dimanche 14 septembre 2014

Melenchon - Kerviel, le couple de la Fête de l'Huma

Mélenchon (FdG) et Bayou (EELV) adorateurs de Kerviel
A la fête de l'Huma, on y trouve des couples plus ou moins étonnants. Il y avait Marie-Noëlle Lienemann et Pascal Cherki qui sont venus débattre avec des figures du Front de Gauche. Il y avait des couples de jeunes socialistes contre l'austérité venus tenir un stand et récupérer un peu d'applaudissements sur la vague du "Hollande bashing". Il y avait les faux couples symboles de la pensée réductrice et provocatrice de cette "vraie gauche" qui a plusieurs fois marié Valls et Sapin au MEDEF. Aux côtés de tout ça, il y a eu LE couple du week-end, Jean-Luc Mélenchon et Jérôme Kerviel.

Le leader de l'opposition de gauche bras dessus bras dessous avec l'ancien trader qui manipulait des milliards pour augmenter les profits de sa banque et par effet ricochet ses propres profits remis sous forme de primes de fin d'année. Jérôme Kerviel devrait être le symbole de tout ce que le monde de la finance fait de pire. Cet homme et ses collègues brassent des milliards sans se rendre compte qu'une perte d'un pourcent sur une de ses opérations représente plus qu'une vie de revenus du travail pour un foyer français. Mais Jérôme Kerviel n'est plus trader, il est passé au statut de victime du Grand Capital, emprisonné pour avoir perdu des milliards d'euros mettant en péril son entreprise, donc ses employés et ses clients. Je ne chercherai pas à défendre la Société Générale dans cette histoire, mais Jean-Luc Mélenchon nous montre encore une fois la binarité de son esprit. Puisqu'une banque s'est attaquée à son employé bouc émissaire, alors cet employé ne peut être qu'un héros.

Quel message envoie-t-il à son électorat populaire, à son électorat ouvrier que seul le PS serait coupable de les abandonner dans les griffes du FN ? Comment asseoir une crédibilité politique quand on s'attaque à Emmanuel Macron pour son passé de banquier d'affaires et quand on applaudit Jérôme Kerviel pour son passé de traders dans une banque d'investissement ?

Quand le PS a décidé de nommer Edouard Martin, syndicaliste CFDT chez Mittal à Florange, Jean-Luc Mélenchon l'a pourri verbalement pour avoir quitté la cause des salariés. Mais quelle cause Jérôme Kerviel a-t-il défendu à part la sienne et sa liberté de ne pas suivre les règles de contrôles sur les transactions boursières ? A-t-il défendu les travailleurs et les plus démunis quand il s'est présenté sur la liste UMP de Pont-l'Abbé dans le Finistère en 2001 ?

Quelle est la boussole politique qui guide Jean-Luc Mélenchon ? Prendre la pose d'adorateur des opprimés, de défenseur des petits ou des soit-disants faible face aux puissants peut elle être une stratégie de reconquête d'un électorat qui ne demande qu'à retrouver une confiance dans les politiques. Il y a peu Mélenchon et ses amis du Parti de Gauche prenaient la défense de Poutine dans ses tentatives de main basse sur une partie de l'Ukraine. Ce week-end, Mélenchon a fait plus de tapage médiatique avec Kerviel que pour soutenir les ouvriers en lutte présents dans les travées de la Fête de l'Huma pour alerter sur le sort de leurs activités. Demain, va-t-il venir à la rescousse de Sarkozy et son discours de victime des complots de la justice aux ordres socialistes ?

jeudi 11 septembre 2014

11 septembre : Jour international du jour de merde

Le 11 septembre devrait être déclarée journée mondiale de la journée de merde. 

On a tous en tête les attentats de 2001 qui ont touché New York et Washington. Pour moi ces attentats resteront toujours ces événements qui ont permis à Thierry Meyssan et au Réseau Voltaire de mettre en avant leurs idées complotistes et antisémites et de toucher un grand nombre de personnes.

Il y a 41 ans, le 11 septembre 1973, Salvator Allende se suicidait alors que Augusto Pinochet réussissait son coup d'état militaire. Le premier gouvernement socialiste démocratiquement élu en Amérique du Sud est renversé. La démocratie et la liberté d'expression au Chili sont mises en pause jusqu'en 1990 (voir le très bon film No sur ce sujet).

