vendredi 18 septembre 2015

Plus que quelques jours pour participer au budget de Paris

Pour la deuxième année consécutive (ce qui correspond à la deuxième année du mandat de maire d'Anne Hidalgo à qui on doit cette initiative), les Parisiennes et les Parisiens sont invités à voter pour les projets qu'ils souhaitent voir se développer à Paris. L'an dernier, le processus était, faute de temps principalement, encore très descendant avec l'équipe municipale qui proposait des projet et les habitants qui votaient. Cette année, une première phase de dépôt de projet a eu lieu, où toute personne ou groupe de personnes pouvaient s'exprimer. Puis suite, à une sélection, plusieurs projets sont soumis au vote des Parisiens. 

Nouveauté cette année, vous pouvez voter soit pour des projets concernant tout Paris, soit des projets qui concernent l'arrondissement où vous vivez (ou celui où vous travaillez). Bien sur, il n'y a pas de flicage, pour l'information de l'arrondissement de résidence ou de travail, on ne vous demande que votre parole. Et parce que tous les Parisiens peuvent en profiter, pas besoin d'être majeur pour voter, ni d'être inscrit sur les listes électorales (d'ailleurs vous savez que vous avez jusqu'au 30 septembre pour vous inscrire ou pour faire modifier votre lieu de résidence), ni même d'être Français ou d'être citoyen européen. Vraiment tous les Parisiens sont appelés à voter.

Pour voter, c'est très simple, mais il ne reste plus beaucoup de temps. Le vote se tient du 10 au 20 septembre (ça se finit donc ce dimanche) et il est possible de voter sur internet (http://budgetparticipatif.paris.fr) ou dans un des nombreux bureaux de vote dans la capitale. Par exemple dans le 4ème arrondissement, il est possible de voter à la Mairie d'arrondissement, à l'Hôtel de Ville mais aussi à la Bibliothèque historique de la ville de Paris, rue Pavée (choix conseillé pour celles et ceux qui veulent voter dimanche).

Et on vote pour quoi ? 
Les projets sont divers et variés, comme celles et ceux qui les ont proposés. Pour ma part, j'ai voté pour 4 projets pour le 4ème arrondissement :
  • la rénovation des bains-douches de St Merri (je trouve même dommage que ce projet prenne le risque de ne pas être adopté alors que ce devrait être obligatoirement dans l'agenda de la mairie),
  • des outils numériques pour les séniors, c'est à dire équiper les résidences pour séniors de l'arrondissement du wifi et de tablettes en libre service. Ca permettra aux résidents de garder toujours plus de contacts avec le monde qui les entoure, et qui sait, ça peut aussi faire en sorte que leurs petits-enfants leurs rendent un peu plus souvent visite s'ils savent qu'ils pourront toujours se connecter en wifi tout en allant saluer leur famille.
  • la création de zones de rencontres dans les rues Beautreillis, Neuve Saint-Pierre et Hôtel St-Paul, ce qui signifie réduire la vitesse de circulation et laisser la priorité aux piétons puis aux cyclistes. Déjà ce projet est porté par mon conseil de quartier et rien que pour la rue Neuve Saint-Pierre et son école, ce sera une plus grande sécurité pour les familles avec des enfants scolarisés dans cette école.
Pour Paris, les projets sont nombreux et je ne les présenterais pas, ni ceux qui auront retenu mon attention, à l'exception d'un, qui est la généralisation à l'échelle parisienne de la rénovation des bains-douches, projet qui est estimé à 4,4 millions d'euros.

Saluons encore une fois cette initiative qui n'aura de sens et de légitimité que si la majorité des Parisiens se l'approprient. Alors, votons !

jeudi 17 septembre 2015

Réponses aux questions de Nicolas Sarkozy

A droite, déjà quand il n’y a pas d’afflux exceptionnel de migrants, on n’hésite pas à jouer sur la peur de leur arrivée massive. Une des plus belles illustrations en date reste le clip de campagne de Nicolas Sarkozy en 2012, clip qui jouait à fond la carte anxiogène de l’autre et la volonté de repli sur soi. Alors quand l’Europe est confrontée à une « crise des migrants » (d’après l’appellation généralement établie), il n’est pas étonnant de retrouver sur le devant de la scène notre droite nationale qui voit l’occasion idéale de ressortir ses propositions de fermeture au monde et de mettre de nouveau en avant leurs propositions visant à mettre à mal certaines règles de vie européennes. Le problème est que ces propositions ne sont pas que clivantes entre la gauche et la droite mais également à droite.

