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dimanche 31 août 2014

A La Rochelle, #ViveLaGauche mais surtout #ViveLePS

Les ministres Axelle Lemaire et Fleur Pellerin à La Rochelle
Je reviens d'un week-end sous haute surveillance médiatique. Le camarade Bembelly m'avait même conseillé d'y aller avec un casque, en mode « reporter de guerre », tellement l'ambiance s'annonçait tendue. Ou du moins les journalistes l'espéraient... Pour avoir vécu diverses universités d'été socialistes dont celle qui lança le sombre congrès de Reims, je me sentais prêt pour les combats.

Au risque de tuer le suspens, j'annonce d'entrée, je n'y ai pas vu la moindre passe d'armes. Certes les députés « frondeurs » étaient en nombre et leurs soutiens semblent avoir rempli facilement un amphi de la fac de lettres voisine pour leur première rencontre mais l'université en elle-même n'a pas eu à souffrir des divergences idéologiques internes. Les ministres démissionnaires étaient présents, ils ont tous (ou presque) tenu leur place dans les ateliers auxquels ils étaient conviés (à ma connaissance, seule Aurélie Filipetti a laissé la place à sa successeure Fleur Pellerin lors d'une plénière sur le numérique) et ont eu droit à des salves d'applaudissements. Le reste du gouvernement était largement représenté (à l'exception d'Emmanuel Macron et de Ségolène Royal) et tous ont aussi eu droit à de nombreuses standing ovations, particulièrement pour les deux stars du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem et Christiane Taubira.

Pourtant j'ai bien cru samedi que j'allais assister à des scènes de combat. Dès la première heure l'espace Encan et l'aquarium voisin étaient sous la haute surveillance de nombreux CRS. Les accès verrouillés et contrôlés bien avant le parvis réservé par l'université socialiste. Jean-Christophe Cambadélis et Bernard Cazeneuve avaient-ils peur de la violence des futurs débats ? Non, ils ont pris la sage décision de préserver le calme et la sécurité de tous les militants et intervenants car les sauvages étaient dans la rue. La CGT, dans un élan de finesse qui n'a d'égal que son sens du respect d'autrui, a décidé de tenter de pourrir le militant de base. Large banderole « TRAITRES » tenue à bout de bras, énormes pétards, tentative de mise en place d'un « couloir de la honte » et partout pluie d'insultes envers toutes les personnes entrant ou sortant du périmètre de l'université (à 95 % des militants sans mandat national). Ces génies de la CGT faisaient fi du fait qu'au moment même une de leur secrétaire confédérale, Agnès Le Bot, était en train de discuter paisiblement avec les militants les plus matinaux ou que de nombreux militants ont aussi une activité syndicale dont une partie non négligeable à la CGT ou à SUD-Solidaires. Dire que pendant ce temps-là Jean-Louis Malys, secrétaire national CFDT, espérait à voix haute que l'on arrête de considérer les syndicats comme des « brûleurs de pneus ». A côté de ces sauvages qui ont confondu le militant socialiste avec un patron voyou, les 10 bonnets rouges venus en voisin ont fait figure d'enfants de choeur.

Parce qu'il n'y a pas que le militantisme dans la vie, je n'ai pas pu assister aux discours de clôture de Jean-Christophe Cambadélis et surtout de Manuel Valls. Je me souviens simplement que lors des deux précédentes éditions, ce dernier fut l'un des ministres les plus applaudis à chacune de ses apparitions. Le premier s'est plu à rappeler le samedi que la gauche a la division dans son ADN et cela depuis 1905 et les débats entre gauche radicale et gauche gouvernementale. A l'image de ses députés, le militant socialiste aime qu'on lui laisse la liberté de débattre avec son voisin ou ses dirigeants. Le militant aime avoir la liberté de dire ce qu'il pense et qu'on lui réponde. A travers les différents ateliers auxquels j'ai participé, j'ai l'impression que cette édition de l'université d'été du PS a une nouvelle fois tenu ses engagements. J'ai pu voir des militants exprimer leurs regrets sur le droit de vote des étrangers et en même temps réfléchir ensemble à ce qui pourrait être fait pour faire avancer la cause. J'ai vu des militants obtenir des réponses sérieuses sur leurs interrogations sur la mise en place d'une Licence Globale. J'ai vu des ministres, des parlementaires et des militants heureux d'échanger sur les progrès depuis 2012 dans la quête de l'égalité réelle telle que discutée en 2009 lors d'une grande convention socialiste sur le sujet.

