mardi 24 septembre 2013

Va-t-on manquer de Roms ?

Va-t-on manquer de Roms ? C'est la question légitime que vont se poser de nombreux candidats aux municipales vue la forte consommation réalisée ces jours-ci par une certaine frange politique et journalistique. 

Christian Estrosi a commencé à taper dans le stock dès le début du mois de juillet en présentant son guide anti-Roms. Un peu plus d'un mois plus tard, Valeurs Réac Actuelles réalisée une overdose qui n'est pas passée inaperçue. La semaine dernière, c'était au tour de Nathalie Kosciusko-Morizet, candidate UMP à la mairie de Paris, qui se plaignait du harcèlement dont étaient victimes les Parisiens. Dans le même laps de temps, et surfant sur la vague de soutiens au meurtrier de Nice, le maire UMP de Croix (dans le Nord) annonçait fièrement au sujet des Roms qu'il "soutiendrait ses administrés si l'un d'eux commettait l'irréparable". Ce week-end, Jean-François Copé rappelait son opposition à l'entrée de la Roumanie et de la Bulgarie dans l'espace Schengen (alors que ces 2 pays sont membres de l'Union Européenne depuis 2007) "tant que la question de la circulation et de l’installation des Roms n’aura pas été réglée."

Heureusement il reste en France des journalistes vigilants. Ce lundi soir, le jeune journal de droite L'Opinion sonne le signal d'alarme. Il n'y a que 20 000 Roms sur le territoire français d'après une enquête menée par différents ministères français, soit "moins qu'ailleurs en Europe" (dixit le quotidien). Généreux, les journalistes fournissent la carte des camps de Roms. On y apprend que comme prévu, Christian Estrosi et Eric Ciotti vont bientôt être en rupture de stock puisque seuls 3 camps sont indiqués pour tout le département des Alpes-Maritimes. On apprend également que toute la moitié ouest du pays (à l'exception de la Loire Atlantique) est déjà en pénurie. Bon courage aux candidats aux municipales dans ces départements pour trouver d'autres argumentaires.

Patience, la campagne des municipales n'a pas encore commencé dans toutes les villes de France que déjà certains candidats agitent les grosses ficelles racistes. Espérons que ce ne soit que temporaire le temps qu'ils arrivent à mettre sur pied un véritable programme. Espérons surtout que le conseiller aux municipales à l'UMP ne soit pas Patrick Buisson sinon on s'oriente vers un beau pourrissement du débat politique et cela n'annonce rien de bon puisque les élections municipales ne sont prévues que pour la fin du mois de mars 2014.

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