samedi 31 juillet 2010

Le jour où le FN arriva au pouvoir

Alors que l'affaire Bettancourt / Woerth s'enlise et offre plus de rebondissements que les Feux de l'Amour, il commençait à devenir urgent pour le gouvernement de tenter une sortie de crise pour sauver le soldat Woerth. Pour cela, rien de tel que la bonne vieille méthode de la diversion. Et comment réussir à détourner l'attention du public? Le clivage de la population à base de racisme et de populisme. Contrairement aux shadoks qui avaient pour principe « Pour qu'il y ait le moins de mécontents possible, il faut toujours taper sur les mêmes », cette fois-ci le gouvernement a décidé de s'attaquer aux Roms et aux gens du voyage au lieu de s'en prendre comme à son habitude aux musulmans.
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Petit rappel des faits que j'espère le plus neutre possible : Le 16 juillet à St Aignant, un jeune homme de 22 ans est tué par balles par un gendarme alors qu'il forçait un barrage routier (l'enquête est en cours pour déterminer ce qu'il s'est exactement passé). Ce jeune homme, Luigi Duquennet, appartenait à la communauté des gens du voyage. Ce tragique événement provoque 2 nuits d'émeutes en ville.
 
Suite à ces événements, le président de la République, toujours aussi friand de faits divers, décide d'organiser une réunion sur les "problèmes que posent les comportements de certains parmi les gens du voyage et les Roms". Le ministre de l'intérieur en profite pour annoncer qu'il allait charger des agents du fisc de contrôler les situations des personnes vivants dans les camps car, je cite, "beaucoup de nos compatriotes sont à juste titre surpris en observant la cylindrée de certains véhicules qui trainent les caravanes". Au passage, en pleine affaire Bettancourt, de soupçon d'évasion fiscale, de financement obscure de partis, il faut oser annoncer que les agents du fisc vont contrôler plus systématiquement des personnes vivant dans des taudis. Pour terminer ce court aperçu de raccourcis douteux, je laisse la parole à Frédéric Lefebvre pour qui "Nos compatriotes qui subissent des pics de délinquance dans les zones où sont installés ces campements savent, eux, parfaitement de quoi on parle".

Alors qu'en France on estime que la communauté des gens du voyage est de l'ordre de 300 000 personnes et qu'on estime à une bonne cinquantaine le nombre de personnes ayant participé aux événements de St Aignant, je salue la généralisation à outrance pour mettre au ban de la société française toute une catégorie de personnes. Heureusement que l'article 1er de la Constitution Française dit : "La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances...".

Si ces déclarations ne sont pas surprenantes de la part de membres d'organisations d'extrême droite, elles sont toujours choquantes de la part de membres issus du principal parti démocratique de droite. Mais à première vue, cet appel du pied aux électeurs du Front National ne suffisait pas à Nicolas Sarkozy. Il a donc décider de franchir une nouvelle étape en proposant tout simplement de mettre en place une loi dont l'idée est directement issue du programme du FN à la présidentielle de 2007.

En 2007, Jean-Marie Le Pen proposait de "Lancer une réforme du droit de la nationalité, en supprimant notamment la binationalité et l’acquisition automatique de la nationalité (celle-ci ne serait alors automatique que si l’on est de père ou de mère français). L’acquisition dépendrait alors de critères reposant sur la bonne conduite et le degré d’intégration. La déchéance de la nationalité pourra être prononcée par la juridiction concernée dans le cas de naturalisation acquise depuis moins de 10 ans et dans le cas de crime ou délit grave ayant entraîné une condamnation à plus de 6 mois de prison, non assortie de sursis." (page 6 du programme)

En ce 30 juillet 2010, Nicolas Sarkozy propose (lu sur libe.fr):
«La nationalité doit pouvoir être retirée à toute personne d’origine étrangère qui aurait volontairement porté atteinte à la vie d’un fonctionnaire de police d’un militaire de la gendarmerie ou de toute autre personne dépositaire de l’autorité publique»

«La nationalité française se mérite. Il faut pouvoir s’en montrer digne. Quand on tire sur un agent chargé des forces de l’ordre, on n’est plus digne d’être Français»,

«l’acquisition de la nationalité française par un mineur délinquant au moment de sa majorité ne soit plus automatique».

D'ailleurs n'y a-t-il pas une légère ressemblance sur ces 2 photos de Libération?
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