jeudi 11 octobre 2012

Verdict amer

Le verdict était fort attendu. Les jurés l'ont rendu dans la nuit : 10 personnes acquittées, 4 autres condamnés à des peines allant de 3 ans avec sursis à 1 an de prison ferme. Ces deux phrases résument le procès des tournantes de Fontenay-sous-Bois.


Je n'ai pas l'habitude de critiquer une décision de justice. On ne peut pas condamner à l'avance des interpellés, surtout quand les accusations sont gravissimes (pour rappel, on parle ici de viols réguliers en groupe durant un an). J'ai bien trop en tête le drame du procès d'Outreau pour vouloir être juge à la place du juge. Pourtant ce procès me laisse un goût amer en bouche.
Ce goût amer vient des déclarations des accusés (lues dans Libération) pour leur défense font froid dans le dos. Un se défend en disant qu'il faisait «trop noir» dans les caves pour qu'il puisse savoir si son ami s'est fait faire, comme lui, une fellation. A la question si il y a eu pénétration par son ami, il répond : «Non, je suis sûr que non, parce que sinon, j'aurais entendu Nina gémir de plaisir». D'autres réfutent le caractère non consenti du rapport sexuel, mais quand celui-ci est une sodomie dans une cage d'escalier avec un inconnu… Pour plusieurs d'entre eux, on peut se demander si ce n'est pas la fille qui les a violé : « Elle m'au sauté dessus ».
Ce goût amer est aussi du au récit donné par une des deux victimes, récit paru dans Libération.

Quelqu'aurait été le verdict, toute cette affaire est l'illustration du combat des différentes associations féministes sur les violences faites aux femmes. Les victimes, mineures comme 57% des victimes, connaissaient une partie de leurs agresseurs comme 74% des victimes. De plus le silence a rendu la procédure très complexe puisque la première des deux victimes a porté plainte 5 ans après la fin des viols.
Pour rappel, le viol en réunion est passible de 20 ans de prison…

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