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dimanche 8 juin 2014

"2 jours, 1 nuit", l'incroyable regard des frères Dardenne

Avec leur dernier film, "Deux jours, une nuit", les frères Dardenne sont arrivés avec une sérieuse question, jusqu'où peut aller la solidarité entre employés ? Dans leur film, Marion Cotillard, employée dans une petite entreprise de fabrication de panneaux solaires, est sur le point de se faire licencier. Le patron de l'entreprise a laissé le choix aux 16 autres ouvriers : soit ils reçoivent une prime de 1000€ et le personnage joué par Marion Cotillard est viré, soit ils refusent leur prime pour conserver le poste de leur collègue.

Dans un très beau film, simple, épuré, Jean-Pierre et Luc Dardenne se contentent de montrer les questions légitimes que se posent ces employés. C'est bien le sort d'une de leurs collègues qu'ils ont entre leurs mains mais en face c'est un chèque de 1000€, plus qu'utile quand on a un travail payé pas beaucoup plus haut que le minimum salarial. 

Ce dilemme au coeur d'une fiction au cinéma trouve une résonance dans les politiques du travail que l'on croise en France depuis 2007. Le "travailler plus pour gagner plus" de Nicolas Sarkozy n'est ni plus ni moins que l'adaptation de la proposition de ce patron. Pourquoi embaucher une personne supplémentaire alors que les employés, sous couvert de quelques heures sup' peuvent y arriver ? Ou pourquoi augmenter les salaires de ces employés, offrons leur une prime exceptionnelle de 1000€ (tiens, ce n'était pas le montant de la soit-disante prime Sarko ?) pour qu'ils soient tranquilles. Dès le mois d'après, ils retrouveront les mêmes difficultés à boucler leur budget, à payer les factures d'électricité et de gaz, mais ils auront toujours leur boulot.

Les frères Dardenne arrivent à montrer sans lourdeur les dégâts que peut provoquer le harcèlement moral d'un contremaître tout puissant et un patron qui ne se préoccupe aucunement des problèmes de conscience qu'il impose à ses salariés. Là aussi on retrouve un autre écho avec une loi récente autorisant le don de RTT d'employés pour leurs collègues ayant des enfants avec de graves problèmes de santé. Encore une fois, c'est aux employés de faire des efforts, de faire des heures supplémentaires pour collecter ces précieux RTT, uniquement dans le but d'aider leurs collègues sur lesquels s'acharnent le sort et la santé. La direction ne peut qu'être heureuse, aucune perte de production n'est à prévoir grâce à une solidarité difficilement refusable entre collègues.

Les frères Dardenne fournissent avec "Deux jours, une nuit", un magnifique instantané de cette société où la peur du chômage et la perte du pouvoir d'achat côtoient l'amitié et la solidarité. Cette année à Cannes, ils ont reçu la mention spéciale du jury œcuménique, jury qui souhaite (d'après Wikipedia) ainsi récompenser les films qui "montrent des hommes et des femmes en prise avec la réalité de la vie, la souffrance et la joie. Tous les films primés permettent [...] à tous les spectateurs de réfléchir sur leur condition." Description qui colle parfaitement à ce film. A voir.

A lire également les commentaires de Juan de Sarkofrance sur ce film : https://sarkofrance.wordpress.com/2014/06/02/deux-jours-une-nuit/

jeudi 24 avril 2014

Nous sommes tous des classes moyennes ... ou pas



Hier Juan de SarkoFrance a posté un graphique très intéressant issu de l’Observatoire des Inégalités sur le niveau de vie selon les types de familles. Ce graphique, mis en forme à partir des données publiées en février par l’INSEE, permet à chacun de se repérer de façon simple par rapport à cette fameuse et nébuleuse classe moyenne.

Sans les chiffres, tout le monde se croit dans la classe moyenne. Même si on connaît des voisins / amis / collègues qui sont plus ou moins bien rémunérés que nous, la sociologie des groupes fait que l’on a tendance à se retrouver entre personnes ayant le même niveau de vie, ce qui nous donne une impression de vivre toujours dans la moyenne, qui n’est rien d’autre que la moyenne de nos connaissances.

La présente étude permet d’avoir une définition simple et factuelle des différentes « classes » de la population et surtout de se retrouver dans une classe selon sa situation familiale. Le niveau de vie d'un célibataire moyen n'est pas celui d'un couple avec 2 enfants. Alors, quand est-on sous le seuil de pauvreté ? Quand est-on au-dessus du seuil de richesse? Et surtout quand est-on dans cette si fameuse classe moyenne ?

