jeudi 9 août 2012

Agir pacifiquement en Syrie

Soutien à l'opposition syrienne le 27 juillet
Depuis le 15 mars 2011 des opposants à Bachar Al-Assad se révoltent en Syrie. Tout a commencé à Deraa jusqu’à ce que l’armée bombarde la ville rebelle. Plusieurs villes ont pris le flambeau, avec comme tête de pont de la révolte la ville de Homs (3e ville du pays) qui verra certains de ses quartiers détruits par l’armée. Aujourd’hui, c’est Alep (2e ville du pays) qui prend le relais et qui se fait donc bombarder de toute part par l’armée de Bachar.

Ca fait plus d’un an que je réclame sur mon blog une action dans ce pays. Pas nécessairement une offensive armée qui pourrait être assimilée à une nouvelle action impérialiste, mais à des actions sur le terrain pour essayer de protéger les civils. Ma lecture des Carnets de Homs de Jonathan Littell m’a conforté dans cette optique. Quand il devient impossible de soigner des personnes car elles viennent d’un quartier sensible, quand des médecins se font arrêter, quand des snipers tirent sur des passants et quand la torture est généralisée, on ne peut pas rester les bras croisé.

Le problème, et l’ancien président Sarkozy l’avait bien signalé en son époque :
 « Nous serons favorables au passage à un cran supplémentaire s’agissant de l’aide aux démocrates en Syrie. Mais nous ne ferons rien tant qu’il n’y aura pas une résolution du Conseil de sécurité. Il n’est pas question d’agir, directement ou indirectement, tant que le Conseil de sécurité n’a pas établi la stabilité juridique, les conditions juridiques d’un cran supplémentaire - que ce soit les zones humanitaires, les livraisons d’armes pour l’opposition ou les corridors. Je rappelle qu’à chaque fois que nous sommes intervenus - en Côte d’Ivoire comme en Lybie, au Liban comme en Afghanistan - il y a eu préalablement une délibération du Conseil de sécurité des Nations unies. Il s’agit quand même du droit international ! Il n’est pas possible qu’un pays comme la France puisse agir d’une manière ou d’une autre sans que l’instance qui émet les normes internationales ne se soit prononcée. C’est frustrant. »

La politique syrienne du nouveau président Hollande semble être dans la continuité de la politique mise en place par Alain Juppé lors de son passage au Quai d’Orsay. Le 6 juillet François Hollande et Laurent Fabius ont accueilli la 3e réunion des Amis de la Syrie à Paris à laquelle a participé le leader du Conseil National Syrien, Abdel Basset Sayda. A cette occasion, François Hollande a confirmé son souhait de voir Bachar Al Assad quitté le pouvoir.

En attendant, après l’échec de l’envoi d’observateurs de l’ONU sur place, la France a décidé, enfin, d’agir. Aujourd’hui a donc décollé un A310 avec du matériel et des hommes à bord pour apporter une aide médicale aux réfugiés syriens à la frontières jordano-syrienne. La semaine prochaine Laurent Fabius ira dans en Jordanie, au Liban et en Turquie pour voir quelles actions en soutien au réfugiés syriens peuvent être mises en œuvre dans ces pays limitrophes à la Syrie.

Même si ces actions sont lentes et ne produiront aucun résultat immédiat sans le conflit syrien, je suis heureux de voir la France agir pacifiquement. Évitons les polémiques inutiles et les basses manœuvres, calmons les envies des va-t-en-guerre, ce n'est pas en occupant militairement un pays que l'on obtient des résultats satisfaisants (comme on peut le voir en Irak ou en Afghanistan). Ce n'est pas non plus en jouant les gros bras armés dans un conflit puis en évacuant totalement le pays sans se soucier de la mise en place de la transition (comme on l'a vu en Lybie) que l'on garantit la stabilité démocratique. La solution au conflit syrien n'est pas simple. En attendant qu'un accord soit trouvé entre la Syrie, les pays du Conseil de Sécurité de l'ONU et les pays de la Ligue Arabe, il est temps d'aider les civils. Cette initiative d'aide aux réfugiés est un bon premier pas mais ne devra pas être le dernier avant la fin de la transition syrienne.

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