mardi 22 mars 2011

Pas d'extrême droite dans nos cantons

Au lendemain du 1er tour des élections régionales, il est encore trop tôt pour tirer une conclusion politique du scrutin, conclusion qui tournera sur le nombre de départements qui changeront de bord dimanche prochain.

Il est trop tard pour pleurer sur une abstention tellement prévisible au vu de l'espace médiatique réservé à ces élections. En revanche, ce dimanche permet de tirer quelques enseignements, pas très réjouissants.
Extremes1

Tout d'abord un véritable désaveu pour l'UMP et la majorité présidentielle (étiquette choisie par de nombreux candidats ne voulant pas assumer l'héritage de ce gouvernement impopulaire). Quelque soit les chiffres choisis, c'est à dire 17% pour l'UMP, 5,5% pour les divers droite "majorité présidentielle", 9,25% pour les autres divers droite, l'UMP réalise l'un de ses plus mauvais score de l'histoire de ce qu'on appelait avant la "droite républicaine". Dimanche prochain, dans 204 cantons, il y aura des duels Gauche (PS, Front de Gauche ou Europe Ecologie Les Verts) contre Front National. Cela signifie que dans 204 cantons sur 2 035 (soit 10% des cantons renouvelables) le candidat soutenu par le parti au pouvoir n'a réussi à se qualifier pour le second tour!

Le deuxième enseignement est bien l'emploi du passé pour parler de "droite républicaine". Car le deuxième point n'est pas une soit-disante percée du FN, ni sa stagnation (ça fait environ 10 ans que l'extrême-doite française tourne dans ces eaux là), mais c'est le comportement de l'UMP envers l'extrême droite.
Depuis pas mal de temps, on s'était rendu compte que l'UMP copiait le FN en tirant les mêmes grosses ficelles. Un nouveau pas a été franchi hier soir quand Jean-François Copé, secrétaire général de l'UMP, appuyé ce lundi par Nicolas Sarkozy, a clairement annoncé qu'il n'appelait pas à faire front à l'extrême droite. Pour les leaders de l'UMP, il semble que le FN soit un adversaire politique comme un autre et qu'il n'est donc pas important d'appeler à une mobilisation de son électorat pour faire bloc contre lui. Mais à y réfléchir, peut-on en vouloir à l'UMP de ne pas appeler à voter contre :
  • un parti aux idées islamophobes (alors que l'UMP organise un pseudo-débat sur la laïcité avec ses "franco-musulmans),
  • un parti qui veut bloquer les immigrants dans les eaux internationales (la député UMP Chantal Brunel en a fait son credo),
  • un parti jouant sur la peur et l'insécurité (chose que Nicolas Sarkozy n'oserait jamais faire)
Le dernier enseignement de ce 1er tour est une lueur d'espoir à Gauche. Avec 8,22% des voix pour Europe Ecologie - Les Verts, 8,92% pour le Front de Gauche (Parti de Gauche et Parti Communiste) et les 5,41% obtenus par les candidats divers-Gauche, la Gauche française monte à plus de 48%. Certes il va falloir encore beaucoup travailler pour combattre les chiffres de l'extrême droite et de l'abstention pour vraiment réussir en 2012, mais la dynamique semble être en place et peut être porteuse d'espoir.

Pour conclure, rien n'est encore joué. Il est nécessaire de continuer à se mobiliser pour clairement dire NON! aux idées d'extrême droite, quelque soit les candidats présents 2nd tour dimanche prochain.

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