mardi 1 octobre 2013

Les magasins de bricolage, ces chauffards du code du travail

En regardant mon divertissement de fin de week-end à la télévision, soit Enquête Exclusive, j'ai eu une étrange révélation. Les gérants des magasins de bricolage se comportent exactement comme ces motards chauffards dont l'émission veut nous mettre en garde. En résumé, ils trouvent la loi non adaptée à leurs envies donc la transgresse. Alors suppression du code travail pour le travail dominical et suppression du code de la route pour les deux roues la nuit, même combat ?

Ceux qui le font sont majoritairement pour
Si on réalise un sondage au près des motards, le résultat devrait être sans appel. Le code de la route n'est pas adapté à leur cas. Leur véhicule est bien trop puissant pour se limiter à rouler à 130km/h, surtout la nuit alors qu'il n'y personne sur les routes. Ils peuvent ainsi profiter pleinement de leur temps libre puisque sur ces mêmes routes, surtout en Ile de France, il leur faudrait rouler à 70 km/h du fait de la circulation.

Aucune contrainte
Ceux qui ne veulent pas rouler trop vite le peuvent. Ils n'ont qu'à choisir une moto moins puissante ou ne pas participer aux sorties. Tout est sur la base du volontariat.

Uniquement pour certains lieux à certains moments
On pourrait supprimer le code de la route uniquement pour les routes plus larges que les 2x2 voies et uniquement le soir. Le reste du temps, "promis", on respecte le code à la lettre... En plus, faire les fous sur le périph' parisien la nuit de vendredi à samedi, c'est une "tradition inventée par les vieux de vieille", on ne va tout de même pas mettre fin à une situation implantée de fait.

La Justice est archaïque, ne l'écoutons pas
Pourquoi avoir peur du gendarme ou de la police, il faut d'abord se faire attraper pour risquer quelque chose. La première fois que l'on se fait rattrapée par les forces de l'ordre, on ne risque que de simples amendes, rien de bien dissuasif. En cas de récidive, il faudra passer devant la Justice, mais encore une fois, pourquoi respecter des lois que l'on considère inapplicable à notre situation ? Surtout qu'avant de devenir multi-récidiviste, il faudra se faire attraper plusieurs fois. Conclusion, ne respectons pas les sursis et autres menaces de sanctions.

Si la suppression du code de la route n'a jamais été évoquée dans ce reportage, toute les situations décrites ci-dessus l'ont été. Ne trouvez-vous pas une singulière ressemblance dans le discours et la façon d'agir de nos motards et de nos gérants de magasin de bricolage ?

Personnellement, je suis attaché au repos dominical, que ce soit pour éviter toute pression sur les employés (la base du pur volontariat dans le monde du travail, je suis sceptique) ou tout ennui pour les responsables (car s'il est peut être facile de faire travailler que des employés volontaires, quid des responsables de rayon et autres personnel encadrant, par définition bien moins nombreux dans les effectifs). Le dimanche reste la journée sacralisée pour toute autre activité, pour ne pas rompre le lien social ou familial. Ne cherchons pas à utiliser le fait que certains travaillent déjà le dimanche (ouvrier, personnel hospitalier, journalistes) pour l'imposer à tous, sinon toutes les professions finiront par être touchées. Surtout qu'opposer le secteur de la santé à la vente d'outils de bricolage et aussi idiot que de comparer, au hasard, des chauffards en 2 roues avec des gérants de magasin...

Si à titre individuel je suis donc contre le travail le dimanche, ce qui m'énerve surtout dans cette histoire est le refus d'obtempérer à des décisions de justice. Encore une fois nous avons à faire à des patrons voyous qui sous prétexte qu'ils vont ramener quelques euros dans les caisses de l'état et dans le compte en banque de leurs employés, sont au dessus des lois. Le travail du dimanche est peut être dépassé, peut être que le code du travail doit définir quels sont les emplois qui ne doivent pas être assujettis à ce rythme plutôt que l'inverse, comme je l'entendais ce matin à la radio, mais aujourd'hui ce n'est pas le cas et la Justice a sanctionné ce comportement. La moindre des choses est donc de se soumettre à cet avis de justice. Quitte à renoncer à ma vision du travail, autant renoncer à ma vision de la justice, je propose donc l'application des Peines Planchers pour tous les gérants multi-récidivistes.

11 commentaires:

  1. Je trouve le parallèle vraiment judicieux...
    Bonne journée

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    1. Merci à Bernard de Lavillardière pour l'inspiration

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  2. C'est vrai qu'en plus de leur délire ces patrons se sont foutu de la loi.

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    1. Oui, sans le moindre respect pour la Justice, de vrais voyous

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  3. Comparaison audacieuse entre les "patrons" de Casto et de Leroy qui ouvrent le dimanche et les chauffards de la route. Pour vous, c'est du pareil au même: ils bravent la loi, ce sont des voyous. Tous ces gens sont des hors-la-loi, pis, ils ne respectent même pas les décisions de justice en ouvrant, malgré l'interdiction et les menaces de sanctions, le dimanche. C'est vrai, ils bravent la loi.

    Cela en fait-il pour autant des voyous ? Parce que dans ce cas, nous sommes un paquet de voyous en France. Qui n'a jamais enfreint la loi ? Par appât du gain, par bravache, pour rigoler, par bêtise, pour l'amour du risque ou.... par militantisme ou par nécessité. Intéressons-nous à ces deux dernières motivations.

    La personne qui vole dans les magasins parce qu'elle n'a pas les moyens d'acheter de quoi manger, hélas cela arrive et les exemples qui défraient régulièrement la chronique ne manquent pas, est-elle pour autant une voyoute ? Elle a bravé la loi certes. Elle ne sera sans doute pas condamnée sévèrement et il ne viendrait à personne, et encore moins au gauchiste de base, de la condamner moralement.

