mardi 19 août 2014

Quand Nadine Morano oppose islam et culture française

Nadine Morano aime partir se reposer sur les plages françaises pour ses vacances. Elle y est bien car elle s’attend à ce que toutes les personnes présentes soient respectueuses de la culture française. Elle est donc plus qu’agacée quand elle a le malheur de se retrouver en train de bronzer aux côtés d’une famille montrant d’après elle un total mépris pour la culture française. Non cette famille n’a pas massacré les vers d’un poème de Rimbaud, elle n’a pas raté la copie du château de Versailles en pâtés de sable, elle n’a pas mangé une tête de veau en mélangeant du ketchup à la sauce gribiche. Rien de tout cela, la femme de cette famille a osé venir sur la plage en arborant un voile sur sa tête et en portant pantalon et haut à manches longues. Cette femme a eu le culot de ne pas aller se baigner alors que son mari « se mit en maillot de bain exhibant un corps bien fait » (dixit Nadine Morano).

Nadine s’en plaint sur sa page Facebook en commentant l’événement (la mise en gras est de moi):
« Lui, a donc le droit de se déshabiller, de se baigner, elle non ! Défiance envers la femme, défiance envers ses congénères masculins...Voir cela sur le territoire des droits de l’Homme est exaspérant !
Il n’y a rien qui porte atteinte à l’ordre public puisque la femme avait le visage découvert conformément à la loi. A la vue de cette scène, on ne peut s'empêcher de ressentir une atteinte à notre culture qui heurte en matière d'égalité homme-femme.
Lorsqu’on choisit de venir en France, Etat de droit, laïc, on se doit de respecter notre culture et la liberté des femmes. Sinon, on va ailleurs !! Lorsqu’une Française se déplace dans un pays où la culture est différente, elle respecte et ne se présente pas en tenue de Bardot...
»
Sentant que ses propos vont heurter du monde, elle précise :
« Qu’on ne vienne pas me rétorquer encore une fois l’Islam...Je demande aux musulmans qui ont choisi de vivre en France et de s’y intégrer, aux Français de confession musulmane que nous respectons, de défendre avec moi, une simple réalité : La France n’est pas un Etat religieux, on peut y pratiquer sa religion en respectant avant tout le droit. La France est un Etat laïc : Il convient de l’aimer, de respecter sa culture et le droit des femmes, l'égalité entre les hommes et les femmes ou il convient d’aller vivre ailleurs ! »

Malgré ces précisions, et sans trop de surprises, Abdallah Zekri, le président de l'Observatoire national contre l'islamophobie au Conseil français du culte musulman, a justement réagit : « Est-ce que le fait de porter un voile sur la plage c'est ne pas respecter les lois de la République ? ». La France est un pays libre et non religieux. Cela ne signifie pas que l’on ne doit pas avoir de religion mais au contraire que tous ceux qui veulent vivre leur religion puissent le faire tant que ça n’a pas d’incidence sur la vie de leurs voisins. Dans ce cas, cette femme est dans son droit d’aller à la plage, tout comme des sœurs catholiques ou toute autre personne.

Cette histoire aurait pu se finir là si Nadine Morano n’avait pas décidé ce mardi matin de surenchérir après les remarques du président de l’Observatoire contre l’islamophobie :
« Tout d'un coup on entend le président de l'Observatoire de l'islamophobie... Moi je dis qu'on devrait aussi créer un observatoire du mépris de la culture française. Ça serait pas mal non plus. Il y a un moment où trop c'est trop. »

Je suis d’accord, à un moment, trop c’est trop. Ça commence à bien faire cette manie d’une droite réactionnaire et loin d’être aussi républicaine qu’elle ne le prétend de toujours attaquer les religions qui les dérangent. Encore une fois, Nadine Morano, comme son mentor Nicolas Sarkozy, n’ont pas voulu comprendre ce que signifier vivre dans un état laïc. L’article 1er de notre constitution dit :
« La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. Son organisation est décentralisée. 

