Affichage des articles dont le libellé est socialiste. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est socialiste. Afficher tous les articles

mardi 16 septembre 2014

Vive la social-démocratie suédoise !

Dimanche, une nouvelle victoire de la gauche et plus précisément des sociaux-démocrates s'est produite en Europe. Les Suédois, après 8 années de gouvernement de droite, ont de nouveau fait appel au Parti Social-Démocrate pour gouverner le pays. De nouveau fait appel, pas exactement. En effet, le Parti Social Démocrate suédois est toujours arrivé en tête des élections législatives depuis 1914. Cela fait exactement un siècle que tous les 4 ans, les Suédois votent majoritairement pour le même parti ! Durant les 8 dernières années, ils ne furent écartés du pouvoir qu'au profit d'une coalition des partis de droite.

Le résumé du programme des sociaux démocrates, disponible sur leur site en 14 langues étrangères (soit toutes les principales communautés vivant dans ce pays), prévoit de mettre fin à la surenchère de créations de nouvelles taxes et aux privatisations. Comme dans le programme social-démocrate de François Hollande, les Suédois veulent mettre l'accent sur l'emploi des jeunes en ne les laissant pas entrer dans de longues périodes de chômage. Ils veulent également améliorer leur système éducatif en diminuant le nombre d'élèves par classe de 5 enfants et en améliorant le statut des enseignants.

On peut également espérer voir arriver un point présent dans leur programme issu de leur congrès de 2001 (disponible en français !) :
"Tout le monde a le droit d’avoir une influence sur ses horaires de travail. Nous voulons réduire la durée du travail, d’une manière qui permette de renforcer ce droit de peser sur les choix. L’objectif est de réduire la durée de travail à l’équivalent de 30 heures par semaine."
Un équivalent de 30 heures de travail par semaine, cela revient à faire des journées de travail de 6 heures.  Le principe est expérimenté depuis mai de cette année à Göteborg, la deuxième ville du pays alors que dans tous le pays la durée de travail hebdomadaire est de 36 heures. Le pays de Ericsson, Volvo, ou des roulements à billes SKF travaillent à peu près autant que nous et cela ne semble pas gêner leurs entreprises à bien se maintenir à l'international. L'objectif de la mairie sociale-démocrate est "que les employés prendront moins de congés maladie et se sentiront mieux psychologiquement et physiquement après des journées de travail raccourcies".

On l'a vu dans les principaux axes du programme de la gauche suédoise, il y a de nombreux points communs avec les principaux axes du programme de François Hollande. Jusqu'à la fin des années 90, la Suède faisait figure de référence politique avant de céder la place au sacro-saint modèle allemand. Espérons que les sociaux-démocrates suédois réussissent dans les 4 années à venir et qu'ils arrivent à redonner à l'Europe l'envie de prendre exemple sur leur modèle de social-démocratie nordique. Espérons que leur expérience de la semaine des 30 heures se concrétise en une généralité et que ce principe s'exporte en dehors de leur royaume pour s'installer également chez nous.

Bravo aux sociaux-démocrates suédois pour cette belle victoire. Que Stefan Löfven ait un avenir aussi glorieux que ses illustres prédécesseurs Olof Palme et Göran Persson.

jeudi 31 juillet 2014

Jean Jaurès est mort

Mon hommage capillaire à Jaurès
Il y a 100 ans, Jean Jaurès était assassiné. Aujourd’hui, il a logiquement le droit aux honneurs de toute la classe politique de gauche et des blogueurs du même bord. Signe des temps, certains se sentent même autorisés à se lancer dans une guerre d’héritage. Pour certains, d’autres n’auraient pas le droit de se référer à Jaurès car leur politique ne serait pas dans l’exact veine de l’illustre personnage.

Socialistes et communistes se revendiquent à juste titre enfants de Jaurès. L’illustre homme a eu la chance de mourir en martyr de la cause pacifiste avant le début de la guerre socialiste contre communiste, guerre commencée en 1920 au congrès de Tours. C’est pourquoi dans les discours de Jaurès, on retrouve aussi bien du « communiste » que du « socialiste », les termes représentants une seule et unique famille, même si à l’époque cette famille était déjà divisé entre les déjà « sociaux-traitres de gouvernement » et les « purs socialistes d’opposition ».