C’est pourquoi Nicolas Sarkozy demande aux militants LR de répondre à un questionnaire en 12 points cherchant à avaliser la vision radicale de l’Europe selon Sarko au détriment de propositions plus modérées pouvant provenir de ses principaux adversaires à la primaire à droite l’année prochaine.

Comme il faut être adhérent à LR pour répondre à ce questionnaire sur le site du parti, je vais répondre ici à ce questionnaire.


1-      Êtes-vous d’accord pour la suspension immédiate de Schengen, ce qui signifie le rétablissement temporaire des contrôles aux frontières nationales pour les étrangers non européens?
NON.
Premièrement, ça ne signifie pas que le rétablissement temporaire des contrôles aux frontières pour les étrangers non européens mais un rétablissement d’un contrôle aux frontières pour toute personne désirant franchir la frontière. Demandons à tous les travailleurs frontaliers s’ils ont envie de perdre du temps matin et soir pour présenter leur carte d’identité.
Ensuite, rétablir les frontières nationales ne va en rien empêcher des migrants d’arriver en France. Quand ils sont aux portes de la France, ils ont réussi à sortir de leur pays, à traverser terres et mers, du coup si on leur dit que la frontière est fermée, ils vont surement faire quelques kilomètres supplémentaires et traverser champs, cols de montagnes ou fleuves pour arriver à leurs fins.


2-      Approuvez-vous la suppression de Schengen I et la refondation d’un Schengen II, ne faisant adhérer que les pays européens adoptant une politique migratoire commune ?
NON.
Comment répondre oui à une question sans savoir ce qu’il se cache derrière Schengen II ? Le processus de législation européen est connu et long. Supprimer Schengen I en attendant un éventuel Schengen II, cela revient à fermer nos frontières pendant plusieurs années.
On aurait pu se poser la question lors des élargissements successifs de l’Union Européenne de l’intérêt d’avoir des pays qui n’acceptent pas toutes les règles de l’UE. Pourquoi avoir dans l’UE des pays qui refusent la zone Euro ou Schengen ? De la même façon, pourquoi interdire aux nouveaux pays intégrant l’UE d’intégrer Schengen immédiatement ?
Je suis en revanche pour que l’Union Européenne ait une politique migratoire commune, comme elle devrait avoir une politique fiscale commune, une politique de défense commune et bien d’autres actions communes.


3-      Estimez-vous nécessaire de créer des centres de rétention, à l’extérieur de l’Europe, pour empêcher les drames en Méditerranée et n’examiner que les demandes d’accueil provisoire des réfugiés de guerre ?
NON et NON.
Sur les centres de rétention, ce que propose Sarkozy est simplement l’inverse d’un centre de rétention. Un centre de rétention est utilisé « pour retenir les étrangers auxquels l'administration ne reconnaît pas le droit de séjourner sur le territoire français et a décidé de procéder à leur éloignement forcé ». D’après cette définition, le but de ces centres serait l’éloignement forcé du centre, donc le rapprochement forcé de l’Europe ?
Pourquoi l’UE aurait le droit de construire des centres en dehors de ces frontières ? Sarkozy veut-il faire comme les USA et avoir des centres illégaux à l’étranger ?
En revanche, il existe des centres de réfugiés (en Turquie ou au Liban pour les Syriens par exemple) et il pourrait être intéressant que les réfugiés coincés dans ces centres puissent faire des demandes d’asile ou des demandes d’entrée sur le territoire et ainsi faire ensuite un voyage sereinement et en règle jusqu’à leur pays d’accueil.

Le deuxième point ressemble à une grosse ficelle sarkozyste pour faire passer en douce sa volonté de n’accueillir que des réfugiés de pays en guerre (suivant quelle définition de l’état de guerre ?) et ainsi de s’autoriser à refuser l’entrée sur le territoire français à toutes les autres nationalités. Par exemple, tu es un opposant politique iranien ? Interdit d’essayer de fuir les geôles promises. Tu es homosexuel en Arabie Saoudite ? Interdit de venir en France pour échapper à la peine de mort.


