mardi 19 octobre 2010

Quand serons-nous écoutés?

Depuis le lancement du processus de reforme des retraites, le gouvernement ignore tous les syndicats (sauf 1, le MEDEF) et a dès le départ adopté une attitude volontairement provocatrice envers ses contradicteurs. Le gouvernement organise un simulacre de concertation avec un planning tellement serré qu'aucune discussion réelle n'était envisageable.

Dès le mois de mars, les syndicats et les partis politique de Gauche descendent dans la rue pour se battre pour les retraites, pour réclamer d'être entendus et obtenir une véritable consultation.
L'été est arrivé, le projet du gouvernement est publié et la mobilisation ne faiblit pas (manifestations les 20 avril, 1er mai, 27 mai, 15 juin et 24 juin). Le projet reprend bien des thèmes importants portés par les syndicats et partis politiques (pénibilité, temps de travail, nouvelles sources de financement), mais tout est à l'opposé du bon sens. Les travailleurs devront prouver les effets de la pénibilité sur leur santé, tout le monde devra travailler au moins jusque 62 ans, au pire 67 ans.

Le texte est présenté tel quel à l'Assemblée Nationale pour la rentrée parlementaire, sans aucune influence des propositions des syndicats ou des partis politiques (ici un résumé des propositions socialistes). 3 millions de personnes descendent dans les rues le 7 septembre pour manifester leur mécontentement (soit une hausse continue depuis le début du printemps). Nous serons toujours aussi nombreux pour les autres manifestations de la rentrée (23 septembre, 2 octobre, 12 octobre, 16 octobre).
Octobre est le mois crucial. Alors que le gouvernement a plus la tête aux remaniements qui se préparent en coulisse, alors que le ministre chargé du projet est englué dans ses mensonges entre conflits d'intérêt et financement illicite d'un parti dans l'affaire Bettencourt, le texte est présenté au Sénat. L'exécutif, qui clame à tout bout de champs que la mobilisation s'essouffle en truquant les chiffres des manifestants (la préfecture de Paris a eu l'audace de publier les chiffres du cortège parisien 30 minutes avant que la tête ne se mette en marche), commence à douter et essaye le passage en force au Sénat. Plusieurs articles sont votés en urgence avant la journée du 12 octobre. Ils espèrent ainsi couper l'herbe sous le pied des manifestants et les dissuader de battre le pavé ce mardi 19 octobre.

Le gouvernement méprise et ignore les manifestants alors que des millions de personnes sont descendues 12 fois dans la rue depuis le printemps sous le prétexte qu'un gouvernement élu démocratiquement ne doit pas céder à la rue. Pourtant les images ne mentent pas, et le président de la République a même raillé Ségolène Royal durant le débat d'entre-deux tours de l'élection présidentielle sur le financement des retraites (2ème vidéo vue sur l'excellent blog intox2007).





Face à tant de mépris, le combat (pour reprendre un terme du vocabulaire martial, vocabulaire si cher à notre président) continue et se durcit. Des préavis de grèves reconductibles sont posés dans de nombreuses entreprises depuis la semaine dernière. Les lycéens et étudiants viennent nombreux dans les cortèges et bloquent lycées et universités. Des grévistes de différents secteurs d'activités viennent en aide aux grévistes de Total pour bloquer les dépôts de carburants. Les routiers ralentissent le pays.

Hélas certains dérapages ont lieu en marge des manifestations, soit du fait de casseurs totalement étrangers au mouvement, soit du fait des provocations policières (par exemple les actions des CRS à la Bastille mardi dernier ou le surnombre de CRS autour de lycées bloqués dans des cités sensibles comme à Nanterre). Mais face à un Etat pyromane qui ne cherche qu'à monter les Français les uns contre les autres ("Français de souche" vs immigré, gréviste vs travailleur).