Ce centenaire de l’assassinat de Jean Jaurès aurait pu être l’occasion aux différentes familles de gauche de se retrouver, de se souvenir de cet homme qu’il s’est battu pour l’union de la Gauche en France mais aussi pour défendre l’union des citoyens de tous les pays. Ce centenaire aurait pu se dérouler avec un « bloc des gauches » comme celui qu’il a mené dans les années 1900, à la place certains communistes auront préféré siffler Jean-Christophe Cambadélis puisqu’il représente le Parti Socialiste honni.

L’héritage de Jaurès est présent dans toutes les formations de gauche dite de gouvernement. Il avait un talent d’orateur que peu, pour ne pas dire aucun, à gauche n’a aujourd’hui. Il avait une notion d’unité européenne, saluant encore à la veille de la 1ère guerre mondiale les allemands comme Rosa Luxembourg qui agissaient pour la paix. Il a marqué de son empreinte la construction du Parti Socialiste puisque Léon Blum n’a jamais cessé d’agir en respectant la pensée jaurésienne.

Jean Jaurès ne peut se résumer en un billet de blog, son héritage encore moins. Je ne peux que conseiller la lecture de l’excellent ouvrage de Jean-Pierre Rioux sur Jean Jaurès pour mieux connaître et mieux comprendre l’action du personnage.

Pour en savoir plus sur la mort de Jean Jaurès, rendez-vous sur l’excellent blog Memorial 14-18 qui relate en détail l’actualité de ce 31 juillet 1914.

lundi 15 avril 2013

Relançons l'Europe !

Les élus du groupe « Socialistes et Démocrates » au Parlement Européen organisent un tour d'Europe pour discuter de sujets de société avec les citoyens européens. Après Bruxelles, Florence, Nottingham et Trieste, Relaunching Europe (« Relançons l'Europe » en français) faisait ce week-end étape à Lyon pour parler d'intégration et d'immigration. Pour cela, deux personnages de marque étaient présents dans la métropole Lyonnaise : Sylvie Guillaume, député européenne, vice-présidente du groupe « Socialistes & Démocrates » et élue lyonnaise, et Hannes Swoboda, président du groupe S&D au parlement européen de nationalité autrichienne.

Assez étonnamment, cette rencontre n'a pas semblé passionner les médias, point positif pour moi, puisque ça m'a permis de partager un moment plus que privilégié avec Hannes Swoboda et Sylvie Guillaume avant le début officiel de la soirée. La soirée en elle-même était organisée sous la forme de deux tables-rondes avec des intervenants de différents pays animées par Angela de Santiago, créatrice du site Youphil.com.
La première table-ronde avait pour thème « Ce qui fonctionne et ce qui devrait être amélioré » et pour intervenants CécileKyenge Kashetu (député démocrate italienne et une des deux seuls députés issu de l'immigration au parlement italien), Clotilde Giner de France Terred'Asile et Philip Marcel de l'organisation Deutsch Plus qui intervient dans les écoles allemandes pour proposer des activités autour de la diversité. Cette table-ronde a aussi laissé la parole à Youcef Aouchiche du Front des Forces Socialistes algérien.
La seconde table-ronde parlait « Expériences locales dans des villes d'Europe » avec Catherine Fieschi, anglaise et directrice du think tank européen Counterpoint, LiviaTurco, ancienne ministre de l'immigration italienne et ThibaultRenaudin, qui représentait l'AFEV (Association de la Fondation Etudiante pour la Ville).

Que retenir de ces deux heures d'échange ?
Tout d'abord la volonté affichée de Hannes Swoboda pour une meilleure intégration des immigrés par l'élargissement de la citoyenneté européenne. Pour le président du groupe S&D européen, il est nécessaire d'accroitre les droits aux résidents d'origine extra-communautaire résidant depuis longtemps en Union Européenne et de leur donner le droit de vote aux élections locales, quel que soit leur pays de résidence.