4-      Pensez-vous que, dans le cadre de Schengen II, les États européens, devront mieux lutter contre la fraude à l’asile, en définissant une liste commune des pays d’origine sûrs ?
Non.
Qu’est-ce que la fraude à l’asile ? Pour avoir le droit d’asile dans un pays, il faut remplir des dossiers, il faut que ces dossiers soient validés par les autorités compétentes du pays demandé. Une personne arrivant en France peut faire une demande d’asile. Sous Sarkozy et avant, elle pouvait attendre 2 ans avant d’avoir une réponse, bientôt avec la réforme en cours, elle ne devra attendre que 9 mois. Si cette soit-disante fraude à l’asile concerne ceux en attente de réponse, qui l’aurait favorisé ou entretenu et qui a agit pour la diminuer en diminuant le délai de réponse ?


5-      Faut-il diminuer l’attractivité sociale de l’Europe, en harmonisant les prestations sociales versées aux étrangers dans les pays membres de Schengen II ?
NON.
Diminuons l’attractivité sociale en harmonisant par le bas les prestations, avec un peu de chance, on va trouver un pays qui donne 50€ par mois par personne. Le discours sarkozyste ne changera jamais. Alors que l’Union Européenne a toujours servi à pousser les pays vers des jours meilleurs, Sarkozy veut toujours profiter de l’UE pour niveler vers le bas. Un tel peut travailler 60 heures par semaine, un autre n’a pas de SMIC, lui emprisonne à tout va et là-bas elles n’ont pas le droit d’avorter, copions les.
Non harmonisons-nous, ayons une véritable politique européenne commune avec un socle d’aide minimum (accès aux soins, accès à un logement, aides financières) adapté à chaque pays et ensuite laissons chaque pays en faire plus s’il le souhaite. Ce pays pourrait ainsi être moteur pour améliorer les conditions dans le reste de l’Europe sur la base d’une expérience réussie. Ne voyons pas petit, voyons grand pour notre pays.



6-      Êtes-vous favorable à ce que le Parlement vote, chaque année, des plafonds limitatifs permettant de maîtriser l’immigration vers la France et de diminuer le regroupement familial ?
NON.
On parlait d’asile, et nous voila confronter au regroupement familial. Nicolas Sarkozy a déjà joué avec des quotas. Au final, il a réussi à faire en sorte que des jeunes diplômés d’établissements d’enseignement supérieur tel que de jeunes ingénieurs n’aient pas le droit de commencer à travailler en France. Il a aussi déjà essayé de mettre en place des listes de pays et des listes d’emplois autorisés aux étrangers. Autant d’actions scandaleuses qui ont fait honte à un pays comme la France et qui ont conduit tant de personnes à refuser un second mandat à Nicolas Sarkozy. Ne l’oublions pas.


7-      Faut-il supprimer, pour les étrangers en situation illégale, l’aide médicale d’Etat et la remplacer par le traitement de la seule urgence médicale ?
NON.
Pas étonnant de retrouver ici la marotte d’une grande partie de la droite française qui n’a toujours pas digéré la création de cette aide mais qui n’y a jamais touché quand elle était au pouvoir. L’aide médicale aux étrangers, même en situation irrégulière, est une notion de salubrité publique. Les microbes, les virus ne demandent pas de papiers avant de s’attaquer à quelqu’un. Comme tout problème, s’il n’est pas traité à temps, alors il coute plus cher à résoudre ensuite (si on attend le seuil de l’urgence médicale) et surtout il devient un risque pour le reste de la société. Par exemple, en France, la tuberculose reste un problème grave de santé qui touche principalement les régions les plus défavorisées du territoire.


8-      Êtes-vous d’accord pour que les allocations familiales et les aides au logement ne soient plus ouvertes aux étrangers dès leur arrivée, mais seulement après au moins cinq ans de séjour légal ?
NON.
Pourquoi attendre 5 ans avant d’avoir une APL qui aidera à payer son loyer ? Les aides sociales en France sont déjà soumises à la régularité du séjour. Cela signifie qu’un étranger doit d’abord justifier d’être réellement résidant en France, d’avoir les papiers le prouvant, avant de pouvoir bénéficier d’une quelconque aide. Au passage, évoquer ce sujet juste après une question sur les étrangers en situation irrégulière doit être utile pour insérer une confusion dans l’esprit des gens. A titre de rappel, une personne en situation irrégulière en France ne touchera pas d’allocations familiales ni d’aides au logement. Elle ne pourra que bénéficier du remboursement de la sécurité sociale pour ses soins médicaux, dans la même mesure que les trop nombreux Français bénéficiant de la CMU.