    Et le militantisme, donc.

    Peut-on estimer que quelqu'un qui, d'une manière ou d'une autre, brave la loi parce que celle-ci n'est pas ou plus adaptée à la cause qu'il défend ou à une situation particulière, est un voyou ? Il est hors-la-loi, certes mais pour la bonne cause. Tenez, j'en parlai récemment, Mediapart est hors-la-loi lorsqu'il décide ne pas payer la TVA au taux fixé par la loi, taux que Edwy Plenel juge injuste par rapport à ses concurrents de la presse écrite. C'est même en partie grâce à cette "fraude" qu'il dégage des bénéfices. Est-ce que cela fait de lui un voyou ? Assurément si l'on suit le raisonnement de mon blogueur puisqu'il enfreint la loi par intérêt. Qualifierez Edwy Plenel de voyou ? Non, bien sûr. Prenons un autre exemple, celui de Noël Mamère. Lorsqu'il osa célébrer, en sa mairie, un mariage homosexuel, il le fit parce qu'il jugeait la loi mal faite, obsolète, pas juste, discriminante. Il l'a donc bravé pour répondre à ce que sa conscience lui ordonnait, ce qui, à l'époque, ne lui vaudra qu'une petite sanction sans conséquence. Traiterez-vous Mamère de voyou ? Non. Et les maires d'aujourd'hui qui refusent, au nom de leur conscience, de célébrer des mariages zinzins n'auraient pas "la liberté de braver" la loi sans être traités de voyous (sans compter les très lourdes sanctions) ?

    L'histoire est pleine d'exemples de gens qui ont enfreint la loi, parfois même au péril de leur vie, parce que les dites lois n'étaient pas justes ou en décalage total avec les réalités du moment. C'est ainsi.

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  4. Mais revenons à nos patrons de bricolage. Ils enfreignent donc la loi. Oui. Mais que font-ils ces patrons ? Ils constatent que 30% des Français travaillent déjà le dimanche; pourquoi pas eux ? Ils constatent que sur le même parking qu'eux Truffaut est ouvert; pourquoi pas eux ? Ils voient que leurs employés ne demandent qu'à travailler; pourquoi leur refuser ce que l'on accorde à ceux de Saint-Macloud ? Ils voient qu'il y a une demande, pourquoi ne pas y répondre ? Ils voient les patrons de Sephora, des Jardineries Clause ou d'Atlas s'en mettre plein les fouilles le dimanche, pourquoi pas eux ? On le voit, ici, à défaut de pouvoir évoquer une quelconque liberté de conscience, on peut sans difficultés parler de libre concurrence, de la liberté de travailler, du droit à travailler, d'égalité des chances, même. Est-ce que cela fait de tous ces patrons des voyous ? Est-ce que cela fait de leurs salariés des complices, des "demi-voyous" donc? Non, trois fois non !

    Oui, parfois la loi ne peut plus avoir force de loi lorsqu'elle n'est plus adaptée à telle ou telle situation ou à l'évolution de la société. Les lois sont aussi victimes d'obsolescence. Pensez donc qu'il est encore interdit, par la loi, aux femmes de porter pantalon à moins qu'elles ne tiennent à la main un guidon de vélo ou un cheval. Pensez, chers amis, que vous avez obligation, encore aujourd'hui, d'avoir chez vous une botte de foin si d'aventure, le Roi, de passage, avait à nourrir son destrier et qu'il peut encore vous en coûter cher d'appeler votre cochon Napoléon.

    Mais trêves de plaisanteries; oui, il peut être juste d'enfreindre la loi soit parce que le contexte l'impose, soit parce que notre conscience l'ordonne. A chacun de prendre ses responsabilités (y compris aux juges) et de mesurer les enjeux. Les patrons des Leroy et des Castos ont pris leurs responsabilités. L'histoire montre que bien souvent la loi évolue grâce à l'action, dite militante, des contrevenants que personne, encore une fois, n'oserait traiter aujourd'hui de voyous. La contestation peut aussi être source de progrès. Et c'est très bien ainsi.

    C'est très à la mode et assez savoureux de voir comment nos gauchistes en appellent aujourd'hui, pour un oui ou pour un non, au respect de la loi. La loi, c'est la loi, qu'ils disent. Oui et bien considérons que la loi doit aussi évoluer faute de quoi, on prend le risque de scléroser la société et/ou l'activité économique; la loi ne doit pas s'opposer au bon sens. Et puis, ça évitera de traiter stupidement, les uns ou les autres de voyous.?

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    1. Merci pour ce long, très long, commentaire. D'un point de vue pratique, je vous conseille d'écrire un billet de blog et d'y mettre le lien ici en commentaire (mais chacun fait ce qu'il veut).

      Je ne vais pas revenir sur tous les points abordés, mais :
      * Mamère a fait une farce de mariage et non un vrai mariage, il n'a jamais fait croire que les époux seraient reconnus par l'Etat.
      * Ces patrons sont des voyous qui en plus de refuser d'obtempérer à des décisions de justice s'offrent de nombreuses pubs gratuites dans les différents médias.
      * Comme je n'excuse pas les arracheurs d'OGM, comme je refuse d'amnistier les grévistes coupables de vandalisme, je demande des sanctions contre ces patrons (et pas uniquement contre leur entreprise, car c'est un peu trop facile de faire le mariole derrière le nom de son enseigne)
      * Le contexte n'impose pas le travail le dimanche, ni le travail de nuit (coucou Sephora et Monoprix)
      * Je préfère le terme de voyou que de racaille ou de sauvageon et je l'emploie sur qui bon me semble

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