mercredi 14 mars 2012

Pourquoi Depardieu soutient-il Sarkozy ?

Illustration vue sur lepacide.com
Dimanche, Gérard Depardieu était à la tribune du grand meeting sarkosyste à Villepinte. Les Inrocks se posaient la question "Comment pouvait-on en une vie d’acteur passer des Valseuses à Villepinte ?"
Ce soir, un tweet de Jean-Michel Aphatie annonçait un scoop du Canard Enchainé, à lire en page 2 de l'édition de cette semaine, en voici le contenu :

Gérard Depardieu avait de bonnes raisons d'annoncer, à la tribune de Villepinte dimanche, son soutien au candidat Sarkozy. Il les avait détaillées, récemment, lors d'un déjeuner dans son restaurant parisien.
"A chaque fois que j'ai demandé quelque chose à Sarko, il a répondu présent, a expliqué l'acteur. Quand j'ai eu récemment des problèmes avec l'une de mes affaires à l'étranger, il s'est mis en quatre et m'a réglé le problème tout de suite. Son conseiller diplomatique m'a même appelé, il a été très gentil avec moi."
Et Depardieu d'ajouter:
"Lorsque je l'appelle, il me rappelle dans le quart d'heure. Lui, c'est le président de la République ; moi, je ne suis qu'un acteur, et il me rappelle tout de suite. C'est extraordinaire."
Conclusion de Depardieu :
"J'aurais perdu beaucoup d'argent s'il ne m'avait pas aidé pour ce problème. Tout ce qu'il me demandera, je le ferai."
A quoi ça tient, un soutien...

Les soutiens ne valent pas un programme mais sont des symboles de ce que représente un candidat. J'en avais déjà parlé en évoquant les étonnants soutiens de François Hollande, cet exemple n'est pour moi qu'une confirmation que Sarkozy est le candidat des idoles du peuple et non le candidat du peuple.

mardi 13 mars 2012

Quel avenir pour l'enseignement supérieur et la recherche ?

Pendant que certains à droite ou plus à droite rivalisent de propositions pour retrouver une France forte dans ses propres frontières, d'autres cherchent des solutions pour élever le niveau de cette même France sur son territoire et dans son image à l'étranger. Un des axes est de réfléchir au rôle et surtout au fonctionnement de l'Université, de l'enseignement supérieur dans sa globalité et de la recherche.
Une des réformes majeures du quinquennat finissant aura été la loi LRU (Libertés et Responsabilités des Universités). Si l'accès à l'autonomie des universités françaises ne peut être que profitable, les moyens déployés et le premier bilan sont loin d'être acceptables.
En novembre 2011, 8 universités étaient placées sous tutelle pour être en déficit deux années consécutives. Pour d'autres universités, ce sont des plans d'austérité qui sont annoncés avec, comme pour les pays européens, gel de la masse salariale, diminution du nombre d'heures de cours dispensées, dans le but de satisfaire les exigences gouvernementales. Autonomes mais pas trop… La source du problème est claire, sur les 9 milliards d'euros promis sur 5 ans, seuls 4 milliards ont été distribués par l'état. En 2007, Nicolas Sarkozy promettait que 3% du PIB serait alloué aux dépenses de recherche. En 2010, seul 2,21% l'était…
Le Grand Emprunt devait débloquer 22 milliards d'euros pour l'enseignement supérieur et la recherche, à peine la moitié aura été versée. Dans ce domaine aussi le transfert de responsabilité n'aura pas été accompagné du transfert financier nécessaire, obligatoire et surtout prévu.
Autre résultante de la loi LRU, la création d'une compétition entre les universités françaises avec une partie du financement par appel à projet. Il est demandé aux chercheurs de sortir de leurs labos et de leurs amphis pour se vendre aux mécènes tout en essayant d'érafler l'image de son collègue d'université voisine.
Le blocage de la masse salariale dans les universités poussent aussi les universités à recruter plus de vacataires et autres CDD plutôt que d'ouvrir de véritables postes pérennes.


