dimanche 4 janvier 2015

Merkel se fait voir chez les Grecs

Angela Merkel est une passionnée de politique. Elle pourrait tenir un blog, comme tout bon blogueur, elle a un avis sur tout et surtout sur ce qui ne la concerne pas directement. Ce week-end, elle a décidé de s'immiscer dans la campagne des législatives grecques. Il faut dire qu'Angela aime bien les causes perdues dans les élections d'importances. En février 2012, elle apportait son soutien inconditionnel à Nicolas Sarkozy avec comme argument preuve d'une conviction absolue : "Il est normal que nous soutenions nos partis amis". 

Ce week-end, Angela Merkel a décidé d'attaquer une hypothétique politique que mènerait Alexis Tsipras, le leader de Syriza, coalition des mouvements communistes grecs, s'il était nommé Premier Ministre après les législatives du 25 janvier 2015. En cause, une sortie de l'euro de la Grèce. Merkel a peur que Tsipras refuse de payer la dette grecque alors que ce dernier souhaite renégocier et restructurer celle-ci. La sortie de la chancelière et de son ministre des finances (tous deux membres de la CDU) a provoqué la réaction du ministre allemand des affaires européennes (notre Harlem Désir) qui rappelle le point de vue des sociaux-démocrates allemands (et européens) qui est que la Grèce doit rester dans la zone euro. Il reste d'ailleurs un détail d'importance que rappelle lexpress.fr : "il n'y a toujours pas de "mode d'emploi" pour une éventuelle sortie d'une pays membre de la zone euro... sans sortie de l'Union européenne."

Dans ce cas pourquoi Angela Merkel s'investit dans la campagne grecque ? Ce n'est pas pour l'avenir de la Grèce mais c'est sa façon à elle de soutenir ses partis amis. Si les sondages grecs donnent tous Syriza en tête, un seul parti peut encore espérer contester la victoire, les conservateurs de Nouvelle Démocratie (ND). Selon les derniers sondages, Syriza est soit largement vainqueur avec 10 points d'avance sur ND, soit uniquement 2,8% d'avance. Et dans ce cas, l'affaire serait loin d'être pliée pour la gauche radicale. Du coup, Angela Merkel s'engage pour tenter désespérément de gagner quelques nouveaux alliés lors des futures rencontres de l'Union Européenne. 

D'après les sondages, la coalition d'unité nationale regroupant socialistes du PASOK et conservateurs de Nouvelle Démocratie aura fait long feu et les néo-nazis d'Aube Dorée devraient s'affirmer comme 3ème force politique du pays. Autant d'ingrédients qui donnent envie d'aller voir chez les grecs ce qu'il va se passer le 25 janvier et dans les premiers mois de 2015.

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