La loi favorise l'égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives, ainsi qu'aux responsabilités professionnelles et sociales. »

En répondant à l’observatoire de l’islamophobie en voulant créer un observatoire du mépris de la culture française, Nadine Morano met volontairement l’islam en contradiction avec sa vision de la France. Une nouvelle fois, elle cherche à mettre au ban une minorité de Français qui ne se comporterait pas comme la majorité des Français alors que cette minorité ne se comporte simplement pas comme elle le souhaiterait. Elle ne se bat pas pour le droit des femmes mais contre le droit des musulmans à pratiquer leur religion comme ils le souhaitent. Elle rejoint ainsi le maire (UMP) de Wissous qui essaya d’interdire l’accès de « Wissous Plage » aux femmes voilées pour favoriser le « vivre-ensemble » (comprendre le « vivre entre eux »).

Madame Morano, si vous voulez réellement lutter contre les inégalités envers les femmes, alors il va falloir accepter que cela demande une éducation dès le plus jeune âge, via les ABCD de l’égalité par exemple, sujet que vous avez combattu avec véhémence (cf. l’émission Mots Croisés ou l’appel houleux passé à la rédaction de MetroNews).

A droite, Dominique Bussereau a cherché à contrer la volonté de Laurent Wauquiez, qui souhaite un renouveau de l’UMP sur des valeurs de droite assumées et tranchantes, en rappelant que l’UMP « gagne toujours avec la droite et le centre, pas en allant à droite toute. » Hélas pour lui, j’ai l’impression qu’il est de plus en plus seul sur cette ligne.

lundi 18 août 2014

Hausse des ventes de téléviseurs ce mardi

"Hausse des ventes de téléviseurs prévue pour ce mardi", c'est ce qu'il faut se préparer à entendre aujourd'hui et surtout demain, jour de versement de l'allocation de rentrée scolaire (ARS). Pourquoi ce pessimisme ? Simplement car c'est devenu une tradition à droite de tirer sur les fraudeurs aux aides publiques. A l'UMP, ils ont même un chevalier qui, tel un Don Quichotte des temps de crise, part combattre l'ARS tous les ans. Son nom est Edouard Courtial, soutien en 2012 de Jean-François Copé.

En août 2008, Edouard Courtial disait dans Le Parisien : "certains distributeurs d'électroménager enregistrent des pics de vente d'écrans plats au moment de la rentrée. J'ai entendu récemment quelqu'un dire : « On s'offrira une nouvelle télé quand on aura touché l'ARS ! »"

En décembre 2009, le même Edouard Courtial dépose une proposition de loi pour que l'ARS n'existe plus sous la forme d'un virement effectué par la Caise d'Allocation Familiale mais uniquement sous forme de titres de paiement ou sous forme de cartes à puce. 
En janvier 2010, il explique sa motivation au Figaro : "C'est simple, j'étais dans un café, et j'ai entendu une conversation au comptoir. Un homme a demandé à un autre : ‘Alors, tu l'as eu ton écran plasma ?', et l'autre lui a répondu : ‘Non, j'attends l'ARS' "

En août 2013, devinez qui vient parler de l'ARS au Figaro ? Edouard Courtial qui "constate que la fréquentation et le chiffre d'affaires des magasins d'électroménager ou des équipementiers automobiles, notamment, augmentent au moment du versement de l'ARS."