Autre point noir au tableau, la réussite des étudiants. En 2007 était lancé le Plan pour la Réussite en Licence. 730 millions d'euros sur 5 ans pour que les universités aient les moyens d'accompagner les jeunes étudiants et ainsi diminuer de moitié le taux d'échec en première année et rendre possible l'accession à un diplôme reconnu après 3 ans d'études.
En février 2012, la Cour des Comptes constate que « le supplément de dotation -allouée aux universités- a sans doute permis de consolider les efforts engagés par les universités (…) Mais celles ci n’ont pas assuré un suivi suffisant, la direction générale pour l’enseignement supérieur s’étant montrée trop peu regardante sur son usage ». 
De plus comment réussir dans ses études si les étudiants ont du mal à avoir un niveau de vie décent avec un accès au logement et aux soins ? Le Passeport Logement Etudiant que le gouvernement a essayé de mettre en place en 2011 ne concerne que des aides à l'accès au logement en essayant de résoudre 2 problèmes, la caution solidaire pour les parents ne pouvant se porter caution et un prêt étudiant pour le dépôt de garantie. Mais ce plan oublie la plus grosse difficultés qui est l'offre de logements !  A quoi peut servir une caution solidaire si l'étudiant ne trouve pas de loyers accessibles ?
L'état actuel sur l'accès aux soins chez les étudiants devient alarmant. D'après la LMDE (La Mutuelle Des Etudiants), 19% des étudiants (1 sur 5) n'est pas adhérent à une complémentaire santé pour raison financière. Si en 2008, 59% des étudiants bénéficiaient d'une visite médicale gratuite, seuls 32% ont eu le droit à une visite médicale gratuite durant l'année universitaire 2010-2011 ! 

Face à ce terrible constat, quelles sont les propositions de François Hollande ?

➢ Affectation de 5 000 des 60 000 postes prévus pour l'éducation nationale à un plan de recrutement et de résorption de la précarité, et ces postes devront être affectés prioritairement au premier cycle.

➢ Ouverture de pré-recrutements, en particulier pour ceux qui se destineront aux carrières de l'enseignement à travers les Ecoles supérieures du Professorat et de l'éducation qui seront créés dans le cadre des Universités.

➢ Lancement d'un programme de 40 000 nouveaux logements étudiants sur cinq ans, financés dans le cadre de la politique du logement.

➢ Améliorer le service d’orientation, pour que les jeunes, quelque soit le niveau, puissent être orientés là ou l’économie en a le plus besoin, et là où ces jeunes pourront trouver un emploi.

➢ Création d'un service public de l'orientation, unifié du secondaire jusqu'au supérieur.

➢ La première année universitaire sera revue car c'est à son niveau que se joue la majorité des décrochages universitaires.

➢ Réaffirmer la place de l'unité mixte de recherche comme élément structurant de la recherche universitaire, en rééquilibrant les soutiens de base, les crédits récurrents, et les crédits sur projets.

➢ Retour sur l'évaluation, et donc sur le fonctionnement de l'Agence d'Evaluation de la Recherche et de l'Enseignement supérieur

➢ Valoriser nettement, dans les carrières des enseignants-chercheurs, les tâches et l'implication pédagogiques.

➢ Concertation pour l'extension du chèque santé que certains départements ont déjà mis en place (par exemple la Région Ile de France donne un chèque santé de 100€ aux étudiants boursiers)

➢ Création d'une allocation d'études supérieures et de formation sous condition de ressources, dont la montée en puissance devra conduire, par la remise à plat des aides existantes, à construire un parcours d'autonomie permettant aux étudiants issus de milieux modestes de se consacrer à leurs études dans le cadre d'un contrat de réussite qui les engagera

➢ Sur l'autonomie des universités, le principe de compensation devra être respecté : à transfert de charges, transfert de moyens. Il s'agit de donner les moyens à l'Université autonome d'élaborer sa politique scientifique et sa stratégie par la mise en cohérence des différents partenaires : écoles, organismes de recherche, acteurs socio-économiques, sur la base de contrats d'objectifs et de moyens négociés.

➢ Le doctorat doit rester un diplôme national et unique ; la place des écoles doctorales doit être réaffirmée et confortée ; mais surtout nous devons nous fixer comme objectif que tout doctorant doit avoir une thèse financée avec un contrat de travail, donc une protection sociale, et que cela doit compter pour ses annuités de retraite.

jeudi 8 mars 2012

L'égalité c'est maintenant !

81,5% des emplois partiels sont occupés par des femmes, ce qui signifie que 1 femme sur 3 qui a un emploi est à temps partiel.

Les femmes gagnent 10% de moins que les hommes, à poste et expérience équivalents

Les femmes touchent une retraite inférieure d’environ 40% à celle des hommes. La moitié des retraitées reçoivent une pension inférieure à 900€.

