lundi 12 mai 2014

Une Marseillaise pour éclipser l'Hymne à la Joie ?

Que la droite est belle quand elle s'allie à l'extrême-droite pour faire campagne. Pas d'inquiétude, cette alliance ne vaut pas pour la campagne européenne en cours. De toute façon ni la droite, ni l'extrême-droite ne mène une campagne européenne. Ils sont tous trop occupés par les vrais problèmes des Français, ces problèmes qui gâchent leur quotidien : qui chante ou non la Marseillaise... Plus précisément, la soi-disant urgence qui devrait pousser Christiane Taubira à la démission puisqu'elle a osé le crime de ne pas chanter notre hymne nationale.

Je comprends l'UMP. Quand ils essayent de faire campagne pour l'élection à venir, certains des leurs s'en offusque et menace de voter pour des concurrents (Henri Guaino finira-t-il par voter pour les biomans ?). Je comprends également l'extrême-droite. Jean-Marie et Marine Le Pen font partis des pires cancres du Parlement Européen qui osent se représenter devant les électeurs. Certaines personnes ont été condamnées pour emploi fictif pour moins que ça...

En attendant, d'autres sont sur le terrain. Les socialistes, pour ne citer qu'eux, essayent de partager avec le plus grand nombre leurs propositions pour que la future Europe soit Notre Europe.

Il faut dire que le programme socialiste est riche de propositions. Pendant que certains usent de l'indignation sélective pour masquer leurs lacunes programmatiques, voici quelques unes des propositions qui m'ont définitivement convaincues de l'utilité d'un vote pour le Parti Socialiste, pour sa tête de liste francilienne Pervenche Berès et pour Martin Schulz, candidat à la présidence de la Commission Européenne.

Proposition n°1 - "Sanctionner les Etats de l'Union qui ne respectent pas la Charte des droits fondamentaux"
Parce que pire n'est jamais impossible, défendre la démocratie et les droits de l'Homme au sein de l'Union reste encore et toujours un impératif, particulièrement à l'heure où en Hongrie, les libertés publiques et les droits civiques sont remis en cause par une alliance entre la droite de Viktor Orban, membre du PPE, et l'extrême-droite ultra-nationaliste et xénophobe.

Nous souhaitons que le Conseil, le Parlement européen et la Commission se saisissent de leur capacité actuelle de sanctionner les États-membres qui bafouent les droits fondamentaux de leurs citoyens, en appliquant l'article 7 du traité de Lisbonne, qui permet de suspendre le droit de vote des États coupables au sein du Conseil.

Proposition n°10 - "Garantir le droit à l’avortement partout en Europe"
Pour nous, l'avortement est un droit fondamental : rien ne doit porter atteinte à l'accès des femmes à leur autonomie, à leur choix de vie, à leur liberté. C'est pourquoi nous demanderons l'inscription du droit à l'avortement dans la Charte des droits fondamentaux pour que celui-ci devienne un droit garanti dans tous les pays de l'Union européenne.


Proposition n°14 - "Faire payer les impôts des entreprises dans le pays dans lequel elles exercent leurs activités"
Nous voulons une action coordonnée au niveau européen pour faire participer par leur impôt les géants industriels aux financements des dépenses publiques. Nous nous attaquerons par ailleurs au secret bancaire dans l’UE et dans le monde dans sa globalité. Dores et déjà le Luxembourg et l’Autriche ont accepté d’abandonner cette aberration et de partager de manière automatique leurs données fiscales avec les autres membres de l’UE.


Proposition n°32 - "Soutenir la mise en place d'un salaire minimum européen égal à au moins 60% du salaire médian du pays"
Il ne s'agit évidemment pas d'exiger le même montant partout : les disparités de coût de la vie sont encore trop importantes, le salaire minimum doit être adapté en fonction du niveau de vie de chaque pays.

Nous voulons l'établissement d'un salaire minimum dans tous les Etats de l'Union, dont le montant sera au moins égal à 60% du salaire médian.


Proposition n°47 - "Vers un service public européen de l’enseignement supérieur"
L’encadrement des stages, obligatoirement inscrits dans une formation, mais aussi la réglementation de leur rémunération et de leur protection sociale devra donc faire l’objet d’une harmonisation européenne au cours de la prochaine législature.

Afin d’assurer une meilleure lisibilité des diplômes et donc une meilleure insertion dans l’emploi de nos jeunes, nous souhaitons un cadrage européen des diplômes (contenu, intitulés, encadrement, volume horaire) avec la mise en place d’un véritable service public européen de l’enseignement supérieur, mais aussi la création d’un fonds européen d’aide à la mobilité étudiante en complément d’Erasmus. Nous voulons élargir l’accès à la mobilité européenne à toute la jeunesse en développant Erasmus pour tous et en renforçant le programme Leonardo de formation professionnelle à l’étranger.


Ces propositions vous intéressent ? Vous voulez les comparer aux autres grands partis européens ? Il y a pour cela deux rendez-vous à venir : 
  • le débat entre Martin Schulz (PSE) et Jean-Claude Juncker (PPE) est diffusé ce mardi 12 mai à 18h30 sur LCI,
  • le grand débat entre les 5 candidats à la présidence européenne qui sera diffusé sur i>Télé ce jeudi 15 mai à partir de 21h.
Que ceux qui se moquent de la démocratie ou qui refusent de comprendre le sens de cette belle élection européenne continuent à se comporter comme des enfants. Le dimanche 25 mai, je voterai pour des candidats responsables qui ont compris la teneur du mandat qu'ils briguent, je voterai donc Pervenche Berès et Martin Schulz. En attendant, je vais reprendre une dose d'hymne européen.

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