Sont considérés comme pauvres les ménages ayant un revenu inférieur à la moitié du revenu médian, soit 729€ par mois pour une personne célibataire ou 1 921€ par mois pour un couple avec deux enfants à charge. Un peu moins de 10% des ménages, quel que soit leur type, vivent donc sous le seuil de pauvreté. Plus inquiétant, le revenu disponible de ces ménages a diminué de 3,5% depuis 2008.
La classe moyenne représente 50% des Français (au sens statistique, ceux qui sont compris entre les déciles 3 et 8), ceux dont le revenu est supérieur à celui des 30% des Français les plus pauvres (donc supérieur à 3 122€ pour un couple avec 2 enfants) mais inférieur à celui des 20% les plus aisés (donc inférieur 5 567€ pour notre couple avec 2 enfants).
Enfin l’INSEE considère le seuil de richesse comme l’opposé du seuil de pauvreté, soit les ménages dont les revenus sont le double du revenu médian. Notre célibataire est donc riche s’il gagne plus de 2 917€ par mois et notre couple avec deux enfants est considéré comme riche avec un revenu mensuel supérieur à 7 683€ par mois.

Voici le tableau récapitulant les situations pour chaque type de ménage :
Les frontières des niveaux de vie
Limite des niveaux de vie mensuel selon le type de famille
Unité : euros

Seuil de pauvreté : 50 % du revenu médian


< D1
Limite entre les catégories populaires (30 % inférieurs) et moyennes

= D3
Revenu médian (seuil de 50 %)


= D5
Limite entre les catégories moyennes et aisées (20 % supérieurs)

= D8
Seuil de richesse : double du revenu médian

>  D9
Personnes seules
729
1 183
1 458
2 177
2 917
Familles monoparentales
990
1 589
1 980
2 987
3 960
Couples sans enfants
1 423
2 251
2 847
4 280
5 693
Couples avec un enfant
1 710
2 773
3 421
4 890
6 842
Couples avec deux enfants
1 921
3 122
3 842
5 567
7 683
Couples avec trois enfants et +
1 884
3 001
3 768
5 621
7 535

Ensemble
1 209
1 698
2 418
4 057
4 835

Source : Insee. Données après impôts et prestations sociales. - 2011


Le tableau rappelle également les données sur l’ensemble de la population, tous types de ménages confondus. Le seuil de fin des classes moyennes sur l’ensemble des Français est à 4 057€ par mois et le seuil de richesse est à 4 835€. On est dans l’ordre de grandeur évoqué par François Hollande dès 2007 quand il déclarait qu’il considérait être riche en gagnant 4 000€ par mois. En revanche, on est loin du député Guaino qui se plaignait des conditions de rémunérations des députés et leurs 5 148€ net mensuel.

mercredi 3 octobre 2012

Emploi : risque d'orage sur toute la France

Libération présentait la semaine dernière la nouvelle organisation du ministère du Redressement Productif avec la présentation des 22 commissaires régionaux. Je ne vais pas présenter ces commissaires de nouveau. Je ne les connais pas, et je ne pense pas que leurs noms intéressent grand monde. En revanche, pour chaque personne, et donc chaque région, Libération a listé les principales entreprises qui vont avoir besoin de l'aide de ces commissaires. Sur 22 régions, 9 n'ont aucune entreprise, soit car la région est calme, soit les dossiers sont pris en charge au niveau du ministère et non au niveau des commissariats régionaux.

En revanche, 13 régions vont donner du boulot à leur commissaire respectif. Pour ces 13 régions, plus de 30 entreprises sont à secourir. Voici la liste fournie par Libération :
  • Aquitaine: Eurofin Bordeaux, les reprises d'activité de Commscope, etc.
  • Auvergne : Cyclopharma, Issoire aviation, fonderie de Vaux.
  • Basse Normandie : le groupe Newell qui délocalise, Scheider à Bourguébus.
  • Bretagne : Doux
  • Centre : Aréa Franceram, Aérowatt, les équipementiers automobiles sous-traitants de PSA.
  • Champagne-Ardennes : Plysorol
  • Corse : la SNCM, et quelques TPE de plus de 10 salariés
  • Lorraine : Ulcos, Skylander. Arcelor Mittal est prise directeur en charge par le ministère
  • Midi-Pyrénées : Air France, Fram, Imerys Blajan. Sanofi a été placée directement sous l'autorité du ministère.
  • Nord-Pas-de-Calais : Doux, Visteon, Faurecia Hordain.
  • Picardie : Scierie et palettes du littoral, etc.
  • Provence Alpes Cotes-d'Azur : Eurocopter. La raffinerie Lyondellbasell, et Fralib ont été placées directement sous l'autorité du ministère.
  • Rhônes-Alpes : Rio Tinto, Caniva et les suites de Lejaby.

Cette liste fait peur. Que l'on ait confiance ou pas dans le gouvernement et dans la liberté d'action d'Arnaud Montebourg, l'ampleur de la tâche est dramatiquement énorme. L'interdiction de fermeture si un repreneur existe, l'aide à la reprise des entreprises par les employés sous forme de SCOP, la nationalisation temporaire, je ne sais pas quelles solutions peuvent être efficaces ou non. Mais dans un pays qui compte 3 millions de chômeurs, la liste des entreprises en danger fait craindre le pire pour la courbe du chômage pour les mois à venir. On est loin de la campagne d'intox menées par quelques entrepreneurs
En lisant cette liste, le boulot à accomplir est clair et il va être difficile de continuer de se moquer du nom ou de l'existence d'un ministère du redressement productif. A ce niveau, ce ni une bataille idéologique gauche/droite, ni un pari sur un échec pour arriver en sauveur n'est possible.