Ensuite, il a été rappelé par de nombreux participants que les différents pays de l'Union Européenne devaient revoir et accorder leurs politiques en matières d'immigration. La quasi totalité des intervenants soulignaient la dureté des critères et donc la difficulté d'accès à la nationalité dans leur pays respectif. De plus des directives européennes sur l'intégration existent sans qu'elles ne soient mise en place dans toute l'Europe. Par exemple en Italie il faut résider depuis 10 ans sur le sol italien pour pouvoir entamer les démarches d'obtention de nationalité alors que l'Union Européenne ne demande que 5 ans de présence. Il a été aussi rappelé que les pays de l'Union Européenne devaient revoir sa politique en matière d'accueil de réfugiés. Les chiffres évoqués comparant la situation de la France et du Pakistan sont assez éloquents sur le sujet...

Sur l'immigration et l'intégration, il a été beaucoup question des Roms. Sylvie Guillaume a expliqué les actions réalisées par des associations sur le terrain pour aider quelques familles à s'intégrer, en les aidant à s'installer dans des logements au sein de petites structures pour faciliter leur intégration. Mais il a aussi été rappelé que cette question d'immigration de Roms doit aussi faire l'objet d'une attention toute particulière dans les politiques mises en place en Roumanie, Hongrie et en Bulgarie. Depuis plusieurs années, les socialistes européens luttent pour faire adopter une directive européenne contre les discriminations. Il est nécessaire et urgent que la Commission Européenne soit moins dans la posture et le discours et soit plus contraignante dans ses actions.
Hannes Swoboda
La crise économique actuelle était aussi présente dans les esprits. Si elle peut servir de terreau aux politiques populistes et xénophobes, les intervenants ont rappelé le pouvoir du dialogue. Pour tous les intervenants, le problème n'est pas dans les institutions européennes ni dans leurs politiques (même si tout n'est pas parfait), mais dans l'absence de confiance et de dialogue entre les communautés. Par exemple en France les entreprises sont trop souvent centrées sur les diplômes et les expériences françaises alors qu'elles auraient beaucoup à gagner en intégrant des personnes d'autres horizons avec leurs passés et leur expérience. Si les mouvements populistes progressent sur la défiance envers les institutions, il faut insister sur les réussites locales pour montrer que l'intégration fonctionne et que tout n'est pas qu'une question de textes législatifs. Sur le sujet, le principe de collocation solidaire mis en place par l'AFEV est assez remarquable. Afin de développer la mixité sociale et les rencontres entre les communautés d'une même ville, l'association aide à la mise en place de colocation entre étudiants dans certains quartiers en échange d'activités au sein d'associations ou de soutien scolaire dans le quartier.

En matière d'exemple d'intégration, quelques points très intéressants ont été soulignés. Tout d'abord qu'il n'existait pas de ville modèle en Europe dont il suffirait de copier le schéma pour garantir une bonne intégration des différentes communautés. Chaque pays, chaque région a ses propres spécificités et peut s'inspirer de certaines bonnes pratiques sans recopier un modèle précis. Ensuite en comparant le modèle français d'un centre-ville aisé et de banlieues synonymes d'exclusion et le modèle anglais où l'on peut retrouver toutes les minorités en centre-ville, le constat a été fait qu'aucune de ces deux solutions n'a empêché le développement de fortes inégalités. L'excellent Thibault Renaudin de l'AFEV a fortement insisté sur ces points. Pour lui, « c'est à nous de fracasser les politiques d'exclusion ». Quand on lui pose la question de ce que pourrait faire les politiques pour aider l'intégration des familles d'Afrique subsaharienne, il retourne la question en comment améliorer le « vivre-ensemble » et garantir l'égalité des droits.

A écouter les différents intervenants, la clé de l'intégration se trouve dans ce « vivre-ensemble », dans toutes les actions locales, politiques ou associatives, pour créer une véritable d'union entre les habitants et non de simples communautés repliées sur elles-mêmes.

Pour conclure, l'Union Européenne est déjà équipée d'une Charte des Droits Fondamentaux qui garantit une série de droits à toutes personnes vivant dans l'Union Européenne. Cette charte doit être la pierre angulaire des politiques d'immigration et d'intégration de tous les pays, ce qui est loin d'être le cas aujourd'hui. Le Parlement Européen doit aussi réussir à faire rapidement aboutir cette directive anti-discrimination malgré les réticences des élus conservateurs.