Cette université d'été socialiste n'est pas un congrès. Elle n'a donc pas vu la définition d'une orientation globale pour le PS puisque ce n'était pas son objectif. En revanche quel que soit l'état d'esprit de chacun des militants qui y a participé, je suis persuadé qu'il en est sorti revigoré, rassuré de voir qu'il n'était pas seul dans son cas. Au risque de décevoir les vautours qui tournaient autour de La Rochelle ce week-end, le PS n'a pas explosé et n'est pas près de le faire. Il a discuté, il a débattu, j'espère qu'il a convaincu certains, bref le PS est bien vivant et ce n'est pas près de changer.

dimanche 25 août 2013

Taubira superstar


Christiane Taubira à La Rochelle
L'événement était noté dans mon agenda depuis la publication du programme de l'université d'été du PS à plus d'un titre. Traditionnellement, ce sont les ateliers ayant pour thème la Justice qui m'intéressent le plus (j'ai d'ailleurs encore en mémoire la projection du film sur l'activité du Contrôleur général des lieux de privation de liberté et le débat qui suivit en 2011). De plus cette année, coup de chance, l'atelier au nom le plus accrocheur traitait du sujet : « Justice partout, ingérence nulle part ». Enfin, une des ministres, si ce n'est LA ministre, préférée du peuple de gauche, Christiane Taubira, est l'intervenante principale. De nombreux agendas devaient être similaire au mien puisque l'atelier fut déplacé dans l'auditorium Michel Crépeau, la deuxième plus grande salle de ces universités estivales, et cet auditorium fit salle comble, certains militants se sont même vus refuser l'accès faute de place.

L'après-midi avait bien commencé pour Christiane Taubira puisqu'elle eut le droit à l'un des meilleurs comités d'accueil à l'Espace Encan entre nuée de caméras et nombre de militants scandant son nom et l'applaudissant à son passage. Le message est clair, Christiane Taubira (qui n'est pas encartée au Parti Socialiste) est bien LA chouchou des militants, loin devant Valls, Montebourg et même Royal. Signe fort de sa popularité, la ministre de la Justice aura le plaisir de voir au premier rang du public une ancienne camarade de gouvernement, Martine Aubry.

Symbole de l'impatience des militants, alors que pour tous les autres ateliers, le ministre en charge du sujet était le dernier orateur, passant après les différents invités, pour cet atelier uniquement, la parole fut donnée immédiatement à la Garde des Sceaux. Le contenu de son discours allia simplicité, pédagogie et intimité. Si le point à aborder est léger, elle minaude, si le point est ardu, elle explique calmement et clairement, si le point est une réponse aux attaques de l'opposition, elle n'hésite pas à monter le volume et à se défendre, voire attaquer, vertement.

Sur la méthode, Christiane Taubira nous a expliqué certaines de ses volontés comme la volonté de réaliser une grande réforme (« de tout mettre dans la brouette ») et non une multitude de petites lois (comme la tant attendue suppression des peines planchers). Cette volonté de tout regrouper permet aussi d'avoir au moment de l'examen du projet de loi au Parlement toutes les données pour débattre sur le sujet. Autre volonté ministérielle qui suit également la démarche chère à François Hollande, le besoin de synthèse. C'est pourquoi en plus des différentes commissions et autres groupes de travail, le ministère a mis en place un « Jury de consensus » regroupant différents représentant du monde judiciaire mais aussi un commissaire divisionnaire et un commandant de gendarmerie. Preuve, s'il l'était encore nécessaire, du travail réalisé en lien avec ceux qui ont pour objectif de faire respecter l'ordre et faire régner la sécurité.