Bonne chance et bon courage aux nouveaux commissaires au redressement productif, ils vont en avoir besoin.

lundi 1 octobre 2012

Le jour où rien n'a changé

Avez-vous remarqué un changement aujourd'hui ? Moi, non...
Ce matin, j'ai acheté mon pass navigo au même prix que le mois dernier. Dans le métro, j'ai lu mon quotidien dont le prix de vente n'a pas augmenté. Ce midi, mon repas m'a coûté exactement la même chose que celui payé en fin de semaine dernière. Ce soir, en faisant mes courses, aucune hausse de prix à signaler, même pas les éponges qui passent à la machine à laver.

Pourtant nous sommes le 1er octobre... Aujourd'hui devait être le jour de l'augmentation de la TVA et donc le jour de l'augmentation nationale des prix. La TVA sociale n'aura pas eu lieu. Le gouvernement a décidé, comme l'avait promis François Hollande dans son projet présidentiel, que le taux reste à 19,6%. Pour la question du coût du travail, une discussion est en cours avec les différents acteurs, mais une chose est sûre, il ne sera pas pris en charge par la totalité des Français comme cela aurait du être le cas avant que la loi du 14 mars 2012 soit annulée.

Pas de hausse de la TVA, encadrement des loyers dans de nombreuses villes françaises, augmentation de l'Allocation de Rentrée Scolaire, augmentation du SMIC, ce gouvernement essaye, et réussit, à aider les Français à traverser cette crise sans fin. Ce n'est pas fini puisque la réforme fiscale est en route et pour 2013, 4 millions de contribuables, les plus modestes, vont voir leurs impôts diminuer.

Pour fêter cette journée où rien n'a changé, je convie également les 17 gentils blogueurs qui ont fait un lien vers ici durant le mois de septembre (et merci Lolobobo pour la mise en forme)
A perdre la raisonAffichage libreArnaud MouillardBah !Partageons l'addictionAlter OuebRosaellePartageons mon avisCe Que Je Pense ...Chez El CaminoLe grumeauTraqueur StellaireMon avis t'intéresseDu petit monde de GildanStyven ChartonParti socialiste de la ville d'AnzinProtostar

lundi 30 janvier 2012

Le #Sarkoshow en chiffres

Illustration trouvée sur pensepartoimême
Dimanche, difficile de le louper. Le président-pas-candidat s'est offert un nouveau cadeau à la hauteur de son narcissisme.
A 20:10, en direct sur 9 chaînes de télévision, devant 4 journalistes, des millions de Français ont pu écouter durant 75 minutes 1 président mais toujours aucun candidat officiel.

0,1%, c'est la taxe sur les transactions financières. Elle devrait entrer en vigueur au mois d'août 2012, 2 mois après les élections législatives. Est-ce l'arrivée de la célèbre taxe Tobin que réclame les altermondialistes depuis plus de 10 ans ou le retour de l'impôt sur les opérations de bourse ? Les analystes semblent pencher vers la 2ème option. Pour rappel, cet impôt créé en 1983 sous la présidence de Mitterrand a été abrogé en 2008...

1,6 point, c'est la hausse sur la TVA qui passera donc à 21,2%. Cette hausse entrera en vigueur au 1er octobre 2012. Si un changement de président intervient le 6 mai prochain, le nouveau aura donc 5 mois pour revenir sur cette décision. D'après le président, cette hausse ne se ressentira pas sur les prix puisque le coût de production en France va baisser et donc le prix hors taxe aussi. Encore faut-il que cette baisse des prix soit réellement reportée (jurisprudence baisse de la TVA dans la restauration), mais surtout quid de tous les produits importés ? Le président du pouvoir d'achat est bien loin.

2 point, l'augmentation de la CSG sur les produits financiers, c'est à dire sur les revenus issus du capital et non du travail.C'est la 3ème hausse en un an sur la fiscalité du patrimoine après une augmentation de 5 points du taux d'imposition en janvier 2011 et l'augmentation de 1,2 point des prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine en octobre 2011. Cette 3ème hausse successive donne une image d'un gouvernement qui avance à tâtons. Est-ce qu'il ne sait réellement pas où il va ou teste-il simplement jusqu'où les Français vont accepter une hausse de la fiscalité sans broncher ?

30%, l'augmentation du COS (coefficient d'occupation des sols) pour relancer le bâtiment, la construction de logements et donc espérer obtenir une baisse des loyers. Cette mesure existait déjà depuis le 6 janvier 2011 mais était, semble-t-il, optionnelle. Après le vote de cette loi (quand?) elle sera applicable partout sauf décision contraire des conseils municipaux. Si j'ai bien compris (c'est sûrement la mesure qui m'est la moins familière), cette augmentation doit permettre d'augmenter la surface habitable de 30%, ce qui ferait pour les immeubles parisiens la création de 2 nouveaux étages... Les Français qui n'ont pas de difficultés pour boucler leur fin de mois sont heureux d'apprendre qu'ils pourront dépenser plus pour augmenter la superficie de leur maison.