Illuminé par une brève de comptoir, le député Courtial a décidé de faire la peau à ces pauvres qui osent détourner les aides publiques. Bien sur que je ne cautionne pas l'utilisation détournée de l'Allocation Rentrée Scolaire, en revanche je suis contre le flicage de tous pour contrer la bêtise du plus petit nombre. Le député Courtial a décidé que cette allocation ne devait servir qu'à acheter stylos, cartables et éventuellement vêtements, mais le rôle de l'ARS est "d'aider les familles à financer les dépenses de la rentrée scolaire." Il y a bien sur l'équipement de base, mais aussi les frais de cantine, le potentiels frais d'hébergement (principalement pour les élèves internes). Puisque versée sur le compte des parents, cette aide peut être utilisée quand bon leur semble, en une ou plusieurs fois. En restreignant l'ARS à un simple chèque à utiliser, ces possibilités disparaitraient. En revanche, il y a fort à parier qu'un phénomène plus dommageable arriverait, la prolifération de faux chèques (quitte à frauder il me semble plus facile de dupliquer des chèques que de déclarer de faux enfants).

Ne doutons pas qu'une fois encore, Edouard Courtial sera ce mardi devant les enseignes d'électroménager pour surveiller qui vient acheter une nouvelle télévision pendant que 3 millions de familles vont profiter de cette manne, nécessaire mais loin d'être suffisante, pour préparer les derniers détails avant cette nouvelle rentrée. Rappelons que pour pour bénéficier de l’allocation de rentrée scolaire, il faut avoir eu, en 2012, des ressources inférieures à 24 137 euros pour les familles avec un enfant, 29 707 euros pour celles avec deux enfants, 35 277 euros pour trois enfants.

mercredi 13 août 2014

Aznavour veut des ghettos de réfugiés pour faire revivre la France

Charles Aznavour veut venir en aide aux populations persécutées du Proche-Orient. Pour cela, il a en tête une solution plus pacifique que l’envoi d’armes en Irak et ayant plus d’impacts sur les populations que de simples manifestations. Cette idée, il la détaille dans une tribune parue dans le Figaro. Il veut que la France accueille ces communautés. L’idée a du sens, cela s’appelle le droit d’asile, mais pour cela faut-il encore que ces gens aient les moyens et la possibilité de sortir de leur pays.

Mais Charles ne veut pas que ces Kurdes, ces chrétiens, ces musulmans, ces Arméniens viennent et errent sans but en France. Il souhaite que ces populations s’installent dans les villages français « totalement à l’abandon » et qu’ils les « fassent revivre ». D’après lui, sa solution est simple et plus efficace qu’un gala de charité :

« Puisque celles et ceux qui devraient y vivre sont partis, pourquoi ne pas les remplacer par celles et ceux qui en ont besoin? Pourquoi ne pas confier ces «villages fantômes» à ces chrétiens, ces Kurdes, ces yazidis, ces Arméniens? Ils auraient pour obligation de les reconstruire, de les faire revivre, de labourer à nouveau des terres dont la fertilité ne fait aucun doute. Ils pourraient ainsi vivre en paix, quasiment en autarcie. Je réponds, en particulier, de mes compatriotes. Je sais qu'ils sont très travailleurs. »

Voila, accueillons des réfugiés et obligeons-les à vivre dans les villages les plus reculés. Obligeons-les également à y travailler pour reconstruire ces « villages fantômes ». Ils n’auraient pas de contact avec le reste des Français, ils se débrouilleraient en autarcie. En résumé, Charles rêve d’un village d’Arméniens ici, d’un village de Kurdes là-bas, bref, de nouveaux ghettos à réfugiés. Reste à financer le sujet. Charles y a déjà pensé :

« Et l'argent, me direz-vous? Il ne s'agit pas de mettre en place un comité caritatif avec des noms prestigieux qui organisera, dans les mois à venir, de grandes soirées afin de recueillir des fonds pour aider ces réfugiés à survivre plutôt qu'à vivre. Ma proposition est plus sûre, plus rapide, et sans doute beaucoup plus économique. Il suffirait de dégager des sommes, relativement modestes, pour acheter le matériel dont ils ont besoin pour se mettre au travail. C'est tout. »

Ces réfugiés vont recevoir une somme modeste pour acheter du matériel, c’est tout. Pas de salaire pour les travailleurs, pas de revenus de solidarité. Ce qui est bien avec des réfugiés, c’est qu’ils arrivent d’un endroit où c’est tellement la crise qu’ils ne vont pas se plaindre s’ils n’ont pas d’argent pour vivre dans un village où ils sont en sécurité. Comme ils vont vivre en autarcie, ils développeront surement une économie parallèle sous forme de troc. Le médecin ou l’instituteur recevront des poules et des parties de la récolte de ces champs laissés en friche. Les boulangers troqueront leur pain contre un bœuf aux bouchers.