Sur le fond, Christiane Taubira a fourni énormément d'informations également. La première sur la population pénitencière annonçant la création de 6 500 places de prison supplémentaires. Elle est également revenue sur la volonté de l'ancien gouvernement de créer 80 000 nouvelles places sans qu'aucun financement n'ait été prévu à l'époque (soit 20 milliards d'euros à trouver pour la réalisation de cet objectif).
La ministre a tenu a rassuré les sceptiques (ils n'étaient pas nombreux dans la salle), si les peines planchers seront abolies, les articles du code pénal prévoyant le doublement des peines en cas de récidive ne seront pas touchés par la réforme.
Que ce soit pour les peines planchers ou pour les remises en liberté, la réforme se veut être la fin de l'automaticité. La fin des peines planchers provoquera un retour à l'indivisualisation des peines et permettra une meilleure prise en compte (grâce à une meilleure mise à disposition des informations) des dossiers personnels afin de permettre au juge de définir la peine la mieux adaptée aux cas de chaque condamné. Les fins de peine seront également revues. D'après les analyses de la ministre, c'est parce que 90 % des détenus ont une sortie sèche (donc un retour brutale et non accompagnée à la liberté) qu'ils sont des récidivistes en puissance. Un des axes de cette réforme sera donc de prévoir des dispositifs de sortie progressive (par exemple en laissant un détenu sortir la journée pour aller travailler tout en l'obligeant à rentrer chaque soir dans sa cellule).
Enfin, et ceci peut toujours être mis sous le signe de la fin de l'automaticité, la fin de la détention comme l'alpha et l'omega de la palette des peines. Sanctionner ne doit plus être systématiquement synonyme de détention.

Sans surprise, à la fin de son exposé, c'est un auditorium en délire qui s'est levé comme une seule personne pour applaudir la ministre. Je suis sur que l'espoir qu'a fait naitre Christiane Taubira durant les débats pour le mariage pour tous dans le cœur du peuple de gauche s'est intensifié en ce samedi 24 août en la voyant défendre sa réforme pénale.

Affiche du PRG
pour l'élection présidentielle 2002
La popularité justifiée de Christiane Taubira à gauche est absolument remarquable. Il ne faut pas oublier que durant les 10 dernières années, elle a été considérée comme en partie responsable de l'absence de Lionel Jospin au second tour de l'élection présidentielle de 2002. Plus que Dominique Voynet, plus que Jean-Pierre Chevènement, c'est la candidate du PRG qui a cristallisé les tensions et les griefs. J'en viens à me poser la question, et si nous nous étions trompés en 2002 ? Ne faut-il pas relire l'histoire à la lumière des informations récentes ? Ne serait-ce pas Lionel Jospin qui a fait perdre Christiane Taubira et ainsi la gauche ? Moi le premier, j'ai surement pêché par ignorance. J'avoue n'avoir jamais vraiment cherché à connaître Christiane Taubira avant 2012. Son livre « Mes météores » montre son passé, son caractère. C'est cette Christiane Taubira que la France découvre depuis un an à la tête du ministère de la Justice. Je me dis que c'est cette Christiane Taubira qui aurait pu mener la Gauche au combat de l'élection présidentielle. Son énergie et sa volonté aidée par la puissance de feu de l'appareil PS auraient fait d'elle une candidate intouchable. Je ne vais pas refaire le monde avec des « si », mais avec ce cas de figure, l'argument massue du « vote utile » n'aurait peut-être jamais vu le jour, le FN n'aurait peut-être jamais gouté aux joies d'un second tour, un Nicolas Sarkozy n'aurait peut-être jamais réussi à devenir ce qu'il est devenu...

Toujours est-il qu'il est impossible de revenir sur le passé. C'est même de tout ce passif qu'a émergé aux yeux de la France entière cette personnalité incroyable qu'est Christiane Taubira. J'ai ainsi l'espoir que l'on tient aujourd'hui la Garde des Sceaux qui va faire entrer la Justice dans le XXIème siècle en mettant en place toutes les conditions nécessaires pour une Justice plus libre, plus juste, plus moderne.

