dimanche 18 novembre 2012

This is not a method, this is provocation !

Depuis une semaine, Israël bombarde la bande de Gaza en représailles aux tirs de roquettes artisanales lancées par des factions palestiniennes armées. Benjamin Netanyahu a jugé que les tirs des Gazaouis étaient la provocation de trop et donc qu’il se devait de réagir. Mais quand ce même Netanyahu promet de ne jamais interrompre l’agrandissement des colonies israéliennes en Cisjordanie et à Jerusalem-Est ou quand il ne fait rien pour réellement interdire l’établissement de nouvelles colonies sur le territoire palestinien, n’est-ce pas une provocation de sa part ? De la même façon quand des avions de chasse israéliens survolent et dépassent le mur du son au dessus de la bande de Gaza pour effrayer la population, n’est-ce pas de la provocation ? Ne serait-ce pas en réponse à toutes ces provocations israéliennes que le Hamas agit ?

De l’autre côté de la Méditerranée, à Paris, des catholiques intégristes et quelques militants de groupuscules d’extrême-droite ont répondu à l’appel de Civitas pour manifester contre le mariage pour tous. Durant l’événement, des activistes féministes de Femen ont été frappées par des manifestants. Plus tard, les vidéos de la scène montreront que les Femen ont provoqué les manifestants en coupant leur manifestation et en leur envoyant du gaz lacrymogène. Cette provocation est dommage car elle donne une chance à des personnes antipathiques aux idées réactionnaires de passer pour des victimes et ainsi de légitimer leur moyen d’action habituelle qu’est la violence.

Dans ces deux exemples, un camp essaye toujours de se poser en victime alors qu’une analyse de la situation tend à montrer une réalité plus complexe, si ce n’est totalement différente. Dans les deux cas, des agitateurs provoquent leurs adversaires avec pour seul objectif d’arriver à leur faire perdre leur sang froid. Ainsi, ils peuvent les accuser des pires maux ou mieux faire passer au près du grand public un comportement inacceptable.

Comment réagir à la provocation ? En son temps, Jacques Chirac en voyage à Jerusalem menaçait de quitter le pays pour répondre aux agissements de l’armée israélienne sensée assurer sa sécurité. Sur le conflit israélo-palestinien, la solution pacifique et diplomatique prônée par Mahmoud Abbas ne porte pas ses fruits puisque le processus de paix est au point mort, la Palestine est toujours largement occupée par Israël et rien n’est fait pour donner de l’espoir aux Palestiniens. Dans ce contexte, on peut comprendre l’envie de solutions plus radicales. Hélas, c’est en répondant à toutes ces provocations qu’Israël arrive à se faire passer pour la victime et donc arrive à légitimer ses actions belliqueuses.

Dénoncer dès que possible les différentes provocations de ses adversaires pour les empêcher de nuire peut être une bonne première étape. Mais quand quelqu’un est victime de provocations permanentes, il ne faut pas s’étonner qu’à un moment il craque. C’est ce que l’on voit aujourd’hui au Proche-Orient et si la réaction n’est pas excusable, elle est compréhensible.

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