Drôle de vision de l’accueil de réfugiés dans un pays sur et sécurisé. Mais au-delà de tout questionnement pratique sur les conditions de vie de ces réfugiés, vous en connaissez beaucoup de villages à l’abandon où les champs sont en friche ?

mardi 12 août 2014

François Hollande potentiellement la personnalité préférée des Français

Dimanche dernier le Journal du Dimanche publiait son traditionnel classement des personnalités préférées des Français. Que retenir de ce top ? Que Jean-Jacques Goldman serait pour le 3ème semestre consécutif la personnalité préférée des Français devant Omar Sy et Dany Boon. Question hommes politique, je vais reprendre le chapeau du JDD :

« Les politiques ne sont pas à la fête dans le Top 50 du JDD. Alors que François Hollande a quitté le classement, Nicolas Sarkozy régresse de 14 places se positionnant au 29e rang des personnalités préférées des Français. »

A lire la première analyse que fait le JDD des résultats de l’enquête IFOP, on en vient à se dire que François Hollande est vraiment dans les choux, tout comme le reste de la gauche. En effet dans ce top 50, nous avons 3 personnalités de droite : Simone Veil (4ème), Nicolas Sarkozy (29ème) et Alain Juppé (49ème) et une seule à gauche, Nicolas Hulot (35ème). Le résultat serait sans appel, les Français réclament les figures emblématiques de la droite et en ont marre de la gauche, sous toute ses composantes puisque ni Jean-Luc Mélenchon, ni Eva Joly et encore moins Manuel Valls ou Martine Aubry ne sont dans ce classement.

Sauf que tout ceci est faux. Si François Hollande quitte le classement ce n’est pas par désamour des Français mais c’est le JDD (et/ou l’IFOP) qui a unanimement décidé qu’il n’y serait pas, tout comme ses autres camarades de gauche. L’enquête menée par l’IFOP a simplement consisté à présenter une liste de 50 noms et de demander l’avis de 1001 Françaises et Français :

« Vous allez voir une série de 50 personnalités françaises. Nous aimerions savoir quel(le)s sont, parmi  les suivant(e)s, les dix Français(es) qui comptent le plus pour vous aujourd'hui, et que vous trouvez les plus sympathiques.
1) Pour chaque personnalité qui va s’afficher, merci d’indiquer si vous considérez qu’elle compte et/ou que vous l’aimez bien ou si vous ne l'aimez pas (ou que vous ne la connaissez pas).
2) Parmi les personnalités que vous avez retenu comme étant des personnes qui comptent pour vous ou que vous aimez bien, quelles sont les dix qui comptent le plus pour vous ou que vous aimez le mieux ? »

Le JDD devrait s’expliquer sur son choix des candidats. Pourquoi avoir enlevé le Président de la République des personnalités testées si ce n’est pas pour avoir le plaisir de titrer qu’il sort du classement ? Pourquoi privilégier la présence d’Alain Juppé à François Fillon et Jean-Pierre Raffarin ? Pourquoi ne pas proposer au moins une personnalité de chaque grand parti politique ?