La grappe, mode de vie rochelais ? #UEPS

Aller à La Rochelle fin août permet de découvrir de nouvelles coutumes comme la mode de la grappe. Cette technique semble très pratique pour se protéger du soleil mais pas ultime pour profiter du paysage. Pour réussir à se diriger sans aucune visibilité, la grappe se dirige au bruit des applaudissements, claque à gauche, on dévie à droite, claques à droite, on dévie vers la gauche. En cas d'applaudissements frontaux, deux solutions, le passage en force ou l'étude approfondie du terrain pour décider de la direction. La grappe n'avançant pas très rapidement, la prise de décision est plus facile que ce que la description laisse supposer.

Ségolène Royal allant à l'aquarium de la Rochelle

Chritiane Taubira se rendant à son atelier


Comme on peut s'en douter, le déplacement en grappe amène une certaine confiance et sécurité grâce à un entourage présent et compact. Il donc important de ne pas se retrouver seul trop rapidement. Pour cela la solution la plus simple est d'adapter la grappe à la position assise. Comme la grappe debout, la grappe assise n'offre pas toujours une grande visibilité mais c'est le prix à payer pour ce sentiment de sécurité.
Séance plénière et salle pleine pour Manuel Valls

Grappe tout confort autour de Christiane Taubira
Bien sur, tout le monde n'a pas adopté cette façon de faire et ces personnes peuvent se sentir seules. Mais pas de craintes à avoir, ce singularisme leur permet de tenir un discours plus facilement audible.
Najat Vallaud-Belkacem

Jean-Pierre Sueur,
président de la commission des lois au Sénat

samedi 24 août 2013

De Ségo à Ségol, récit d'une première journée rochelaise #UEPS

NVB faisant la tournée des chaines infos
Ca fait 20 ans que ça dure, tous les ans à la fin du mois d'août, la ville de la Rochelle est envahie d'affreux gauchistes venus refaire le monde. Si l'an dernier, l'édition était particulière et devait surement ressembler à un week-end d'auto-congratulations après les belles victoires à la présidentielle et aux législatives, cette année le programme est plus ouvert puisqu'il faut :
  • défendre la première année d'actions gouvernementales (la totalité des ministres socialistes et radicaux de gauche sont présents si je ne m'abuse),
  • se mettre en ordre de marche pour les prochaines municipales (et faire enfin baisser le score de l'extrême-droite, bien trop haut depuis plus d'une dizaine d'années),
  • affuter les discours européens en vue de la prochaine élection européenne, rarement à l'avantage du pouvoir national en place).
L'université d'été est un endroit particulier, on y retrouve des militants de toute la France venir parfaire leur savoir comme dans toute université populaire. Pour ma part, c'est souvent l'occasion d'y découvrir et d'apprécier les propos de personnalités extérieures au PS mais dont les propos sont des plus intéressants (constat juste, propositions audacieuses mais réalistes, langue de bois mise au placard). Par exemple, ce vendredi, j'ai ainsi pu découvrir Bernadette Ségol, secrétaire générale de la Confédération Européenne des Syndicats (CES), qui est intervenue sur la nécessité de développer une Europe Sociale pour éviter la mort de l'Union Européenne. J'ai ainsi découvert qu'en Europe, CFDT, CGT, CFTC, FO et UNSA étaient réunis sous l'unique bannière de cette confédération. C'est le coeur de l'université d'été mais c'est la partie la moins mise en valeur par les médias. Il faut dire que parler accès au soin sur la totalité du territoire, d'évolution sur la manière d'appréhender la question des transports à l'avenir ou de la mobilité des Français à l'étranger, ça ne rentre pas dans la ligne éditoriale de BFM TV.

On y retrouve aussi des clubs de fans venus applaudir leur champion-ne (ce qui peut se mêler sans trop de difficulté au fait de parfaire son savoir en suivant des tables-rondes). Grâce à cette catégorie de personnes, on commence à satisfaire l'appétit des journalistes. Il y a de fortes chances que les reporters sur place se livrent à l'analyse de "qui a reçu la plus belle ovation". Les challengers cette année seront
  • Ségolène Royal qui vante sa région ("une des 10 plus belles du monde selon Lonely Planet"),
  • Manuel Valls qui interviendra sur comment combattre l'extrême-droite,
  • Jean-Marc Ayrault qui cloturera le week-end.
Les règles sont peut-être floues (nombre de minutes d'applaudissement, volume sonore, nombre de militants présents à l'atelier ou à la réunion de courant), le résultat sera le même, le perdant sera en dusgrâce, le gagnant sera pendant un an auréolé de l'étiquette de chouchou des militants. Pour rappel, c'est Manuel Valls qui avait gagné haut la main le concours l'an dernier.