35h, une nouvelle fois remises en cause par le pacte "compétitivité-emploi" qui avait fait l'unanimité contre lui dans les syndicats de travailleurs et qui avait fait le bonheur du MEDEF et de la CGPME lors du sommet social de crise de mi-janvier. Des discussions vont se tenir dans les semaines à venir avec les partenaires sociaux pour voir comment autoriser les entreprises à s'affranchir des 35h et comment pourront-elles renégocier les salaires en fonction de leur charge de travail.

Après plus d'une heure de discours sans véritables surprises, à redire son amour pour le modèle allemand, son mépris pour les propositions socialistes (qu'il associe sans vergogne aux idées soviétiques), une seule question subsiste, pourquoi ? Pourquoi ces mesures n'ont-elles pas été considérées comme assez urgente pour être prises durant l'été 2011, en plein coeur de la crise qui a secoué l'Union Européenne ? Pourquoi ces mesures sont-elles considérées comme suffisamment urgentes pour devoir être mise en route dès maintenant et non dans 85 jours ?
Je ne regrette qu'une seule chose, c'est qu'il ne se soit toujours pas déclaré candidat. Tous les postulants au poste sont condamnés à débattre entre eux sans avoir le sortant avec eux pour défendre son bilan alors que le sortant peut continuer de monopoliser 9 chaînes simultanément pour présenter certains axes de son programme présidentiel.

mardi 17 janvier 2012

Le sommet de la crise sociale

Ce mercredi à l'Elysée, Nicolas Sarkozy va rencontrer tous les représentants des syndicats français pour un sommet social transformé après la perte du Triple A en sommet de la crise.
Au programme de ce sommet, il y aura bien sur la TVA sociale. Rien que sur ce sujet, j'ai du mal à croire à une solution trouvée avant la présidentielle et donc à voir un véritable intérêt à ce sommet. Tous les syndicats sont contre, une partie des élus UMP aussi mais Nicolas Sarkozy la veut et il l'a encore répété aujourd'hui avec des mots durs: "La question maintenant se pose de diminuer le poids des charges sociales sur les effectifs de l'agriculture et de l'industrie françaises, sinon (...) la France se videra de son sang parce qu'on ne pourra plus produire en France". Une nouvelle fois, le sommet n'a pas encore commencé que l'on peut déjà douter de la volonté d'écoute du président… 
La CFDT propose de largement baisser les cotisations patronales (10 points) pour augmenter les salaires et la CSG (7 points). Cette piste est annoncée comme étant à discuter avec les autres syndicats et le gouvernement. Heureusement, car si il y a hausse de la CSG, celle ci ne va pas impacter que les salariés. Quid des retraités, surtout ceux qui ont déjà une retraite qui les force à vivre avec une misère ?

Les débats devraient également porter sur le chômage partiel. C'est une solution qui semble avoir largement été utilisée en Allemagne durant la crise, ce qui a permis au pays de nettement mieux gérer la crise depuis 2008 que la France. Ce sommet peut servir à envisager les différentes pistes pour appliquer ce chômage partiel en France. Les questions en suspens devrait être la durée d'application de cette mesure et surtout le financement à un moment où la France doit chercher à faire des économies.

Je me permets un petit aparté avec ce graphe, fourni par Google Public Data, qui montre que les mesures prises en Allemagne depuis 2009 (en partie donc grâce au chômage partiel) ont permis au pays de continuer à faire baisser sa courbe du chômage en pleine crise européenne. En revanche la France qui stagne autour de 10% depuis 2009 ne s'en sors pas si bien que ce qu'essaye de faire croire le gouvernement en campagne pour son président-candidat. Depuis 2009 et les premières conséquences de cette crise, la Suède (qui était le modèle à suivre en 2007) a diminué son taux de chômage de 1,5%, l'Allemagne (le modèle pour 2012) a baissé son taux de 2,4%, même la Belgique sans gouvernement à vu son chômage baisser.

Enfin, la question du temps de travail sera surement remis sur la table. Depuis 2006 Nicolas Sarkozy veut revenir sur cette mesure. Sa défiscalisation des heures supplémentaires n'a rien donné. Il va chercher à s'attaquer aux journées de repos des travailleurs. Journées de RTT, 5 semaines de congés payés, voilà des avantages scandaleux qui pourtant ne nous empêchent pas d'être parmi les plus productifs d'Europe, devant l'Allemagne ou la Suède.
Le problème est que chomage partiel + hausse du temps de travail hebdomadaire, ces deux mesures vont dans un seul sens : encore et toujours donner du travail à ceux qui en ont déjà et donc laisser sur la touche les chomeurs et les jeunes, surtout les moins diplômés.

