lundi 5 septembre 2011

La dernière rentrée des classes de Sarko


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Aujourd'hui, impossible de l'éviter, c'est la rentrée des classes. La dernière rentrée effective pour le gouvernement Sarkozy (enfin je le souhaite de tout coeur), l'avant dernière préparée par ce gouvernement qui ne respecte ni le savoir, ni sa transmission. C'est l'occasion pour moi de revenir sur un atelier très interessant de la dernière université d'été du PS, "Un nouveau contrat entre les enseignants et la Nation". En plus des animateurs socialistes Bruno Julliard et Yves Durand étaient présents trois syndicalistes Bernadette Groison de la FSU, Christian Chevalier de l'UNSA et Thierry Cadart de SGEN-CFDT.
De cette table ronde, j'en ai retenu 4 points, 2 échecs du gouvernement et 2 axes d'amélioration pour les années à venir.

Les 2 principaux échecs du gouvernement :
Tout d'abord la gestion de la crise depuis 2008 et l'absence de confiance mise sur l'éducation. L'éducation doit être vue comme un investissement à long terme, c'est uniquement par ce biais que nous formerons les cerveaux de demain, ce qui permettra à la France d'être compétitive dans la recherche et l'innovation, entre autres. A l'opposé, l'éducation n'a été vue que comme un levier pour réaliser des économies dans un budget difficile à boucler.
Ensuite, et c'est le point le plus grave à mes yeux, le gouvernement organise minutieusement un système scolaire inégalitaire uniquement basé sur le mérite. Il ne met des moyens que pour aider les élèves les plus méritants (qu'ils viennent de ZEP ou d'ailleurs) avec la mise en place d'internat d'excellence par exemple et en supprimant des postes de RASED de l'autre coté. Le gouvernement semble donc dire que si il y a échec scolaire, c'est entièrement la faute de l'enfant et qu'il n'est donc pas question d'aider cet enfant coupable.
Un des résultats visibles, la France est le pays de l'OCDE qui "consomme" le plus de cours particuliers hors enceinte scolaire (Acadomia et autres). Il faut sortir de cette vision de l'éducation comme un produit de consommation où les plus riches choisissent l'établissement de leur enfant et achètent du cours supplémentaire là où les plus pauvres vont dans leur établissement par défaut et sont livrés à eux mêmes.

Les 2 axes pour redonner à l'éducation toutes ses lettres de noblesses:
Il faut apprendre à travailler tous ensemble, c'est à dire enseignants, parents, secteur associatif et gouvernement. Pour le gouvernement, il est nécessaire de sortir du schéma classique "1 ministre = 1 réforme (le plus souvent ratée)". Pour cela, il est obligatoire d'avoir une vision d'ensemble "Primaire - Collège - Lycée - Etudes supérieures", et de travailler dans ce sens et non réaliser une reforme du lycée puis une réforme du primaire sans aucune cohésion entre les différents niveaux (ça fait d'ailleurs un sacré nombre d'années que personne n'a agit sur le collège). L'idée principale à ne pas perdre de vue est que le temps éducatif est bien plus long que le temps politique. La scolarité d'un enfant se joue sur 18 ans quand une législature n'est que de 5 ans.
Le deuxième axe est la réalisation d'une transformation structurelle de l'éducation nationale.
Dès 2012, il faudra revoir le recrutement des nouveaux professeurs, c'est à dire mettre fin au dogme de non remplacement d'un professeur sur 2 partant en retraite (bien sur). Mais c'est aussi revoir rapidement la formation des professeurs, de leur formation initiale (Master + formation professionnelle + entrée progressive dans la vie active) jusqu'à leur formation continue tout au long de leur carrière.

Une transformation structurelle qui concernerait les élèves en réfléchissant sur "le temps scolaire" :
  • revoir les planning au primaire et au collège,
  • réfléchir à l'augmentation du nombre de jours à l'école en contrepartie de la baisse du nombre d'heures quotidienne à l'école).

En ce qui concerne les professeurs, cette transformation structurelle pourrait amener à revoir leur temps de travail
  • en établissement pour favoriser le travail en équipe pédagogique
  • mais également pour créer de véritables créneaux de formation professionnelle et individuelle.
Tout ce travail sur le temps et l'organisation du travail se faisant obligatoirement en parallèle d'un travail sur le calcul du salaire des professeurs.

La transformation structurelle doit aussi s'envisager par l'autonomie et la responsabilisation des professeurs. Il ne devrait pas être nécessaire de "fliquer" un prof pour vérifier qu'il utilise la bonne méthode d'enseignement ou les bons outils. En revanche il peut être judicieux d'incorporer dans la carrière du professeur des créneaux de formation pour qu'il soit toujours au fait des dernières trouvailles pédagogiques et/ou techniques et qu'il puisse, en accord avec le reste de l'équipe pédagogique de son établissement, choisir sa façon d'organiser au mieux son propre cours.

Un certains nombre de ces idées sont déjà dans le projet du PS pour 2012, d'autres n'ont été évoquées que par une partie des syndicalistes, mais le principal tient surtout à réussir à prendre le temps de la discussion, de la consultation avec les professeurs, avec les associations de parents d'élèves, avec de nombreux intervenants spécialisés dans la jeunesse pour enfin réussir à mettre en place un véritable projet pour l'éducation nationale.

Sur le sujet, je vous invite à lire le dernier ouvrage d'Arnaud Montebourg sur le sujet, livre lisible ici, chez Melclalex.

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