Dernière minute: Alors que le gouvernement promet de ne pas céder un millimètre aux grévistes, quelques soient leurs actions, on vient d'apprendre que le statut des marins sera "écarté de la réforme en cours et de toute autre réforme des régimes spéciaux" suite aux 7 jours de blocage du port de Marseille. Ce qui confirme que la radicalisation du mouvement semble être la seule manière d'arriver à se faire entendre du gouvernement.

samedi 16 octobre 2010

Un silence gênant

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Il y a plus d'une semaine, le comité Nobel décernait le Prix Nobel de la Paix à Liu Xiaobo, dissident chinois condamné à 11 ans de prison pour "incitation à la subversion du pouvoir de l'État" après avoir demandé l'application de la constitution chinoise via, entre autre, le manifeste Charte 08. Il succède ainsi à Barack Obama, Nobel de la Paix 2009.
Cette récompense qui montre l'intégrité du comité (ils ont reçu des menaces de la part du gouvernement chinois), montre également la faiblesse de notre président. Alors que l'an dernier, l'Elysée avait publié un communiqué dans les heures qui ont suivi l'annonce du prix pour le président américain, cette année, silence radio. Le jour même Nicolas Sarkozy était bien trop occupé à draguer l'électorat catholique en rencontrant Benoit XVI, et les jours suivants, il était surement trop pris par les opérations de sauvetage des mineurs chiliens, qui ont eu le droit, eux, à un communiqué de la part de l'Elysée...
Ce silence sur le Prix Nobel est-il synonyme de complicité dans la politique totalitaire chinoise ou simple aveu de faiblesse d'un président couard?

samedi 31 juillet 2010

Le jour où le FN arriva au pouvoir

Alors que l'affaire Bettancourt / Woerth s'enlise et offre plus de rebondissements que les Feux de l'Amour, il commençait à devenir urgent pour le gouvernement de tenter une sortie de crise pour sauver le soldat Woerth. Pour cela, rien de tel que la bonne vieille méthode de la diversion. Et comment réussir à détourner l'attention du public? Le clivage de la population à base de racisme et de populisme. Contrairement aux shadoks qui avaient pour principe « Pour qu'il y ait le moins de mécontents possible, il faut toujours taper sur les mêmes », cette fois-ci le gouvernement a décidé de s'attaquer aux Roms et aux gens du voyage au lieu de s'en prendre comme à son habitude aux musulmans.
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Petit rappel des faits que j'espère le plus neutre possible : Le 16 juillet à St Aignant, un jeune homme de 22 ans est tué par balles par un gendarme alors qu'il forçait un barrage routier (l'enquête est en cours pour déterminer ce qu'il s'est exactement passé). Ce jeune homme, Luigi Duquennet, appartenait à la communauté des gens du voyage. Ce tragique événement provoque 2 nuits d'émeutes en ville.
 
Suite à ces événements, le président de la République, toujours aussi friand de faits divers, décide d'organiser une réunion sur les "problèmes que posent les comportements de certains parmi les gens du voyage et les Roms". Le ministre de l'intérieur en profite pour annoncer qu'il allait charger des agents du fisc de contrôler les situations des personnes vivants dans les camps car, je cite, "beaucoup de nos compatriotes sont à juste titre surpris en observant la cylindrée de certains véhicules qui trainent les caravanes". Au passage, en pleine affaire Bettancourt, de soupçon d'évasion fiscale, de financement obscure de partis, il faut oser annoncer que les agents du fisc vont contrôler plus systématiquement des personnes vivant dans des taudis. Pour terminer ce court aperçu de raccourcis douteux, je laisse la parole à Frédéric Lefebvre pour qui "Nos compatriotes qui subissent des pics de délinquance dans les zones où sont installés ces campements savent, eux, parfaitement de quoi on parle".

Alors qu'en France on estime que la communauté des gens du voyage est de l'ordre de 300 000 personnes et qu'on estime à une bonne cinquantaine le nombre de personnes ayant participé aux événements de St Aignant, je salue la généralisation à outrance pour mettre au ban de la société française toute une catégorie de personnes. Heureusement que l'article 1er de la Constitution Française dit : "La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances...".

Si ces déclarations ne sont pas surprenantes de la part de membres d'organisations d'extrême droite, elles sont toujours choquantes de la part de membres issus du principal parti démocratique de droite. Mais à première vue, cet appel du pied aux électeurs du Front National ne suffisait pas à Nicolas Sarkozy. Il a donc décider de franchir une nouvelle étape en proposant tout simplement de mettre en place une loi dont l'idée est directement issue du programme du FN à la présidentielle de 2007.