Les femmes représentent 18,5% des députés et 22% des ministres du gouvernement.
4 départements sur 101 et 2 régions sur 22 sont dirigées par des femmes.

Plus de 100 centres IVG ont fermé depuis 2000.
5 000 femmes partent chaque année à l’étranger pour avorter du fait du dépassement du délai légal français.

75 000 femmes par an sont victimes d'un viol.
57% des lesbiennes déclarent être victimes de lesbophobie.

L'an dernier, 18% des experts invités dans les médias étaient des femmes.
26% des diplômes d'ingénieurs sont délivrés à des femmes.

Nous sommes en 2012 et ceci se passe en France.
Merci à Osez le féminisme et leur site égalité2012.fr pour tous ces chiffres.

Pour tous ces chiffres et pour toutes les autres détails de la vie quotidienne, il est nécessaire de célébrer tous les ans au 8 mars la Journée internationale des droits des femmes, au moins pour pouvoir faire un point sur la situation nationale.

Nous sommes en période électorale, on peut donc espérer une meilleure politique pour les droits des femmes. On espère d'autant plus quand on regarde les propositions de François Hollande.

Sur l'égalité salariale : Les grandes entreprises auront un délai d'un an pour se mettre en conformité avec la loi sur l'égalité salariale sous peine de se voir supprimer les exonération de cotisations salariales.
Sur la parité en politique : Suppression des dotations de l'Etat aux partis politiques qui ne respectent pas la loi sur la parité et création d'un ministère des droits des femmes.
Sur les violences : Développer les cours de sensibilisation à l'école pour changer les mentalités dès le plus jeune âge pour réduire les violences faites aux femmes.
Augmenter le nombre de centres d'hébergement d'urgence pour les femmes victimes de violence.
Sur l'avortement : Garantir un centre IVG par établissement hospitalier.

J'ajouterai qu'il faut revoir les subventions au Planning Familial pour leur permettre d'être présent sur tout le territoire pour être le plus proche et le plus disponible pour celles qui en ont besoin.
Il faut aussi plus aider l'accès à la contraception en garantissant le remboursement des différents moyens de contraception.

Et bien sur, il faut continuer à soutenir les organisations féministes (même si je ne suis pas d'accord sur tous leurs combats). C'est en combattant les détails de la vie quotidienne comme la case mademoiselle dans les formulaires administratifs, comme la représentativité des femmes dans les émissions de télévision ou leurs rôles au cinéma, que l'on peut faire avancer notre société.

Pour finir, n'hésitez pas à suivre les différents liens présents dans ce blog. Vous pourrez lire les blogueuses que je lis quotidiennement. Dans ce domaine également, la parité est loin d'être la règle.

Pour continuer le combat pour l'égalité, je vous invite à venir manifester ce jeudi 8 mars dans le cortège parisien qui reliera Nation à Bastille.
Puisque l'IVG est un droit constamment remis en cause par l'extrême droite et les catholiques intégristes, je vous donne également rendez-vous samedi 10 mars devant l'hôpital Tenon pour une nouvelle contre-manifestation contre les intégristes de SOS-tout-petit qui prie dans la rue pour la refermeture du centre IVG.

mardi 6 mars 2012

Hypothèses de campagne

Indégivrables de Xavier Gorce du 05/02/12
A mon réveil lundi matin, j'ai entendu sur France Culture un fragment d'analyse qui m'a fait cogiter une bonne partie de mon trajet matinal. Une personne exprimait une hypothèse surprenante (surtout au réveil) sur le 21 avril à l'envers. Si depuis plusieurs mois on parle de l'hypothèse d'un 21 avril à l'envers pour représenter un duel PS - FN au second tour de l'élection présidentiel, l'intervenant voyait un 22 avril sans candidat FN présent au premier tour. Si Marine Le Pen n'avait pas ses 500 signatures dans 10 jours, que se passerait-il ?

J'imagine qu'à Gauche, on assisterait à un affaiblissement du vote utile. S'il ne faut plus faire barrage à l'extrême droite pour ne pas reproduire ce cauchemar d'avril 2002, les candidats d'Europe Ecologie - Les Verts et du Front de Gauche verrait sûrement leur score augmenter. Mais nous assisterions probablement au même phénomène à droite. Sans la menace FN, certains électeurs annoncés de Nicolas Sarkozy pourrait très bien se permettre de voter pour un candidat de droite moins clivant, plus nuancé, et donc donner leur voix à François Bayrou.
Nous aurions donc un premier tour sûrement beaucoup plus serré que ne semble l'annoncer les sondages actuellement. Rien n'empêcherait par exemple de voir Bayrou dépasser Sarkozy dans la dernière ligne droite ou Eva Joly rattraper son retard sur Jean-Luc Mélenchon.
 