Point positif, puisque François Hollande n’a pas été testé ce semestre, il est potentiellement la personnalité préférée des Français pour le 1er semestre 2014. On ne le saura jamais puisque le JDD n’a pas voulu poser la question.

mercredi 6 août 2014

Le FN n'aime pas les pauvres, mais ses électeurs

Le FN a gagné sa dizaine de mairies lors des dernières élections municipales. Impossible de dire si cette expérience sera suffisante pour leur donner une légitimité nationale, en revanche il est clair que ces premières prises ont pour objectifs de se donner une légitimité locale. C'est pourquoi il est intéressant de voir les premières mesures prises par ces nouveaux exécutifs locaux.

La municipalité FN de Fréjus a diminué les aides pour leurs centres sociaux, diminution allant jusqu'à une baisse de 67% du budget initial. Au Pontet, c'est la gratuité de la cantine pour les plus pauvres qui est abandonnée, de même à Villers-Cotterêts. A Béziers, la garderie municipale est désormais réservée aux familles dont les deux parents travaillent, l'épicerie sociale demande désormais un minimum d'ancienneté sur le territoire pour y avoir accès.

Toutes ces mesures vont dans le sens contraire à une égalité des chances. En diminuant les participations municipales aux centres sociaux, les mairies diminuent le nombre de salariés impliqués dans les projets du quartier, ce qui diminue le nombre de projets pour ces jeunes.
En rendant payante pour tous la cantine, les mairies empêchent les enfants les moins favorisés d'avoir un accès à des plats équilibrés et aussi à une ouverture au goût (peu importe la qualité des cuisines). En effet les cantines scolaires font en sorte de proposer des repas équilibrés, font tout pour varier les produits et les goûts et sont aidées lors des différentes semaines du goût et autres pour faire découvrir de nouvelles saveurs aux élèves, toutes sortes d'ouvertures sur le monde qui sont désormais refusées aux enfants de parents pauvres dans les villes frontistes.
En réservant les garderies aux couples travailleurs, les mairies FN vont à contre-courant des études contemporaines sur les chances d'évolution des enfants. De nombreuses études montrent l'importance d'être scolarisé le plus tôt possible et être le plus au contact d'autres enfants pour avoir de meilleurs perspectives dans la vie d'adulte.
En réservant l'aide alimentaire uniquement pour les résidents  de plus d'un an, ces mairies racistes font sous entendre que certains étrangers feraient leurs courses en France, dans leurs municipalités, sans aucune envie de s'intégrer. 

En diminuant les projets pour les jeunes les moins favorisés, les mairies FN les rendent toujours plus livrés à eux-mêmes, leurs enlève toute distraction, voire toute découverte d'une nouvelle activité qu'ils pensaient inaccessibles. En provoquant leur abandon des préoccupations municipales, les mairies FN augmentent les probables rancœurs contre la représentation publique et politique et donc augmentent les risques de délinquances par pur provocation de cet ordre républicain.
En supprimant la gratuité des cantines, la municipalité du Pontet demande près de 6% du RSA à une famille au RSA avec 2 enfants pour les nourrir le midi pendant la pause déjeuner.
Suppression de la cantine, suppression de la priorité en garderie, toutes ces mesures empêchent la sociabilisation au plus tôt des enfants. Dans ces deux cas, les mairies FN veulent stigmatiser les enfants issus de familles les plus démunies en les empêchant  de se fondre dans la masse des enfants de leur âge et donc d'acquérir au plus tôt les pré-requis d'une vie sociale.

Dans ces nouvelles municipalités d'extrême-droite, le FN joue un jeu dangereux qui est d'opposer les familles qui travaillent aux familles de chômeurs. Pour le FN local, à l'image des ambitions du FN national, il faut en finir avec l'assistanat des chomeurs. Ces municipalités ne proposeront rien aux familles pour qu'elles retrouvent un emploi, en revanche ces municipalités feront tout pour que ces familles ne se sentent pas à leur place dans leur commune. Le proverbe sarkozyste "La France, tu l'aimes ou tu la quittes" s'appliquent enfin, aux yeux des électeurs Bleu Marine à leur municipalité. Le FN vient de passer un cap en ne stigmatisant plus uniquement l'étranger soupçonné de voler l'emploi d'un Français mais en stigmatisant toute personne n'ayant plus d'emploi, quelle que soit son origine ou celle de ses grands-parents.