En 2007, Jean-Marie Le Pen proposait de "Lancer une réforme du droit de la nationalité, en supprimant notamment la binationalité et l’acquisition automatique de la nationalité (celle-ci ne serait alors automatique que si l’on est de père ou de mère français). L’acquisition dépendrait alors de critères reposant sur la bonne conduite et le degré d’intégration. La déchéance de la nationalité pourra être prononcée par la juridiction concernée dans le cas de naturalisation acquise depuis moins de 10 ans et dans le cas de crime ou délit grave ayant entraîné une condamnation à plus de 6 mois de prison, non assortie de sursis." (page 6 du programme)

En ce 30 juillet 2010, Nicolas Sarkozy propose (lu sur libe.fr):
«La nationalité doit pouvoir être retirée à toute personne d’origine étrangère qui aurait volontairement porté atteinte à la vie d’un fonctionnaire de police d’un militaire de la gendarmerie ou de toute autre personne dépositaire de l’autorité publique»

«La nationalité française se mérite. Il faut pouvoir s’en montrer digne. Quand on tire sur un agent chargé des forces de l’ordre, on n’est plus digne d’être Français»,

«l’acquisition de la nationalité française par un mineur délinquant au moment de sa majorité ne soit plus automatique».

D'ailleurs n'y a-t-il pas une légère ressemblance sur ces 2 photos de Libération?
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samedi 21 novembre 2009

Walter, retour en Résistance


Loin des grosses productions françaises et hollywoodiennes, loin des promotions sur tous les plateaux télé, un excellent documentaire est sorti au cinéma le 4 novembre dernier: Walter, retour en
Résistance
. Gilles Perret, le réalisateur, nous présente un ancien résistant, Walter Bassan, allant dans les écoles de la région pour raconter son passé. Ce documentaire nous permet d'avoir un
témoignage vivant sur ce qu'était la Résistance et la déportation, nous rappelle les réalisations issues du programme du Conseil National de la Résistance en 1944 (la retraite par répartition, la
sécurité sociale par exemple) avec en fond la campagne des présidentielles de 2007 et la venue de Nicolas Sarkozy au Plateau des Glières.

Un très bon film que je ne peux que conseiller même si sa diffusion dans les salles françaises est hélas très restreinte. Pour connaitre les lieux de diffusion ou pour avoir plus d'informations sur
le film: http://www.walterretourenresistance.com.




Le synopsis:

Le nom de  « Walter » et le mot « résistance », Gilles Perret les a toujours associés. Avant même de savoir ce que cela signifiait, Gilles savait que son voisin Walter avait été déporté
dans un camp de concentration du nom de Dachau …

Aujourd’hui Walter Bassan a 82 ans. Il vit avec sa femme en Haute-savoie, et mène une vie pour le moins active. D’écoles en manifestations, de discours engagés en témoignages de la guerre, Walter
continue son long combat, fait de petites batailles,  contre toutes les formes de démagogies, d’injustices et d’oppressions. De même que lorsqu’il avait 18 ans, et qu’il « jouait » comme il
dit, à distribuer des tracts anti-fascistes dans les rues commerçantes d’Annecy alors occupée, Walter agit en écoutant son cœur. « Je n’ai pas changé », comme il se plait à rappeler.

Partageant ces mêmes « raisons du cœur », Gilles Perret réalise ici un portrait vivant de cet homme calme et insurgé. Nous sommes invités à les suivre en passant du Plateau des Glières à Dachau, à
faire des retours en arrière pour mieux comprendre l’Histoire, à partager leurs inquiétudes face à un monde où l’inégalité et l’injustice gagnent sans cesse du terrain, à poser les questions qui
fâchent...

Sans prétention, et avec la même simplicité et constance que Walter, ce documentaire révèle l’actualité, l’importance, et la nécessité, d’une résistance au quotidien.
















































lundi 1 septembre 2008

A La Rochelle, il y a l'Espace Encan et l'espace Cancan


De retour d'un week end de 3 jours à La Rochelle pour l'Université d'été du Parti Socialiste, je me sens dans l'obligation de donner un autre son de cloche que tous les articles et reportages que j'ai pu lire dans la presse ou entendre à la radio.

