samedi 24 août 2013

De Ségo à Ségol, récit d'une première journée rochelaise #UEPS

NVB faisant la tournée des chaines infos
Ca fait 20 ans que ça dure, tous les ans à la fin du mois d'août, la ville de la Rochelle est envahie d'affreux gauchistes venus refaire le monde. Si l'an dernier, l'édition était particulière et devait surement ressembler à un week-end d'auto-congratulations après les belles victoires à la présidentielle et aux législatives, cette année le programme est plus ouvert puisqu'il faut :
  • défendre la première année d'actions gouvernementales (la totalité des ministres socialistes et radicaux de gauche sont présents si je ne m'abuse),
  • se mettre en ordre de marche pour les prochaines municipales (et faire enfin baisser le score de l'extrême-droite, bien trop haut depuis plus d'une dizaine d'années),
  • affuter les discours européens en vue de la prochaine élection européenne, rarement à l'avantage du pouvoir national en place).
L'université d'été est un endroit particulier, on y retrouve des militants de toute la France venir parfaire leur savoir comme dans toute université populaire. Pour ma part, c'est souvent l'occasion d'y découvrir et d'apprécier les propos de personnalités extérieures au PS mais dont les propos sont des plus intéressants (constat juste, propositions audacieuses mais réalistes, langue de bois mise au placard). Par exemple, ce vendredi, j'ai ainsi pu découvrir Bernadette Ségol, secrétaire générale de la Confédération Européenne des Syndicats (CES), qui est intervenue sur la nécessité de développer une Europe Sociale pour éviter la mort de l'Union Européenne. J'ai ainsi découvert qu'en Europe, CFDT, CGT, CFTC, FO et UNSA étaient réunis sous l'unique bannière de cette confédération. C'est le coeur de l'université d'été mais c'est la partie la moins mise en valeur par les médias. Il faut dire que parler accès au soin sur la totalité du territoire, d'évolution sur la manière d'appréhender la question des transports à l'avenir ou de la mobilité des Français à l'étranger, ça ne rentre pas dans la ligne éditoriale de BFM TV.

On y retrouve aussi des clubs de fans venus applaudir leur champion-ne (ce qui peut se mêler sans trop de difficulté au fait de parfaire son savoir en suivant des tables-rondes). Grâce à cette catégorie de personnes, on commence à satisfaire l'appétit des journalistes. Il y a de fortes chances que les reporters sur place se livrent à l'analyse de "qui a reçu la plus belle ovation". Les challengers cette année seront
  • Ségolène Royal qui vante sa région ("une des 10 plus belles du monde selon Lonely Planet"),
  • Manuel Valls qui interviendra sur comment combattre l'extrême-droite,
  • Jean-Marc Ayrault qui cloturera le week-end.
Les règles sont peut-être floues (nombre de minutes d'applaudissement, volume sonore, nombre de militants présents à l'atelier ou à la réunion de courant), le résultat sera le même, le perdant sera en dusgrâce, le gagnant sera pendant un an auréolé de l'étiquette de chouchou des militants. Pour rappel, c'est Manuel Valls qui avait gagné haut la main le concours l'an dernier.

Enfin, l'espace Encan où se déroule les ateliers est aussi l'espace Cancan le temps d'un week-end. Les journalistes se ruent sur les ténors du gouvernement à l'affut de la moindre remarque, pique, petite phrase qui illuminera l'édition suivante du JT. Il semblerait d'ailleurs que des équipes spéciales de chaines d'information fassent le pied de grue à la gare de La Rochelle pour être sûrs de ne pas rater la descente du train de Pierre Moscovici (arrivé en fin de matinée) ou de Manuel Valls (arrivé vers 18h30). Les hommes et femmes de premier plan trainent nonchalamment autour du stand "Chaine d'info" pour des interviews de quelques minutes (chapeau bas à Najat Vallaud-Belkacem qui a du passer une bonne heure afin de livrer sa vision du week-end aux 3 principales chaines d'infos en continu). Enfin c'est aussi l'occasion pour les militants de s'échanger les derniers ragots et de comparer les tenues des différents députés ou autres sénateurs (surtout que certaines tenues sont assez originales dirons-nous...)