Il y a 49 ans naissait Bachar Al-Assad, dictateur et digne héritier de son père. Il a réussi à ce que son pays soit un champ de bataille perpétuelle dont il faudra surement à présent des décennies pour retrouver une vie normale. En réprimant dans le sang tout appel à plus de démocratie il y a plus de 3 ans, il a fait entrer son pays dans une guerre civile. A force de ne considérer les rebelles que comme des islamistes, il a contribué à faire éclore deux fronts anti-gouvernement, les deux réussissant à s'annihiler, un front djihadiste (l'Etat Islamique en Irak et en Syrie) et le front originel (Armée Syrienne Libre).

Il y a 104 ans, le syndicaliste Jules Durand était injustement arrêté pour complicité de meurtre. Initialement condamné à mort, la mobilisation syndicale réussira à le sauver de la guillotine. Il s’avérera que son accusation était du à l'implication de compagnies havraises qui voulaient profiter de la mort d'un casseur de grève pour en finir avec ce secrétaire syndicale et en finir dans le même temps avec une grève qui durait depuis un mois. L'affaire fut surnommée "l'affaire Dreyfus du pauvre".

lundi 8 septembre 2014

Faut-il se moquer des sondages donnant le FN en tête ?

Les sondages se suivent et se ressemblent pour l’exécutif socialiste. Les sondages se suivent et vont en s’améliorant pour le Front National. Vendredi, Le Figaro publiait un sondage IFOP où Marine Le Pen arriverait en tête le soir du 1er tour de l’élection présidentielle et où elle serait même potentiellement élue à la présidence de la République. Certes, les sondages à 3 ans d’une échéance se sont toujours trouvés démentis. Edouard Balladur n’est pas président de la République, pas plus que Lionel Jospin, Ségolène Royal, Dominique Strauss-Kahn et Nicolas Sarkozy n’a pas réussi à conserver un poste qui lui était promis en 2009. Pourtant ces sondages ne sont pas à prendre à la légère. Ils montrent non pas une dédiabolisation du FN mais une banalisation du mal.

Le discours du FN n’a pas changé depuis 2002. Jean-Marie Le Pen fanfaronne même en disant que le FN d’aujourd’hui est exactement le même que le sien, c'est-à-dire raciste, xénophobe, nationaliste et populiste. Mais comment expliquer cette évolution alors ?

Déjà remercions les médias qui ont décidé avec l’arrivée de Marine Le Pen de la mettre bien plus en avant que son père. Lors des dernières élections européennes, le FN a même été jusqu’à occupé 43% du temps de parole des politiques sur BFM TV. Au début, peut-être que ces journalistes ont été attirés par la nouveauté, par le phénomène « fille de ». Allait-elle dire autant d’énormité que son père ? Allait-elle aussi franchir allègrement le mur du révisionnisme ? Hélas pour eux, pour nous, Marine a assez d’intelligence pour laisser les petites phrases polémiques à son père. Cette absence de bourde en public a suffit pour faire croire à une dédiabolisation du parti.

Mais l’ascension du FN dans les sondages et dans les résultats électoraux n’est pas du qu’aux journalistes, ce serait trop facile. Tout le paysage politique doit prendre conscience de son importance dans la montée du FN.
L’UMP avec sa frange « Droite Forte » qui a décidé que pour battre le FN, il fallait en adopter le discours et les postures. Sarkozy, aidé par Buisson, n’hésite pas durant la compagne présidentielle de 2012 à évoquer une sortie de l’espace Schengen pour empêcher les migrants d’Afrique du Nord d’arriver en France via l’Italie. Dans son clip de campagne, il utilise un panneau de douane avec une écriture en arabe pour bien signifier que l’ennemi est l’arabe. La défaite n’aura pas suffit à leur faire prendre conscience de leur échec intellectuel. La Droite Forte, Copé, Fillon, Wauquiez, Morano, tous auront leurs petites phrases anti-islam, anti-europe, anti-immigration. Les attaques contre Christiane Taubira et Najat Vallaud-Belkacem dont certains dans ce parti sont coupables sont d’autres exemples d’un basculement de la pensée à l’UMP accréditant un peu plus les idées et le discours du FN.

