samedi 6 avril 2013

Mon édito pour Mediavox : "Cahuzac et l'irréprochable gouvernement"

Durant la campagne présidentielle, François Hollande a repris une promesse du candidat Sarkozy cuvée 2007 « je veux une République irréprochable ». Dans l’entre-deux tours, le candidat socialiste annonçait, entre autres, une baisse de rémunération de 30 % de son salaire et de ceux du gouvernement, la signature par les membres du gouvernement d’une charte de déontologie, la fin de l’immunité présidentielle, le traitement des ministres comme tous citoyens et donc soumis aux juridictions de droit commun, et enfin le président s’engageait à rendre compte de l’action publique tous les 6 mois.

Après 10 mois au pouvoir, le gouvernement irréprochable de François Hollande et Jean-Marc Ayrault rencontre sa première grande crise avec l’Affaire Cahuzac. Le président Hollande avait pourtant commencé à mettre en place les promesses d’irréprochabilité faites par le candidat. Par exemple le 17 mai tous les ministres ont signé la Charte Déontologique qui commençait par ces termes :

« Le bon fonctionnement d’une démocratie passe par l’existence d’un lien de confiance entre les citoyens et ceux qui gouvernent. Cette confiance ne se confond pas avec la légitimité donnée, directement ou indirectement, par le suffrage universel. Elle échappe d’ailleurs aux clivages politiques. Elle se construit jour après jour, au vu de l’action du gouvernement et de l’image donnée par ceux qui en sont membres. Un manquement isolé peut, à lui seul, suffire à l’entamer durablement. »

Aujourd’hui, Jérôme Cahuzac a trahi cette confiance. Il a reconnu avoir un compte en Suisse, ouvert au début des années 90 et a priori alimenté jusqu’en 2001. La Justice va également enquêter sur la provenance de ces fonds, certains pouvant probablement venir de pot-de-vin d’entreprises pharmaceutiques à l’époque où il travaillait au cabinet du ministre Claude Evin (entre 88 et 91).

A posteriori, on peut se dire qu’il n’y a rien d’étonnant. Cahuzac a baigné dans ces zones de pouvoir de la fin des années 80, début des années 90 marquées par de trop nombreuses affaires politico-financières (Botton, HLM de Paris, HLM des Hauts-de-Seine, MNEF, Elf, etc.). Il a donc pu agir en pensant simplement faire comme les autres. Bien sûr, ceci ne l’excuse pas ni ne l’innocente. Mais cette affaire permet de se poser quelques questions sur la façon d’atteindre une République irréprochable.


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