Enfin, l'espace Encan où se déroule les ateliers est aussi l'espace Cancan le temps d'un week-end. Les journalistes se ruent sur les ténors du gouvernement à l'affut de la moindre remarque, pique, petite phrase qui illuminera l'édition suivante du JT. Il semblerait d'ailleurs que des équipes spéciales de chaines d'information fassent le pied de grue à la gare de La Rochelle pour être sûrs de ne pas rater la descente du train de Pierre Moscovici (arrivé en fin de matinée) ou de Manuel Valls (arrivé vers 18h30). Les hommes et femmes de premier plan trainent nonchalamment autour du stand "Chaine d'info" pour des interviews de quelques minutes (chapeau bas à Najat Vallaud-Belkacem qui a du passer une bonne heure afin de livrer sa vision du week-end aux 3 principales chaines d'infos en continu). Enfin c'est aussi l'occasion pour les militants de s'échanger les derniers ragots et de comparer les tenues des différents députés ou autres sénateurs (surtout que certaines tenues sont assez originales dirons-nous...)

Pour résumé, l'université d'été du PS est un lieu assez magique où il est difficile de s'ennuyer. Même si on ne sait pas toujours très bien à quoi l'on sert dans ce grand cirque médiatique, il est difficile de se dire que les forces socialistes seraient aux différents postes de pouvoir aujourd'hui sans tout le travail de fond réalisé les années précédentes.

jeudi 23 août 2012

La rentrée universitaire

Demain débutera la traditionnelle Université d'Eté du PS à La Rochelle. Cette université sera toute particulière puisque c'est la première depuis 10 ans qui se tiendra alors que le PS est au pouvoir. Ce sera donc l'occasion d'y entendre nos nouveaux ministres y détailler leur feuille de route ou leurs projets pour les années à venir.

Par exemple, vendredi après-midi, Laurent Fabius parlera politique étrangère avec Elisabeth Guigou et Jean-Christophe Cambadélis mais aussi avec des spécialistes comme Marie Mendras, spécialiste de la Russie, Pascal Boniface, directeur de l'Institut des Relations Internationales et Stratégiques (IRIS), et Alain Dieckhoff, spécialiste du conflit israélo-arabe. Ensuite les ministres Vincent Peillon et Najat Vallaud-Belkacem animeront une séance plénière sur l'éducation qui devrait attirer beaucoup de militants.
Le samedi la feuille de route des parlementaires sera présentée en séance plénière avec, entre autres, Jean-Marc Germain et François Rebsamen. Si j'étais présent à La Rochelle cette année, j'aurais entouré en rouge la séance plénière "Après la conférence sociale, quelles perspectives ?" avec les ministres Marisol Touraine et Michel Sapin et également les syndicalistes Laurence Laigo de la CFDT, Patrick Privat de FO, Pascale Coton de la CFTC, Jean-Marie Truffat de l'UNSA, Bernadette Groison de la FSU et Nadine Prigent de la CGT. C'est vraiment pour ce genre d'atelier que j'aime me rendre à l'Université d'Eté. En effet en plus d'écouter les arguments et les idées socialistes, on peut y entendre les attentes, les envies et les points d'achoppement entre chaque syndicat et le PS.
Cette année, les élus et ministre locaux seront également à l'honneur à La Rochelle. Mon député Patrick Bloche interviendra aux côtés d'Aurélie Filipetti, Sylvie Robert et Didier Mathus sur le thème "Transmission et création, les enjeux d'une politique culturelle publique ambitieuse". Alors que la ministre et ancienne maire du 4ème Dominique Bertinotti animera sans trop de surprise la table ronde "La famille en 2012" avec Françoise Mesnard, Martine Gross et François de Singly.

