vendredi 11 février 2011

Adieu Moubarak

quils-sen-aillent-tous 

C'est fait! Après 2 semaines de mobilisation, la Révolution égyptienne a abouti au départ d'Hosni Moubarak! Hier encore, le "raïs" expliquait à la télévision qu'il comprenait les revendications des égyptiens, qu'il allait agir dans leur sens mais en restant à la tête de l'état jusqu'aux présidentielles de septembre.

Cet après midi, coup de théâtre, un hélicoptère a évacué Moubarak. Le pouvoir est abandonné à l'armée. Le président quitte le pouvoir après 30 années, l'ancien responsable des services secrets et proche du président ne prend pas la relève, reste à présent à organiser une véritable élection présidentielle, la 1ère depuis l'indépendance égyptienne.

Après la Tunisie, l'Egypte est le 2ème pays arabe à voir sa révolution aboutir en 2011. On ne peut que se demander à qui le tour? L'Algérie de Bouteflika? Saleh au Yemen? Ou puisque tout semble possible, la Lybie de Kadhafi ou l'Iran d'Ahmadinejad? Ce qui est sur, c'est que 2011 est déjà une année historique pour le monde arabe!

Revolution will not be televised?

Hier soir, j'étais scotché devant ma télé devant cette place Tahrir du Caire, devant ces quelques 200 000 Egyptiens rassemblés depuis 17 jours pour exiger le départ d'Hosni Moubarak.Hier soir, j'attendais avec une impatience fébrile le discours d'un président pas encore déchu alors que le mien s'offrait des heures de réclames à la télé.

Ce soir, je suis scotché devant ma télé pour vivre à distance la liesse de ces millions d'Egyptiens démocrates victorieux de la dictature.Ce soir, j'ai des frissons à chaque fois que la clameur de la place Tahrir retentit dans mon salon.Ce soir, je vibre avec les images des Gazaouis heureux pour leurs voisins, remplis d'espoir pour une ouverture de leur frontière.

Demain, j'espère assister à la levée de la contestation algérienne, à la confirmation du ras le bol yéménite.

Si pour ces millions d'Egyptiens, et comme le dit si bien Gil Scott-Heron, la révolution n'était pas à la télévision mais dans les rues du Caire, pour nous, la révolution a bien été télévisée, la révolution n'a pas pu être censurée, la révolution a pu être montrée au monde entier, pourvu que ces images donnent la foi à de nombreux autres...



dimanche 23 janvier 2011

Israel - Entrée interdite

Aujourd'hui je laisse la parole à ma petite soeur qui vit à Ramallah et qui espérait recevoir la visite d'un ami.

Vendredi 21 janvier 17h, un ami anglais arrivait à l’aéroport Ben Gurion de Tel Aviv pour me rendre visite en Palestine pour quinze jours.
Je m’attendais donc à ce qu’il m’appelle une fois le contrôle des passeports finis, soit vers 17h30 ou 18h… 18h pas de nouvelle, 19h pas de nouvelle, 20h pas de nouvelle, je commence à me dire qu’il doit y avoir un problème… 21h pas de nouvelle… 21h30 pas de nouvelle… 21h40 mon téléphone sonne… C’est J., qui me dit « On me refuse l’entrée, je repars en Angleterre ».  Motif officiel : non-dit. Motif supposé : voyager en Palestine.

Il a été questionné pendant 4h. On lui demandait ce qu’il venait faire en Israël : « tourisme ». Il ne l’ont pas cru (alors qu’il venait bien pour 15 jours de tourisme, certes du côté palestinien) car il était déjà venu plusieurs fois (pour faire des recherches pour ses études). Ils ont répété qu’ils ne le croyaient pas et qu’ils ne le laisseraient pas tranquille tant qu’il ne dirait pas la vérité. Ils l’ont pris en photo, pris ses empreintes digitales, il a compris que ce n’était pas bon signe. Ils ont continué à lui hurler dessus, puis il a dit « ok, je vais à Ramallah ».  On lui prend ses sacs, les vide, les fouille, ouvre tout ce qu’il a, on lui refait ses valises pour le départ dans le prochain vol…samedi 22 janvier à 18h40. En attendant ?

