mardi 20 novembre 2012

L'UMP, une Droite Forte comme je ne l'aime pas

Depuis lundi soir 23h, l'UMP a un chef, Jean-François Copé. Au cours de la campagne, il s'est fait remarqué avec son histoire de gamin de 12 ans se faisant racketté son pain au chocolat durant le ramadan par des jeunes musulmans, avec sa volonté de s'attaquer au racisme anti-blanc ou encore par son souhait de manifester contre le droit de vote des étrangers aux élections locales. Mais l'UMP, ce n'est pas qu'un chef, c'est aussi des idées. Pour cela, les militants ont également voté pour une motion. Si l'élection du chef a été serrée, l'élection sur les courants a fait apparaître un courant majoritaire avec près de 30% des voix, le courant de la Droite Forte.




Quelles sont ses idées ? Elles sont organisées en 7 thèmes. Attention, c'est un peu long, mais autant savoir quelle va être l'orientation à venir du principal parti d'opposition.


Thème n°1 : la lutte contre les fraudes et l'assistanat


  • Supprimer à vie les allocations sociales pour tout fraudeur récidiviste.

  • Soumettre le versement de toute allocation sociale (RSA, minimum vieillesse...) pour les étrangers aux conditions suivantes : avoir travaillé, cotisé et habité au moins 10 ans en France ;

  • Promouvoir un patriotisme fiscal : tout déserteur fiscal tenant ses comptes dans un « paradis fiscal » dans le seul but d'échapper à l'impôt français devra, s'il veut garder la nationalité française, payer la somme qu'il doit à l'administration française.

  • Supprimer la CMU, véritable passoire à fraudes, et la remplacer par une « carte de santé départementale » contrôlée et plafonnée : la dépense maximale d'un bénéficiaire de la nouvelle carte de santé ne pourra pas excéder la dépense moyenne d'un travailleur qui cotise.

  • Supprimer l'ASPA (Allocation de solidarité aux personnes âgées) pour les étrangers qui n'ont pas travaillé en France.

  • Supprimer l'AME (Aide Médicale d'Etat) en la réservant aux stricts cas d'urgence.

  • Développer considérablement les contrôles aux arrêts-maladies par l'instauration des contre-visites systématiques à l'initiative des employeurs, tout particulièrement dans la fonction publique.


Pour résumer, la Droite Forte semble considérer que seuls les étrangers fraudes et sont assistés, ou du moins, seuls ceux-ci doivent être sanctionner...


Thème 2 : Un nouveau pacte citoyen pour rendre exemplaire et transparente la vie politique, médiatique et syndicale


  • Démocratiser les chaines du service public, assurer la pluralité des sensibilités politiques dans les rédactions et libérer l'information en garantissant l'embauche de journalistes de droite sur les radios et télévisions financées par les contribuables français.

  • Supprimer le financement public des syndicats qui doivent vivre des cotisations de leurs adhérents. nda: pourtant dans le même paragraphe propose : "Une fois, la représentativité des syndicats effective, l'Etat pourra imaginer un dispositif d'aide en fonction des scores obtenus lors des élections professionnelles"

  • Garantir la transparence syndicale en mettant fin au monopole syndical issu de la loi du 23 décembre 1946, en plafonnant la mise à disposition des permanents syndicaux et en contrôlant les Comités d'entreprise des grandes entreprises publiques.

  • Rétablir le lien entre le citoyen et la Nation en instaurant un service militaire et humanitaire obligatoire de trois mois pour tous les jeunes Français à 18 ans. Il s'agit d'apprendre à chaque jeune Français les valeurs de respect, de solidarité, de courage et de don de soi mais également les droits et les devoirs pour une meilleure entrée dans la vie publique, sociale et le monde du travail. A la fois formidable creuset républicain et pépinière patriotique, ce service ouvrant droit à la retraite serait à effectuer dans les trois années suivant la majorité et serait intégré dans les cursus universitaires ou d'apprentissage ;


Ma mesure préférée est bien sur de garantir l'emploi de journalistes de droite. Le texte complet fait un énorme amalgame entre journaliste et chroniqueur ou invité. Le reste est dans la veine du discours sarkozyste entendu durant la présidentielle, les syndicats c'est mal, surtout dans la fonction publique. No comment...


Thème 3 : Pour une république forte : laïcité et vivre ensemble


  • Créer « la Charte républicaine des musulmans de France » qui aura valeur de loi.

  • Affirmer dans la Constitution française la phrase suivante : « la France est une République laïque de tradition chrétienne ».

  • Ajouter le mot « laïcité » dans la devise de la République qui deviendrait ainsi « Liberté, Egalité, Fraternité, Laïcité ».