Cette année encore le programme de ces Universités d'Eté va être bien chargé avec plus de 40 ateliers et tables rondes mais je suis tout de même étonné de l'absence de parité dans les intervenants. En effet je n'ai compté que 86 intervenantes alors qu'au moins 140 hommes vont s'exprimer entre le vendredi après-midi et le samedi soir (le dimanche matin étant réservé aux discours de clôture). Cette absence de parité est tout de même étonnante quand on voit que chaque atelier est animé par au moins deux personnes du PS et deux intervenants extérieurs.

Je ne serai pas à La Rochelle ce week-end puisque j'ai prévu de fêter les 10 ans du festival Rock En Seine mais j'espère bien être présent l'année prochaine pour faire un premier bilan de la première année d'actions gouvernementale et parlementaire. Etant absent, je vous invite donc à suivre les probables compte-rendus et les impressions des blogueurs présents sur place comme Romain, Bembelly, Variae, Jegoun, Seb, Mehdi, ou Gilles.

lundi 29 août 2011

Université d'été en images

L'université d'été cru 2011 s'est achevée sur une bonne note. On pouvait craindre l'avalanche de petites phrases assassines et de comportements égoïstes, cette dernière journée aura montré un parti uni qui espère de tout coeur le meilleur déroulement pour cette campagne des primaires en cours et pour la campagne présidentielle à venir. Il y a bien eu quelques phrases ou gestes inutiles, mais au final chaque militant soutenant un candidat sort encore plus confiant en son ou sa favori-e. Les derniers discours de cloture ont permis d'avoir des images fortes : près de 5 000 militants en grande forme, un premier rang où tous les candidats étaient présents ensemble, applaudissant à l'unisson, discutant et rigolant entre eux et enfin une belle photo de famille, tous ensemble à la tribune. Dans un journal TV j'ai même entendu le présentateur, presque déçu, annonçant que l'unité était de mise, mais pour combien de temps rappelant que les primaires avaient lieues dans une quarantaine de jours. Justement, il n'y a plus que 40 jours et il n'y a aucune raison pour que cette entente prenne fin, surtout que dès le second tour de cette primaire il faudra attirer les non qualifiés dans son camp!

Donc pour finir avec mes résumés quotidiens, voici quelques clichés principalement pris ce dimanche:


album photo créé par CyrilMarcant sur ComBoost site photo spécialiste du livre photo

Guéant, triste copie de Gollnisch ?

Guéant intérieurDimanche en clôture de l'Université d'été du PS, Harlem Désir a qualifié Claude Guéant de "triste copie de Gollnisch". Bien sur, réaction outragée de l'UMP et du gouvernement, Valérie Pécresse la première. Pourtant depuis son arrivée Place Beauvau, il n'a eu de cesse, peut être pas d'imiter Bruno Gollnisch mais au moins de satisfaire ses amis de la Droite Populaire en reprenant régulièrement des propos qu'aurait pu tenir n'importe quel ténor du Front National, comme le souligne Bembelly sur son blog. Pour donner du crédit aux propos du 1er secrétaire par intérim du PS, le ministre de l'Intérieur a de nouveau fait une jolie sortie raciste et xénophobe ce lundi matin en déclarant aux micros de BFM TV et de RMC que "la délinquance roumaine est une réalité" et que cette "présence de Roumains délinquants dans notre pays est quelque chose de préoccupant". Et si Guéant ne cherchait pas juste à faire diversion? Il se peut que le plus dangereux délinquant du pays ne soit pas roumain mais simplement de père roumain...

dimanche 28 août 2011

Brèves de La Rochelle

2ème journée de débats, d'ateliers et de tables rondes à La Rochelle. 3 séances plénières pour les 3 candidats socialistes n'ayant pas passé leur oral de passage devant les militants. L'objectif
des ses plénières est de compter ses militants et surtout de montrer ses muscles aux journalistes (exemple ci-dessous avec des tweets sur le début des séances avec Hollande et avec Royal).
twitter_nb_soutien_hollande.pngtwitter_soutien_royal.png


