mardi 29 octobre 2013

Les Français payent une nouvelle fois les errements de Sarkozy

Hasard du calendrier, c'est le jour où Mediavox.fr publie mon édito cherchant défendre l'écotaxe malgré la colère bretonne que le gouvernement décide de suspendre cette mesure, principalement à cause de la violence de cette colère.

Le problème de cette nouvelle taxe écologique est qu'elle arrive au mauvais moment, si tant est qu'il puisse y avoir de bons moments pour mettre en place de nouvelles taxes. Je dis bien mettre en place puisque cette taxe a bien été créée par la droite en mars 2009 (le communiqué de presse est toujours visible sur le site du ministère du développement durable). Le gouvernement de Jean-Marc Ayrault n'a pas à rougir de devoir mettre en place cette taxe puisque son adoption à l'assemblée nationale s'est faite à l'unanimité. Parmi les députés présents, seuls messieurs Jacques Desallangre et André Gerin (groupe Gauche démocrate et républicaine) et Yves Deniaud (groupe UMP) ont voté contre et n'ont pas signalé d'erreur de vote. Cela signifie que même Jean-François Copé a voté pour cette mesure. D'après ce dernier, cette loi est déjà d'une autre époque et n'a pas de raison d'être appliquée aujourd'hui. 

Le meilleur est à venir ! Si "l'ensemble du projet de loi, modifié par le Sénat, de programmation relatif à la mise en oeuvre du Grenelle de l'environnement" a donc été voté à l'unanimité le 17 juin 2009, son décret d'application fut signé le 4 mai 2012 et est paru au J.O. le 6 mai 2012. Cette date ne vous dit rien ? Eh oui ! Dans un élan de courage sans nom, le premier ministre François Fillon, Thierry Mariani ministre des transports et Valérie Pécresse ministre du budget ont signé le décret d'application d'une loi qu'il n'a jamais eu le courage d'assumer. C'est aussi ça le sarkozysme, fanfaronner devant les caméras, faire de nombreuses annonces mais "oublier" d'appliquer ses décisions.

A présent, le gouvernement actuel assume l'héritage du passé, et il aurait tort de ne pas le faire puisqu'il a aussi voté pour ce texte, et veut recevoir l'obole cette nouvelle taxe à partir du 1er janvier 2014. La date choisie n'est pas tout à fait neutre. Tout d'abord, les recettes de cette taxe sont prévues au budget. L'Etat s'attend à recevoir 83 millions d'euros par mois pour financer ces projets de routes, voies ferrées et voies fluviales. La taxe a aussi pour but de financer à hauteur de 13 millions d'euros par mois les départements.
Comme ces 96 millions d'euros ne sont pas suffisants, le précédent gouvernement a mis en place un judicieux Partenariat Public Privé. Il est donc prévu que l'Etat paye pour l'utilisation des portiques associés à la taxe un loyer de 17 millions d'euros par mois.

Il ne manquerait plus que l'on apprenne que cette révolte contre l'écotaxe est largement organisée par la droite (comme nous l'apprend Le Monde) pour que l'on se dise que la droite française a totalement perdu ses repères. En attendant, saluons le geste du gouvernement qui décide de suspendre l'application de cette taxe le temps que les esprits se calment et que tout le monde puisse discuter sereinement. 

Espérons simplement que le calme et les discussions arrivent assez vite pour que le respect de tous ne deviennent pas un gouffre financier pour le gouvernement, gouffre uniquement mis en place par une droite incapable d'assumer ses actes.

Après que tous les Français aient du rembourser à hauteur de 60% le remboursement des frais de campagne de Nicolas Sarkozy, nous voici sur le point de devoir rembourser les errements du gouvernement mis à la porte. Décidément, on n'a pas fini de payer l'héritage du sarkozysme.

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