Le Front de Gauche et particulièrement le Parti de Gauche de Jean-Luc Mélenchon joue lui aussi le jeu du FN. En invectivant sans cesse le gouvernement, en jouant le jeu du procès en droitisme de François Hollande, Jean-Marc Ayrault et surtout Manuel Valls, la gauche de la gauche donne du poids à la thèse de l’UMPS si chère à Marine Le Pen. Cette gauche folle quasi stalinienne qui se croit l’unique garant de la gauche en France est le principal artisan de la baisse de confiance en la politique menée par les sympathisants de gauche. En accusant le gouvernement de traitrise à la gauche, cette soit-disante « vraie gauche » oublie le mariage pour tous, l’augmentation du nombre de postes dans l’enseignement, la fin des quotas ultra restrictifs empêchant les étudiants étrangers diplômés en France de trouver un premier boulot en France, les tentatives d’encadrement des loyers, les tentatives de taxation à 75% des très hauts revenus, l’application de plus de transparence de la vie politique, la véritable loi pour l’égalité femme-homme, etc. En gommant toutes les actions du gouvernement, le Front de Gauche alimente la thèse du FN que les gouvernants ne font rien une fois en place.

Le PS est fautif aussi. Son discours contre le FN n’a pas changé depuis les années 80. Harlem Désir a décidé de combattre le FN par un pin’s comme si un nouveau « touche pas à mon pote » suffirait à changer les mentalités. Tant que les actions du gouvernement ne donneront pas de résultats, tant que le chômage ne chutera pas, le FN aura un boulevard pour grappiller des voix à gauche.

Parce que les principaux partis sont tous fautifs de donner du grain à moudre au FN, parce que ni la droite, ni la gauche de la gauche n’arrive à profiter de la mauvaise opinion qu’ont les électeurs du PS, les sondages donnant le FN haut sont à prendre au sérieux. Certes il y a peu de chance que le FN soit en tête au soir du premier tour en 2017. Il est encore moins probable que Marine Le Pen devienne Présidente de la République en 2017. Mais ces sondages servent de signaux d’alarmes pour 2017 mais surtout pour toutes les autres élections des municipales aux législatives en passant par les régionales. Si aucun parti ne prend ses responsabilités pour contredire les propos du FN dans les débats mais surtout dans leur programme, si aucune argumentation autre que le traditionnel « ils sont méchants » n’est développée, alors le FN continuera à progresser. Dans notre malheur, le FN a réussit à gagner des municipalités. On voit déjà qu’à Fréjus ou qu’à Hayange, les histoires commencent.
Le FN n’hésite pas à appliquer une politique anti-pauvre, anti-chômeur dans ses municipalités. Résultat, sans créer d’emplois, ils enfoncent toujours plus leurs administrés, certains de leurs électeurs, dans la misère. Le FN si prompt à critiquer le cumul des mandats à l’UMP et au PS, n’hésite pas à présenter des maires récemment élus comme tête de liste pour les européennes ou comme tête de liste aux prochaines sénatoriales.

Le FN joue avec ses électeurs en lui disant des mots qui le touchent, en insistant sur les constats et en passant rapidement sur les solutions. Si l’on ne fait rien contre ce discours, si l’on ne propose rien de concret et si l’on ne montre pas que l’on agit pour le bien de tous, alors les Cassandre de l’IFOP verront leurs prophéties se réaliser. Ce jour là, il sera trop tard pour commencer à réfléchir sur comment on redonne un élan républicain à la politique française.

dimanche 7 septembre 2014

Trierweiler, j'ai lu, j'aurais pas du

Merci pour ce moment, vu par Chrib
Ce week-end, je me suis penché avec scepticisme et voyeurisme sur le dernier livre de Valérie Trierweiler. On m'a passé un exemplaire, ce qui m'a empêché de devoir déboursé de l'argent pour lire l'ouvrage, un peu comme je suis heureux que mon médecin soit en retard pour que je puisse lire les vieux exemplaires de Public et Voici. La ressemblance est poussée à son paroxysme dès les premières pages du livre, la qualité d'écriture étant la même. 

Valérie Trierweiler fut journaliste politique à Paris Match, c'est ainsi qu'elle rencontra François Hollande et c'est ainsi qu'il se retrouveront en couple en 2005. Pourtant à lire ses écrits, on est loin d'un ouvrage politique relatant la vie de l'Elysée et des années qui ont mené François Hollande au plus haut de l'Etat français. Valérie Trierweiler a fait le pari de publier un ouvrage où les trois quarts sont réservés à son rôle de femme déçue. Elle est bien sûr déçue de s'être fait quitter par le 3ème homme de sa vie. Elle est déçue d'avoir finie dans l'ombre d'un Président de la République, qui, surprise, était plus disponible quand il n'était pas Président de la République. Elle est surtout déçue de passer après une Ségolène Royal qui cristallise son mépris.