Du 29 au 31 août, l'Espace Encan de La Rochelle a accueilli l'université d'été du PS. L'université d'été est un moment de formation et de rencontres à destination des militants socialistes. Cette année, 4 000 militants ont eu la possibilité d'assister à 20 ateliers thématiques sur des sujets aussi variés que "la situation mondiale à la veille des élections européennes et américaines", "la question des flux migratoires et la coopération euro-méditerranéenne", "le code du travail", "la laïcité à la croisée des chemins", "l'audiovisuel" ou bien encore "les 20 ans des accords de Matignon-Oudinot et les 10 ans de l'accord de Noumea".
C'est dire s'il y a de quoi s'occuper pendant que les journalistes arpentent les terrasses des cafés, les arrières salles des restaurant ou simplement le parvis à l'entrée de l'espace Encan.
Pour former, discuter, échanger avec les militants, chaque atelier a un certains nombres d'intervenants (entre 3 et 6 la plupart du temps) pris dans les membres du Parti Socialiste, de partis sociaux-démocrates européens et des différents secteurs en lien avec les ateliers. Ceci pour dire que les "éléphants" du PS ne viennent pas à La Rochelle QUE pour se montrer, former et déformer des alliances (même s'il y a de ça aussi). Ils participent également en intervenant ou comme simple militant. Par exemple, Pierre Moscovici participant avec Laurent Fabius à la présentation du manifeste du PSE (Parti Socialiste Européen), Julien Dray présent à une table ronde avec entre autres Hubert Védrine et Henri Emmanuelli, Jean Luc Mélenchon intervenant sur le sujet de la laïcité ou Gérard Collomb traitant avec Michel Rocard de la question "quelle politique économique et sociale de gauche?", aucun n'ont fait ca pour la gloire mais pour apporter sa pierre à l'édifice socialiste tout comme quand Martine Aubry, Elizabeth Guigou, Bertrand Delanoe ou Michel Rocard, entre autres, sont aperçus dans l'auditoire d'un atelier.

Personnellement, j'ai beaucoup appris durant ces 3 jours. Le nombre et la qualité des interventions aussi bien sur scène que dans le public, l'ambiance chaleureuse, le cadre et bien d'autres choses encore font de ce week end un événement fort dans la vie du Parti Socialiste. Je suis persuadé que le message apporté aux 4 000 militants présents sera partagé en Assemblée Générale de section au près des autres militants et que de nombreuses idées échangées dans les ateliers seront reprises dans les futurs projets socialistes aussi bien à l'échelle locale qu'européenne.

samedi 16 août 2008

De l'égalité entre les chefs d'état

Le Dalai Lama est en France depuis le 11 aout et pour 12 jours.
Contrairement aux leaders totalitaires comme le colonel Khadafi ou le président Syrien Bachar el-Assad, contrairement au chef spirituel des catholiques, le pape Benoit XVI, le chef spitituel des Tibétains n'a pas le droit d'être accueilli comme il le devrait par le président français.

Ca fait une semaine que je me creuse la tête pour savoir la véritable explication puisque la plus plausible (ne pas vexer les chinois) a été réfutée par Nicolas Sarkozy ("Ce n'est pas à la Chine de fixer mon agenda" avait-il dit en juillet).
Il reste:
  1. L'emploi du temps trop chargé du président en plein mois d'aout (entre le diner avec les Chirac dans la maison de sa belle-famille et les épreuves des J.O.)
  2. Le non intérêt des tibétains en exil pour des Airbus A380 ou des réacteurs nucléaires
  3. La peur de représailles chinoises vers les sportifs tricolores à Pékin.
En même temps, pas la peine d'en faire tout un fromage, tous les prix Nobel de la paix sont invités à Paris pour décembre 2008, vaut mieux tard que jamais, non?

PS: j'espère que ce prestigieux rassemblement de décembre verra la présence d'Aung San Suu Kyi qui est toujours emprisonnée chez elle à Rangoun.

vendredi 15 août 2008

Tout a un début

Je pense donc j'écris.
Ce sera la ligne directrice de ce blog, comme une bonne partie des pages de la blogosphère.

Mes réactions sur l'actualité, mon avis sur la politique, un résumé de mes sorties (concerts, expos, etc.), voila ce qui devrait composer ce blog. Je ne pense pas avoir les capacités de captiver un auditoire régulier mais si au moins j'arrive à interpeller un passant, ce sera déjà ça.

Les idées sont faites pour être échangées, débattues, argumentées. Donc Toi lecteur de passage, n'hésite pas à réagir, dire ton mécontentement, tes propres pensées.