ma part, je n'oublierai rien. » C’est ainsi qu’a commencé cette incroyable aventure de SarkoFrance.

Pour ma part, j’ai découvert ce blog assez tardivement, vers 2010, alors que je faisais mes premiers pas de blogueur. Immédiatement, la lecture de ses billets fut une de mes premières activités quotidiennes. Aussi incroyable que cela puisse paraître, tous les jours pendant 5 ans, il y a eu matière à écrire sur l’action gouvernementale. Il y avait même matière à faire des chroniques hebdomadaires qui me donnaient régulièrement la nausée. Enfin, le 7 mai 2012 au matin, le blogueur acharné livrait son premier billet de la France d’après. Durant 5 ans, Juan a tenu sa promesse, il n’a rien oublié, il n’a rien laissé passer.

Aujourd’hui, SarkoFrance vient de passer un nouveau cap. Une nouvelle page se tourne, mieux que ça même, 116 nouvelles pages sont appelées à être tournées. Juan nous livre une partie de ses secrets, nous raconte sa singulière expérience de blogueur antisarkozyste dans son livre « Mes nuits avec Sarkozy ». Je n’ai plus qu’une seule hâte, découvrir ce livre qui, obligatoirement, ne peut que bien se finir, tout en espérant qu’il n’y ait jamais de suite…

« Mes nuits avec Sarkozy » est disponible en version électronique ou papier sur les sites Morebooks et Amazon. A mon avis, c'est LE cadeau de noël pour blogueur militant.