jeudi 12 juin 2014

Hollande aura-t-il tout bon ?

La polémique du moment sur la demande de nomination de Jacques Toubon au poste de Défenseur des Droits éclipse l'information tout aussi importante d'une deuxième demande de nomination formulée par François Hollande. En effet, si le poste de Défenseur des Droits est vacant depuis le décès de Dominique Baudis, un autre poste d'une grande importance va bientôt être vacant, celui de Contrôleur des lieux de privation de libertés.

Actuellement, c'est Jean-Marie Delarue qui occupe ce poste créé en 2008. D'après les textes, sa mission prend fin le 13 juin et ne peut être renouvelée. Le contrôleur des lieux de privation de libertés a, au cours de ses 6 années de mandat, visité toutes les prisons françaises, tous les centres éducatifs fermés, tous les centres de rétention, des dizaines de locaux de garde à vue dans les gendarmeries et les commissariats, et d’hôpitaux psychiatriques, n'oubliant pas, lui, les lieux de privations de libertés situés outre-mers. Avant de quitter son poste, Jean-Marie Delarue s'est confié à Libération sur ce qu'il l'a marqué lors des 6 dernières années. Témoignage émouvant et choquant sur la façon dont on peut oser traiter des êtres humains au 21ème siècle en France. Autre témoignage émouvant que le 1er Contrôleur des lieux de privation de libertés aura laissé derrière lui, c'est l'excellent documentaire de Stéphane Mercurio : "A l'ombre de la République". Dans ce documentaire, nous y voyons toute l'équipe autour de Jean-Marie Delarue au boulot, au contact avec les personnes emprisonnées ou internées. Reportage stupéfiant !

Tous ces témoignages montrent l'importance que revêt le rôle de Contrôleur des lieux de privation de libertés. Pour reprendre le flambeau, François Hollande a pensé à l'ancienne maire de Reims et ancienne secrétaire générale du Syndicat de la Magistrature, Adeline Hazan. Je suis heureux de cette proposition. Une femme pas encore sexagénaire qui connaît bien le monde de la Justice. Si la candidature d'Adeline Hazan est validée par le Sénat et l'Assemblée Nationale, le signal est fort. Une femme jeune et dynamique pour reprendre un tel rôle, c'est la preuve que ce poste n'est pas sous-considéré et que le président de la République souhaite avoir un contrôleur qui n'a pas sa langue dans sa poche. Car c'est là tout le challenge de la mission, il faut réussir à convaincre toutes les administrations qu'être enfermé n'est pas synonyme d'être privé de droits. 

Jean-Marie Delarue a signalé de nombreux problèmes, il a pu voir certaines corrections mises en oeuvre. Adeline Hazan devra réussir à marcher dans les traces de son illustre prédécesseur et arriver à mettre sa note dans ce rôle. L'important, à mes yeux, est de réussir à toucher les gens en expliquant simplement ce qu'elle et son équipe voient sur le terrain.

Je pense que François Hollande a trouvé la nomination juste pour ce poste. Rendez-vous dans 6 ans pour le bilan.

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