Ce que je retiendrais de cette journée:
  • Martine Aubry s'est montrée à chaque plénière (j'ai un doute pour Montebourg, mais elle était au moins là pour le début de Hollande et de Royal), quitte à partir 10 minutes après être arrivée pour aller se faire acclamer par le MJS. Au moins, au jeu des petits gestes, elle aura montrer sa disponibilité et son écoute, contrairement au vil François Hollande qui n'était même pas là pour le discours d'ouverture de la veille.
  • Les fans de Royal et Hollande aiment les livres dédicacés. C'était la cohue en milieu d'après midi pour aller à la librairie de l'université d'été (session de dédicaces de François Hollande) et c'était noir de monde pour quitter l'espace Encan le soir (session de dédicaces de Ségolène Royal).
  • La librairie avait pour originalité de présenter des sélections de 3 livres conseillés par des socialistes, où l'on avait des BD, des romans à succès, des ouvrages politiques, historiques.
    Mention spéciale à Razzy Hammadi qui n'a pas trouvé meilleur livre à conseiller que le sien (charité bien ordonnée commence par soi même).
  • Au niveau intérêt des débats, j'ai nettement préféré les petits ateliers que les grandes sessions plénières. J'aurais d'ailleurs aimé un mix entre les séances de Martine Aubry et François Hollande. Les intervenants d'Aubry avec le discours d'Hollande, je ne me serais pas ennuyé une minute. En revanche, je suis bien heureux de ne pas avoir du subir les intervenants d'Hollande et le discours de Martine Aubry, une sorte de compilation de l'ennui. Après ces 2 tentatives, l'envie m'est passée d'écouter Montebourg et Royal.
  • Le petit oublié de la primaire, Jean-Michel Baylet est tout de même venu à La Rochelle (je l'ai croisé sur le port vers 15h) mais aucune idée s'il a pris la parole ou si ce n'était qu'une coïncidence…

vendredi 26 août 2011

Université d'été du PS, c'est parti !

Comme tous les ans dans la galaxie socialiste, le dernier week-end d'août est réservé à l'université d'été du PS. Cette année, primaire aidant, nous sommes 5 000 a avoir migré vers La Rochelle pour suivre les traditionnels ateliers mais également les fameuses séances plénières de chaque candidat à la candidature. Même si Maxime Bono, le maire de La Rochelle, nous prévient dès le discours d'ouverture que nous n'assistons pas à une première ou une nouvelle étape des primaires mais à un moment privilégié de formation, de débat et de construction de la pensée socialiste, ce sont bien les primaires qui sont dans une grande partie des têtes. D'ailleurs, mon 1er rendez-vous de l'après-midi était la séance plénière avec Martine Aubry sur "l'été européen? la crise, l'euro". De très bons intervenants tels que le ministre belge du climat et de l'énergie, Paul Magnette, qui a su nous présenté de façon claire et avec beaucoup d'humour la situation européenne et des ébauches de solution comme un protectionnisme européen à condition d'arriver à des convergences fiscales et sociales. Hubert Védrine a été classique et efficace, décapant pour son entrée en matière (arrêtons de mettre au premier plan une Europe de la défense, une Europe sociale ou une politisation des institutions européennes) pour arriver avec des propositions fortes (renforcer la zone euro, créer une communauté énergétique européenne et surtout re-réguler pour contrer les effets de Tatcher, Bush, Clinton et même Obama). En conclusion, il souhaite avoir une explication franche avec l'Allemagne pour voir commernt avancer de nouveau. A leurs cotés, Martine Aubry est parue un peu brouillon, trop longtemps hors sujet, rappelant les méfaits de Sarkozy en France plutôt que de parler d'Europe. Dommage, mais sur cette séance plénière Martine Aubry ne m'a absolument pas convaincu.
Universite-ete-PS-printemps-arabes.jpg
 L'emploi du temps est serré à La Rochelle et les ateliers et séances plénières s'enchainent. La seconde de l'après-midi sera pour moi sur "les lendemains des printemps arabes". Animé par Jean-Christophe Cambadélis, c'est surtout l'occasion d'écouter des intervenants de grandes qualités (une des marques de fabriques des universités d'été).