Le problème est donc loin d'être simple. S'il est toujours nécessaire de travailler main dans la main avec les syndicats pour lutter contre le chômage et pour améliorer le sort de nos entreprises, il est peut être un peu tard pour en prendre conscience... Durant ce quinquennat, les syndicats n'auront pas été écouté ni pour la loi TEPA, ni pour la réforme des retraites, pourquoi le serait-il à moins de 3 mois du premier tour de l'élection présidentielle? Les Français ne semblent pas dupes puisqu'ils sont 73% à mettre en doute l'efficacité de cette rencontre. J'y vois tout de même un point positif. Ce sommet va permettre de continuer les discussions entre syndicats afin qu'ils puissent arriver uni dès le lendemain de l'élection présidentielle pour discuter de véritables réformes à mettre en place avec François Hollande...

lundi 14 novembre 2011

Le Marché, ce monstre immonde

LeMarche.jpgAlors que j'espérais, comme de nombreux socialistes européens, le départ de Berlusconi depuis longtemps, étrangement je ne suis pas satisfait aujourd'hui. Tout ça à cause d'un monstre sans tête qui est venu gâcher ma joie, le Marché. Ce mois-ci en Europe le Marché a pris le pouvoir sur le peuple dans au moins deux pays. En Grèce comme en Italie, le citoyens avaient élu des députés sur un programme électoral. Les différents partis en lice avaient chacun un programme avec leur propre vision de la culture, leurs choix pour l'éducation, un axe pour l'industrie de leur pays, une idée de leur politique étrangère et des envies pour la justice et le bien-être de tout ou partie de leurs concitoyens. Mais le Marché n'aime pas la politique. Le Marché est égocentrique et ne pense qu'à Lui. Du coup, le Marché est heureux quand des gouvernements d'union se créent pour suivre à la lettre Ses directives. En revanche, le Marché est inquiet quand le gouvernement risque de changer car des élections se profilent, Il n'aime pas quand on évoque de demander au peuple ce qu'il veut pour son pays. Pourquoi demander à une majorité de personnes alors que le Marché a déjà décider ?

Qui est le Marché ?

Personne ne le sait vraiment. Le Marché ne veut pas être représenté, encore moins caricaturé. Pour tromper son monde il peut prendre plusieurs apparences :
  • des pourcentages : positif, le Marché est content, négatif, le Marché est en colère,
  • des lettres : AAA, A1+, CCC, des pythies sont là pour interpréter ces signaux
  • des institutions : FMI, OMC, BCE, FED, le Marché, taquin, peut ainsi souffler le chaud et le froid. Tiens je te donne de la main gauche pour t'en prendre plus de la main droite.

Le Marché est sanguinaire. Il aime quand les têtes tombent. On a décidé d'ignoré le Marché qui se gave sur la dette et les intérêts des pays africains mais quand le Marché a commencé à s'attaquer au monde occidental, il était déjà trop tard. On Lui a fait des sacrifices, d'abord des traders comme Nick Leeson ou Jérôme Kerviel (mais que vaut un trader pour le Marché), puis des magnats de la finance comme Bernard Madoff. Le Marché en voulait toujours plus, on lui a offert sur un plateau une banque multinationale Lehman Brothers, à présent on lui offre quelques pays européens. Je n'ai toujours pas l'impression que le Marché soit rassasié. J'ai bien peur que ce monstre continue d'en demander toujours plus et continue d'affamer et de terrifier un nombre plus en plus grand de personnes à travers le monde.
Il me semble clair que ce n'est pas en essayant de gaver le Marché que l'on arrivera à le mettre à terre. En revanche, nous avons vu que le Marché a une peur farouche de la voix des peuples. C'est donc au peuple de faire une union sacrée contre le Marché et non aux gouvernements de faire des unions de complaisance avec le Marché. C'est aux différents peuples européens de s'exprimer à l'unisson pour donner un pouvoir fort à de nouveaux gouvernants, en 2012 en France, en 2013 en Allemagne, dès que possible partout en Europe.
Mais n'oublions pas qu'il vaut mieux être nombreux et ensemble pour faire face au Marché, il est donc contreproductif d'exprimer son rejet du Marché en appelant la Haine. Ce monstre a certes déjà terrassé le Marché, mais aussi l'Humanité…


