lundi 2 juillet 2012

Sous le soleil de Palestine (5) : le Golan

Carte réalisée par la BBC
Pour la suite de ces récits de vacances, direction une autre région d'Israël à la propriété plus que controversée, le Golan.

Lors de la Guerre des 6 jours en 1967, l'armée israélienne repousse les frontières de 48 pour tripler sa superficie. En une semaine, Israël prit le contrôle de la Bande de Gaza et du Sinaï à l'Egypte, envahit la Cisjordanie et Jerusalem-Est à la Jordanie et le plateau du Golan à la Syrie. Si aujourd'hui la Bande de Gaza et la Cisjordanie forment les Territoires Palestiniens, le Sinaï est de nouveau égyptien, le cas du Golan est loin d'être résolu. Ce grand plateau qui forme la pointe Nord-Est de l'Etat d'Israël a été annexé par l'Etat hébreu le 14 décembre 1981, annexion condamnée par le Conseil de Sécurité des Nations Unies !

J'imagine qu'en 1967, l'objectif de prendre ce plateau servait à sécuriser la région et notamment les villes de Galilée en contre bas du plateau. Mais aujourd'hui avoir la main sur le Golan permet à Israël d'avoir un avantage non négligeable sur une guerre beaucoup plus sournoise mais vitale pour avoir le contrôle de l'eau. Le Golan abrite les sources de nombreux affluents du Jourdain. Cette eau, en plus d'alimenter LE fleuve vital de la région, permet au plateau du Golan d'abriter de nombreux vergers et des vignobles. 
Durant mon passage, j'ai visité l'établissement vinicole "Golan Heights Winery" qui fabrique du vin à partir de raisins récoltés aux 4 coins du Golan, ce qui leur permet d'être surement le 1er producteur de vin israélien et d'exporter 20% de leur production. Tout ce raisin provient de terres que l'on peut surement considérer comme volées quand l'on sait que 150 000 habitants (très majoritairement arabes) ont fuit le Golan entre 1967 et 1973. Il ne reste que 18 000 druzes qui ont décidé de continuer à vivre sur leur terre tout en refusant des papiers israéliens. Au début des années 70, tout en gardant le contrôle de la majeure partie du plateau, les Israéliens ont appliqué la théorie de la terre brulée dans les principales villes du Golan. L'exemple ultime est la ville syrienne de Quneitra qui est passée de ville de 20 000 habitants au statut de ville fantôme au coeur de la zone démilitarisée qui sert de zone tampon aujourd'hui entre la Syrie et Israël.

Si la visite du Golan aujourd'hui est sure à 100% au point que l'on peut croire qu'il s'agit d'un endroit comme un autre en Israël, un coup d'oeil aux différents sommets de la région nous rappelle le contraire. Par exemple, la visite du mont Bental est réputée pour être un point de vue incroyable sur la Syrie et sur le plateau du Golan. Mais une fois à son sommet, c'est en fait un mémorial en l'honneur de l'armée israélienne qui a boutée les Syriens hors d'Israël. Les guides rappellent volontiers aux visiteurs que ce poste a permis de "sauver" l'Etat d'Israël mais semblent omettre de rappeler que l'ONU ne reconnaît toujours pas la possession de ce territoire.
Position militaire au sommet du Mt Bental
Si le Golan est occupé contre l'accord de l'ONU et si le sommet du Mt Bental est un mémorial à l'armée israélienne, ça n'empêche pas de faire preuve d'humour (aucun n'y verra de la provocation) : la cafeteria au sommet du mont est nommée "Coffee Annan" !

Le compteur des actions d'Israël réalisées contre le droit international et les résolutions de l'ONU et déjà présentées sur ce blog monte donc à 2 : l'édification du Mur de séparation et l'annexion du Golan. Il y a au moins un troisième cas, la construction de colonies illégales sur les Territoires Palestiniens, mais ceci est encore une autre histoire.

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