9-      Faut-il faciliter les expulsions des clandestins dans leurs pays d’origine, en ne versant plus d’aide publique au développement aux pays qui refusent de coopérer ?
NON.
J’avoue que c’est un non de principe puisque je n’ai pas compris la logique derrière la question. En quoi, ne plus aider financièrement au développement d’un pays va-t-il faciliter les expulsions de clandestins vers leur pays ? A la limite, ça peut encourager ces pays à surveiller mieux leurs frontières…
Cette question est d’autant plus étrange qu’une grande partie des migrants dans l’épisode actuel viennent de Syrie, d’Afghanistan ou d’Irak (3 des 5 pays les plus représentés), 3 pays qui ont surement autre chose à faire que de coopérer et qui ne doivent pas toucher tant d’aides au développement que ça…


10-   Faut-il renforcer les critères de naturalisation, pour mieux respecter le principe d’assimilation à la communauté nationale ?
NON.
Qu’est ce que la communauté nationale ? Pour être naturalisé, il faut parler français, ça je suis d’accord. Je suis pour le fait qu’il faille avoir vécu un certains temps sur le territoire, ça me parait la meilleure garantie pour l’assimilation.
J’ai plus de doute sur les tests actuels qu’il faut réussir alors qu’une bonne partie des Français né sur le territoire n’ont surement pas la réponse. J’espère que ces critères ne prennent pas en compte la religion ou la façon de faire la cuisine, à part ça je ne vois pas quels critères il faudrait respecter. Que Nicolas Sarkozy soit plus précis dans ses questions, sinon, comment veut-il qu’on réponde ?


11-   Faut-il adapter le droit du sol, en prévoyant que les étrangers nés en France pourront devenir Français à 18 ans, sauf si l’Etat s’y oppose en cas de condamnation pour des actes de terrorisme ou de délinquance ou lorsque les parents étaient en situation irrégulière ?
NON.
On peut déjà perdre sa nationalité suite à des actes de terrorisme. C’est d’ailleurs ce qu’il s’est passé cette année pour une personne il me semble. Du coup, on ne peut qu’être d’accord avec Nicolas Sarkozy, ça ne sert à rien de donner une nationalité si c’est pour la reprendre aussitôt.
Pour les parents en situation irrégulière, je ne sais pas si Sarkozy se souvient de l’état de ses femmes quand elles étaient enceintes, ça m’étonneraient qu’elles étaient partante pour un petit voyage pour accoucher dans un pays étranger. Son maître à penser Charles Pasqua, pourfendeur également du droit du sol, aurait été fier de lui, mais ce sera bien sur sans moi.

mardi 18 août 2015

Allocation de rentrée, Edouard Courtial (LR) est de retour

Edouard Courtial prêt pour la rentrée
Chacun a ses petites habitudes. Chez Edouard Courtial, le jour du versement de l'ARS (Allocation de Rentrée Scolaire) est synonyme de rentrée des classes et de sortie médiatique. Edouard Courtial n'aime pas l'ARS et, contrairement à certains politiques au discours changeant, Edouard n'aime pas l'ARS depuis 2008 et le fait savoir tous les ans.

Août 2008, Edouard Courtial disait dans Le Parisien : "certains distributeurs d'électroménager enregistrent des pics de vente d'écrans plats au moment de la rentrée. J'ai entendu récemment quelqu'un dire : « On s'offrira une nouvelle télé quand on aura touché l'ARS ! »"

Décembre 2009, le même Edouard Courtial dépose une proposition de loi pour que l'ARS n'existe plus sous la forme d'un virement effectué par la Caisse d'Allocation Familiale mais uniquement sous forme de titres de paiement ou sous forme de cartes à puce. 