Pour résumé, l'université d'été du PS est un lieu assez magique où il est difficile de s'ennuyer. Même si on ne sait pas toujours très bien à quoi l'on sert dans ce grand cirque médiatique, il est difficile de se dire que les forces socialistes seraient aux différents postes de pouvoir aujourd'hui sans tout le travail de fond réalisé les années précédentes.

mardi 20 août 2013

Après la projection dans l'avenir, l'action pour l'avenir

Lundi le gouvernement a fait sa rentrée des classes en participant à un séminaire sur l'état de la France en 2025. Avoir une vision à long terme, se forcer à se projeter dans l'avenir pour évaluer sa politique, l'action est novatrice et rassurante. En effet, cette façon de faire nous change de la politique à la petite semaine sans autre ligne directrice que la réaction aux faits divers. Comme prévu, l'exercice a été raillé par une droite qui peine à comprendre son passé. Pour cette droite, le gouvernement se moquait ainsi des Français en idéalisant un futur incertain alors que les Français avaient besoin que l'on s'occupe de leur présent.

Que l'opposition se rassure, le gouvernement n'a pas oublié ses concitoyens. Il n'a d'ailleurs pas oublié que des millions de familles sont en train de préparer la rentrée scolaire. Pour les aider dans cette préparation, 3 millions de familles ont touché aujourd'hui l'annuelle Allocation de Rentrée Scolaire (ARS). Rappelons que cette allocation était au coeur d'une des promesses de campagne de François Hollande et que son montant a été augmenté de 25%. Aujourd'hui donc, les familles ont reçu:
  • 360,47€ par enfant de 6 à 10 ans,
  • 380,36€ par enfant de 11 à 14 ans,
  • 393,54€ par enfant de 15 à 18 ans.
En plus de cette allocation de rentrée, le gouvernement vient aussi en aide aux familles les plus modestes pour essayer de les accompagner financièrement dans l'éducation de leurs enfants. Pour cela, deux principales mesures :
  • hausse du complément familial pour les familles de 3 enfants ou plus (90€ par mois pour une famille de 3 enfants dont le foyer gagne 1700€ par mois)
  • hausse de l'allocation de soutien familial pour les familles monoparentales (40€ par mois).
François Hollande s'est fait élire en 2012 avec une grande promesse pour la jeunesse. Pour que ce pari sur la jeunesse soit gagné, il faut agir à tous les niveaux. Il faut que l'Education Nationale soit protégée et au coeur de l'action gouvernementale (c'est le sens de la rénovation débutée par Vincent Peillon), mais il faut aussi que chaque enfant ait toutes les chances de son côté pour réussir dans ses études, et ces mesures d'aides financières sont un des leviers pour y arriver. 

En plus de ces aides pour les jeunes de moins de 18ans, Geneviève Fioraso a lancé une expérience pour aider les jeunes à poursuivre des études secondaires. Alors que de nombreux étudiants vont commencer à chercher un logement pour la nouvelle année universitaire, la ministre de l'Enseignement Supérieur dévoile son idée de Caution Locative Etudiante. L'idée est simple, aider les étudiants à trouver un logement à proximité de leur campus et tout en apportant au propriétaire les garanties nécessaires, garanties souvent difficiles à fournir pour un étudiant qui doit subvenir à ses besoins.
Pour l'année 2013, seuls 2 000 étudiants vont bénéficier de cette expérimentation mais si tout se passe bien, ce sont 20 000 étudiants qui devraient pouvoir bénéficier de cette caution dès la rentrée 2014.



Pour que la France aille mieux en 2025, il faut entre autre s'assurer que nos nouvelles générations aient les moyens d'être l'avenir de notre pays. Pour cela, la première chose à faire est de s'assurer que tous les jeunes aient le droit à la meilleure instruction possible et que leur éducation ne soit pas bridée par les finances de leurs parents. Entre des aides financières pour accompagner les familles modestes durant la scolarité obligatoire de leurs enfants et des aides pour accompagner les étudiants les plus modestes dans leurs études, le gouvernement agit aujourd'hui pour réussir à amener la France à son objectif 2025.

lundi 19 août 2013

Quelle France en 2025 ?

Aujourd'hui, le gouvernement fait sa rentrée politique en participant à un séminaire sur l'état de la France en 2025. Alors, à quoi ressemblera le pays dans 10 ans ?

