mardi 21 janvier 2014

Pour que les femmes et les hommes naissent égaux en droits et le restent

Un gouvernement de gauche se distingue par rapport à un gouvernement de droite dans sa façon d’aborder les sujets économiques mais aussi dans sa façon d’aborder les sujets de société. D’ailleurs quand certains progrès sociétaux comme le droit à l’avortement sont acquis sous la droite, ce sont tout de même des sympathisants de droite qui descendent dans la rue 40 ans plus tard pour revenir sur ces avancées devenues entre temps des acquis.

Dans le gouvernement actuel, la loi sur le mariage pour tous les couples restera un moment fort du quinquennat et nul doute que dans 40 ans, on se souviendra encore de cette année 2013 comme on se souvient encore aujourd’hui de 1975 pour la loi Veil, de 1981 pour l’abolition de la peine de mort ou de 1999 (mais plus pour longtemps) pour le PACS. A coté de ces coups d’éclats, il y a aussi le travail de l’ombre, ces petits pas qui font de grandes avancées dont les résultats sont visibles à long termes sans que l’on se souvienne avec exactitude ce qui a permis d’en arriver là. C’est ce qu’est en train de préparer avec minutie, pas à pas, Najat Valaud-Belkacem. En ce moment est discuté à l’Assemblée Nationale un « grand » projet de loi sur l’égalité femmes-hommes. Ce projet de loi n’a pas pour but d’être révolutionnaire ni d’être le nouveau départ de la lutte pour l’égalité entre tous les citoyens quel que soit leur sexe. Ce projet est là pour continuer ce qui a été amorcé dans le passé afin d’essayer de faire avancer les choses un peu plus loin que ce que les lois actuelles le permettent.
Par cette loi, la ministre des droits des femmes souhaite s’attaquer à toutes les inégalités subies par les femmes sans avoir besoin de les prioriser. C’est pourquoi ce projet de loi traite des 8 points suivants :
  • De la violence faite aux femmes et de l’atteinte à leur dignité,
  • De la lutte contre les stéréotypes sexistes,
  • Du libre accès à la contraception et à l’IVG,
  • De la lutte contre la précarité des femmes,
  • De l’égalité professionnelle et salariale mais aussi de la mixité dans les métiers,
  • De l’équilibre dans les responsabilités parentales,
  • De l’accès des femmes aux principales fonctions électives,
  • De l’égalité d’accès à la création et à la diffusion d’œuvres culturelles.

On s’aperçoit trop souvent que tout est lié. Si l’emploi féminin est moins précaire, une femme vivant en couple sera moins dépendante de son conjoint pour assurer son niveau de vie et pourra plus facilement, en cas de violences exercées à son égard, quitter le domicile conjugal. De la même façon, si un jeune père est autant impliqué que la jeune mère dans le soin quotidien apporté aux nouveaux nés, en s’absentant plusieurs mois de son emploi ou en adaptant ses horaires, les raisons de moins bien rémunérer les femmes à cause de leur probable maternité vont disparaître d’elles-mêmes. C’est aussi en arrêtant d’inculquer dès leur plus jeune âge que les garçons sont naturellement directifs et que les femmes sont naturellement réservées et en favorisant en parallèle la programmation d’œuvres artistiques réalisées par des femmes (à la télévision, dans les sélections de concours, dans les théâtres, etc.) ou en montrant plus souvent de femmes élues à la tête d’exécutifs locaux ou nationaux que l’on réussira à faire naitre les mêmes vocations aux enfants ou adolescents, quel que soit leur sexe.

Sur tous ces dispositifs, seuls ceux exerçant une pression financière auront des résultats visibles immédiatement avec une rentrée d’argent mesurable. En revanche peu de résultats seront visibles à l’échelle du quinquennat puisque ce projet de loi a pour but de réussir à changer les mentalités en montrant que d’autres alternatives sont possibles. Au final, montrer que d’autres alternatives sont possibles, c’est ça l’égalité. Rester au foyer pour s’occuper de sa famille, travailler et monter les échelons de sa société, s’impliquer fortement dans le monde politique ou associatif, aucun de ces choix ne devraient être l’exclusivité d’un sexe ou d’un autre. Tout comme la crainte de son intégrité physique ou mentale, la peur d’une parentalité non désirée ou au contraire non imposée ne doit pas être l’exclusivité d’un sexe ou d’un autre.

Avec ce projet de loi, Najat Valaud-Belkacem agit pour que les femmes et les hommes naissent libres et égaux en droits et surtout pour qu’ils le restent.


Ce billet a été écrit et publié pour "l'édito des blogueurs" sur Mediavox.fr 

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