Direction un centre de détention de Tel Aviv où il restera jusqu’à une demie heure avant son vol. Dans la cellule, interdit d’avoir quoique ce soit : pas même un livre, un carnet ou un stylo…
Il partage sa cellule avec un Namibien qui est resté en Israël illégalement et qui avait décidé de partir pour commencer l’université en Namibie. Ce Namibien à l’aéroport a passé le contrôle des douanes, puis une personne est arrivée derrière lui et l’a arrêté. Depuis il est dans cette cellule et ne sait pas ce qui va lui arriver. On lui a dit qu’il serait transféré dans un autre centre de détention. En principe, on peut appeler son ambassade pour qu’ils se chargent de prévenir la famille et aider la personne en question. Le problème est qu’il n’y a pas d’ambassade de Namibie en Israël. Il n’a donc « pas le droit » d’appeler qui que ce soit. Il demande alors à J. d’appeler sa famille quand il sera sorti car ça fait 4 jours déjà qu’il aurait dû arriver et personne ne sait pourquoi il n’est pas là. Mais pas de stylo, un morceau de papier qui traine et un fil électrique d’une lampe cassée, il note le numéro de téléphone. Le Namibien dit que la nuit précédente c’était un autre Anglais qui avait passé la nuit là en attendant son vol de retour.
  entryDenied
18h00, J. est conduit à son avion et accompagné jusqu’à l’avion. Il récupère son passeport avec ce tampon « entry denied » (entrée refusée). Ce tampon veut dire qu’il ne reviendra probablement jamais par ici alors qu’il avait trouvé un emploi pour l’été en Palestine et avait des projets de recherches ici. Pourquoi ? Parce que se rendre dans les « Territoires Palestiniens » représente un danger pour la sécurité d’Israël. Foutaises ! Quel pays !

Donc pour tous ceux qui me disent régulièrement que ce genre d’histoire n’arrive pas si souvent et que ceux à qui cela arrivent doivent être liés à de l’activisme, voici une preuve que cela peut arriver à n’importe qui ! Mais si nos pays refusaient quotidiennement l’entrée à des citoyens israéliens sans donner de raisons, je suis sure qu’Israël n’accepterait pas ce traitement qui serait d’ailleurs surement qualifié « d’antisémitisme »… Mais comme d’habitude, tout ce qui vient d’Israël est légal… même de laisser un homme en prison sans lui donner la possibilité de passer un coup de téléphone pour prévenir sa famille qu’il va bien ! Mais oui, c’est vrai que dans beaucoup de pays il semble aussi normal qu’un Africain n’ait pas les mêmes droits !

jeudi 20 janvier 2011

Alerte enlèvement! Ecole en danger

enlevement 

En France, le personnel dans l'éducation (public et privé réunis) est passé de 1 023 310 personnes en 2004 à 950 409 en 2008 d'après l'OCDE. Ce qui correspond à une baisse de 4%.
Dans le même laps de temps qu'ont fait nos voisins européens? L'Allemagne a augmenté ses effectifs de 4%, le Royaume-Uni de 8,9%, la Suède de 10% et la Norvège de 12%. En Europe, seuls les tchèques, les Slovaques, les Hongrois et les Italiens ont diminués leurs effectifs. Ailleurs dans le monde, la tendance est elle aussi à la hausse, +7,9% aux USA, +10% en Corée du Sud.
L'an dernier, 11 200 postes ont été supprimés dans l'Éducation Nationale, 16 000 sont destinés à disparaître d'après le budget 2011.

En décembre 2010, le programme PISA qui cherche à comparer le savoir des jeunes de 15 ans entre les différents pays de l'OCDE classait la France à la 19ème place (sur 35) avec des notes toujours en-deçà de la moyenne. Depuis l'existence de ce programme (2000), la place de la France ne fait que chuter et l'écart avec les pays de tête s'agrandit.