Illustration: Itoka, monstre japonais lointain cousin de King Kong

vendredi 4 novembre 2011

La voix du Peuple

Referendum-grece-bourse.jpeg 
Le monde s'inquiète de la Grèce. Après avoir voulu décider unanimement de l'avenir fincier de la Grèce au cours de 6 sommets, l'Union Européenne s'étonne que celle-ci puisse vouloir demander l'opinion de son peuple. Honnêtement, et personnellement, je n'ai aucune idée sur la question de la dette Grecque. En revanche je trouve totalement juste que le Premier Ministre décide que, vu les résolutions européennes contraires à son programme électoral, l'on organise un referendum. Aux dernières ouvelles, l'idée semble aux oubliettes. Pourtant il me semble évident que lorsqu'on demande (liste fournie par Melclalex) :
  •     Réduction de 30% du 13e mois et de 60% du 14e mois de salaire touchés pour les employés du secteur public
  •     Réduction de 30% des primes de Noël, de Pâques et de vacances d'été pour tous les fonctionnaires
  •     Suppression des 13e et 14e mois de salaire dans la fonction publique pour les fonctionnaires gagnant plus de 3 000 euros par mois.
  •     Le gel des salaires est étendu jusqu'en 2014.
  •     Réduction totale du 14e mois (versé à tous les fonctionnaires)
  •     Réduction de 12% sur les suppléments de salaires (primes...) en 2010 puis réduction de 8% de plus en 2011
  •     Réduction de 7% des salaires dans les entreprises publiques
  •     Réduction de 30% des primes de Noël, de Pâques et de vacances d'été dans les entreprises publiques.
  •     Abaissement de 20 % du salaire minimum pour les jeunes et les chômeurs de longue durée qui retrouvent un emploi.
  •     Réduction de 10% du financement par l’État des caisses de retraites de l'entreprise publique d'électricité (DEI) et de l'opérateur grec des télécoms (OTE), conduisant à une réduction des crédits budgétaires correspondants.
  •     Toutes les pensions du secteur public et du secteur privé sont gelées. Cette mesure annule ainsi les augmentations annoncées et inscrites dans le budget mais elle ne concerne cependant pas le personnel de sécurité, le personnel infirmier et les enseignants.
  •     Hausse de deux points du principal coefficient de la TVA de 19% à 21% (pour les autres coefficients de la TVA, de 4,5% à 5% et de 9% à 10%). Nouvelle hausse de la TVA de 1 % en 2011
  •     Hausse de la taxe sur le fuel et l'électricité.
  •     Hausse de 20 % de la taxe sur l'alcool.
  •     Hausse de 63 % de la taxe sur le tabac.
  •     Relèvement de l'âge légal de départ à la retraite à 65 ans pour tout le monde. Jusqu'alors, les femmes - notamment - pouvaient partir à la retraite à 60 ans.
  •     Relèvement du nombre d'années de cotisation obligatoire pour avoir droit à une retraite à taux plein. Il est progressivement porté de 37 à 40 ans d'ici à 2015.
  •     Abaissement du seuil d'imposition. Seuls les salariés gagnant moins de 8000 euros par an seront exonérés d'impôts. Auparavant, le seuil était fixé à 12 000 euros.
  •     Instauration d'une taxe de solidarité établie en fonction des ressources qui pourra atteindre 5 % des revenus.
  •     Instauration d'un impôt de 450 euros pour les auto-entrepreneurs.
  •     Remplacement d'un fonctionnaire sur dix seulement, et non plus de un sur cinq comme auparavant.
  •     Autorisation des licenciements dans les organismes publics victimes de fusions de services.
  •     Mise en place d'un plan de privatisations censé rapporter 50 milliards d'euros à l'État jusqu'en 2015. Des services publics tels que la poste et l'électricité sont,
    notamment, concernés. Des milliers de fonctionnaires craignent de perdre leur emploi.
il soit légitime de demander au peuple son avis, lui qui est soumis aux principales épreuves financières.

D'autres solutions existent comme lutter contre la fuite des capitaux vers les paradis fiscaux (dixit Eva Joly), mais l'important est que la Grèce s'en sorte avec l'appui et le soutien de son peuple et non des banquiers et des gouvernements conservateurs européens.

En vérité je n'ai aucune idée de comment sortir la Grèce et l'Europe de cette crise. Je trouve juste étonnant que l'on ne fasse pas appel au Parlement Européen, ni pour donner un avis sur la sortie de crise actuelle, ni sur les possibles sorties de crise. Si l'on veux que l'Europe existe, donnons de la voix aux élus. Si l'on refuse cette participation du Parlement Européen, il est inutile de s'étonner que la Grèce décide de donner la parole à son peuple, premier concerné par cette crise.

mardi 11 octobre 2011

Unité dans les urnes et dans la rue contre Sarkozy

IMG-20111011-00163.jpg 
Sarkozy aura réussi une chose durant son mandat, l'union contre lui et sa politique. Après les millions de manifestants en 2010 contre sa réforme des retraites, la basculement historique du Sénat à Gauche, les 2,7 millions d'électeurs venus voter au 1er tour de la primaire citoyenne, aujourd'hui ce sont 5 des plus importants syndicats (CFDT - UNSA - FSU - CGT - Solidaires) qui ont appelé à manifester contre la politique d'austérité du gouvernement.
A Paris, les salariés du privé et du public se sont réunis pour faire le parcours République - Bastille. Le long du cortège, des élus socialistes parisiens, de nombreux militants du Front de Gauche et le candidat du NPA (Philippe Poutou) étaient là pour soutenir les salariés.
Les motifs de la contestation? Cette politique toute sarkozienne qui sous couvert de solidarité nationale demande aux plus riches une contribution temporaire qui rapportera à l'état 200 millions d'euros et qui dans le même temps double la taxe sur les mutuelles rendant plus difficile l'accès aux soins pour les travailleurs les moins riches et donc les familles les plus en difficultés. D'ailleurs le long du parcours plusieurs associations de mutuelles étaient présentes pour tirer le signal d'alarme d'une santé mise à mal pour toujours plus de Français et appeler les manifestants à signer une pétition (ici).
Deuxième motif d'insatisfaction, le manque d'action pour enrayer la montée du chômage. L'exonération de cotisations sociales pour les heures supplémentaires ne remplit pas les caisses de l'Etat et incite les entreprises à ne pas recruter plus. De plus le service publique est toujours plus mal traité avec la stupide règle de non remplacement d'un fonctionnaire sur 2 partant à la retraite. Cette règle commence à porter ses fruits, non pas dans les finances de l'Etat, mais dans les services aux Français que ce soit au niveau de l'Education, de l'Hôpital public, de la Police ou de la Justice.
Le gouvernement a raison, cette grève, ces manifestations partout en France ne changeront rien, enfin jusqu'en mai 2012. Mais ce n'est pas une raison pour ne pas s'exprimer! Car dès juin 2012, un nouveau gouvernement sera en place et il sera là pour prendre en compte ces revendications. Il faudra reconstruire tout ce qui a été cassé par Nicolas Sarkozy, en embauchant du personnel éducatif massivement (12 000 embauches supplémentaires par an par exemple), en redonnant confiance aux personnel de la Justice, en arrêtant de se servir uniquement des salariés comme solution (en taxant plus les très hauts revenus, en supprimant des niches fiscales, en supprimant les exonération sur les heures supplémentaires, etc.) 

