samedi 24 août 2013

De Ségo à Ségol, récit d'une première journée rochelaise #UEPS

NVB faisant la tournée des chaines infos
Ca fait 20 ans que ça dure, tous les ans à la fin du mois d'août, la ville de la Rochelle est envahie d'affreux gauchistes venus refaire le monde. Si l'an dernier, l'édition était particulière et devait surement ressembler à un week-end d'auto-congratulations après les belles victoires à la présidentielle et aux législatives, cette année le programme est plus ouvert puisqu'il faut :
  • défendre la première année d'actions gouvernementales (la totalité des ministres socialistes et radicaux de gauche sont présents si je ne m'abuse),
  • se mettre en ordre de marche pour les prochaines municipales (et faire enfin baisser le score de l'extrême-droite, bien trop haut depuis plus d'une dizaine d'années),
  • affuter les discours européens en vue de la prochaine élection européenne, rarement à l'avantage du pouvoir national en place).
L'université d'été est un endroit particulier, on y retrouve des militants de toute la France venir parfaire leur savoir comme dans toute université populaire. Pour ma part, c'est souvent l'occasion d'y découvrir et d'apprécier les propos de personnalités extérieures au PS mais dont les propos sont des plus intéressants (constat juste, propositions audacieuses mais réalistes, langue de bois mise au placard). Par exemple, ce vendredi, j'ai ainsi pu découvrir Bernadette Ségol, secrétaire générale de la Confédération Européenne des Syndicats (CES), qui est intervenue sur la nécessité de développer une Europe Sociale pour éviter la mort de l'Union Européenne. J'ai ainsi découvert qu'en Europe, CFDT, CGT, CFTC, FO et UNSA étaient réunis sous l'unique bannière de cette confédération. C'est le coeur de l'université d'été mais c'est la partie la moins mise en valeur par les médias. Il faut dire que parler accès au soin sur la totalité du territoire, d'évolution sur la manière d'appréhender la question des transports à l'avenir ou de la mobilité des Français à l'étranger, ça ne rentre pas dans la ligne éditoriale de BFM TV.

On y retrouve aussi des clubs de fans venus applaudir leur champion-ne (ce qui peut se mêler sans trop de difficulté au fait de parfaire son savoir en suivant des tables-rondes). Grâce à cette catégorie de personnes, on commence à satisfaire l'appétit des journalistes. Il y a de fortes chances que les reporters sur place se livrent à l'analyse de "qui a reçu la plus belle ovation". Les challengers cette année seront
  • Ségolène Royal qui vante sa région ("une des 10 plus belles du monde selon Lonely Planet"),
  • Manuel Valls qui interviendra sur comment combattre l'extrême-droite,
  • Jean-Marc Ayrault qui cloturera le week-end.
Les règles sont peut-être floues (nombre de minutes d'applaudissement, volume sonore, nombre de militants présents à l'atelier ou à la réunion de courant), le résultat sera le même, le perdant sera en dusgrâce, le gagnant sera pendant un an auréolé de l'étiquette de chouchou des militants. Pour rappel, c'est Manuel Valls qui avait gagné haut la main le concours l'an dernier.

Enfin, l'espace Encan où se déroule les ateliers est aussi l'espace Cancan le temps d'un week-end. Les journalistes se ruent sur les ténors du gouvernement à l'affut de la moindre remarque, pique, petite phrase qui illuminera l'édition suivante du JT. Il semblerait d'ailleurs que des équipes spéciales de chaines d'information fassent le pied de grue à la gare de La Rochelle pour être sûrs de ne pas rater la descente du train de Pierre Moscovici (arrivé en fin de matinée) ou de Manuel Valls (arrivé vers 18h30). Les hommes et femmes de premier plan trainent nonchalamment autour du stand "Chaine d'info" pour des interviews de quelques minutes (chapeau bas à Najat Vallaud-Belkacem qui a du passer une bonne heure afin de livrer sa vision du week-end aux 3 principales chaines d'infos en continu). Enfin c'est aussi l'occasion pour les militants de s'échanger les derniers ragots et de comparer les tenues des différents députés ou autres sénateurs (surtout que certaines tenues sont assez originales dirons-nous...)

Pour résumé, l'université d'été du PS est un lieu assez magique où il est difficile de s'ennuyer. Même si on ne sait pas toujours très bien à quoi l'on sert dans ce grand cirque médiatique, il est difficile de se dire que les forces socialistes seraient aux différents postes de pouvoir aujourd'hui sans tout le travail de fond réalisé les années précédentes.

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