Quelle est la ligne de conduite de ces gouvernements qui refusent de se donner les moyens pour l'éducation de ses jeunes? Derrière les beaux discours d'égalité, ce n'est pas en diminuant les effectifs et les moyens alloués à l'éducation que l'on arrivera à une réelle égalité entre toutes les personnes d'une même génération.

L'école de la République est égalitaire. Elle se doit d'offrir les mêmes chances à tous ses élèves. Pour que tous puissent réussir, il est nécessaire de mettre tous les moyens possibles pour aider ceux qui en ont le plus besoin. Ce n'est pas en réduisant le personnel éducatif, ce n'est pas en réduisant les moyens alloués aux collectivités en charge des établissements scolaires que cette mission républicaine pourra se réaliser.

Samedi après midi, partout en France, tous les syndicats, soutenus par les partis de gauche et les écologistes, appellent à se mobiliser pour lutter contre l'appauvrissement intellectuel des générations futures, pour lutter contre l'établissement d'une éducation à 2 vitesses. A Paris, la manifestation démarrera à 14h30 au Jardin du Luxembourg et prendra la direction du ministère de l'Education Nationale. J'espère que nous serons nombreux car ce n'est pas uniquement le problème des professeurs mais celui de toute la population et des générations à venir.

mercredi 12 janvier 2011

Primaires, tous à nos agendas


agendaPrimaires 

Tous à nos agendas, le calendrier des primaires est arrivé!  

Les candidats à la candidature auront du 28 juin au 13 juillet pour déposer officiellement leur candidature. Pour avoir le droit de se présenter aux primaires et pour éviter une avalanche de candidats non représentatifs, les socialistes devront être parrainés par :
  • 5% des parlementaires socialistes (soit 17 parrainages), ou
  • 5% des membres titulaires du Conseil national (soit 16 parrainages), ou
  • 5% des conseiller-es régionaux ou généraux socialistes (soit 100 parrainages) issus d’au moins 10 départements et 4 régions, ou
  • 5% des maires socialistes des villes de plus de 10.000 habitants (soit 16 parrainages) issus d’au moins 4 régions.
  • Une personne ne pourra parrainer qu'un seul candidat.
Bien sur, rien n'empêche les candidats de se déclarer avant (comme Valls, Montebourg, Royal, bientôt Hollande?), comme rien n'empêche ces mêmes candidats déclarés à se désister en cours de route (pas assez de signatures, ralliement à un autre candidat, etc.).

La campagne des primaires durera 3 mois. Le premier tour se déroulera dans toute la France le 9 octobre 2011 et si besoin, un deuxième tour aura lieu le week end suivant, le 16 octobre.

Au final, il n'y a pas de grosses surprises. Le calendrier respecte les grandes lignes votées en juillet 2010 par les militants lors de la convention sur la rénovation. Il ne sera pas avancé comme le demandait Ségolène Royal ou François Hollande et ni repoussé comme le souhaitait certains partisans de DSK. Personnellement, ca me convient. 3 mois de campagne pour un candidat désigné à l'automne, soit 6 mois avant le 1er tour. La campagne des primaires n'empiètera donc pas sur celles des cantonales qui se déroule au printemps.

lundi 10 janvier 2011

Mitterrand est mort

tombeMitterrand1.jpgFrançois Mitterrand est mort il y a 15 ans et 2 jours. Dans 4 mois sera célébré un anniversaire bien plus intéressant, les 30 ans de son accession au pouvoir. Ce moment sera propice pour revenir aux grandes réalisations socialistes (abolition de la peine de mort, avancées sociales).