Au final Ségolène Royal est peut être autant présent que François Hollande dans le récit. Quand elle parle politique, c'est uniquement pour parler de Ségolène Royal. L'affaire du tweet de soutien à Falorni n'est expliqué qu'uniquement parce que Hollande lui avait dit qu'il ne s'exprimerait pas sur la campagne législative à La Rochelle. Toute l'organisation de la primaire de 2007 est centrée sur la volonté de Ségolène Royal d'être candidate uniquement pour punir Hollande de l'avoir quittée pour Trierweiler. On n'apprendra rien d'autre sur la campagne de 2012, sur le Bourget, sur le meeting de Rennes, sur la cérémonie d'investiture, que le fait que Ségolène Royal soit présente et que ça énervait la nouvelle compagne de François Hollande.

Valérie Trierweiler, avec son "Merci pour ce moment", réussit l'exploit de ne rien livrer aux lecteurs si ce n'est son intimité, sujet dont elle se plaint pourtant durant tout l'ouvrage. Elle livre un bouquin vengeur contre son ancien partenaire et contre la précédente partenaire de celui-ci. Au final, "Merci pour ce moment" est comme un mauvais film, tout est dans la bande annonce et même les moments croustillants tombent à plat quand ils sont remis dans leur contexte. Son livre n'est pas intéressant, pas instructif et sort à un moment des plus inappropriés. Ce livre n'apportant rien, il aurait pu (du ?) sortir dans 8 ans, quand François Hollande ne sera plus Président de la République. Attaquer une personnalité de ce plan alors qu'il est toujours en exercice, c'est d'une bassesse extrême. 
On est loin, très loin des mémoires d'une autre première dame qui en a vu des vertes et des pas mures, Danielle Mitterrand.

vendredi 5 septembre 2014

Thévenoud, t'es rien

Thévenoud, t'es parti
Thomas Thévenoud n’aura pas fait long feu au gouvernement. Je n’avais pas eu le temps d’apprendre son nom qu’il démissionne à cause de «retards de déclaration et de paiement». En résumé le mec a attendu d’entrer au gouvernement pour apprendre qu’il devait remplir une déclaration d’impôt tous les ans et qu’il devait également payer à intervalles régulier le Trésor Public pour les dits impôts (en même temps, quand on n’en déclare pas, c’est moins évident de se dire qu’il faut en payer).

Il est incroyable qu’aujourd’hui certaines personnes, de tout bord confondu, ose se présenter ainsi devant les électeurs. Ce Thomas Thévenoud est Conseiller Général de Saône-et-Loire depuis 2008 et était député depuis 2012 avant d’entrer au gouvernement. Il est assez incroyable de se dire que les impôts ne s’étaient pas rendu compte qu’il n’ait rien déclaré alors qu’il avait manifestement des revenus provenant de l’Etat même.

Je ne critiquerai pas le gouvernement sur cette histoire. Il contrôle les nouveaux arrivants, je n’attends pas de lui qu’il contrôle la vie de tous les prétendants et postulants à un portefeuille ministériel.

Saluons le dévouement de ce sacré Thomas qui a accepté d’entrer au gouvernement pour montrer le bon fonctionnement de la jeune Haute Autorité pour la Transparence de la Vie Publique.  Tout nouveau ministre et tout nouveau secrétaire d’Etat se plie à un contrôle fiscal et à une déclaration de patrimoine. Il a réussi à se prendre les pieds dès la première marche. Je salue également la rapidité de sa démission. Pas de tergiversation, pas de démenti, d’appel à une présomption d’innocence, pas de suspicion sur le gouvernement qui protégerait un ministre.

Comme Najat Vallaud-Belkacem, on ne peut que regretter qu’un tel geste "nourrit la défiance" envers la classe politique surtout quand dans la même semaine, on apprend qu’une information judiciaire est ouverte contre François Fillon pour favoritisme et détournement de fonds public. Cela peut nourrir l’envie de voter pour le Front National et ses candidats soi-disant propres sauf que cette semaine le maire d’Hayange aurait fait payer des factures de campagnes par une de ses colistières (ce qui est interdit par la loi) et qu’il refuserait aujourd’hui de lui rembourser ces sommes.