Au programme, et nettement mis en avant par leurs temps de parole: Karim Tabbou, 1er secrétaire du FFS Algérien, Nouzha Chekrouni, représentante de l'USFP marocain, Kehelil Ezzaouia, tunisien du
Forum Démocatique pour le Travail et la Liberté et Afif Safieh, délégué aux relations internationales du Fatah. Chaque intervenant a décrit l'actualité de son pays, leur vision des révolutions arabes, leurs craintes et leurs espoirs. Karim Tabbou (l'algérien) a insisté sur la peur que ces mouvements populaires ne soient repris par l'armée et que cela se finisse comme en 1988 en Algérie avec l'arrivée d'une nouvelle dictature comme on peut le constater aujourd'hui. Nouzha Chekrouni (la marocaine) a eu le plaisir de montrer la révolution toute en douceur au Maroc. Le roi a provoqué un referendum sur la nouvelle constitution qui a été approuvée avec une très large majorité. Une entière reconnaissance des droits de l'Homme, la mise en place d'une véritable monarchie parlementaire, la séparation de tous les pouvoirs, la nomiation d'un 1er ministre seul et unique chef du gouvernement et la reconnaissance de la souveraineté du peuple, voici les avancées du printemps marocain! Khelil Ezzaouia (le tunisien) a évoqué ses craintes pour l'avenir, la sécurité et la justice devant être les principaux points à réformer et à maitriser par les futurs dirigeants. Il a également insisté sur l'importance de l'Europe pour remettre en marche l'économie du pays.
Pour finir, Afif Safieh (le palestinien) nous a très bien décrit les problèmes de son pays, et ce avec énormément d'humour et (comme pour les précédents intervenants) dans un français impécable. Il s'est plaint du fait que si le Fatah et la Palestine en général reconnaisse l'état d'Israel, ce dernier ne reconnait toujours pas la Palestine. Il a montré sa déception envers Obama qui a perdu selon lui ses quatre confrontations avec Benjamin Netanyahu. Il appelle à un "printemps américain" qui révolutionnerait la politique extérieure des Etats Unis, souhaitant qu'il fasse enfin pression sur Israel pour le respect des différents accords entre Israel et la Palestine. Parmi les bons mots de Afif Safieh:
"le président idéal américain devrait avoir l'éthique de Carter, la popularité de Reagan et l'audacité stratégique de Nixon et non l'éthique de Nixon, la populatité de Carter et l'audace de Reagan."
Après-midi bien chargé donc, surtout que se sont tenus en parallèles 13 autres ateliers et séances plénières dont celle de Manuel Valls. Les comptes-rendus sont accessibles sur le site du PS.
 
Demain nouvelle journée chargée avec la séance plénière de François Hollande et d'Arnaud Montebourg ainsi que la diffusion de l'excellent documentaire "A l'ombre de la République" suivi d'un débat sur la politique pénitentière.

jeudi 18 août 2011

Université d'été du PS, le programme

Le programme de l'Université d'été du PS est sorti. Comme prévu, les candidats auront chacun une séance en salle plénière pour exposer ses idées, enfin tous sauf un puisque Jean-Michel Baylet, président du PRG n'est pas au programme. Par ordre de passage, sont prévus:
  • Martine Aubry - "L'été européen? La crise, l'Euro"
  • Manuel Valls - "Revaloriser le travail, respecter les travailleurs"
  • François Hollande - "Croissance durable, croissance partagée"
  • Arnaud Montebourg - "Mondes en crises, les scénarios pour en sortir"
  • Ségolène Royal - "Société précaire, société indignée"
universite-d-ete-PS
35 autres ateliers sont prévus en parallèles de ces "grand-messes" des primaires sur l'écologie, la finance, l'histoire, le monde ou la laïcité. Je n'ai pas encore fait mon planning mais j'ai d'ors et déjà noté quelques sujets interessants tels que sur la politique pénitentiaire avec la présence avec Jean-Michel Delarue, contrôleur général des lieux de privation liberté ou l'étonnante confrontation entre "revaloriser le travail" avec Manuel Valls et la "politique salariale" avec Gérard Filoche.

Pour plus d'informations, la page du PS dédiée à cet événement ou le programme détaillé
à télécharger.