  • Créer un Ministère de la Laïcité qui assurerait la promotion de la laïcité et qui coordonnerait les prérogatives de l'actuel ministère des cultes. Le Ministère de la laïcité assurera, entre autres, la nomination des imams de France qui devront être formés en France et pourra apposer son veto (maîtrise de la langue française, des valeurs républicaines...), à l'instar des nominations des évêques de France ;

  • Nommer 95 « Préfets de la laïcité » dans les départements afin de faire de la laïcité la colonne vertébrale de notre vivre-ensemble. Les « Préfets de la laïcité » auront pour priorité de faire émerger l'islam de France en soutenant les musulmans modérés qui aiment la France ;

  • Exclure du CFCM les organisations qui ne reconnaissent pas « la Charte républicaine des musulmans de France ».

  • Etablir la Charte de la laïcité dans les prisons françaises en interdisant les prêches d'imams salafistes et intégristes et en assurant une aumônerie exclusivement contrôlée et agréée par l'Etat.

  • Etablir la Charte de la laïcité à l'école et dans les hôpitaux : respect de la mixité scolaire à l'école publique (sport,...), interdiction des réclamations d'ordre religieux pour les repas, respect des enseignements de l'Histoire (racines judéo-chrétiennes de la France, 2nde Guerre mondiale, décolonisation,...), refus des horaires spécifiques dans les piscines entre homme et femme pour satisfaire les revendications communautaristes, respect de la mixité lors des consultations hospitalières,... Plus largement, il s'agit aussi d'étendre l'obligation de neutralité des structures publiques aux structures privées des secteurs sociaux, médico-sociaux ou de la petite enfance chargées d'une mission de service public ou d'intérêt général.



Sans trop de surprise, le thème de la laïcité est trusté par l'islam. Toutes les mesures ou presque ont pour but de contrôler l'islam en France. Les cathos intégristes de Civitas ou de la confrérie Saint-Pie X peuvent être tranquille encore un bon moment.


Thème 4 : La révolution de l'école forte : Pour une école du mérite, de la république et de la liberté


  • Rétablir l'exemplarité de l'Ecole de la République en interdisant le droit de grève des professeurs et leur conférer un nouveau statut spécial comme c'est le cas dans d'autres branches de la fonction publique. [...] Il n'est pas acceptable que certains professeurs puissent être en mesure de paralyser la société, prenant « en otage » parents et élèves, mais aussi de nombreux maires ruraux.

  • Soutenir l'autorité des professeurs en rétablissant le vouvoiement obligatoire et réciproque entre professeurs et élèves à partir de la 6ème. Réintroduire la fonction de surveillant général (CPE à autorité renforcée).

  • Valoriser le travail et le mérite des professeurs de la République en imposant pour tout nouveau professeur 25 heures de travail par semaine en contrepartie d'une hausse de salaire de 20%.

  • Recréer le lien entre l'école et la nation, en garantissant une heure hebdomadaire d'enseignement des valeurs patriotiques avec épreuve éliminatoire au bac.

  • Etablir l'école du mérite et du respect par le rétablissement des récompenses par matière (prix de mathématique, de lettres,...) et par celui de l'uniforme obligatoire dans chaque établissement (primaire et collège), choisi par l'établissement dans le cadre de l'autonomie.



Une belle vision de l'école exprimée ici. Interdiction du droit de grève et restriction du syndicalisme pour les enseignants et un retour à l'école de nos grands-parents.


Thème 5 : Le redressement économique et social


  • Supprimer, en 20 ans, le logement social en le remplaçant par de la propriété sociale pour 0€ de plus, en faisant des locataires du logement social des propriétaires : chaque année, l'Etat obligera les bailleurs sociaux et les collectivités, par l'intermédiaire des préfets, à mettre en vente 5% du parc de logement social.

  • Augmenter la durée légale du travail en instaurant la semaine des 40h de travail hebdomadaire payées 45h en cinq ans

  • Valoriser le travail en instaurant le principe suivant au nom de la justice sociale : « les revenus de la solidarité ne pourront pas dépasser les 75% du SMIC » hors prestations familiales et logement. Il est temps de réhabiliter la valeur travail et l'effort dans notre pays ;

  • Révolutionner et assouplir le Code du travail en permettant aux accords d'entreprise de se substituer progressivement à celui-ci et en instaurant un Contrat de travail unique.

  • Aligner tous les régimes du public sur ceux du privé : le régime de retraite (comme en Allemagne en 2005 avec l'alignement public-privé), les jours de carence, les cotisations chômage ou encore les tarifs des hôpitaux publics sur ceux des hôpitaux privés.

  • Poursuivre la réforme des retraites en instaurant l'âge de départ légal à 65 ans pour une retraite à taux plein.

  • Supprimer le régime de chômage des intermittents du spectacle en le réservant uniquement aux artistes.