mardi 16 août 2011

Impots et niches fiscales

Warren Buffet a provoqué un petit séisme en Une du New York Times. Pour aider les USA à réduire leur dette, il demande à payer plus d'impôts ! Son argument est choc et il fait sens. Warren Buffet déclare être imposé à 17,4% de ses revenus imposables alors que ses employés le sont entre 33 et 41%. A la lecture de cet appel, j'ai de suite eu une pensée émue pour Liliane Bettencourt qui, en pleine tourmente autour de l'Affaire Woerth l'été dernier, annonçait fièrement qu'elle avait payé 400 millions d'euros d'impôts les 10 dernières années, soit environ 20% de ses revenus annuels estimés. On retrouve les chiffres du multi milliardaire américain.
Alors que Sarkozy lutte pour rentrer dans la constitution sa règle d'or d'encadrement du déficit, en voila une idée toute trouvée. La suppression du bouclier fiscal (créé par le président Sarkozy en 2007) est un bon premier pas en avant, la modification de l'ISF sans modification des tranches d'impot est un petit pas en arrière. En gros, on avance mais à son rythme. Autre idée gouvernementale, supprimer des niches fiscales. Il semblerait que la France en compte environ 500 et la Cour des Comptes estime leurs coûts à 75 milliards d'euros par an! Mais ne nous réjouissons pas d'avance sur cette fausse bonne idée. En effet, il y a niche et niche.
De nombreuses niches, connues de tous et utiles à tous. Le Monde dans le tableau ci-dessous présente 15 niches coutant à elles seules près de 40 milliards d'euros:
niches-fiscales.png 
A part la TVA réduite dans la restauration qui ne permet ni augmentation du personnel ni une significative baisse des prix pour les consommateurs, les autres semblent intouchables pour les foyers comme pour les entreprises.
Dans les niches inférieures, il semble toujours difficile de faire le ménage: réduction d'impots pour les dons aux ONG, defiscalisation de revenus de plans épargne, aides au secteur primaire
(agriculture, pêche). La majorité de ces niches sont utiles à une majorité de Français. Seules quelques exceptions semblent pouvoir être supprimées (ou largement réduites):
  • déduction des charges liées aux monuments historiques (10 milliards par an)
  • Abbatement sur la vente de chevaux de course (2 milliards -tout de même)
  • Provision pour dépenses de mise en conformité en matière de sécurité alimentaire et pour mise aux normes dans les hôtels, cafés et restaurants (20 milliards par an depuis 2005 -rien à dire le
    secteur de la restauration est aimé du gouvernement).
En résumé, il est nécessaire de s'attaquer avec prudence aux niches fiscales mais il me semble nécessaire d'étudier avec les plus grand intérêt (pourquoi pas une mission parlementaire) comment
les plus grandes fortunes de France arrivent à payer moins d'impôts que des employés avec une correcte rémunération ou comment certaines entreprises arrivent à ne pas payer d'impôts en France
alors qu'elles sont multi milliardaires en terme de bénéfices.

Merci au blog Resultat Exploitation hébergé par Libé comme source principale. Pour avoir le
détail de toutes les déductions fiscales, le pdf du gouvernement.

lundi 8 août 2011

Fichez-nous la paix

fraude-socialeL'heure est grave! L'économie mondiale vacille, les toutes puissantes agences de notation observent et notent les politiques des différents gouvernements. Dans ce contexte, pas d'échapatoire, il faut réduire la dette à tout prix! Comme déjà dit, il y a deux façons de réduire la dette, réduire les dépenses ou augmenter les revenus. Saluons aujourd'hui l'initiative du gouvernement qui souhaite, une fois n'est pas
coutume, augmenter ses ressources en allant récupérer l'argent qui lui est dû.