Janvier 2010, il ressort sa brève de comptoir pour expliquer sa motivation au Figaro : "C'est simple, j'étais dans un café, et j'ai entendu une conversation au comptoir. Un homme a demandé à un autre : ‘Alors, tu l'as eu ton écran plasma ?', et l'autre lui a répondu : ‘Non, j'attends l'ARS' "

Juin 2012, François Hollande est fraichement élu et veut de suite mettre en oeuvre une de ses promesses de campagne, la hausse de 25% de l'ARS. Edouard Courtial réagit sur sa page Facebook : "25% de plus d’ARS ne doit pas se traduire par un écran 25% plus grand !"






Août 2013, devinez qui vient parler de l'ARS au Figaro ? Edouard Courtial qui "constate que la fréquentation et le chiffre d'affaires des magasins d'électroménager ou des équipementiers automobiles, notamment, augmentent au moment du versement de l'ARS."

Août 2015, Edouard Courtial apparaît de nouveau. Il publie sur sa page Facebook un court texte rappelant son engagement de toujours :
"Alors que cette allocation est essentielle pour les familles et leur permet d’équiper correctement leurs enfants, certains foyers la détournent de son but premier.
Je ne mets en cause ni l’existence de cette aide, ni l’intégrité d’une grande majorité de familles, simplement son application. Chaque droit s’accompagne d’un devoir. Chaque enfant a le droit d’être scolarisé dans de bonnes conditions et bien équipé, mais les parents ont le devoir d’utiliser cette aide à bon escient. C’est absolument anormal de voir des télévisions 3D, et autres gadgets être financés en partie grâce cette allocation et ce au détriment de l’enfant."
Le pauvre homme doit être proche de la crise de nerfs puisque François Hollande le provoque depuis son élection. Pour la rentrée des classes de 2012, le Président de la République fraichement élu a demandé à son gouvernement d'augmenter de 25% le montant de l'Allocation. Ce montant a continué de grossir avec une hausse de 1,2% en 2013 et une hausse de 0,7% en 2014. Depuis l'an dernier, le gouvernement continue de provoquer Edouard Courtial en appliquant le choc de simplification également à la déclaration nécessaire pour l'obtention de l'ARS. Plus besoin de fournir de certificat de scolarité pour les étudiants et apprentis âgés de 16 à 18 ans, une attestation sur l'honneur suffit. Sous conditions de revenus, ce sont 3 millions de familles qui ont reçu aujourd'hui ce coup de pouce pour préparer la rentrée des classes.

samedi 15 août 2015

Pensées à tous les persécutés d'Orient

Pour ce 15 août, certaines églises françaises ont fait sonné leurs cloches en solidarité avec les Chrétiens d'Orient, persécutés dans leurs pays. Le principe est original. L'athéisation de le France semble avancer à marche forcée puisque les églises se sentent obligées de trouver une excuse pour faire sonner leurs cloches, ce qui est idiot puisqu'à longueur d'années, ces cloches sonnent et d'autant plus aujourd'hui, jour de l'Assomption.

Comme ça fait de nombreuses années que je n'ai pas écouté les prédications d'un prêtre dans une église, je n'ai pas tous les tenants et aboutissants de cette nouvelle journée de solidarité. Ce qui fait que je ne comprends pas pourquoi les chrétiens d'Occident ont décidé de choisir lesquels de leurs prochains ils aideront.

De ma perception de l'actualité, la vie en Orient n'est pas facile tous les jours. En Irak, les chiites sont régulièrement la cible d'attentats des sunnites de Daesh. En Syrie, toutes les communautés religieuses sont prises en étau entre le terrorisme de Daesh et la folie totalitaire d'el-Assad. Les chrétiens et leurs lieux de culte sont la cibles des terroristes, mais les alaouites sont promis à un avenir très sombres dès que la protection d'el-Assad aura pris fin. Les druzes du sud de la Syrie sont martyrisés par les djihadistes d'Al Qaeda et ont besoin de l'aide des Israéliens. Au Liban, c'est les chiites du Hezbollah qui terrorisent une partie de la population. En Israël, les arabes musulmans sont considérés comme des citoyens de seconde zone et des ultra-orthodoxes mettent le feu à des églises, dont celle célébrant le miracle de la multiplication des pains. Si on s'éloigne un peu plus vers l'est, en Birmanie, des bouddhistes mènent une guerre contre leurs concitoyens musulmans.

