mercredi 18 juillet 2012

Quand les députés de droite boycottent un président démocratiquement élu

Moncef Marzouki devant l'absentéisme de droite
Je suis déçu, pour ne pas dire choqué du comportement scandaleux d'un nombre important de députés de droite. Hier l'opposition parlementaire s'est illustrée par son machisme primaire en huant une ministre de la République pour sa tenue. Aujourd'hui, ils se sont fait remarquer par leur absence. Il n'y aurait rien d'exceptionnel à cela si à l'agenda de la séance de ce mercredi n'était pas inscrit un ordre du jour exceptionnel, le discours du président tunisien Moncef Marzouki.

En effet cette semaine, le nouveau président tunisien, est en visite officielle en France. Hier, il était reçu à l'Elysée par François Hollande. Que de changement depuis avril 2008, quand Nicolas Sarkozy s'était rendu en visite officielle en Tunisie pour rencontrer le dictateur Ben Ali (même s'il n'en était pas si fier en 2011).

Ce mercredi, le président tunisien était donc invité à s'exprimer à l'Assemblée Nationale. C'est un bel honneur que lui fait Claude Bartolone, le président de l'Assemblée Nationale, puisque seuls 16 dirigeants étrangers ont été invités à s'exprimer au Palais Bourbon depuis le début de la Vème République (dont Kofi Annan en tant que secrétaire général de l'ONU ou le roi d'Espagne Juan Carlos). Pour célébrer la venue de ce premier président issu du Printemps Arabe, je m'attendais à voir les bancs de l'Assemblée Nationale noirs de monde. Ce ne fut le cas que pour la moitié gauche de l'hémicycle puisque nous avons assisté à un boycott du discours du président tunisien à droite. D'après le twittos @Mathieu_M, seuls 55 des 196 députés UMP étaient présents !

Pourquoi ce boycott ? 
Est-ce pour montrer qu'à l'UMP, on préfère encore aujourd'hui l'époque Ben Ali, période que Michèle Alliot-Marie a essayé de sauver à tout prix. 
Peut-être que ces députés savaient déjà ce qu'aller dire le président tunisien qui a tenu à remercier toute une frange de la population qui dérange à droite ? "La partie essentielle de la France, celle des partis et des syndicats, des organisations de la société civile, la France des médias, des intellectuels et des simples citoyens, la France qui m'a donné asile, ne nous a jamais fait défaut et nous a soutenus autant qu'elle le pouvait." (extrait lu sur le Parisien)
Ou les députés de droite ont-ils voulu sanctionner l'élection démocratique de députés d'Ennahda, un parti islamique (dont monsieur Marzouki ne fait pas parti) ?

Quelles qu'aient été leurs motivations, je trouve ce comportement inadmissible. Il paraît que la droite française est aujourd'hui en "résistance", j'espère que ses prochains actes de résistance seront plus intelligents et plus respectueux de la démocratie...

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