Il y a donc 15 ans, décédait un Grand Homme français, mais au delà du personnage, c'est une partie de l'esprit, de l'élan qui porta la Gauche, qui est mort. Aujourd'hui, on entend Jacques Séguéla, l'homme de la Force Tranquille qui a viré Sarkozyste entre les 2 tours de 2007, clamer qu'avec "10% du SMIC, les Chinois sont heureux" ou que si on n'a pas de Rolex à 50 ans, on a raté sa vie...Quelques jours avant le 8 janvier, Roland Dumas, proche de Mitterrand, plusieurs fois ministre, dont ministre des Affaires Etrangères, part en mission en Côte d'Ivoire pour aider et soutenir le président illégitime Laurent Gbagbo.
Michel Charasse, conseiller à l'Elysée dès 1981, préfère soutenir Nicolas Sarkozy, le recevant en grande pompe dans sa commune en 2007 avant le second tour de l'élection présidentielle. L'an dernier, il entre au Conseil Constitutionnel sur nomination du président...

A voir comment ont tourné certains proches de François Mitterrand, je me demande s'il n'est pas mieux là où il est.

lundi 3 janvier 2011

Valls à contre-temps

manuel-valls.jpg 

Les années pré-présidentielles sont traditionnellement le cadre de la définition du projet (la "convention des conventions" socialiste se tiendra au printemps) et de la désignation du candidat. Mon blog va donc régulièrement se faire l'écho de la
campagne des candidats aux primaires socialistes.

Il y a deux types de candidats aux primaires, d'un côté les favoris (ou éléphants) comme Royal, Aubry ou Strauss-Kahn qui, quoi qu'ils disent (ou ne disent pas d'ailleurs), auront un écho dans les médias, de l'autre les outsiders comme Montebourg, Hamon ou Valls. Et dans ces outsiders, chacun à sa propre méthode pour se démarquer ou se faire entendre.

Arnaud Montebourg a choisi une déclaration de candidature précoce pour avoir le temps d'exposer son programme, ses idées et ses rêves. Bref une candidature réfléchie, s'appuyant sur un programme très intéressant et novateur à mes yeux, programme sur lequel je reviendrai bientôt.

A l'opposé, Manuel Valls a choisi d'essayer d'exister dans la polémique. Avant d'être candidat, en juin 2009, alors qu'il était filmé sur une brocante de sa ville, il déclarait vouloir mettre dans ce quartier "quelques Blancs, quelques white, quelques blancos". Souhaiter une mixité d'origines ou de couleurs de peau dans un quartier de sa ville plutôt qu'une mixité sociale pour résoudre les problèmes d'un quartier, on s'attendait plus à entendre ces mots de la bouche d'un membre de la droite dure plutôt que d'un socialiste... Nouvelle polémique ce dimanche, au micro d'Europe 1, Manuel Valls décide d'en finir avec le tabou des 35h, souhaitant que les Français "travaillent plus et travaillent mieux". Il reprend là une citation de Jean-François Copé, dirigeant de l'UMP... Il propose de travailler plus sans devoir payer plus les heures supplémentaires, les employés de Bosch et de Continental ont testé pour vous cette idée... Comme notre illustre président, il annonce fièrement des contre-vérités non remises en cause par un journaliste pas assez incisif.

J'ai toujours dit que les primaires devaient être le lieu d'un grand débat d'idées plutôt qu'un débat d'égos. A ce titre, la sortie de Manuel Valls est bonne et rentre bien dans le cadre. Si cela peut permettre aux socialistes de discuter ouvertement d'une des mesures phares d'un gouvernement socialiste, mesure portée à l'époque par Aubry et DSK, en s'appuyant sur des chiffres, en comparant avec ce qu'il se passe chez nos voisins européens, c'est très bien et le PS en sortira grandi. Je suis convaincu que c'est ainsi que l'on arrivera à démontrer que, non, les 35h ne sont pas une aberration.

Merci à Manuel Valls de participer dans ses primaires, non plus comme outsider, mais comme sparring partner. A l'image du boxeur, le candidat socialiste qui sortira victorieux des primaires aura eu l'occasion au cours des débats de s'entrainer à la rhétorique UMP.