Je ne sais pas si le 15 août est le jour de la solidarité internationale, mais si on peut attirer le regard sur les situations critiques en Syrie, en Irak, en Cisjordanie pour toutes les populations alors cette journée servira peut être à quelque chose. Ayons donc une pensée particulière pour tous les chrétiens qui ont perdu une vie protégée par d'anciens dictateurs, ayons également une pensée pour les juifs de la région éduqués dans la peur de leurs voisins, ayons une pensée pour tous les musulmans, peu importe la branche de leur islam car le persécuteur devient si rapidement le persécuté et enfin ayons une pensée à tous les habitants de ces pays, croyants ou non, pratiquants ou non, qui vivent au quotidien dans la peur. Pensées aux habitants d'Orient, qui vivent tous dans des pays magnifiques et qui ne peuvent pas en profiter comme ils le devraient.

mardi 11 août 2015

Les vacances de Monsieur Hollande

Mais où François Hollande va-t-il passer ses 9 jours de vacances ? Cette question est sur toutes les lèvres dans les rédactions de Closer, Voici et autres titres du genre. Mais il n'y a pas que la presse people qui aimerait savoir. Le Figaro, le Point, RTL et les chaines d'infos en continue en font aussi des articles, preuve s'il en était besoin de la frontière de plus en plus mince entre information politique et information people. Certains sont surement en train de scruter la météo des plages à la recherche d'une dépression.

Je comprends ces journalistes. Les vacances présidentielles sont souvent du pain béni pour faire des articles au bashing facile. Presque tous les présidents de la Vème République y ont eu le droit. Georges Pompidou a du délaisser ses vacances à St Tropez pour ne pas paraitre trop jet-setter. Valérie Giscard-d'Estaing, quant à lui, ne rechignait pas à une semaine de chasse au Gabon, une époque qui doit paraître bien lointaine aux proches de Cécil le Lion. François Mitterrand aussi avait goût pour les vacances à l'étranger et essayait d'entrer en communion avec les forces de l'esprit de l'Egypte antique. 

La dernière décennie du précédent siècle aura vu la presse et les Français plus attentifs aux vacances de leurs présidents. Jacques Chirac a bien essayé de passer des vacances grand luxe dans l'Océan Indien mais face à la polémique, il s'est rabattu dans la résidence d'Etat du fort de Brégançon. Pour la peine, il n'a pas hésité à punir les journalistes présents en leur offrant les meilleurs clichés de leurs carrières, clichés qui se révèleront invendables, car qui voudrait payer pour avoir les photos du Président de la République intégralement nu ? Nicolas Sarkozy aura lui aussi du mal à assurer le service après-vente de ses vacances. A peine élu, il se rendait sur le yacht de Vincent Bolloré, confirmant sa proximité avec les puissants patrons du CAC40. Quelques semaines plus tard, il passait du temps dans une somptueuse villa américaine, tel un Gatsby contemporain.

François Hollande, après avoir fait campagne sur le thème d'un candidat normal pour une présidence normale, a gouté les joies des départs en train et des vacances en France métropolitaine. Bien sur, il fut tout autant critiqué que s'il était parti chasser le lion nu en compagnie des dirigeants de la banque Rothschild. Cette année, tel un chat échaudé, le Président de la République joue la carte du secret. Les journalistes ne savent pas où le photographier, il pourra ainsi porter ce qu'il veut, prendre l'apéro avec qui il veut, et se reposer un minimum avant de se lancer dans une nouvelle séquence qui ne devrait pas être de tout repos. Ces vacances secrètes vont bien sur faire râler les râleurs, mais ces derniers l'auraient fait de toute façon.

Pour finir, rassurons les Français interrogés lors du micro-trottoir d'iTélé ce samedi. Inquiets d'une vacance du pouvoir, ce n'est pas parce que les journalistes ne savent pas où aller pour photographier le Président de la République, que le Président n'est pas joignable. 

lundi 10 août 2015

Fêtons Tel Aviv sur Seine

Paris Plage au coeur d'une polémique estivale digne d'une sortie de Nadine Morano, qui aurait pu le croire ? Je savais qu'il fallait vraiment s'ennuyer au mois d'août pour relayer les propos de Nadine va à la plage (été 2014) ou de Nadine refait l'histoire (été 2015) mais je ne pensais pas que l'on arriverait à chercher la polémique entre les palmiers et les grains de sable des quais de Paris Plage. Pourtant Paris Plage, et par là son organisatrice et Maire de Paris Anne Hidalgo, serait au coeur d'un scandale diplomatique ! La ville de Paris a osé organiser une journée d'animation durant le mois de Paris Plage en l'honneur de Tel Aviv.