Nous sommes en 2025 et le pays va mieux, principalement grâce aux bons résultats des gouvernements socialistes successifs. Il y a un peu plus de 10 ans, en 2014, les élections européennes ont été marquées par une singulière défaite des 5 principaux partis du paysage politique français puisque c'est la "coalition des non représentés" qui a reçu la majorité des suffrages, les électeurs ont massivement voté pour tous ces partis farfelus que l'on trouve habituellement à cette élection : Alliance Europe Ecologiste, parti pour la décroissance, la Terre sinon rien, Euskal Herriaren Alde, le Parti Breton (qui a fait un score à 2 chiffres en Ile de France), Alliance Royale, Europe Démocratie Esperanto, Parti Humaniste, Mouvement Résistance, Cannabis Sans Frontière, Union Des Gens, Parti Faire un Tour, Citoyenneté et Culture Européenne et Programme contre la précarité et le sexisme. 
Conséquence, François Hollande organisa un remaniement ministériel sans Europe Ecologie Les Verts qui avaient fait une campagne très dure contre le Parti Socialiste et sans le Front de Gauche qui s'était oublié dans une campagne anti-Hollande. Le nouveau gouvernement a fait la part belle aux associations, avec par exemple le président du DAL au ministère du budget, la porte parole de RESF en tant que ministre délégué à l'immigration qui a du travaillé main dans la main avec Manuel Valls resté en place. Le portefeuille de l'écologie s'est lui retrouvé dans les mains d'un militant de Greenpeace.

Fin 2016, la politique de François Hollande a commencé à porter ses fruits, le chômage est en baisse continue depuis février 2014 (0,3 points par mois), les reconductions à la frontière de famille ont totalement disparu, un loi audacieuse a fait baissé les loyers moyens de 20% dans les grandes villes et la grande politique mise en place par le ministre de l'aménagement du territoire, Axelle Lemaire, montre ses premiers résultats positifs et de moins en moins de personnes vivant en campagne ont le sentiment d'être délaissé par l'élite parisienne. C'est donc sans surprise que François Hollande remporte l'élection présidentielle de 2017 surtout que la droite était partie divisée, François Fillon et Jean-François Copé s'étant présentés tous deux.

Durant le second quinquennat de François Hollande, la vieille promesse d'arrêt de Fessenheim a enfin vu le jour (les réacteurs du site ont tous été définitivement arrêtés en janvier 2018). Il faut dire que EDF n'était plus si contre puisque la part du nucléaire dans la production française avait déjà baissé à 60% en 2017 grâce au développement de champs d'éoliennes au large du Havre et de champs de panneaux solaire en Méditerranée. Le chômage a continué à baisser et s'est stabilisé aux alentours de 5%. Martin Bouygues est en tête du mouvement des colibris, ce mouvement de patrons à petite tête qui n'ont pas vu le vent tourner et qui sont obligés de faire une croix sur des milliards d'euros qu'ils économisaient auparavant grâce au travail au noir et au chantage à l'emploi.

La fin du second quinquennat a été marquée par deux grandes primaires citoyennes. La première à gauche pour trouver un successeur à François Hollande. Harlem Désir, Axelle Lemaire, Martine Billard et Jean-Vincent Placé se présentent devant les électeurs de gauche (le FdG et EE-LV ont accepté de jouer le jeu car mis à l'écart du gouvernement depuis le remaniement de 2014, ils espèrent ainsi peser un peu plus dans le paysage de gauche) alors qu'à droite c'est une primaire opposant Nicolas Sarkozy (qui n'avait pu se présenter en 2017 pour cause d'inéligibilité), Bruno Le Maire, Gilbert Collard. Aux cris de "dictature socialissssse", c'est Axelle Lemaire (qui a toujours une grande côte de popularité en régions depuis son passage à l'aménagement du territoire) qui remporte la primaire citoyenne de gauche et l'élection présidentielle.