Ne tombons pas dans le "tous pourris". Encore une fois Thomas Thévenoud, après avoir eu la stupide idée d’accepter un poste dans le gouvernement Valls 2, a eu l’intelligence et la décence de ne pas s’accrocher à son siège. C’est toujours un progrès même si la victoire arrivera quand ce genre de personnage sera pris la main dans le sac bien avant une éventuelle nomination. Mais pour cela, il faut plus d’argent et plus de personnel pour lutter contre la fraude fiscale, tant au niveau des particuliers qu’au niveau des entreprises.

mercredi 3 septembre 2014

Nouvelle histoire de favoritisme et de détournement de fonds publics

Tout a du commencer vers 2007, à l'époque un homme politique tentait d'expliquer aux Français qu'avec lui tout serait possible, qu'il suffirait de le vouloir pour gagner plus. Aujourd'hui ça fait plus de deux ans que cet homme et ses amis ont quitté le pouvoir. Depuis on a la singulière impression que  pour gagner plus il fallait être proche du clan Sarkozy. Rappelons que la Justice enquête sur toutes les anomalies du précédent quinquennat, ce qui donne pour le simple nom de Nicolas Sarkozy le récapitulatif suivant :
  • Affaire Karachi : chefs d'accusation de corruption, abus de biens sociaux, complicité et recel
  • Financement Libyen : chefs d'accusation de trafic d'influence, corruption, faux et usage de faux, blanchiment de fonds, abus de biens sociaux, complicité et recel
  • Tapie et le Crédit Lyonnais : chefs d'accusation de détournement de fonds public, faux et usage de faux, usage abusif des pouvoirs sociaux, complicité et recel
  • Sondages de l'Elysée : chefs d'accusation de favoritisme, détournement de fonds public, complicité et recel
  • Bygmallion : chefs d'accusation de faux et usage de faux, abus de confiance, tentative d'escroquerie, complicité et recel
  • Ecoutes téléphoniques : mis en examen pour violation du secret de l'instruction, trafic d'influence et corruption.

 Déjà dans l'affaire Bygmallion, si les doutes se dirigent en partie vers Nicolas Sarkozy, la direction de l'UMP n'est pas en reste. Jean-François Copé a du quitter la tête du parti et Jérôme Lavrilleux, caché derrière son immunité parlementaire fait chanter l'UMP les menaçant de révéler des secrets de famille si par mégarde le triumvirat Juppé - Raffarin - Fillon décidait de l'exclure du parti.

Il faut dire que ces trois là essayent de trouver une image de sage, notamment François Fillon qui a adopté comme tactique pour exister de se positionner en anti-Sarkozy, plus simple, plus propre, plus blanc. Sa stratégie vient de prendre du plomb dans l'aile puisque la Justice passe à la vitesse supérieure sur son enquête sur le gouvernement Fillon. Il y a 18 mois, une enquête préliminaire sur les sondages et les dépenses de communication des gouvernements Fillon était ouverte. Fin juillet, le Parquet a décidé d'ouvrir une information judiciaire pour favoritisme et détournement de fonds public.

Pour les magistrats, les sondages ont été réalisés dans des "conditions d'achat parfois contestables, voire irrégulières". Le plus intéressant semble concerner la formation et le coaching des ministres de François Fillon. Entre 2008 et 2011, le gouvernement aurait réglé plus de 2 millions d'euros à l'entreprise de Pierre Giacometti, conseiller en stratégie d'opinion de l'ancien président de la République. D'après Le Monde, sa société aurait vu son chiffre d'affaires passer de 3 à 5 millions d'euros toujours entre 2008 et 2011. Tous les grands noms du gouvernement ont fait affaire avec ce proche de Sarkozy : Rachida Dati, Eric Besson, Brice Hortefeux, Claude Guéant, François Fillon, Xavier Bertrand et Laurent Wauquiez feront appel à Giacometti qui pour aider à communiquer autour d'une réforme, qui pour avoir de l'aide pour l'écriture de ses discours.

Plus le temps passe, plus la liste de proches, de conseillers, de membres de cabinet qui se sont enrichis en faisant affaire avec l'Elysée ou le gouvernement grandit. François Fillon a beau se cacher derrière la folie des grandeurs de son ancien patron, lui aussi va avoir du mal à se faire passer pour un homme au-dessus de tout soupçon. 
Plus le temps passe, plus on s'aperçoit qu'il était possible de gagner plus entre 2007 et 2012,  mais pour cela, il ne fallait pas accepter de travailler plus, il fallait juste fréquenter le 1er cercle du pouvoir. 
Plus le temps passe, plus je me dis qu'heureusement qu'une majorité des Français ont choisi de voter pour une République irréprochable en 2012. Espérons que l'on se souvienne encore en 2017 et plus tard de ce qu'était la République des Amis de Sarkozy.

mardi 2 septembre 2014

La rentrée c'est pas rose, la rentrée c'est morose

Comme à chaque rentrée, on a le droit sur les chaines d'infos à la tristesse des parents et/ou des enfants qui retournent à l'école après deux mois de cahiers de vacances. Comme à chaque rentrée, on va s'intéresser un peu (plus serait exagéré) aux besoins des profs, à leur baisse de motivation, à la diminution de la reconnaissance de leur métier. Ce matin Libération titrait sur les 7 000 postes de professeurs non pourvus faute de candidats. Ce manque serait particulièrement visible en maths et en lettres, autant dire pas les matières les plus farfelues des emplois du temps.