Du coup, levée de boucliers, haro sur l'Hôtel de Ville, pétition sur le net, no pasaran Anne Hidalgo soutient des pires dictatures !

Comment Anne Hidalgo, maire social-traitre socialiste de Paris, peut-elle faire de la publicité pour une ville d'un état au main des néo-conservateurs nationalistes ? Souvenez-vous, il y a un an exactement, le gouvernement de Benyamin Netanyahu lançait une N-ième opération contre la Bande de Gaza, "bordure protectrice". Le bilan de cette opération se chiffre à plus de 2 000 morts, dont 80% de civils. Depuis Benyamin Netanyahu a provoqué des élections législatives et a de nouveau formé un gouvernement de coalition avec la branche la plus nationaliste israélienne. Cet été, après un nouvel acte de violence de colons israéliens envers des familles palestiniennes (qui se sont soldées par la mort d'un enfant et de son père brulés dans l'incendie de leur maison), le Premier Ministre israélien a décidé de montrer ses muscles envers les Israéliens soupçonnés de terrorisme envers les Palestiniens en leur appliquant le même traitement (peu respectueux des Droits de l'Homme) que celui réservé aux soit-disant terroristes palestiniens. 

En résumé, comment Anne Hidalgo ose-t-elle faire la promotion d'un tel Etat sanguinaire ?

Peut-être qu'en y regardant de plus près la maire de Paris ne promeut en aucun cas la politique israélienne mais mets en avant une simple (mais néanmoins très importante) ville. Tel Aviv sur Seine n'annonce pas un événement à la gloire de Netanyahu, ni un déferlement de propagande anti-palestinienne. Soulignons plutôt que la ville de Tel Aviv est surement l'une des villes les plus ouvertes de ce pays, en matière de respect des populations arabes, des minorités sexuelles ou des modes de vies s'éloignant des canons religieux. On est loin de la ville de Safed et ses ultra orthodoxes à tous les coins de rues et encore plus loin des villes champignons des colonies qui s'imposent par la force sur les terres palestiniennes. Ce n'est d'ailleurs peut-être pas un hasard si le maire de Tel Aviv, Ron Huldai, est membre du parti Travailliste et non du Likoud.

Je ne porte pas Benyamin Netanyahu dans mon coeur, je suis un soutien du boycott des produits israéliens issus des colonies, mais je ne vois pas le lien avec la critique de Tel Aviv. Aurait-il fallu supprimer le festival du film américain de Deauville pendant la 2ème guerre en Irak ? Doit-on arrêter de mettre la culture chinoise à l'honneur ? C'est en confondant et mélangeant toutes les luttes que l'on perd en crédibilité. On perd d'autant plus en crédibilité quand la gauche de la gauche, toujours prompte à critiquer une proximité droite-gauche, se retrouve (une nouvelle fois) aux côtés de l'extrême-droite tendance Soral et Dieudonné.

Les produits israéliens issus des colonies ne représentent pas la même chose que la vie à Tel Aviv. D'un côté nous avons une appropriation illégitime d'une terre, de ses ressources, d'un espace vital autant physique qu'économique (d'ailleurs soulignons le partenariat entre la ville de Paris et Bethleem sur la gestion de l'eau). De l'autre côté on a une ville ouverte sur le monde et qui s'offre une publicité par ce jumelage d'un jour. Encourager la visite de Tel Aviv ou de Jerusalem n'est pas synonyme d'encouragement à la politique expansionniste israélienne au dépens des Palestiniens. Encourager à visiter les rives de la Méditerranée n'est pas une atteinte aux Droits de l'Homme.

Certes, on pourra toujours reprocher que cet argent du tourisme sera toujours une manne financière qui pourrait alimenter la politique d'armement de Netanyahu. Pourtant il ne me semble pas avoir entendu des appels au boycott des plages de Tunisie du temps de Ben Ali par ces mêmes redresseurs de torts.