En 2025, nous sommes à la moitié du quinquennat de Lemaire. Deux nouvelles centrales nucléaires ont fermé (Chooz et Tricastin), la Creuse est la premier département producteur d'énergie grâce au traitement des émissions de méthane par les vaches (procédé révolutionnaire trouvé par le nouveau conglomérat énergétique public issu de la fusion de GDF et de Véolia).
Le grand chantier de François Hollande lancé en 2019, le pont Transméditerranée devrait être inauguré au début de l'année 2026. Pensé par Stéphane Le Foll (premier ministre du second quinquennat Hollande), Axelle Lemaire (ministre des affaires étrangères à l'époque) et Louis Gallois (ministre de la relance continue), ce pont supporte 2 voies ferroviaires (sur le pont supérieur) et une autoroute réservée aux véhicules roulant sans pétrole (sur le pont inférieur). Grâce à ce pont, Marseille est à 2h30 en train de Sétif.
Enfin en 2025, le ministère de la formation continue lance un plan national pour inciter les salariés à se former et à être plus à l'abri des possibles problèmes économiques de leurs employeurs. Il faut dire que c'est le dernier point noir d'une décennie socialiste à qui tout a souri dans le domaine éducatif. En effet les différentes réformes de l'éducation menées par Vincent Peillon et Geneviève Fioraso tout le long du premier quinquennat Hollande ont montré des résultats plus que positifs sur les premiers enfants qui ont eu le droit à la réforme des rythmes scolaires. Avec 96% d'une génération qui détient le bac, avec 75% des élèves diplômés dans la filière de l'enseignement supérieur qu'ils ont choisi, le modèle Français fait référence dans le monde entier (malgré un classement PISA toujours moyen).

Qui aurait cru que la rentrée politique 2013 et son séminaire verrait l'avènement de tant de changement dans la société française ? Certainement pas la droite qui avait encore une fois raillé cette rentrée. Cette droite doit regretter son comportement passé, elle qui n'est plus que la 3ème force du pays en 2025 puisque depuis plusieurs années elle se fait devancer par les Radicaux, le regroupement des radicaux de gauche, de certains membres de l'UDI, du Modem, et dirigé par Thérèse Neroud, l'ancienne dirigeante du Parti Humaniste et de la Coalition des non représentés lors des élections européennes de 2014.

lundi 12 août 2013

Rebsamen, le cumul mais pour les autres

François Rebsamen est un sacré personnage. Proche de Hollande quand ce dernier était Premier Secrétaire du PS, il est aujourd'hui maire de Dijon depuis 2001 et président du groupe socialiste au Sénat. S'il devait y avoir un remaniement ministériel, il y a fort à parier qu'il serait de la nouvelle promotion, lui qui espérait avoir le portefeuille de Manuel Valls.

Ce qui est bien avec François Rebsamen, c'est qu'il n'a pas sa langue dans sa poche et n'hésite pas à dire ce qu'il pense même quand ça va dans le sens contraire de la pensée dominante (pour le coup, Manuel Valls lui ressemble assez). J'en avais eu l'exemple en 2011 lors de l'université d'été du PS où il avait débattu avec un représentant de la LDH sur l'utilisation de caméras de surveillance dans sa ville de Dijon. Pour le JDD, c'est donc un candidat idéal pour booster un peu les ventes en pleine torpeur estivale.

Au programme : "tournée présidentielle", hyperactivité de Valls, succession de Jean-Marc Ayrault et la traditionnelle question sur le cumul des mandats. Ce n'est pas un secret, François Rebsamen est contre cette loi. Il l'a dit et répété, il ne voit pas en quoi la culture de l'entre-soi est gênante pour la politique... Aujourd'hui, alors que la loi est passée à l'Assemblée Nationale et que son examen au Sénat est prévu pour cet automne, le président du groupe socialiste persiste dans son refus d'obéir. Pour lui, si les députés sont pour l'interdiction du cumul, grand bien leur fasse. S'ils le veulent, que ça ne les touche uniquement. Non au cumul chez les députés, oui au cumul chez les sénateurs. En résumé, d'après Rebsamen, puisque nos sénateurs sont élus par les grands électeurs (dont les maires), il est normal qu'ils puissent être maire et sénateur... Chacun sa logique.