La qualité et la diversité des interventions a fait de cette rencontre de « Relancer l'Europe » une véritable réussite. C'est assez incroyable de voir que si les problématiques sont similaires dans de nombreux pays, les solutions envisagées ou mises en place sont différentes mais tournent toutes autour des mêmes axes :
  • l'éducation : égalité de moyens pour les jeunes générations, mais aussi éducation des nouveaux arrivants,
  • la cohésion sociale : égalité dans l'accès au logement et à la santé par exemple, mais aussi dialogue et échanges entre tous,
  • la participation économique : non discrimination à l'accès à l'emploi, intégration des talents quel que soit leur origine,
  • la citoyenneté : droit de vote pour tous les résidents, fin de l'arbitraire pour l'accès à la nationalité mais aussi la représentation dans les médias et dans les différentes instances élues ou non.

Toute la soirée était retransmise en direct et dans une qualité incroyable sur le site relaunchingeurope.eu. Je vous donne donc rendez-vous le 29 avril pour la prochaine étape de l'événement qui aura lieu en Bulgarie sur l'accès à l'emploi de la jeunesse européenne.

lundi 1 septembre 2008

A La Rochelle, il y a l'Espace Encan et l'espace Cancan


De retour d'un week end de 3 jours à La Rochelle pour l'Université d'été du Parti Socialiste, je me sens dans l'obligation de donner un autre son de cloche que tous les articles et reportages que j'ai pu lire dans la presse ou entendre à la radio.

Du 29 au 31 août, l'Espace Encan de La Rochelle a accueilli l'université d'été du PS. L'université d'été est un moment de formation et de rencontres à destination des militants socialistes. Cette année, 4 000 militants ont eu la possibilité d'assister à 20 ateliers thématiques sur des sujets aussi variés que "la situation mondiale à la veille des élections européennes et américaines", "la question des flux migratoires et la coopération euro-méditerranéenne", "le code du travail", "la laïcité à la croisée des chemins", "l'audiovisuel" ou bien encore "les 20 ans des accords de Matignon-Oudinot et les 10 ans de l'accord de Noumea".
C'est dire s'il y a de quoi s'occuper pendant que les journalistes arpentent les terrasses des cafés, les arrières salles des restaurant ou simplement le parvis à l'entrée de l'espace Encan.
Pour former, discuter, échanger avec les militants, chaque atelier a un certains nombres d'intervenants (entre 3 et 6 la plupart du temps) pris dans les membres du Parti Socialiste, de partis sociaux-démocrates européens et des différents secteurs en lien avec les ateliers. Ceci pour dire que les "éléphants" du PS ne viennent pas à La Rochelle QUE pour se montrer, former et déformer des alliances (même s'il y a de ça aussi). Ils participent également en intervenant ou comme simple militant. Par exemple, Pierre Moscovici participant avec Laurent Fabius à la présentation du manifeste du PSE (Parti Socialiste Européen), Julien Dray présent à une table ronde avec entre autres Hubert Védrine et Henri Emmanuelli, Jean Luc Mélenchon intervenant sur le sujet de la laïcité ou Gérard Collomb traitant avec Michel Rocard de la question "quelle politique économique et sociale de gauche?", aucun n'ont fait ca pour la gloire mais pour apporter sa pierre à l'édifice socialiste tout comme quand Martine Aubry, Elizabeth Guigou, Bertrand Delanoe ou Michel Rocard, entre autres, sont aperçus dans l'auditoire d'un atelier.

Personnellement, j'ai beaucoup appris durant ces 3 jours. Le nombre et la qualité des interventions aussi bien sur scène que dans le public, l'ambiance chaleureuse, le cadre et bien d'autres choses encore font de ce week end un événement fort dans la vie du Parti Socialiste. Je suis persuadé que le message apporté aux 4 000 militants présents sera partagé en Assemblée Générale de section au près des autres militants et que de nombreuses idées échangées dans les ateliers seront reprises dans les futurs projets socialistes aussi bien à l'échelle locale qu'européenne.