Le plus inquiétant dans cette politique, c'est qu'elle répond à un discours développé (et critiqué ici) par la ligne Buisson à l'UMP. En agissant ainsi, les nouveaux maires FN expliquent à leurs électeurs qu'une partie de leurs voisins ne sont plus les bienvenus sur le territoire de la commune (ou du moins dans les installations publiques de la commune) uniquement car ils sont pauvres et surement qu'ils ne font pas d'effort pour s'intégrer dans la société françaises (discours accablant aussi les chômeurs français). Ces municipalités FN mettent en place une véritable lutte contre le "cancer de l'assistanat" comme le demandait Laurent Wauquiez.

Le pire est que ce combat satisfait surement la majeure partie des électeurs qui touchent un minimum de salaires et qui sont heureux de pouvoir s'en prendre à leur voisin chômeur alors que ce dernier n'y est pour rien dans les finances municipales. Reprenons l'exemple du Pontet et de sa cantine devenue intégralement payante. D'après les élus d'oppositions, cela représente une économie de 29 000 euros par an sur un budget de 50 millions. Dans le même temps le maire FN du Pontet s'augmente de 44%, ce qui représente une hausse de 12 000 euros par an, avec la hausse de 9% des indemnités des adjoints au maire, on se retrouve à un profit quasi nul pour la municipalité mais non négligeable pour les élus, le tout réalisé sur les familles les plus pauvres de la ville. Plus belle la ville, disaient-ils, surtout pour eux...

Pour avoir une légitimité locale, le FN joue sur les mêmes cordes électoralistes qu'un Dassault, un Balkany ou un Dupont-Aignan, caresser dans le sens du poil la majorité de l'ensemble électorale et tant pis pour les exclus. Ce qui m'inquiète, c'est que ces villes deviennent comme celle de Yerres où un Nicolas Dupont-Aignan n'agit qu'en fonction de la majorité statistique des électeurs (à première vue à Yerres ce sont les plus âgés), c'est dans ce genre de ville qu'un Bompard se fait réélire. Trois pots de fleurs, une subvention au diner annuel du club du 3ème âge, et rien pour les familles qui peinent à finir le mois ou pour les jeunes qui ne savent pas quoi faire durant leurs vacances, ainsi va la prospérité du FN dans les exécutifs locaux...

lundi 4 août 2014

20 destins pour commémorer la Grande Guerre

C'est d'époque, et ça va durer 4 ans, nous venons d'entrer dans les commémorations du centenaire de la 1ère Guerre Mondiale. Le 28 juin 1914, l'héritier de l'empire d'Autriche-Hongrie était assassiné à Sarajevo, capitale d'une Serbie déjà rebelle. Un mois plus tard, le 28 juillet, l'Autriche-Hongrie déclare la guerre à la Serbie, le lendemain l'empire Russe déclare la mobilisation générale et commence à regrouper ses troupes aux abords de ses frontières occidentales pour venir en soutien à la Serbie. Le 1er août, la France et l'Allemagne déclare la mobilisation générale à leur tour. Le 2 août les Allemands entrent en France et au Luxembourg. Le 4 août, l'Allemagne a envahi la Belgique et le Royaume-Uni déclare la guerre à l'Allemagne. Et tout ceci n'est que le début de 4 années d'hostilités partout dans le monde.

Si en France on se souvient particulièrement des tranchées au Nord du pays, des batailles de la Somme, de la Marne, de Verdun, toute l'Europe de l'Est fut à la même enseigne. Au sud, la Serbie est le pays qui a du payer le plus lourd tribu en terme de vies humaines. En Grèce, la ville de Thessalonique verra en 1917, 9 500 bâtiments partir en fumée. Sous couvert de guerre mondiale, l'Afrique fut aussi le théâtre d'opération visant à augmenter les territoires coloniaux. Des combats ont également eu lieu dans l'Océan Atlantique et dans l'Océan Indien. Enfin des combats eurent également lieu à l'Est de la Chine, où par exemple les Allemands ont perdu leur ville (et leur brasserie) de Tsing Tao.