Que l'on considère ou non qu'il ne serait pas démocratique de ne pas avoir d'extrême-droite au premier tour, les résultats du premier tour aurait en revanche une tout autre valeur. Nous aurions un véritable rapport de force entre partis de gouvernement (je m'excuse auprès des soutiens des 2 partis d'extrême gauche mais je ne les vois pas jouer les troubles fêtes de façon significatives). Les scores ne seraient pas faussés par ce soupçon de vote utile et le président élu pourrait composer un gouvernement sans sous estimer le poids de ses partenaires.

En vérité, je ne crois pas à l'absence de Marine Le Pen dans cette élection présidentielle. En revanche, je crois effectivement que le premier tour n'est pas joué d'avance. La campagne officielle n'est pas encore lancée et tous les candidats n'ont pas la même exposition médiatique (ni dans l'importance des émissions où ils sont invités ou ni dans leur temps de parole). Les médias se concentrent plus actuellement sur les petites phrases vouées à polluer le débat plutôt qu'à la comparaison des programmes. Sur ce point, ils ne sont pas les seuls fautifs puisque certains, comme le président sortant, n'ont toujours pas présenté leur projet en intégralité.
De plus si cette campagne garde le même rythme et le même niveau, je suis prêt à parier sur une baisse de l'UMP au profit du Modem, pour les mêmes raisons que celles exposées dans l'hypothèse de l'absence de Marine Le Pen. Dans ce cas, la progression de Bayrou serait encore plus remarquable et pourrait être la surprise de ce premier tour…

Quelque soit le cas de figure, il reste encore beaucoup d'incertitude et rien n'est encore acquis. Il ne va pas falloir s'endormir sur ses lauriers. Si François Hollande est toujours en tête dans les sondages, s'il est soutenu par de plus en plus de nombre (l'interview d'Emmanuel Todd dans le Nouvel Obs en est un bel exemple), beaucoup de Français sont indécis ou non convaincu par ce qu'ils ont entendu jusqu'à présent. Il reste donc encore 7 semaines pour convaincre les indécis de venir voter et motiver le plus de monde à venir voter pour Hollande dès le 22 avril. Et pour ça, une seule solution, diffuser le projet de François Hollande (accessoirement disponible gratuitement en livre numérique pour les amateurs).

dimanche 4 mars 2012

75%, tout un symbole

Plus de justice fiscale sur toushollande.fr
Ça va faire une semaine que François Hollande a présenté sa 61ème proposition de son projet présidentiel, la création d'un taux d'imposition à 75% pour les revenus supérieurs à 1 millions d'euros. Ça va donc faire une semaine que tout le monde ne parle que de cette proposition, preuve en est au moins que le candidat socialiste est écouté et que ses propositions font réagir.

Tout d'abord pourquoi cette proposition sort-elle cette semaine ? Le 14 février, Proxinvest a publié ses derniers rapports sur les rémunérations des grands patrons français. Il en ressort que pour l'année 2010, la moyenne des augmentations des rémunérations des 40 dirigeants des entreprises cotées au CAC40 a été de 34%. Pas de jaloux chez les patrons des 80 autres entreprises du SBF 120 (les 120 plus grandes sociétés françaises cotées en bourse) puisque pour eux l'augmentation a été de 31%. On apprend également qu'en moyenne la rémunération des patrons du CAC40 est de 4,11 millions d'euros (230 années de SMIC) et que 3 d'entre eux dépassent les 9 millions de revenus annuels. C'est donc principalement suite à ces informations que François Hollande et son équipe de campagne ont décidé de créer une nouvelle tranche d'impôt sur le revenu.

Bien sur, ce ne sera pas 75% des revenus qui seront pris aux contribuables millionnaires mais uniquement la part des revenus supérieurs à 1 millions qui seront taxés à ce taux.
Actuellement le barème est celui-ci:
    Jusqu'à 5 963 euros : 0%
    de 5 964 euros à 11 896 euros : 5,50%
    de 11 897 euros à 26 420 euros : 14,00%
    de 26 421 euros à 70 830 euros : 30,00%
    au-delà de 70 830 euros : 41,00%

Dans ses 60 propositions pour la France, François Hollande propose déjà la création d'une nouvelle tranche taxant les revenus supérieurs à 150 000 euros à 45%. Ainsi, d'après mes calculs, une personne ayant 2 millions de revenus annuel devrait donc payer 1 180 641 euros, soit un taux d'imposition global de 59% (une personne gagnant 1,5 millions d'euros seraient imposée globalement à 53%). Il lui resterait donc après impôt la bagatelle de 820 000€.