Le 13 août, il devrait flotter une ambiance israélienne sur la partie rive droite de Paris Plage. Des animations, des food-trucks et des DJ's devraient mettre l'ambiance. J'annonce le programme au conditionnel car je ne trouve aucun détail de cette journée sur le site de la ville de Paris ni sur l'espace dédié à Paris Plage. Difficile dans ce cas d'en faire plus de promotions, mais je ne vois pas de raison que cet événement ne puisse être festif et heureux et permettra, je l'espère, de mettre en lumière la richesse de Tel Aviv.

J'encourage à aller visiter Tel Aviv. La ville est magnifique, la région toute autant. C'est en visitant Jaffa, la partie arabe de Tel Aviv, c'est en visitant Acre que l'on appréhende mieux la question israélienne et la vie des Arabes israéliens. J'encourage la visite de Tel Aviv, car Israel n'est pas si grand et l'on est vite en Cisjordanie. D'ailleurs Tel Aviv reste l'aéroport le plus adapté pour rejoindre la Cisjordanie et visiter Naplouse, Bethleem ou Hébron.

dimanche 2 août 2015

Xavier Bertrand fait campagne contre le bilan de Sarkozy

Xavier Bertrand est tête de liste pour les prochaines élections régionales dans la nouvelle région Nord Pas-de-Calais Picardie. Et de quoi parle un candidat LR en campagne électorale ? D'immigration bien sur ! Cette fois-ci, ce n'est pas tant les migrants qui sont visés que les Anglais qui, d'après Xavier Bertrand, ne jouent pas le jeu. La politique anglaise serait trop laxiste (refrain qui revient souvent dans les propos de la droite française), d'où l'afflux de migrants à Calais.

Xavier Bertrand voudrait dicter la politique migratoire de la Grande-Bretagne mais aussi leur droit du travail. Pour l'ancien ministre du Travail et ancien ministre de la Solidarité, David Cameron, premier ministre et membre d'un parti ami de LR, devrait durcir les contrôles car d'après Bertrand il est trop facile de travailler quand on est sans papier en Angleterre. 

Mais là où le discours de Xavier Bertrand devient intéressant, c'est dans les propositions qu'il met en avant. Pour lui la France et l'Angleterre doivent se retrouver pour renégocier le Traité du Touquet. Ce traité a pour objectif de mettre en oeuvre les "contrôles frontaliers dans les ports maritimes de la Manche et de la Mer du Nord". Ce traité est signé le 4 février 2003 par David Blunkett, secrétaire du Home Office britannique, et par le ministre de l'Intérieur français, Nicolas Sarkozy. Pour Xavier Bertrand, Nicolas Sarkozy a eu tort de faire avancer le contrôle aux frontières anglaises au niveau de Calais alors que ceux-ci étaient à Douvres, sur le territoire britannique avant ce traité.

Autre proposition de Xavier Bertrand, revenir sur la décision de Nicolas Sarkozy de fermer de centre de Sangatte en novembre 2002. Le centre de Sangatte a été ouvert en 1999 sous le gouvernement Jospin et géré par la Croix Rouge. Xavier Bertrand souhaite reprendre la volonté du gouvernement Jospin. Cette fois-ci, il en appelle au Haut Commissariat aux Réfugiés de l'ONU. L'idée reste toujours d'avoir un véritable centre d'accueil, permettant aux migrants d'avoir un lieu leur permettant d'avoir accès aux soins, de leur permettre de garantir une hygiène correcte et d'arrêter de survivre dans les rues et les bois des environs de Calais.

On ne peut que regretter que Xavier Bertrand, officiellement ministre des Solidarités entre juin 2005 et mars 2007 et ministre de la Solidarité de mai 2007 à janvier 2009, ne se réveille qu'en 2015. Mais ne boudons pas notre plaisir, d'ailleurs Alexis Bachelay, député PS, va dans son sens et veut renégocier l'accord du Touquet. Ian Brossat, adjoint à la Maire de Paris sur les questions du logement et de l'hébergement d'urgence, s'étonne d'ailleurs de cette proposition d'un élu LR alors que les élus LR parisiens sont contre la mise en place d'un tel centre à Paris.