Un excellent ouvrage permet d'avoir un nouveau regard sur ce conflit. Pour cela Peter Englund a choisi de vivre la Grande Guerre au jour le jour avec 20 jeunes de nationalités différentes en reprenant leurs écrits d'époque. 16 jeunes hommes et 4 jeunes femmes, si la plus jeune à 12 ans en 1914 et les deux plus vieux 45 ans, tous les autres ont entre 19 et 28 ans quand la guerre éclate. Certains viennent d'Amérique du Sud pour se battre, peu importe le pays qui les appelle, d'autres rejoignent leur continent alors qu'ils étaient exilés aux Etats-Unis, un jeune homme découvrira même deux continents, l'Afrique puis l'Europe alors qu'il vivait en Australie. Deux personnages n'iront jamais au front, les autres combattront ou soigneront en Afrique, en Asie, en Europe, sur terre, en mer et en l'air, c'est un panel complet qui se retrouve réuni autour d'un seul point commun, avoir été jeune en 1914.

Dans son livre, Peter Englund a fait le choix de la jeunesse pour ne pas écrire un nouveau livre d'histoire racontant bataille après bataille. Il nous permet de vivre les batailles comme les ont décrites les acteurs quand ils ont pu les décrire mais il nous permet aussi de vivre une partie de leur jeunesse. Pendant 4 ans, ils ont découvert leur guerre, leurs sentiments et leurs peurs. On les revit au fil des pages. En partageant ces 20 destinées, Peter Englund tente avec succès de partager des récits que l'on aurait pu entendre de nos grands-parents ou arrières-grands-parents. Mais là où nos aïeuls ne nous auraient parlé que d'un seul destin, d'un seul front, Peter Englund nous en présente une dizaine de différents, parfois même il nous permet de découvrir une même bataille vue de deux camps opposés.

 "Vingt destins dans la Grande Guerre. La beauté et la douleur des combats" est un livre exceptionnel qui permet de découvrir et de redécouvrir ce que fut la 1ère guerre mondiale. C'est du coup le livre à lire cet été pour comprendre ce qu'il s'est passé entre 1914 et 1918 et pour aider à comprendre pourquoi faut-il aujourd'hui encore commémorer des combats qui ont eu lieu il y a 100 ans.

Appelle moi si tu peux - Episode 5 de la Droite UMPitoyable

Jean-François a quitté la tête de l'UMP, depuis il est la cible de toutes les attaques des candidats à sa succession. Pour Nathalie, il est une merde, pour Nicolas, il est l'occasion rêvée de revenir sur le devant de la scène en sauveur, mais pour cela il ne faudrait pas que la justice ne se mêle de trop de ses affaires. En attendant, Bruno et Hervé font campagne pour reprendre le flambeau à l'UMP alors que François, Alain et Xavier se voient déjà en 2016.

Épisode de la semaine :
Nicolas n'arrive plus à trouver la tranquillité en France. Les juges le mettent en examen, ses proches sont aussi inquiétés par la justice et même quand il organise la publication d'un publi-reportage, on l'attaque sur son absence de respect pour le code de la route (depuis quand les casques sont obligatoires pour les anciens Présidents de la République ?). Nicolas préfère s'absenter pour donner une rapide conférence au Congo et empocher pour l'occasion la modique somme de 100 000€ (soit 10 ans de factures téléphoniques de Rachida à l'UMP). Même s'il vise un retour triomphal à la tête de l'UMP, promis il continuera à sillonner le monde pour continuer à profiter de cette belle manne financière qui ferait rêver plus d'une personne licenciée de son précédent boulot.