Combien de personnes vont-elles être concernées par ce nouveau taux d'imposition ? Le député UMP Gilles Carrez estime que 30 000 contribuables seraient concernés (il avait envisagé un scénario avec une hausse des impôts pour ce même groupe de personnes). Si on se réfère au site revolution-fiscale.fr, seulement 6 060 Français ont un revenu mensuel supérieur à 83 333€ (soit 1 million net par an).

Vu le nombre de personnes concernées, cette mesure des 75% est surtout symbolique. Au même titre que la 47ème proposition de François Hollande sur la diminution de 30% de la rémunération du président de la République et des ministres, c'est surtout une question d'image et d'exemplarité.
Si la solidarité est l'affaire de tous, il me semble flagrant que l'effort demandé n'est pas le même à tous. Il est par exemple étonnant d'entendre parler de gel de salaires dans la fonction publique, de chômage partiel, d'accords compétitivité-emploi quand dans le même temps on entend que les 120 plus gros patrons d'entreprises françaises ont vu leur rémunération augmenter de 34% en 2010.

Je ne m'étendrais pas sur l'exemple de quelques uns de ces footballeurs menaçant d'une fuite vers l'étranger de nos meilleurs footballeurs. Ces footballeurs n'ont pas attendu François Hollande pour quitter le championnat de France. En 2010, ils étaient plus de 450 à jouer dans un pays étrangers, et ce ne doit pas être que pour le challenge sportif quand on voit qu'ils sont environ 40 au Luxembourg et autant en Suisse (autant qu'en Italie et en Espagne). Je préfère relire les déclarations de Rémy Garde (entraineur de l'Olympique Lyonnais), de Bafétimbi Gomis (joueur de l'OL) ou de Claude Onesta le génialissime entraîneur de l'Equipe de France de handball.

Je ne m'étendrais pas non plus sur le président sortant et son équipe de campagne qui ont hurlé à la folie pour avoir oser s'attaquer à leurs amis les millionnaires. Pour celui qui veut se montrer comme le candidat du Peuple ou qui aurait changé depuis le dîner du Fouquet's, le discours ne doit pas être facile à tenir… Je préfère voir que de l'autre coté de l'Atlantique, Barack Obama veut lui aussi taxer plus les millionnaires de son pays, suivant ainsi l'appel du richissime Warren Buffet.

Pour reprendre la conclusion de @CyCee, "Vivement que je puisse payer 75% d'impôts, tiens ! (Mais ce n'est pas demain la veille !)".

samedi 25 février 2012

La victoire en chantant

Cette semaine Nicolas Sarkozy et François Hollande ont présenté leur playlist de campagne. Avant de présenter ce qui serait ma playlist de campagne, regardons ce qu'écoutent ces deux candidats.

Playlist de François Hollande :
Jean Louis Aubert - Temps à Nouveau
Léo Ferré - Jolie Môme
Alex Beaupain - Pourquoi Battait Mon Cœur
Zaz - Je Veux
Yannick Noah - Angela
Adele - Rolling In The Deep
Benjamin Biolay - La Superbe
Olivia Ruiz -  Elle Panique
Nolwenn Leroy - Ohwo
Les Motivés -  Le Chant Des Partisans

Playlist de Nicolas Sarkozy :
Georges Brassens - Chanson pour l'auvergnat
Johnny Hallyday - Quelque Chose De Tennessee 
Enrico Macias - Les Gens Du Nord 
Didier Barbelivien - Oncle Georges
Elvis Presley - Love Me Tender
Julien Clerc - Si On Chantait 
Charles Aznavour - Ils Sont Tombés
Calogero - C'Est Dit 
Carla Bruni - L'amoureuse

Tout d'abord, on remarque une sélection beaucoup plus jeune à Gauche. 1 chanteur mort sur 10 interprète à Gauche contre 2 morts sur une liste de 9 artistes à droite. Pour les vivants, la moyenne d'âge est de 37,87 ans pour la playlist socialiste, soit 25 ans de moins que la moyenne d'âge des interprètes de la liste Sarkozy (62,85 ans de moyenne !).
Notons que chacun des candidats n'a choisi qu'un seul artiste étranger et que seul François Hollande a sélectionné un groupe.