Le redressement économique passera donc par le libéralisme exacerbé. On travaillera plus chaque jour et plus longtemps avec le départ en retraite à 65 ans. Et encore et toujours les petites attaques envers l'assistanat.


Thème 6 : Pour une UMP forte au service du peuple militant


  • Organiser chaque 1er mai, sur la place du Trocadéro à Paris, la « grande fête populaire de la droite républicaine », la fête autour du travail, du mérite, du patriotisme et de la justice.

  • Créer au sein de l'UMP un « shadow cabinet » complet et précis.

  • Soumettre les investitures électorales des candidats de l'UMP au vote démocratique des militants pour les élections nationales (primaire ouverte pour la présidentielle, vote militant par circonscription pour les législatives) comme pour les élections intermédiaires (municipales, cantonales, régionales, européennes), au moins un an avant l'élection.



Thème 7 : Les 5 premières mesures de "notre pacte régalien" pour une justice forte


  • Supprimer les remises de peine automatiques afin d'améliorer l'exécution des sanctions prononcées.

  • Créer un droit d'appel pour les victimes afin de remettre sur un pied d'égalité de droit les victimes et les accusés.

  • Renforcer l'efficacité et la visibilité des forces de l'ordre (policiers, gendarmes,…) en développant la vidéo protection, en rendant prioritaire leur présence sur le terrain, notamment en les déchargeant des fonctions d'accueil, de dépôts de plaintes ou encore de transfèrement de prisonniers.

  • Supprimer l'automaticité de l'acquisition de la nationalité française en faisant de l'expression de volonté la condition sine qua non de l'ouverture de la procédure d'acquisition.

  • Engager une grande politique de co-développement avec les pays du sud parce que seule une politique de long terme fondée sur le partenariat économique, social et culturel permettra de réguler les flux migratoires. L'Union européenne doit s'engager avec force dans une politique audacieuse de lutte contre la misère.



On a grâce à ces idées un bel aperçu de ce à quoi ressemblera le débat d'idées gauche/droite pour les 3 années à venir. Personnellement, ça ne m'enchante pas plus que ça. Premièrement car on risque fort de débattre avec des personnes qui n'ont ABSOLUMENT pas le même projet de société, en dehors des questions économiques. Ensuite, c'est cette équipe dirigeante qui sera appelée à construire le programme électoral de l'UMP pour les échéances locales à venir et surement même le projet présidentiel pour 2017. La preuve de cette rupture à droite, même François Fillon parle de fracture politique et morale.


L'UMP devient donc une Droite Forte, et ce n'est pas la droite que j'aime (si tant est que j'ai jamais aimé une version de la droite...)


7 commentaires:

  1. Bravo pour cet édifiant panégyrique de la France qui pue... idéologiquement parlant.

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    1. Pour le moment, c'est une petite part de la France. Il faut juste faire en sorte que ca ne se propage pas trop.

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    1. Et celle-ci est vraiment pas mal dans son genre

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  3. Jeudi 22 novembre 2012 :

    UMP : Copé accuse le camp Fillon de tentative de putsch.

    Jean-François Copé, dont l’élection à la présidence de l’UMP est contestée par le camp de François Fillon, a promis jeudi matin qu’il « amènera dans les heures qui viennent les éléments qui mettront fin à toute polémique et qui montreront, preuve à l’appui, des opérations massives, délibérées, préméditées de fraudes qui ont été organisées » pour l’empêcher de gagner, notamment en Nouvelle-Calédonie. Pour trancher ce contentieux électoral, il s’est par ailleurs dit prêt à « aller devant la justice », comme François Fillon l’a lui-même évoqué mercredi soir.

    « Le comportement de François Fillon, c’est l’histoire d’un mauvais perdant qui vient donner maintenant des leçons de morale, sans jamais se les appliquer à lui-même », a fustigé Jean-François Copé au micro d’Europe 1. « Il espérait une victoire très facile depuis le début, comme le montraient les sondages, et en plus de cela ses lieutenants, pour la lui garantir quoi qu’il arrive, ont fait les choses pour organiser des votes conformes à ses souhaits dans certains endroits », a-t-il ajouté. « François Fillon sait pertinemment qu’il y a eu des fraudes (…) de son côté », a-t-il encore accusé.

    « Nous sommes dans un état de droit (…), s’il faut aller au bout de la logique, à ce moment-là, il faut aller devant la justice comme il l’a évoqué », a poursuivi Jean-François Copé.

    Il a en revanche clairement rejeté l’idée d’une médiation d’Alain Jupé, que réclame le camp Fillon. « Ce n’est pas à la bonne convenance de celui qui a perdu que l’on va décider de mettre à la place le président que souhaite celui qui a perdu », a-t-il répondu, dénonçant « un coup politique, pour ne pas dire un putsch ».

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