Un rapport parlementaire estime à 20 milliards d'euros par an le montant de la fraude sociale (SarkoFrance l'évoquait déjà au mois de juin). Le gouvernement est donc bien décidé à agir pour récupérer ses 20 milliards. C'est donc en toute logique que Thierry Mariani, ministre du transport, propose la création d'un fichier national fichant tous les Français recevant des prestations sociales (ce
cancer de la société). Soutenu par Xavier Bertrand, ces honnêtes ministres trouvent scandaleux que rien n'empêche quelques bénéficiaires du RSA de voler l'état en profitant d'allocations indues de la part de différents services. Ces voleurs de la Nation représentent la bagatelle de 2 milliards d'euros! Grace à ce nouveau fichier des pauvres (qui viendra rejoindre les 44 fichiers policiers créés sous Nicolas Sarkozy), l'Etat pourra espérer récupérer 10% des fraudes sociales.

Si les pauvres français ne représentent que 10% des fraudes sociales, qui sont les voyous qui volent tous les ans 18 milliards d'euros à l'état? Ce sont les honnêtes entreprises qui oublient de payer une partie de leurs cotisations sociales. Ces mêmes entreprises qui sont bien contentes d'avoir vu les heures supplémentaires être défiscalisées car elles ont ainsi pu les déclarer sans payer plus de ces satanées cotisations...

La solidarité nationale demandée par le gouvernement pour résorber la dette a bon dos. Les entreprises qui ne payent pas leur part de cotisations, les riches exilés fiscaux qui ne payent pas leurs impôts, tous les profiteurs de niches fiscales qui ne participent pas à cet élan de solidarité sont tous serains et loin d'être inquiétés. Par contre les moins favorisés doivent mettre la main à la poche tous les jours et bientôt ils seront fichés à titre de fraudeur potentiel. Ca ressemble de plus en plus à de la persécution à ce niveau.

dimanche 7 août 2011

Mon signal fort aux marchés

Je vais suivre l'initiative de Guy, relayée toute la journée dans les blog de Jegoun, Gauche de Combat, Melcalex, Stef, SarkoFrance et Yann.
Voici donc mon signal fort aux marchés :
messageFortAuxMarches.png

Pour la photo, merci à Aurélié Yvon (accès à ses photos en cliquant sur l'image)

mercredi 27 juillet 2011

Histoire autour d'une règle d'or

Nicolas S. est un homme comme de nombreux français, il est plein de bonnes volontés et enchaîne les boulots. En avril 2004, il débute un nouveau job, dans l'économie et les finances après avoir été expert en sécurité intérieure et en libertés locales. Il annonce ses objectifs : réduire la dette et faire des économies. Pour cela, il veut gérer les "affaires de l’État comme les géreraient un père de famille". A première vue, il ne doit pas vraiment faire l'affaire à son poste puisqu'il est démis de ses fonctions au bout de 8 mois. Il arrivera à rebondir quelques mois plus tard dans son domaine de prédilection, la sécurité intérieure. En avril 2007, il postule au poste de Président. Durant l'un de ses entretiens d'embauche, il aborde les sujets de la dette et des économies (après tout il a un peu d'expériences dans ce domaine à présent). Il souhaite "mettre en place une approche totalement différente des finances publiques". Un peu vantard, il annonce qu'il n'est "pas forcément le candidat qui parle de la dette le plus fort, mais [est] incontestablement le seul à la réduire." Heureux, il obtient sa promotion. Après 4 ans à ce poste, et pour respecter ses engagements de toujours, il décide de changer les règles du jeu pour imposer (à ses successeurs mais à lui même aussi) une véritable limitation de l'endettement.

Hélas, la bonne volonté, les bonnes paroles, c'est bien pour les entretiens d'embauche, mais ça marche moins bien pour les entretiens d'évaluation. A ce moment là, les performances sont analysées et comparées avec ses prédécesseurs. C'est Le Monde qui nous propose une évaluation :

Echec_Sarkozy_2007-2010.gif

Le plus flagrant est bien sur la bonne gestion des gouvernements de gauche et plus précisément de celui de Lionel Jospin (1997 - 2002), mais ce n'est pas le point de ce billet. On s'aperçoit que depuis 2007, rien ne va plus. Le 1er graphique nous apprend que le rapport de la dette publique / PIB augmente depuis 2007 mais ce rapport n'intéresse quasiment que la France. En revanche, le second graphique nous montre l'explosion du déficit public. Celui-ci est plus embêtant. On s'est déjà engagé à le maintenir en dessous des 3% dans le cadre des accords sur la monnaie unique. Cet accord n'est plus respecté depuis 2008 (soit la 1ère année de Nicolas à son dernier poste). Aujourd'hui, Nicolas veut imposer sa règle d'or, qui n'est rien d'autre que la règle qu'il ne respecte pas depuis 3 ans. Imposer une règle qu'il n'a même pas tenter de respecter la première année?  Je trouve cette façon d'agir un peu osée...

Nicolas S. avait pourtant raison sur un point en 2004, c'est un bon père de famille. Seulement, comme tout père un peu trop papa poule, il n'a pas réussi à s'empêcher de faire des cadeaux à ses enfants préférés et à leurs petits copains. La seule différence avec une vraie famille, c'est que dans cette histoire, les cadeaux, ne sont pas des dépenses réalisées par le père de famille, mais des rentrées d'argent qui n'ont jamais eu lieu. Quand la famille rentre dans une période difficile, une baisse des revenus, ça se paye cash...