Le problème cher Rebsamen, c'est que ces mots, s'ils ne choquent pas trop venant de toi, ne sont pas ceux attendus par une personne de ton rang. Toi qui réclame une cohésion d'équipe au sein du gouvernement, toi qui réclamait que des têtes tombent en cas de discours contraires à la ligne de Matignon, n'as-tu pas l'impression de reproduire les mêmes travers ? Ce n'est pas un "simple" sénateur qui parle, c'est le président du groupe de la majorité gouvernementale. Quand ce président de groupe refuse de donner une consigne invitant à suivre la ligne du gouvernement, mérite-il de rester à sa place ou sa tête ne devrait-elle pas tomber elle aussi ? La loi sur le non-cumul des mandats n'est pas la plus importante certes. De nombreux combats plus importants vont arriver dans les prochains mois, dont une réforme brulante des retraites. Ce n'est pas une excuse pour autant de vouloir s'écarter et refuser de participer à la réalisation d'une promesse très attendue par les électeurs de François Hollande.

mercredi 7 août 2013

Christine Boutin est-elle obsédée par le cul ?

Faites ce rapide sondage autour de vous. Demander à votre entourage, aux gens que vous croisez pourquoi Nelson Mandela est-il considéré comme un héros, comme une icône ? J'ai fait le test autour de moi, je n'ai eu qu'une seule réponse : Mandela est un héros pour avoir été la figure de proue de la lutte contre l'apartheid en Afrique du Sud. Je n'ai eu aucune autre réponse que celle-ci. Même le réactionnaire Amiral Woland, voulant mettre à mal le statut de Nelson Mandela ne s'est attaqué qu'à sa lutte contre l'apartheid.

Pourtant aujourd'hui, j'ai entendu pour la première fois un autre son de cloche (sans mauvais jeu de mots). Dans l'Express, Christophe Barbier nous apprend que Christine Boutin pense que si Nelson Mandela est un héros, c'est uniquement car il a inscrit dans la constitution sud africaine le mariage pour les couples homosexuels et l'avortement.

J'ai peur que cette femme ait un problème. Pourquoi est-elle obligée de ramener tous les sujets au mariage des couples de même sexe ? Avant Christine Boutin était à mes yeux une simple conservatrice, avec une forte influence religieuse, mais chacun suit les préceptes qu'il veut. Hélas le cas Boutin empire depuis le début des débats sur le mariage pour tous. Aujourd'hui, la pauvre semble avoir atteint un point de non retour. Nous sommes surement un peu fautifs. Au début de l'année, la France entière a bien vu qu'elle était souffrante quand elle a du s'allonger sur des marches en marge d'une manifestation contre le mariage pour tous. Pudique, elle avait annoncé que c'était à cause des gaz des CRS mais toute personne ayant gouté aux gaz lacrymos sait bien que ce n'est pas la réaction habituelle. Quelques mois plus tard, elle a lancé un appel à l'aide expliquant qu'elle se sentait envahit par les gays. Récemment, sentant surement ses forces la quitter, elle a démissionné de son poste de présidente du Parti Chrétien Démocrate. Comment peut-on ignorer tous ses signes ? Comment peut-on la laisser ainsi sans aide médicalisée ?

Est-ce le signe d'une frustration refoulée, d'un amour lesbien qui n'a jamais pu voir le jour ? Est-ce au contraire une envie qui la taraude de plus en plus et qui occupe son esprit même au boulot ? Est-ce un symptôme d'un burn-out à venir, voire arrivé ? Son malaise lors de cette tragique manif pour tous a-t-il laissé des séquelles imprévues ? A-t-elle été hypnotisée par Béatrice Bourges ? Souffre-t-elle de troubles psychologiques ? Dans tous les cas, il n'est pas normal que Christine Boutin ne puisse plus s'exprimer en public sans évoquer le mariage de couples homosexuels. Je ne sais pas quoi faire, mais nous devons faire quelque chose pour l'aider. Si vous avez des idées, vous êtes les bienvenus.

Christiane Taubira : "Il faut changer de culture"

Pour faire suite à mon précédent billet, voici la réaction en images de Christiane Taubira quand on lui demande son avis sur la décision des juges. A écouter sans modération !


Rachida Dati, Christiane Taubira, qui ment ?

R. Dati se demande si elle n'a pas parlé trop vite
L'actualité étant ce qu'elle est au mois d'août, il semble que l'on soit parti pour tenir une semaine sur l'affaire des "condamnés de Dreux". En fin de semaine dernière, trois personnes condamnées à de la prison ferme n'ont pu être incarcérées à Chartres faute de place disponible. Depuis la droite crie au laxisme, ne semblant pas se rendre compte que si les prisons sont pleines, c'est justement car la Justice envoie du monde en prison.