En France, c'est son avocat qui a des misères. Nicolas et lui sont soupçonnés (pour ne pas dire pris en flagrant délit) d'utiliser des lignes téléphoniques pour pouvoir discuter tranquillement de leurs trafics et autres corruptions actives puisque leurs lignes officielles sont sur écoutes. Lors de la perquisition chez l'avocat, ce dernier a juré sur ce qu'il avait de plus précieux qu'il n'avait qu'un seul et unique téléphone portable, celui ouvert à son nom. Quelle ne fut pas sa surprise quand l'officier en charge de la perquisition a composé un numéro de téléphone, ce qui provoqua le déclenchement d'une sonnerie depuis le peignoir de bain de l'avocat. Nicolas et son avocat réalisaient-ils des facetime dans l'intimité de leur salle de bain ? L'officier de police ne l'a pas (encore) découvert.

Jean-François se force au silence. Il ne prévoit pas de traditionnel rassemblement à la fin de l'été, il s'abstient de présence médiatique (un véritable jeûne pour cet accroc des médias depuis 2010), Jean-François serait-il rentré dans les ordres ? Pas du tout, il s'entrainerait plutôt au combat rapproché. D'ailleurs il n'hésite pas à répondre par téléphone aux attaques de Christian ou de Nathalie en leur annonçant qu'il y aura "du sang sur les murs".

C'est aussi ce qui inquiète Nadine qui défend farouchement son Nicolas (et par là Jean-François aussi pour tout ce qu'il a fait). Nadine n'a pas de mots assez durs pour tacler ceux qui osent attaquer ses chouchous de l'UMP. Elle dit d'ailleurs : 
"les pseudos-barons de l'UMP préfèrent nous faire un remake de la secte du Temple Solaire, eh bien moi, je ne suis pas adepte du suicide collectif."

Heureusement, la trêve estivale permet à certains "pseudos-barons de l'UMP", pour citer Nadine, de se rapprocher des Français. Hervé mène sa campagne tambour battant à Pézenas puis à Cabrerolles où il expliquera devant une foule de 30 militants son programme pour l'UMP. Hervé se bat pour que le futur patron de l'UMP ne soit pas candidat à la future primaire de 2016, histoire de se démarquer de Nicolas et de Bruno. Bruno qui semble pourtant adopter la même stratégie de campagne qu'Hervé. La semaine dernière, il n'a pas hésité à s'afficher avec les maires de Saint-Chély-d'Apcher et de la Carnougue. Elu, il demandera un audit détaillé de l'UMP, à croire que toutes les révélations sur le train de vie de ce parti pas comme les autres ne sont pas finies. Christian a quant à lui repris ses habitudes niçoises, quitte à être profondément choqué en attendant le bus.

Pendant ce temps là à l'UDI, une génération de trentenaire espère peser sur le débat pour éviter que leur famille ne se déchire comme l'UMP. Pour cela, il ont trouvé la solution à tous les maux en demandant aux 4 candidats, Jean-Christophe, Jean-Christophe, Hervé et Yves de s'interdire de retweeter sur Twitter pour ne privilégier que leurs propres commentaires. 

Les 2 JC, Hervé et Yves et leurs amis trentenaires ont-ils trouvé la solution miracle pour récupérer les déçus de l'UMP ? Comment Nicolas va-t-il réussir à cumuler ses ambitions de chef de l'opposition et d'intervenant en or ? Nora, à 51 ans, va-t-elle réussir à rassembler les jeunes ? Bruno, en passant par la Lozère pour arriver à Vaugirard, ne s'est-il pas trompé de route ? Nathalie et Jean-François, l'un des deux aura-t-il le dernier mot ?
Vous le saurez (peut-être) dans les prochains épisodes de la saga de l'été : La droite UMPitoyable. 


Retrouvez les épisodes des semaines passées :