Dans la liste sarkozyste, j'ai tout de même un coup de coeur ! La présence de Brassens et sa chanson de l'auvergnat. Je ne peux imaginer que cette chanson ne soit pas un clin d'oeil à la phrase d'Hortefeux qui aura valu à l'ancien ministre une condamnation en première instance pour injure raciste pour sa sortie "Quand il y a un ça va... C'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes !" Si je ne suis pas trop surpris de la présence de Carla Bruni dans la liste du président sortant, je suis un peu déçu qu'il n'ait pas fait preuve du même humour qu'avec Brassens et qu'il n'ait pas choisi la chanson Raphaël... Sur Carla Bruni, heureusement qu'elle est là, il s'agit de la seule femme à figurer dans cette liste.

A présent, je vous présente la playlist que j'aurais constitué si j'étais candidat. Comme les deux ci-dessus, je fais la part belle à la chanson française, j'ai un chanteur mort et un groupe étranger. En revanche, je cite un peu plus de groupes et tente de proposer un peu plus de styles différents.


Ma playlist de campagne:
Noir Désir - Un jour en France



MAP  feat. Keny Arkana - Appelle moi camarade


Alain Bashung - Volontaire


Patti Smith - People have the power


Daniel Darc - C'est moi le printemps


No One Is Innocent - La peau


Zebda - Jaures


Diam's - Ma France à moi


Leningrad Cowboys - Happy together


Thomas Fersen - Bella Ciao


Et vous, quelle playlist pour une campagne électorale ?

jeudi 23 février 2012

La Syrie se meurt

Vue de Homs trouvée sur l'orient le jour
Mercredi 22 février, Homs, la 3ème ville de Syrie est sous les bombes de l'armée de Bachar Al Assad depuis 18 jours non stop. Ce mercredi, 24 civils sont morts à Homs sous ces bombardements. Deux journalistes, un français, Rémi Ochlik (28 ans), et une américaine, Marie Colvin (56 ans), sont morts également dans le bombardement du quartier de Baba Amr. Depuis le début du mois, ce sont des centaines de victimes que l'on dénombre dans ce quartier, centaines de victimes qui viennent s'ajouter aux milliers de morts depuis un an dans ce pays. Tous ne sont pas morts sous les bombes ou les balles du régime d'Al Assad. Les révolutionnaires sont eux aussi coupables d'atrocités envers les défenseurs du régime. La mort de Gilles Jacquier, reporter français tué à Homs le 11 janvier en est un exemple. Mais les atrocités d'un camp ne peuvent servir d'excuses pour les atrocités de l'autre camp.
Aujourd'hui il est parfaitement acquis que le gouvernement syrien a encerclé la ville d'Homs, qu'il la bombarde tous les jours. Si ce gouvernement se cache derrière la menace terroriste pour expliquer la répression lors des manifestations pacifistes, derrière quoi peut-il se cacher pour défendre le massacre de ses propres citoyens à Homs ?

En plus de ce massacre qui n'est même pas voilé, le gouvernement continue d'enfermer des défenseurs des libertés. J'ai déjà évoqué sur ce blog la première arrestation de la blogueuse Razan Ghazzawi en décembre 2011. Le 16 février, son entreprise a été prise d'assaut par les forces de sécurité de l'armée de l'air (Air Force security branch). Razan et tous ses collègues ont été arrêtés. Elle et ses deux collègues femmes ont été relâchées 3 jours plus tard. Ses 8 collègues hommes sont toujours en détention. D'après Razan, qui hélas commence à avoir une certaine expérience dans la détention syrienne, il s'agit des plus longues heures de sa vie, sans aucun rapport avec sa précédente détention.

Pendant que l'armée exécute, Bachar Al Assad organise un fantôme de démocratie pour faire plaisir à ces amis russes et chinois, tous deux grands démocrates devant l'Eternel... Il est temps que la communauté internationale agisse. Il semble tragiquement évident que si personne n'agit, Bachar Al Assad va rayer de la carte des pans entiers de son pays : Homs est bombardée quotidiennement, les chars ont encerclé la ville de Palmyre dans le désert syrien, combien de villes devront tomber avant que quelqu'un n'agisse ?