Lundi, la Garde des Sceaux est intervenue pour expliquer qu'elle ne commenterait pas une décision de justice, surtout quand cette décision est une application de la loi. La loi en question est la loi pénitentiaire de 2009, parue au journal officiel le 25 novembre 2009.

L'intervention de Christiane Taubira n'a pas calmé l'opposition et a même réveillé Rachida Dati, qui fut rappelons le ministre de la Justice du 18 mai 2007 au 23 juin 2009. Ce mardi 6 août, l'actuelle maire du VIIe arrondissement de Paris a expliqué dans les colonnes du site internet du Journal Du Dimanche que "Taubira ment pour donner des excuses aux voyous". L'article commence fort : "Dire que la remise en liberté et la non incarcération de ces trois délinquants a été faite en fonction de la loi de 2009 (qui stipule que les aménagements de peine seront facilités pour les peines d’emprisonnement de moins de 2 ans, Ndlr), comme l’explique Christiane Taubira, c’est entièrement faux." Elle précise plusieurs conditions pour ces aménagements de peine, dont un qui tient à coeur à toute l'UMP sur le problème de la récidive : "Il faut que la personne incarcérée ne soit pas récidiviste...".

Si Rachida Dati n'est pas signataire du texte de loi promulgué, elle est tout de même à l'origine du projet de loi, elle était ministre durant les débats parlementaires, bref elle sait de quoi elle parle. Dans le JDD, elle précise donc son propos et accable l'actuelle ministre : "En outre, Mme Taubira explique que le magistrat a voulu différer l’incarcération. S’il a différé l’incarcération, ce n’est pas un aménagement de peine, c’est la non exécution d’une peine. La loi de 2009 ne permet pas de différer les incarcérations. Christiane Taubira ment sur ses deux points."

L'ancienne ministre est une personne qui aime le dialogue et le débat, elle demande donc simplement à la Garde des Sceaux plus d'explications : "Il faut qu’elle m’explique quelle est la disposition de la loi de 2009 qui indique qu’il est possible de différer des incarcérations. On ment aux Français pour donner des excuses aux voyous."

Je ne suis pas Christiane Taubira, je ne sais pas si Rachida Dati lit mon blog, mais je vais apporter ma contribution en citant quelques articles de la loi pénitentiaire de 2009.

L'article 66 de loi pénitentiaire indique : 
"Lorsque la juridiction de jugement prononce une peine égale ou inférieure à deux ans d’emprisonnement, ou, pour une personne en état de récidive légale, une peine égale ou inférieure à un an, elle peut décider que cette peine sera exécutée en tout ou partie sous le régime de la semi-liberté à l’égard du condamné qui justifie [suite toute une série de conditions permettant l'aménagement]".

Un peu plus loin, l'article 81 spécifie : 
"Le juge de l’application des peines peut prévoir que la peine s’exécutera sous le régime de la semi-liberté ou du placement à l’extérieur soit en cas de condamnation à une ou plusieurs peines privatives de liberté dont la durée totale n’excède pas deux ans, soit lorsqu’il reste à subir par le condamné une ou plusieurs peines privatives de liberté dont la durée totale n’excède pas deux ans. Les durées de deux ans prévues par le présent alinéa sont réduites à un an si le condamné est en état de récidive légale."

Enfin l'article 100 commence ainsi :
"Dans la limite de cinq ans à compter de la publication de la présente loi, il peut être dérogé au placement en cellule individuelle dans les maisons d’arrêt au motif tiré de ce que la distribution intérieure des locaux ou le nombre de personnes détenues présentes ne permet pas son application."

Pour l'article 100, j'avoue que, n'étant pas juriste, je ne suis pas sur qu'il permette de différer une incarcération. Vu que la maison d'arrêt de Chartres ne possède pas de cellule individuelle et comme l'établissement accueille 203 détenus pour 120 places, il est assez facilement compréhensible que l'on ne puisse pas rajouter de nombreux détenus...

Les autres articles sont formels. L'aménagement de peine est possible pour des récidivistes. Christiane Taubira ment-elle pour protéger les voyous, je n'en ai pas l'impression. La question se pose en revanche pour Rachida Dati. Alors a-t-elle perdu la mémoire ou ment-elle aux Français ?

Edit : D'après Maitre Eolas, c'est l'article 72 de la même loi qui précise qu'il est possible de différer une incarcération.