Pour les fans des résultats immédiats, voici un exemple de conséquences de politique dans le temps long. Depuis le début des années 2000, rien n'a été fait pour donner envie de se lancer dans l'enseignement. Quand un ministre socialiste veut dégraisser le mammouth, comparant le corps enseignant à de vieux réactionnaires têtus, on ne crée pas l'envie dans les jeunes générations. Quand le précédent Président de la République décide qu'il est inutile de former les jeunes professeurs et que l'on peut les envoyer directement faire cours à des jeunes sans préparation pédagogique, on provoque plus de peur que d'envie. Quand les successifs gouvernements de droite s'acharnent à fermer des classes, à vouloir appliquer le non remplacement d'un enseignant sur deux comme si leur boulot était comparable à celui d'un fonctionnaire dont l'informatique l'aiderait à réaliser plus de tâches, ça ne motive pas à s'engager dans l'Education Nationale. 

Pour corriger toutes ces erreurs du passé, le temps est long. Oui il est facile d'ouvrir de nouveaux postes pour la rentrée suivante, mais la pompe à candidature prend 3 à 5 ans pour s'activer. Qui voulez-vous recruter quand on a dissuadé la plupart des étudiants à s'engager dans une voie bouchée comme celle de l'éducation ? Comment remplir les classes de personnels qualifiés quand les instituts de formation des professeurs ne font que leur 2ème rentrée ? La droite était heureuse de montrer qu'elle luttait contre le chômage en encourageant les rectorats à recruter des vacataires, des intérimaires de l'éducation plutôt que de lancer des campagnes de recrutement pérennes. Aujourd'hui la gauche gère pleinement sa 2ème rentrée (la rentrée de 2012 n'ayant pu bénéficier que de quelques ajustements de la part du jeune gouvernement).

Aujourd'hui, c'est la rentrée et une nouvelle fois on ne peut qu'être morose quand on voit comment certains à droite considère l'éducation de leurs plus jeunes citoyens. 
A Puteaux, la maire a décidé que les enfants seraient les victimes de la guerre des stéréotypes. Les garçons iront à l'école avec un cartable bleu en sachant construire un robot alors que les filles iront en cours avec un cartable rose et profiteront de leur temps libre pour fabriquer des bijoux. Il y a un siècle, la mairie de Puteaux aurait surement distribué des bananes aux enfants noirs pour leur gouter alors que les petits enfants blancs auraient eu le droit à un pain au chocolat.
A Marseille, la mairie n'a pas eu le temps de chercher des animateurs pour leurs activités extrascolaires. L'équipe municipale n'a eu que 2 ans pour préparer l'aménagement des rythmes scolaires. Toutes les autres municipalités ont trouvé une solution dans le laps de temps imparti sauf eux, pas de chance pour les enfants marseillais.
A Yerres, Nicolas Dupont-Aignan a décidé qu'il bloquerait purement et simplement l'accès de son école à coup de cadenas. On connaissait les élus de la République qui ne voulaient pas d'homosexuels dans leur mairie pour célébrer leur union, voici la nouvelle génération, ceux qui refusent l'accès des enfants dans leurs écoles !

A côtés de ces énergumènes, le gouvernement travaille toujours à ce que le sort des jeunes en 2017 soit meilleur qu'en 2012. Pour la rentrée 2014, le gouvernement a continué ses efforts entrepris les années précédentes en créant 2 355 postes dans le premier degré, 1 986 postes dans le second degré et 150 postes dans l’enseignement agricole. Le ministère de l'Education Nationale a également ouvert 30 unités d'enseignement pour autistes dans des écoles maternelles et ont fait signer un CDI à 2 400 assistants d’éducation auxiliaires de vie scolaire. Autant de briques pour reconstruire la confiance en l'Education Nationale, pour faire naitre de nouvelles vocations, bref pour que les rentrées futures soient plus roses.